‹ Essai et observations sur la manière de réduire les luxations spontanées ou symptomatiques de l'articulation ilio-fémorale [electronic resource]Chapitre 21 sur 57 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

L'exposé du plan que nous avons suivi dans cet ouvrage , présenté à la fin de notre avant-propos , nous dispense d'un résumé e'tendu qui n'en serait que la paraphrase. Aussi nous bornons-nous à e'tablir en forme de conclusions les propositions suivantes qui résultent de tout ce qu'on a lu dans notre me'moire.

La dénomination de luxation spontanée du fémur n'est correcte et ne doit être conservée qu'autant qu'elle est appliquée à cette maladie de la hanche dont l'essence est une inflammation des parties qui la constituent, et le résultat la sortie du fémur hors de la cavité cotyloïde.

Les auteurs anciens n'ont fait qu'indiquer cette maladie, quoique le peu qu'ils en aient dit ne permette pas de croire qu'elle leur ait été inconnue. J.-L. Petit est le premier qui l'ait décrite dans un mémoire qui parût en 1722, et il s'en est acquitté

de manière à laisser peu de choses à dire à ceux qui sont venus après lui.

Le traitement de la luxation spontanée du fémur n'avait été dirigé jusqu'à présent que contre les accidents primitifs qui déterminent Je déplacement et qui continuent quelquefois après qu'il est effectué. Si on n'avait pu le prévenir , et que , d'ailleurs , on fût venu h bout d'arrêter les accidens , on regardait la maladie comme terminée et le malade comme fort heureux d'avoir sauvé ses jours, et d'en être quitte pour une infirmité que personne n'avait jamais eu l'idée de guérir.

Cette unanimité d'opinions sur l'incurabilité des luxations spontanées , a sa source dans les idées généralement admises sur l'état où se trouve l'articulation ilio-fémorale après un déplacement ancien. On pense que, dans ce cas, la cavité cotyloïde se déforme ou se remplit; que la tête du fémur perd également sa forme et ses dimensions ; que des adhérences très-fortes ou dangereuses à détruire l'unissent aux parties avec lesquelles il est en contact; qu'enfin tout retour aux rapports articulaires naturels entre cet os et celui des hanches est désormais devenu impossible.

Les observations rapportées dans le chapitre

IV doivent faire envisager ce sujet sous un point de vue tout-à-fait nouveau. En effet , la maladie n'est pas incurable puisque douze sujets abandonnés par tous les autres médecins ont été soumis à l'action des appareils usités dans l'établissement de Morley et renvoyés guéris dans leur famille. Les surfaces articulaires ne présentent donc pas ces déformations considérables , il n'existe donc pas ces adhérences si fortes que l'on regardait comme constantes, puisque toujours la réduction a eu lieu, et toujours aussi avec facilité et sans douleur.

Vf.

Le même succès ayant été obtenu dans un cas de luxation accidentelle qui datait de plusieurs années , le champ de la science est agrandi d'une manière illimitée , quant au traitement de cette maladie que Ton regardait comme incurable au bout de quelques mois d'existence.

Cinq luxations congéniales ayant été traitées avec le même bonheur, une réussite aussi inespérée établit également une doctrine toute nouvelle sur l'état de l'articulation que l'on croyait déformée au point défaire regarder comme inutile et même comme insensée toute tentative de réduction.

La méthode nouvelle de réduction des luxations spontanées , anciennes et congéniales , est donc une découverte dans toute l'acception du terme , une invention qui sera de la plus grande utilité à Phumanité. Toutefois elle n'est pas encore parvenue au degré de perfection dont elle est susceptible, et il reste beaucoup à faire pour arriver à la connaissance exacte de? cas auxquels elle convient et des modifications dont elle est susceptible. L'auteur du procédé signale ces lacunes à tous les praticiens et invoque leur expérience, s'engageant, de son côté , à ajouter des faits nouveaux à ceux qu'il possède déjà et à les publier avec conscience et exactitude.

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