‹ Essai et observations sur la manière de réduire les luxations spontanées ou symptomatiques de l'articulation ilio-fémorale [electronic resource]Chapitre 30 sur 57 · CEINTURE · texte numérisé non relu

CEINTURE

La ceinture est faite en toile écrue de bonne qualité, épaisse de trois ou quatre doubles, haute de

cinq à six ponces , suffisamment longue pour pouvoir embrasser le pourtour du bassin jusqu'à deux travers de doigt de la partie interne des épines antérieures et supérieures des os des îles , construite enfin de manière à emboîter le bassin et à en bien soutenir toutes les parties. Ses bords latéraux sont partagés en trois parties dans l'étendue de deux pouces, ce qui forme des bandes triangulaires aux extrémités desquelles s'attachent des sangles étroites de vingt pouces de longueur. Les bandes triangulaires et les extrémités des sangles qui s'y allaclient sont percées dans le milieu de leur largeur et dans l'étendue de quatre pouces , d'œillets distans l'un de l'autre de neuf lignes. Les autres extrémités des sangles le sont également et dans la même étendue.

Deux morceaux de bois aa d'un pouce en carré sur une longueur de neuf pouces, et deux supports bb de treize pouces , présentent chacun trois mortaises suffisamment larges pour laisser passer les sangles de la ceinture. Sur la face opposée aux mortaises et dans la partie correspondante à leur centre , un trou traverse les morceaux de bois et supports, lequel est destiné à arrêter les sangles en passant des brochettes à travers les œillets qu'on y voit. Les deux morceaux de bois aasont traversés à leurs extrémi tés des trous Vfiffî* parallèles à ceux

dont nous venons de parler , tandis que les autres trous 2, 2, a, 2, qui sont pratiques sur les supports b, b, sont parallèles aux mortaises.

Régulateur de la pression à exercer au moyen de la ceinture.

Deux petites pièces à enfourcbement c C, de quinze lignes en carré , sur deux pouces de longueur , ont une extrémité arrondie percée d'un trou 3, 3 L'autre extrémité de chacune d'elles, qui est supérieure , présente un enfourchement 4> 4 qui est perce' d'un trou 5, 5. Cet enfourchement est destiné à recevoir les tenons des branches f, g de la croîsie mobile que nous décrirons ci-après. Les trous 3, 3, laissent passer chacun un corde d, d, dont la longueur varie selon les sujets , €t dont la partie moyenne est assujettie au moyen de noeuds 6,6, 7, 7 de chaque côté des trous 3, 3, tandis que leurs extrémités vont passer par les trous 1,1,1,1, des pièces a, a, et y sont arrêtées par des noeuds : de cet arrangement des cordes résultent des anses dans le centre desquelles se trouvent les pièces à enfourchement ce.

Sur les longues traverses latérales F' G', qui maintiennent l'écartement de la tête et du pied de l'appareil extenseur, et sur leurs bords supérieurs,

dans le plan transversal qui répond au bassin , on attache les extrémités d'une planche e, de quatre pouces de largeur sur quinze lignes d'e'paisseur , placée de telle sorte que le centre de sa largeur soit dans le même plan que les épines antérieures et supérieures des os des îles. A son centre et dans le sens de sa longueur se trouve une mortaise 8 , de six pouces de long , de treize lignes de large , taillée en biseau aux dépens de sa face supérieure. A huit lignes du centre et de chaque côté de la face supérieure, près du bord qui répond aux pieds du lit, deux trous 22, 23, la traversent de haut en bas. Sur le bord opposé et sur la face externe de la planche e se trouvent pratiqués plusieurs trous 24» 24, (ils ne sont pas visibles sur les planches ) : dans le centre enfin de cette même planche et vers la partie moyenne de son bord, on voit un trou 9 qui la traverse de part en part ; il est destine' à recevoir une longue brochette qui rencontre dans la mortaise 8 les deux branches f g, qui ont chacune vingt-quatre pouces de longueur et quatorze lignes d'épaisseur dans l'étendue de quinze pouces : le reste est entaillé de moitié de son épaisseur.

