‹ Essai et observations sur la manière de réduire les luxations spontanées ou symptomatiques de l'articulation ilio-fémorale [electronic resource]Chapitre 22 sur 57 · DES LUXATIONS · texte numérisé non relu

DES LUXATIONS

CRUROPELVIMÈTRE.

Il n'est pas un praticien qui , voulant examiner comparativement les deux extrémités inférieures chez des individus atteints de maladies accidentelles ou d'infirmités, n'ait eu à regretter l'insuffisance des moyens dont on fait usage dans ces circonstances. La simple inspection est souvent un moyen infidèle, que peuvent mettre en défaut la position des parties, le gonflementinflammatoire,un coup-d'oeil peu juste et, si l'on veut, peu exercé de la part d'un chirurgien d'ailleurs très-recommandable. Les fils, les cordons , ou toute mesure de ce genre , se dérangent facilement ou bien , pour les

causes dont nous venons de parler , ne donnent souvent que des résultats inexacts. J'ai éprouvé moi-même tous ces inconvéniens , et on conçoit sans peine que dans l'examen des malades qui ont été soumis à l'action de nos appareils , il a pu en naître quelques inexactitudes difficiles à prévenir dans l'état actuel de nos connaissances- Cette imperfection de nos moyens qui laissait une lacune , là où nous désirions que tout fût décrit avec l'exactitude mathématique , nous détermina à y chercher un remède et nous y travaillâmes sans relâche jusqu'au moment où nous pensâmes avoir réussi. Telles sont les indications que nous nous sommes proposé de remplir par l'invention du cruropelvimètre (1).

i° Déterminer d'une manière précise l'altération survenue dans un des membres abdominaux par suite d'une luxation , d'une fracture , d'un déversement du bassin , enfin par toute autre cause quelconque.

2° Etablir avec une précision mathématique, et en même temps avec une facilité d'exécution qui mette le proce'dé à la portée de tout le monde, la différence qui existe entre le membre sain et le membre affecté, sous le rapport du volume, de la

(i) Dérivé de crus , pelvis et de metron. On sait que crus signifie l'extrémité inférieure tout entière.

position et de la forme , examinés à tel point que Ton voudra de la longueur du membre depuis et y compris le bassin jusqu'à l'extrémité des pieds.

3° Renouveler cet examen sans douleur ni fatigue pour le malade , et aussi souvent que l'on voudra , ce qui mettra à même de juger des cbangemens survenus chez lui à la suite du traitement ou par l'effet de la maladie.

Si, comme nous le pensons, nous avons été assez heureux pour atteindre le but que nous nous sommes proposé , on conçoit de quel avantage doit être dans la pratique un moyen simple , facile et sûr tout à la fois , d'arriver à des résultats qu'un examen , quelquefois douloureux , ne pouvait donner qu'avec inexactitude pour la plupart du temps. Il serait superflu d'entrer dans des développemens à cet égard ; nous en avons assez dit pour faire connaître tous les cas d'application du cruropelvimèlre.

Ici néanmoins se présente une objection toute naturelle à laquelle nous devons répondre. Le cruropelvimètre élant destiné à faire connaître l'état d'un membre affecté de maladie comparativement avec celui qui reste dans l'état sain, de quelle utilité pourra-l-il être si tous deux étaient malades, s'il existait, par exemple, «ne double fracture, une double luxation accidentelle ou congéniale, comme nous l'avons rencontrée chez Emilie Pigot ?

Nous convenons que dans l'hypothèse de ces cas, heureusement les plus rares, nous aurons perdu un des grands avantages du cruropelvimètre , le point de départ ou de comparaison pour son application. Mais il s'en faut de beaucoup que, même alors, il soit devenu inutile et on peut en tirer parti en modifiant , ainsi qu'il suit , les indications dont nous avons parlé plus haut.

i° Déterminer par analogie et d'après les connaissances reçues , la forme , les dimensions (ce qui comprend le degré de développement et d'inclinaison) du bassin à l'âge où se trouve le sujet que l'on examine et tenir également compte de son sexe.

2° Ces bases posées , examiner s'il n'y a ni déviation ni torsion du bassin chez, ce sujet, et constater les résultats de ces recherches.

3° Prendre la mesure d'une épine iliaque antérieure et supérieure à l'épine du pubis , ensuite à celle du côté opposé; tracer la première de ces lignes , et la seconde parallèlement et mesurer la distance; rechercher entre ces deux parallèles et établir , eu égard à l'âge , la position de la cavité colyloïde.

