‹ Essai des matières textilesChapitre 28 sur 92 · Tension. — La tension plus ou moins · texte numérisé non relu

Tension. — La tension plus ou moins

C1) La Nature, ier semestre 1880, p. 267.

(2) Voir, pour de plus amples détails, le rapport de M. E. Simon à la Société d'encouragement pour l'Ind. nat., janvier 1884, p. 9.

grande du fil pendant le dévidage peut avoir aussi sur le numérotage une influence sérieuse. Il est évident qu'un fil de laine, dévidé sans lension et en quelque sorte flottant, ne donnera pas les mêmes résultats que s'il était tendu.

Pour pouvoir établir entre les numéros des fils de même sorte des comparaisons rigoureuses, il serait désirable que la tension fût rendue parfaitement uniforme et, en conséquence, qu'on eût les moyens de la mesurer et de la régulariser. Jusqu'à présent, les construcleurs ne semblent guère s'être occupés de ce problème.

Dans ces derniers temps, le Directeur de la Condition de Tourcoing a fait de cette question une étude approfondie, en ce qui concerne la laine, et mis en pratique un système ingénieux.

Voulant tenir compte, dans le degré de tension à maintenir durant le dévidage, de la ténacité et de l'élasticité des fils à essayer, M. Bonté commence par déterminer, à l'aide d'un dynamomètre, le poids de rupture moyen de ces fils. On verra plus loin en quoi cette notion a son utilité, mais rappelons d'abord quelques principes.

On dit qu'un fil a atteint sa limite d'élasticité, lorsqu'ayant été soumis à des tractions progressivement croissantes, il rencontre une tension au delà de laquelle il ne peut plus revenir sur lui-même, mais conserve un allongement per-

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manent. L'effort qui correspond à cette limite est de beaucoup inférieur à la ténacité du fil.

D'après M. Bonté, elle équivaudrait, pour les fils de laine, à la moitié ou au tiers de la ténacité, suivant les cas; pour les fils de coton, au j ou au g seulement.

La limite d'élasticité dépend d'éléments nombreux, tout d'abord de la nature du fil, puis du numéro, de la torsion et, en général, du genre d'ouvraison.

Pour le dévidage des fils, M. Bonté est d'avis d'adopter une tension représentant une fraction constante, 10 °/o» de ce^'e ^ correspond à la limite d'élasticité.

En avant de l'appareil à titrer, et entre deux barres guide-fil, se trouve un jeu de quatre barres, en cuivre nickelé ou en verre, sur lesquelles on fait passer les fils de façons différentes, suivant qu'on veut augmenter plus ou moins les frottements. On a ainsi à sa disposition 6 tensions distinctes qui ont été évaluées expérimentalement à 2, 3, 6, 8, 12, et 20 grammes pour un fil de laine mesurant 3oooo mètres au kilogramme et dévidé à la vitesse de î mètre par seconde (fig. 9).

Selon les résultats obtenus au dynamomètre, on choisit l'une ou l'autre de ces tensions.

L'auteur estime qu'une tension de 19. gram-

mes esl suffisante pour les fils, même les plus gros, et qu'il y a lieu de ne pas leur faire subir

Fig, 9

un allongement dépassant 4° centimètres pour 100 mètres.

Lorsque le lil à titrer n'est pas en canettes, mais en écheveaux, M. Ronte le met d'abord sur

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