A la partie intermédiaire des mêmes branches sont plusieurs trous 10, 11 , distans de six lignes , et placés parallèlement entre eux : entaillées et réunies ensemble, ces mêmes branches remplissent

l'épaisseur de la mortaise 8 et y sont maintenues au moyen de la longue brochette qui traverse le trou 9 de la planche e en passant également à travers l'un des trous 10 et ti. Aux extrémités inférieures des branches f g sont percés des trous 12, i3. Ces extrémités sont reçues dans les enfourchemens 4, 4> des petites pièces C, c, et sont réunies par des brochettes qui traversent les trous 5, 12 et 5, i3, le droit reçoit celui du côté gauche et le gauche celui du côté droit , ce qui fait que les branches f g forment une croisie mobile. A leur extrémité supérieure , elles sont traversées par un fil de fer i4, i5, de deux lignes de diamètre et de trois pouces de longueur.

Pour faire agir simultanément les deux branches f g, il fallait créer une pression uniforme sur les deux parties supérieures puisque leur action est inverse à leur partie inférieure : pour arriver à ce résultat , l'assemblage suivant a été établi :

A deux pouces six lignes des orifices du trou g, quatre piliers h, i, k, 1, (le pilier k n'est pas visible dans les planches) d'un pied de longueur sur quatorze lignes en carré, fixés dans des entailles faites aux bords de la planche e , et maintenus par des vis, sont terminés à leur extrémité supérieure par quatre tenons que reçoivent quatre mortaises pratiquées dans le plateau de couronnement m.

Ce dernier qui a huit pouces six lignes de longueur sur qnatre pouces quatre lignes de largeur et dix lignes d'épaisseur, porte à son centre une mortaise 16, dirigée de devant en arrière, ayant quatorze lignes de longueur et cinq lignes de largeur.

Les quatre piliers h,i,k,l, qui forment un carré long n'ont d'autre usage que de diriger le guide n dans sa course ; il a seize pouces six lignes de longueur, quatre pouces de largeur , un pouce d^épaisseur, et ses bords présentent quatre entailles 17 , 17, 17, 17, de six lignes de profondeur et quinze lignes de largeur, toutes également éloignées du centre et correspondant aux quatre piliers h, i, k, 1, qu'il reçoit. On remarque aux extre'mités de ce guide un enfourchemenl 27, 27, qui a quatre pouces de longueur et quatorze lignes de largeur : il est destiné à recevoir la partie supérieure des branches fg; mais comme ces branches, dans les mouvemens d'élévation et d'abaissement qu'on leur fait exécuter, pourraient sortir de Penfourchement, les parties latérales de l'enfourchement sont percées à leur extrémité, dans le sens de l'épaisseur du guide, d'un trou 28, 28, qui est rempli par une broche , en sorte que ces enfourchemens deviennent des mortaises factices ; on remarque qu'à leur base, le guide , dans la même direction et dans l'étendue de deux pouces , se

trouve entaillé en biseau aux dépens de sa face inférieure. La base du biseau répond au centre du guide.

Au milieu de ce même guide , dans le sens de sa longueur et à sa face supérieure se trouve une mortaise où est reçu perpendiculairement le tenon de l'appui o du lévier p qui a treize pouces six lignes de longueur , seize lignes de devant en arrière et un pouce de droite à gauche : il conserve cette proportion 18 dans une étendue de trentedeux lignes à partir du tenon , ensuite il se trouve réduit à n'en plus avoir que cinq. Les cinq pouces supérieurs sont percés de trous de neuf lignes en neuf lignes. L'appui o, dans sa partie la plus mince, est reçu dans la mortaise 16 du plateau de couronnement m : quant à son extrémité supérieure 19, elle entre dans la mortaise 20 du lévier p qui a quinze pouces de longueur sur quatorze lignes en carré. La mortaise 20, éloignée de trente-deux lignes dVine des extrémités, a deux pouces de longueur de haut en bas et porte à son centre un trou horizontal 21 qui , au moyen d'une brochette qui traverse ce trou , ainsi qu'un autre de l'appui o, rend le lévier p mobile. Au point où Tappui o est le moins éloigné de l'extrémité du lévier , on voit un trou 26 dirige' comme celui 21 . Il est destiné au passage d'une corde 27, 27, qui traverse de bas en

haut le trou 23 de la planche e, remonte jusqu'au trou 26 du levier p, le traverse également ; redescend, traverse le trou 22 de la planche e, et laisse une partie flottante à l'extrémité de laquelle on attache une brochette qu'on hxe dans un des trous 24. L'extrémité oppose'e du lévier p est percée en sens inverse du trou 26 d'un autre trou '25 pour le passage d'une corde 29 , arrêtée en haut par un nœud , laissant flotter le bas où une brochette se trouve attachée.