4° Mesurer ensuite la hauteur des grands irochanlers. D'après leurs rapports connus de position avec les épines antérieures et supérieures,

tracer une troisième ligne , parallèle aux deux autres , calculer d'après cela le raccourcissement du membre et le degré d'extension qu'il conviendra d'employer.

Si Ton contestait avec opiniâtreté la justesse de ces raisonnemens et, par conséquent, des inductions que Ton peut en tirer, nous consentirions volontiers à en faire l'abandon , restreignant l'usage de notre instrument aux cas journaliers pour lesquels il a été inventé.

DESCRIPTION

DU CRUROPELVI MÈTRE.

- jj ^

Le cruropelvimètre est composé de deux châssis réunis entre eux par des traverses horizontales ; ces diverses pièces sont en bois et ont toutes dix-huit lignes en carre.

Ces châssis , flg. 1, 2, 3 et 4) planche Irc, sont placés parallèlement ; les traverses qui les réunissent sont au nombre de trois, dont deux supérieures a b et une inférieure e. Comme les deux châssis ont des formes et des dimensions semblables, nous nous contenterons d'en décrire un. Une longue barre d et un patin e, de six pieds de longueur , sont unis par deux montans fg d'un pied de hauteur ; le châssis présente donc une surface de six pieds, ce qui forme la partie latérale de l'instrument dans le sens de sa longueur. Sur la face externe de la longue barre supérieure d, on remarque une lame en cuivre h, sur laquelle sont tracées des divisions en pouces et lignes. Dans le tiers de la longueur de la barre d et vers son centre , ainsi

qu'aux mêmes points des surfaces correspondantes du patine, se trouvent creusées des coulisses 1, 2, de quatre lignes de profondeur sur six de largeur ; la coulisse 1 se trouve sous la barre d, tandis que la coulisse 2 se trouve sur la face supérieure du patin e. Ces coulisses reçoivent les extrémités supérieuies et inférieures d'un indicateur latéral 1, qui a pour hauteur deux lignes de moins que la d stance qui se trouve entre le fond d'une coulisse et celui de Vautre, et qui a en largeur trois pouces dans son centre , lesquels vont en s1 élargissant en haut et en bas ; l'épaisseur de l'indicateur est de six lignes.

A trois lignes des extrémités supérieures et inférieures de l'indicateur i, tant en-dehors qu'en dedans , on fixe les pièces saillantes 3, 4? 5, 6, qui ont pour longueur la largeur des extrémités de l'indicateur sur six lignes en carré ; ces pièces servent de guide et glissent à côté des coulisses 1 et 2. Sur la pièce saillante 3, qui est externe et supérieure, se trouve incrustée une petite lame en cuivre 7 ; elle se termine en pointe supérieurement pour former style ; elle glisse sur la lame en cuivre h déjà décrite. Entre les pièces saillantes 3, 4 et 5, 6, dont nous parlons, dans la hauteur de l'indicateur 1, se trouve une mortaise 8 , qui a quatre lignes de largeur ; sa destination est de laisser passer la vis

en cuivre k , laquelle est perforée dans toute sa longueur pour le passage d'une aiguille en laiton \- La foi me de la vis k est celle d'un carré alongé; à son extrémité interne se trouve rivée une plaque de cuivre q d'un pouce carré, percé à son centre d'un trou que traverse l'aiguille de laiton î ; son extrémité externe est taraudée et arrondie et reçoit un bouton m, aussi perforé et formant écrou; ce bouton serre sur une rondelle n qui entre sur la tète carrée de la vis k; elle n'est pas plus large que le bouton , seulement en dehors, dans le sens du diamètre transversal , on remarque que le métal dépasse un peu au point 10, pour former style.

Toutes ces pièces glissent sur les lames de cuivre op, dont l'une o porte des divisions. A un pouce des extrémités des coulisses 1 et 2 , se trouvent deux supports ee pour maintenir l'écartement de la longue barre (1 et du patin e. Les deux châssis latéraux du cruropelvimètre sont réunis par trois traverses dont nons avons parlé, savoir: deux supérieures a b, et une inférieure c qui répond à la partie de l'instrument qui doit mesurer les pieds.

Sur la face supérieure des longues barres dd reposent quatre indicateurs horizontaux œ/ca/ semblables les uns aux autres quant à leurs dimensions: sous ce rapport, il suffira d'en décrire un, soit l'indicateur a. Il a deux pieds de long, deux pouces

de large et un d'épaisseur. Dans le sens de cette dernière dimension , à ses extrémités et d'un côte' seulement, se trouvent des épaulemens 11 et 12. Ces épaulemens ont trente-deux lignes de long ueur, dix-huit de largeur et douze d'épaisseur, ils forment équerre par rapport à l'indicateur. Au côté opposé , on remarque une lame en cuivre q sur laquelle sont marquées des divisions en pouces et lignes. Les extrémités de la face inférieure de l'indicateur sont garnies de lames coudées en cuivre i4et i5, adaptées sur les faces internes et externes des épaulemens 11 et 12 5 ces lames dépassent inférieurement de neuf lignes, pour servir de guides en glissant sur la face supérieure des longues barres d d.

