CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
Ainsi donc, la thérapeutique anti-épileptique que nous proposons vient prendre place à côté de ceile déjà décrite. La multiplicité des mécanismes d’action possibles des solutions hypertoniques nous permet de les proposer à la fois comme un traitement héroïque de l’état de mal épileptique — elles viennent là se classer à côté de la ponction lombaire et de la saignée et comme l’une et l’autre, eiles luttent peutêtre plus efficacement encore contre l’œdème et l'hypertension intra-craniens — et comme un traitement de base du mal comitial, en général — elles viennent là prendre place à côté du régime cétogène et du « régime sec américain » et présentent vis-à-vis de ces derniers et surtout du régime sec. des facilités d'application infiniment plus grandes.
En tant que thérapeutique anti-migraineuse, le sérum salé hypertonique présente à nos yeux un intérêt particulier du fait qu'il est le seul agent thérapeutique à notre connaissance capable d’arrêter rapidement et complètement une crise migraineuse en pleine évolution depuis un temps plus ou moins long.
Son efficacité contre la réapparition de nouvelles cerises nous permet de le considérer comme un agent modificateur du terrain migraineux et nous permet de le rapprocher des médicaments dits de désensibilisation non spécifiques et, parmi eux, des médications cristalloïdes : solution d’hyposulfite de soude à 20 %, solution de carbonate de soude à 2 %, dans du sérum artificiel, solution de sulfate de magnésie à 50 % — qui, toutes, remarquons-le en passant, sont hypertoniques vis-à-vis du sérum sanguin.
Cela nous incite à nous demander si les concentrations des solutions employées en thérapeutique ne jouent pas un rôie considérable dans l’action pharmaco-dynamique du médicament employé. On peut se demander, entre autres, si les
bons effets du tubage duodénal dans la migraine ne sont pas dus plus à l’hypertonicité de la solution magnésienne instillée dans le duodénum pour provoquer la chasse biliaire désirée qu'au drainage des voies biliaires ainsi réalisé. FozEy et Purnam ont montré, en effet, que l'introduction dans le duodénum d’une solution hypertonique de chlorure de sodium à 25 % provoquait à peu près les mêmes effets que l’injection intra-veineuse de la même solution, à la même dose, et ce notamment sur la pression intra-cranienne. Mais cette hypothèse nous entraîne fort loi du sujet précis que nous avons voulu traiter 1c1. Quelles que soient les théories pathogéniques que l’on puisse bâtir et les hypothèses pharmacodynamiques que lon veuule formuler, 1es faits chiniques qui nous servent de point de départ conservent leur importance et soulignent à nos yeux l'intérêt qu'il y aurait à poursuivre les recherches que nous avons ébauchées, notamment en étudiant quelles sont les concentrations optima, ainsi que les corps chimiques les plus actifs, qui permettraient d’améhorer encore la statistique qui clôt notre 2€ chapitre.