Un cylindre r en bois , de vingt-deux lignes de diamètre , sur cinq pouces de hauteur et dont la partie inférieure 16 forme tenon, glisse dans la longue mortaise i3 de chaque indicateur horizontal.

Pour fixer le cylindre r sur l'indicateur, le centre de la première de ces pièces est percé d'un trou par lequel passe une broche en fer t, à l'extrémité inférieure de laquelle est rivée une plaque en fer ou en cuivre 17 d'un pouce en carré, tandis que sur son extrémité supérieure, qui est taraudée, s'adapte un bouton de cuivre 18, lequel fait office d'écrou; en sorte qu'en tournant ce bouton on peut

serrer à volonté le cylindre sur l'indicateur qui le reçoit.

A la partie supérieure du cylindre que nous venons de décrire , à l'endroit où il se joint au bouton 1 8, qui sert d1écrou, et à sa partie inférieure ou collet du tenon 16 , sont deux petits supports en cuivre u V, fixés par des vis au cylindre r qu'ils débordent ; ces supports sont perce's verticalement par des trous 19 et 20 superposés. Ces trous laissent passer une aiguille de laiton x, courbée à angle droit vers le trou du support en cuivre u, dans une longueur de trois pouces , tandis que sa portion verticale a un pied de longueur ; inférieurement elle est simplement arrondie , et l'extrémité de la partie coudée est contournée en forme d'anneau.

Sur les deux traverses supérieures ab, qui unissent les cbâssis latéraux , sont deux niveaux y z , qui occupent le centre de ces traverses. A leur sommet sont des trous, les uns inférieurs 21 , ai, pour attacber le fil à-plomb, les autres supérieurs 22 , 22, pour laisser passer un fil a qui traverse le cruropelvimètre dans toute sa longueur et le partage en deux parties égales ; ces trous doivent correspondre parfaitement avec ceux qui leur sont opposés. Les traverses ab, qui supportent les niveaux , sont également percés à leur centre par les trous 23, 24, qui donnent passage a un autre

fil b' (1), qui divise aussi l'instrument dans le sens de sa largeur en deux parties égales, l'une à droite et l'autre à gauche , et sert à déterminer la ligne médiane du corps. Les niveaux ont pour usage de mettre l'instrument à-plomb.

L'intervalle des deux châssis latéraux qui sont réunis par deux traverses, est rempli par une table e' qui a une e'paisseur de treize lignes. A quatre pouces quatre lignes de chacune de ses extrémités et à un pouce des bords supérieur et inférieur se trouvent pratiquées de chaqne côté des ouvertures 25,26,27 et 28, parallèles de haut en bas, portant treize lignes carrées et destinées à recevoirles guides en hois g' h\ qui ne font que glisser entre chacune de ces ouvertures. La même table se trouve entaillée extérieurement pour recevoir un écrou d', qui est fixé par des vis, et, dans la direction du trou de de l'e'crou, elle est percée de part en part par un autre trou 29.

Deux planches e' f' portant onze pouces de longueur, quatre de largeur et dix lignes d'épaisseur sont adaptées aux extrémités des guides g' h' i'k'. Ces planches sont à cet effet creusées des mortaises 3o , 3i , 32 , 33 , dans leur partie moyenne et

(1) Le fil b' n'est point visible dans la planche , puisqu'il est masqué par la longue barre d ou par le fil a'. On conçoit par la description qu'il si tendu entre les points a3 et 24, de manière à être placé verticalement ous le fil a'.

parallèlemenl anx mortaises 25, 2O, 27 et 28, précédemment décrites en parlant de la table c'.; les mortaises inférieures ne sont éloignées que de dix lignes du bord inférieur de chaque planche.

Toutes ces mortaises reçoivent les guides en bois g' h1 i1 k' qui y sont fix^s ^une manière solide. Ces quatre pièces assurent la marche régulière des planches e'f' qui s'éloignent ou se rapprochent à volonté de la table c'. Les guides ont treize lignes en carré, sur neuf pouces de longueur et passent dans les mortaises 25, 26, 27 et 28 de la table c'. Une pièce en fer V m' réunit verticalement et à leurs extrémités les guides de chaque planche e' £ et maintient leur écartement; elle est consolidée elle-même à l'aide de rivés et recouverte par une lame en cuivre n1 qui se replie en haut et en bas et va gagner les planches e1 f\ Cette lame est divisée sur sa face supérieure en pouces et lignes ; elle se trouve attachée aux guides par le moyen de vis. Dans la partie moyenne de la pièce en fer Y m\ on remarque un renflement 34 et à cet endroit même elle se trouve percée d'un trou 35 pour le passage d'une vis en fer n", qui a un pied de long sur six pouces de diamètre. La tête, qui est extérieure 36, est un peu plus forte et forme un épaulement. Elle se termine par un carré 37, qui reçoit une clef o'. Près de la partie inté-

rieure du trou de la pièce en fer I1 m1, cette vis se trouve percée d'un trou 38 pour y passer une goupille p\ et, entre cette goupille et la pièce en fer, on interpose une rondelle en cuivre C]\ Le reste de la vis passe dans l'écrou d1 dont nous avons parlé ; arrondie à son extrémité, elle s'applique dans l'intervalle des guides g' h', i' k' sur les planches e'f\

En faisant tourner lu vis n" il est aise' déjuger du mouvement qui en résulte. Lorsque les planches e' 1' sont près de la table c' elles sont portées en avant en tournant la clef o'; si on la tourne en sens inverse on sent qu'elles se rapprochent; les divisions qui se trouvent sur les guides supérieurs g' i' indiquent l'e'cartement qui s'établit entre la table et les planches.

Les planches e' P sont verticales et marchent parallèlement , elles ne suivent donc pas toujours la disposition des pieds qui n'ont pas une direction naturelle. Tantôt la pointe est portée en dehors , tantôt elle l'est en dedans, d'autres fois la plante est dans une direction oblique , enfin il peut y avoir inégalité d'écartement delà ligne moyenne. Il était donc nécessaire que l'instrument pût constater ces différentes positions qui ont le plus souvent pour cause le de'rangement du bassin, ou celui des diverses parties constituantes des membres abdominaux^

Pour établir d'une manière exact e toutes ces diverses manières d'être des pieds, il fallait qu'une planche appliquée à leur face inférieure pût être portée en avant ou en arrière , en conservant la perpendiculaire; elle devait aussi pouvoir se pencher de côté, soit à droite soit à gauche, et être inclinée de devant en arrière ou d'arrière en avant. Nous avons taché de remplir toutes ces indications au moyen de la pièce suivante.

Une plate-forme r', de 16 pouces de longueur sur quatre pouces de largeur 39 et un pouce d'épaisseur, ne conservant sa largeur indiquée que dans l'étendue de quatre pouces pour être réduite postérieurement, 4o, à trois pouces, présente au-dessus de son point 3g, et à deux pouces de son extrémité, une ouverture 41, de deux pouces carrés , laquelle n'en a qu'un inférieurement et de devant en arrière. Cette entaille est destinée à loger un cylindre s', placé transversalement, portant 16 lignes de diamètre , affleurant la face inférieure de la plate-forme et réduit à deux lignes dans sa partie saillante qui forme une surface plane. L'axe de ce cylindre traverse les bords de la plate-forme pour le supporter.

Sur la face supérieure du cylindre s' se trouve une équerre en cuivre t' dont la branche qui lui correspond a seize lignes de longueur ; son ex-

Irémité est arrondie pour former une circonférence , elle est percée en son milieu par le trou $.2, pour le passage d'une vis à tête ronde : cette vis pénètre dans un autre trou pratiqué dans le centre de la longueur du cylindre s1 pour y fixer l'équerre. La branche verticale de celle même équerre, lono-ue de trente-deux lignes , est arrondie à son extrémité et percée, à quinze lignes du bas, d'un trou 43 pour le passage d'une vis.

Une planche mobile v', longue d'un pied, large de trois pouces quatre lignes, e'paisse de six lignes, se trouve réunie à queue d'aronde et à angle droit avec une talonnière u1, qui a trois pouces de largeur , une longueur de quatre pouces quatre lignes et huit lignes d'épaisseur ; elle est taillée en courbe inférieu rement, de manière que la partie supérieure de ses bords soit à vive arête et les angles libres et arrondis. Supérieurement, dans le centre, se trouve une entaille 44i formant un creux arrondi pour loger le talon. De la réunion de ces deux pièces résulte une équerre à branche horizontale plus courte et à branche verticale plus longue. A seize lignes de l'extrémité inférieure de la planche mobile v', et dans sa partie moyenne, elle est percée d'un trou l\b qui reçoit la vis par laquelle elle est unie à la branche verticale de l'équerre en cuivre t1. L'extrémité de la vis reçoit

une rondelle en cuivre x', pour l'empêcher d'user le bois de la planche mobile.

Les choses étant ainsi disposées , on peut déjà prévoir les mouvemens qui vont s'exécuter, une fois une impulsion donnée à la machine. Le cylindre s', se mouvant sur ses axes, porte les autres pièces en avant ou en arrière ; l'équerre en cuivre t\ tournant sur la face plane du cylindre s\ dirige à volonté en dehors ou en dedans la planche mobile V', laquelle, à son tour, roulant sur l'axe qui l'unit à la branche verticale de l'équerre en cuivre, exécute des mouvemens latéraux d'inclinaison plus ou moins forts. Ainsi le talon reposant sur la talonnière u' et la plante du pied sur la planche mobile, on peut opérer tous les mouvemens possibles-, en partant d'une position normale, il sera donc facile d'apprécier, à l'aide de l'instrument, de combien les pieds se seront écartés de ce point de départ.

Si aux positions vicieuses à constater se joignait encore un raccourcissement du membre, il serait possible défaire exécuter à toutesles pièces un mouvement au moyen duquel elles iraient retrouver le pied. La partie postérieure de la plate-forme r1 glisserait dans la chappe 46, faite au bord inférieur de la table c\ laquelle est considérablement augmentée inférieurement par l'entaille 47 faite

a la face supérieure de Ja traverse inférieure C On conçoit que la plate-forme r1 peut ainsi avancer ou reculer pour arriver au point où se trouve le pied. Cette plate forme se trouve guidée dans sa marche par la longue console y', fixe'e par des vis sur la face extérieure de la table C1.

Comme il arrive quelquefois qu'il y a de l'inégalité dans la longueur du pied, il était essentiel de pouvoir la constater. Aussi avons-nous établi à cette intention les divisions 48 sur la planche mobile y'-, ou équerre en bois, et, au moyen d'une coulisse en cuivre z', qui embrasse la largeur de cette planche et descend ou s'élève verticalement, on trouve au juste la mesure que l'on cherche.

Une autre mesure était également nécessaire pour préciser la distance d'un point à un autre. Celle que nous avons adoptée est un compas à verge de trente pouces de longueur, figure 7, Planche IIIe; à une de ses extrémités est une petite pièce fixe en bois, garnie en cuivre, se terminant inférieurement à angle droit par une pointe. Une autre pièce, semblable à la précédente, mais mobile et pouvant glisser dans toute la longueur de la verge divisée, complète ce compas; celte pièce mobile est en cuivre et a inférieurement une pointe.

Pour la fixer , lorsqu'une mesure est prise, un bouton à vis, placé supérieurement, vient presser

sur une lame à ressort placée à l'intérieur et à la partie supérieure de la coulisse. Par cette disposition l'écartement des pointes du compas se compte par les divisions de la verge en bois.

La nutrition pouvant amener dans le membre njesuré des changemens progressifs , nous avons eu l'idée de les apprécier sur divers points de son étendue par la mesure en ruban que nous allons décrire.

Que Ton se représente une petite boîte en cuivre dans l'intérieur delaquelle, à l'une deses extrémités, se trouve un cylindre roulant sur deux axes maintenus sur les côtés de la boîte en cuivre. Le corps du cylindre est percé pour attacher l'extrémité d*un ruban qui s'enroule sur lui en tournant un bouton ou petite manivelle adaptée sur l'une des extrémités de l'axe du cylindre décrit, à l'extérieur de la boîte en cuivre. Le ruban sort de la boîte par une ouverture transversale à sa partie supérieure, glisse sur cette face et va traverser une entaille ménagée dans un rebord de la boite en cuivre, à son extrémité saillante opposée à ce cylindre ; cette extrémité libre du ruban se fixe sur une lame en cuivre de la môme largeur que la boîte, arrondie à l'un de ses bouts, repliée pour former angle droit à l'autre; c'est cette partie repliée de la lame qui reçoit le ruban , il s'y trouve

fixé parun nœud. Toute la longueur du ruban est divisée en pouces et lignes, en sorte que Ton peut, par son moyen , mesurer les circonférences et juger de toutes les distances.

MANIERE

D'EMPLOYER LE CRUROPELVIMÈTRE.

Le malade étant dans une position horizontale, on place l'instrument d'à-plomb de manière que les deux fils a1 et b\ en regardant de haut en bas, se confondent avec la ligne médiane* On fait ensuite glisser l'indicateur horizontal a, jusqu'à la rencontre de l'épine antérieure et supérieure , et l'on guide le cylindre jusqu'à ce que l'aiguille en laiton x' tombe sur le centre de cette épine. Si elle est parallèle à celle du côté opposé, on le constate en faisant glisser le même cylindre jusqu'à ce que l'aiguille rencontre son centre ; s'il y a une différence, on reporte le cylindre où il avait été placé, et l'on fait marcher l'indicateur horizontal /, en sens inverse du précédent; on guide son cylindre jusqu'à la rencontre du centre de l'épine. En examinant l'écartement qui existe entre les deux indicateurs horizontaux sur les lames en cuivre exté-

rieures h h, on voit clairement le degré d'inclinaison du bassin; mais, pour juger si Tune est plus éloignée de la ligne moyenne que l'autre, on remarque à quelle distance les aiguilles en laiton correspondent sur les divisions des lames de cuivre q et on prend note des différences.

On continue l'ope'ration par l'examen des genoux. Si on a remarqué qu'une épine soit plus élevée que l'autre, on fait glisser l'indicateur horizontal c jusqu'à ce qu'il rencontre l'extrémité supérieure de la rotule, et le cylindre jusqu'à ce que l'aiguille se trouve en rapport avec sa partie moyenne. On avance ensuite l'indicateur horizontal </ jusqu'à la rencontre de l'extrémité supérieure de la deuxième rotule, on avance le cylindre jusqu'à sa partie moyenne et on justifie les différences comme on l'a fait pour les épines antérieures et supérieures.

Si l'on a trouvé une différence aux hanches et aux genoux , on doit aussi en trouver une aux pieds. Pour s'en assurer, on commence par poser le pied le plus long contre une des planches e'ou f\ ensuite on fait avancer, au moyen delà clef o', l'autre planchejusqu'à la rencontre du pied et, quand elle y est arrivée, on examine la différence par les divisions qui sont placées sur la partie supérieure des guides g' et i'.

D'après ces trois mesures, on peut constater d'une manière certaine le rapport qu'elles ont entre elles et prononcer sur la nature du raccourcissement qui , d'après les dernières suppositions admises , dépendrait d'un renversement du bassin sur le côté.

On peut encore mentionner la position respective des grands trochanters. Pour arriver à leur connaissance exacte , il faut avoir leur hauteur à partir de la plante des pieds, leur éloignement de la ligne médiane et leur élévation de bas en haut. On obtient ces résultats en faisant glisser l'indicateur late'ral i, qui se trouve entre la longue barre d et le patin e, jusqu'à ce que l'aiguille horizontale en laiton 1 soit arrivée à son sommet , en faisant mouvoir la vis en cuivre k qui glisse dans la mortaise 8. La distance qu'il y a du pied au sommet du trochanter se reconnait par le style 7 qui rencontre les mesures latérales h de la longue barre d ; sa hauteur prise de bas en haut , par l'examen du style 10 qu'on remarque à la rondelle n qui glisse sur les divisions o de l'indicateur latéral ; sa distance de la ligne médiane par le chemin que parcourt l'aiguille en laiton qui passe par la pièce creuse; la distance de l'épine antérieure et supérieure en ponctuant avec de l'encre le point de l'espace intermédiaire entre ces deux parties où

s'arrête l'aiguille. Ici nous faisons usage du compas à verge. Ensuite on en fait autant de l'autre côté et en comparant on voit en quoi consiste et sur quoi porte la différence quand il y en a.

Par la manière de proce'der que nous venons d'indiquer, on reconnaît parfaitement l'état des choses dans les cas de renversemens latéraux du bassin, simples et sans complications. Mais s'il existe en outre une torsion, les opérations quoique faites de même sont plus compliquées. Ainsi la planche avec laquelle on a mesuré le pied ne peut plus servir; on doit faire usage de celle qui fournit le moyen de l'appuyer , quelle que soit la direction vicieuse qu'il ait prise. Lorsque les épines et les trochanters se trouvant à la même hauteur, il y a néanmoins une différence dans la totalité de la longueur du membre , il faut en chercher la cause dans le défaut de développement des os et dans l'amaigrissement du pied (nous ne parlons ici que des vices de conformation et non des résultats d'un accident comme une fracture , une luxation accidentelle, elc.)Pour avoir la longueur du fémur on marque avec l'aiguille horizontale la partie la plus élevée du grand trochanter, et avec l'aiguille qui répond aux genoux le milieu de l'articulation fémoro-tibiale ; on marque également le centre de la malléole externe. Ces trois points suffisent

pour déterminer les raccourcissemens partiels de la cuisse , de la jambe et du pied : une fois qu'ils sont établis , on mesure la distance qui sépare chacun d'eux, d'abord du rôté malade, puis du côté sain : on reconnaît la différence et on voit à quoi elle peut tenir.

Pour s'assurer des changemens survenus dans le volume du membre par suite d'un accroissement ou d'une diminution de la nutrition, il est un procédé très-simple qui consiste à marquer plusieurs points sur la longueur du membre sain, à en faire autant sur le côté opposé en observant bien de tenir compte de la différence trouvée dans la longueur, ensuite de mesurer le pourtour à l'aide du ruban sur tous les points qui ont été marqués.

Si le raccourcissement de l'extrémité ne dépendait pas du renversement du bassin , mais bien d'une luxation, d'une fracture, d'une courbure des os en particulier ou du membre en général , on observerait toujours la marche que nous venons d'indiquer; seulement les indicateurs latéraux ii suivraient toute la longueur des longues barres et patins , et avec l'aiguille horizontale on déterminerait l'état du membre.

Je n'entrerai pas dans le détail de toutes les applications dont le cruropelvimèlre est susceptible. Sa seule dénomination suffit pour les indiquer

toutes, puisqu'elle signifie qu'il est fait pour mesurer le bassin et l'extrémité inférieure, par conséquent, pour faire connaître tous les changemens survenus par une cause quelconque dans les proportions normales de ces parties. Toutefois, pour bien comprendre la manière d'en faire usage , il me parait utile d'entrer dans quelques considérations.

Le bassin étant dans l'état normal, l'aiguille en laiton x, en marchant de droite à gauche ou de gauche à droite, suivra une ligne qui passe par le centre des épines antérieures et supérieures. Elle suivra également une ligne qui passe par le sommet des trochanters, ces deux lignes formant entre elles des parallèles. Mais si l'état normal est changé par le déplacement de la tête du fémur sorti de sa cavité, le parallélisme n'existera plus. Le sommet du grand trochanter remontant vers la fesse ira retrouver sa première ligne , la dépassant ou restant un peu au-dessous. Veut-on apprécier au juste cette différence , on cherche le sommet du grand trochanter du côte' sain, on pousse l'aiguille 1 qui glisse dans la vis en cuivre k et on la maintient en serrant le bouton m. On en fait autant du côté opposé , et la petite pièce en cuivre 7, qui glisse sur les divisions que porte la lame en cuivre h, indique le point que l'on cherche à de'terminer.

On l'obtient de même sur le second côté de l'instrument , mais comme les distances de part et d'autre ne sont pas les mêmes, on juge de suite le degré d'élévation en comptant le nombre de pouces et de lignes formant la diftérence entre les mesures données par ces lames opposées ; on {race des pa parallèles par les points obtenus pour mieux indiquer la différence trouvée. Les fémurs étant déplacés se trouvent, par rapport à la ligne moyenne, plus en avant ou plus en arrière ; on peut'encore reconnaître cette différence au moyen de l'aiguille

en laiton 1, placée à cet effet à la partie la plus saillante que forme le grand trochanter, et par remploi du compas à verge; effectivement, on peut déterminer l'éloignement de la ligne moyenne;,en la mesurant avec le compas à verge à partir de la portion extérieure de l'aiguille 1 ; la position de

devant en arrière se trouve en examinant le style io de la rondelle n, qui suit les divisions des lames

en cuivre o ; enfin la hauteur ou la dislance de l'épine antérieure supérieure, est marquée par le style de la lame en cuivre 7, sur les divisions de la lame h. On opère de même sur le second côté du cruropelvimètre, et on juge ainsi des différences et de la véritable position produite par le déplacement et le raccourcissement du membre.

Mais le raccourcissement lui-même est souven

compliqué d'un renversement latéral da bassin , il est utile alors de pouvoir séparer les effets du déplacement d'avec ceux du renversement , car le traitement pour ces deux cas est tout-à-fait différent.

Pour reconnaître ces divers dérangemens , on commence par conduire sur Tépine antérieure supérieure la plus élevée l'aiguille de l'indicateur horizontal en la dirigeant de haut en bas; ensuite on conduit sur le point correspondant l'aiguille de l'indicateur horizontal 4 et de Das en haut ; l'espace compris entre les deux indicateurs donne le nombre de lignes dont le bassin est dévié ; on peut alors raisonner comme suit : le raccourcissement du membre est de trois pouces six lignes , le renversement de dix-huit lignes et le déplacement de deux pouces ; voulant opérer la réduction , l'extension ne doit pas dépasser cette longueur ; le membre ayant été porté en haut, par suite d'un renversement du bassin , par le déplacement du fémur ou par les deux causes réunies , le genou et le pied ayant été entraînés doivent avoir éprouvé le même dérangement, comparé avec ceux du côté opposé, cependant, il faut faire une distinction , car si les rapports des genoux et des pieds ont changé par suite d'un simple renversement du bassin , l'un est descendu , l'autre est

remonté} la dillérence étant de dix-huit lignes, il faudra la partager en deux et dire : pour rétablir l'équilibre ou l'état normal . il suffit de remonter l'un de neuf lignes et de descendre l'autre de la même longueur.

Si le raccourcissement dépend seulement d'un déplacement, il faudra que l'extension se fasse de la longueur indiquée ; mais s'il y a déplacement et renversement , on ne fera l'extension que de la longueur du déplacement , et, quand la réduction sera opérée , on s'occupera de traiter le renversement.

Il arrive par fois que le raccourcissement dépend de trois choses, déplacement, renversement et torsion, il est essentiel de pouvoir reconnaître ces trois états ; déjà nous avons indiqué les moyens de découvrir le déplacement et le renversement, il ne nous reste donc à parler que du troisième état, qui est la torsion du bassin ; dans ce cas, les épines antérieures et supérieures ne sont plus dans le plan antérieur, l'une le dépasse, l'autre s'en éloigne en sens contraire -, la première est plus rapprochée du plan moyen que l'autre, et de cette disposition , il rénulte que la partie supérieure du membre est portée en haut et en dedans, tandis que l'autre est en bas et en arrière.

Pour reconnaître cet état on fait marcher l'ai-

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guille du conducteur horizontal a jusqu'au centre de l'épine la plus e'ievée, on remarque de combien elle se trouve éloignée du centre au moyen de la division de la lame de cuivre q et par le fil b', qui représente la ligne moyenne; ensuite on mesure la longueur de l'aiguille x qui dépasse le bouton en cuivre jusqu'à l'angle qu'elle forme; on en fait autant du côté opposé et l'on reconnaît à l'instant de combien de lignes est la torsion du bassin.

D'après oc que nous venons de dire, si au déplacement on ajoute la différence du renversement et celle de la torsion , on aura par celte réunion l'étendue du raccourcissement total, duquel on retranche les deux dernières données réunies pour savoir jusqu'où l'on doit porter l'extension.

Ces désordres supérieurs doivent nécessairement influer sur le reste du membre, il est donc essentiel de les constater; dans le cas simple , il est facile de vérifier la différence d'un pied par rapport à l'autre, puisqu'il ne s'agit que d'appliquer la plante du pied qui descend le plus bas sur la planche e\ et de tourner ensuite la vis n" jusqu'à ce que la planche rencontre la plante du second pied , la différence se reconnaît par l'examen des divisions qui se trouvent sur les lames en cuivre n' qui recouvrent la partie supérieure des guides g' et i'. 27.

Le pied peut être déjetté en dedans ou en dehors et d'une manière plus ou moins marquée; il est essentiel de constater toutes ces positions et on ne peut le faire qu'avec la plate-forme r1 et la talonnière u'.

Le talon reposant sur la talonnière tf, la plante du pied sur la planche mobile v1 , on peut au moyen des diverses articulations de cette partie de l'instrument , lui donner la position du pied et mesurer sa longueur , son déjettement soit en dehors soit en dedans, son déversement, sa flexion, etc., et démontrer que parle rétablissement des parties supérieures , il y aura changement complet dans la disposition du pied. Les genoux, partie intermédiaire, doivent être examinés et mesurés avec le même soin ; on emploie les moyens indiqués pour les épines antérieures supérieures , soit que le changement dépende de Tune des causes détaillées, soit enfin de toutes les causes réunies.

Si Ton ne trouve pas un rapport exact dans les différences d'élongation et de raccourcissement , il faut en chercher la cause soit dans le défaut de développement de l'os en longueur, soit dans sa courbure, soit dans un chevauchement survenu à la suite d'une ancienne fracture : il faut donc avoir le soin de tenir compte des causes des différences avant de commencer l'extension.

Pour y parvenir, on marque le sommet du grand trachanter au moyen de l'aiguille horizontale 1 , ensuite on en fait autant pour le point de contact du fémur avec le tibia, et au moyen de l'aiguille de l'indicateur horizontal c ondétermine le centre de la malléole externe; ces trois points donnés, on mesure les distances du sommet du grand frochanter à l'articulation du genou, et de ce même point au centre de la malléole avec le compas à verge; on en fait autant du côté opposé , et l'on est à même de juger de combien ces os sont plus courts, soit le fémur, soit le tibia et le pe'roné.

S'il y a eu fracture, on peut assurer que le chevauchement est d'un ou deux pouces, sans crainte de se tromper ; il en sera de même de la courbure des os, soit de la cuisse, soit de la jambe.

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