Nous nous sommes abstenus de décrire plusieurs petites pièces qui servent à donner de la solidité à l'ensemble et à faciliter le jeu des pièces.

Application et mode a"action de la ceinture et du régulateur de la pression à exercer par son

moyen.

La ceinture qui entoure le bassin doit être placée de telle sorte que la partie moyenne de sa longueur réponde aux épines antérieures et supérieures des os des îles. Les sangles, qui sont au nombre de trois de chaque côte, traversent les mortaises des pièces a a, jusqu'à ce qu'elles soient arrivées à deux travers de doigt en dedans des épines antérieures et supérieures : on les fixe par le moyen de brochettes qui traversent les trous des

mortaises et les oeillets des sangles; les anneaux des brochettes devant être tourne's en dedans.

Les petites pièces à enfourchement c, c, réunies aux pièces a a par les anses cl d , vont se joindre aux extrémités inférieures des branches f g , de manière à se croiser. Ensuite le guide n étant élevé jusqu'à la résistance que lui font éprouver les fils de fer i4 et i5 des branches f g, tout étant bien tendu, on fait passer l'extrémité des sangles dans les mortaises des supports b b, leur laissant une étendue suffisante pour que ces mêmes pièces puissent être fixées au moyen de brochettes qui traversent les trous 2, 2, 2, 2, et ceux qui leur correspondent à la face externe des longues traverses latérales F1 G'. Nous avons vu plus haut qu'on arrêtait ces sangles par des brochettes passées dans leurs œillets et clans les mortaises. On se sert ensuite de la corde 27 pour diriger en bas l'extrémité la plus courte du lévier p, on la maintient dans cette position en introduisant la brochette qu'elle porte dans un des trous 24 de la planche e, et de cette manière la grande portion du lévier p est trèsélevée. En tirant ensuite la corde 29, l'appui o assemblé dans le centre du guide n est poussé verticalement de haut en bas ; mais comme le guide n est en rapport par ses enfourchemens avec les branches f g, il leur imprime le mouvement qu'il

a reçu. Celles-ci qui forment une croisîe plus ou moins ouverte et qui par conséquent ont un centre commun , se meuvent de telle sorte que leurs extrémités supérieures sont abaissées et portées en dehors et les inférieures portées en dehors et en haut. Mais comme la petite pièce c droite est à gauche , et que la gauche est à droite , on concevra que les morceaux a a seront rapprochés Fun de l'autre , sans pouvoir toucher le ventre, les sangles fixées aux supports bb s'y opposant avec force. On peut donc avec la plus grande facilité serrer à volonté la ceinture en tirant à soi la corde 29 qu'on arrête en introduisant la brochette suspendue à fa corde dans un des trous des longues traverses latérales F1 ou G1. Le malade peut donc selon son désir augmenter ou diminuer la pression du bassin et même le soulever légèrement sans comprimer en rien le ventre : il le maintient dans une position qui ne peut varier ni à droite ni à gauche, ce qui assure la solidité dos autres appareils. On conçoit combien de tels avantages sont précieux et quelle influence ils peuvent avoir sur le traitement.

appareil qui tient le membre abdominal dans te relâchement et qui soutient le genou.

L'appareil qui soutient le genou de manière à

produire une légère flexion de la cuisse sur le bassin , et de la jambe sur la cuisse est conçu de la manière suivante.

Une planche q, suffisamment longue pour que les bouts affleurent les faces externes des traverses latérales F' G1, large de cinq pouces, sur un d'épaisseur, porte attachée à ses extrémités, et de chaque côté, une petite lame en cuivre r, r, de cinq pouces de long et de vingt lignes de large, saillante inférieurernent seulement sur la face externe pour former style et glisser sur d'autres lames de même métal 3o, 3o, 3o , 3o , incrustées dans les faces externes des traverses latérales F' , G\ Ces dernières ont six pouces d'étendue et on y remarque des divisions en pouces et lignes. La planche q devant être mobile, on lui imprime un mouvement en avant et en arrière à Paide de deux galels parallèles qui sont fixés à la face inférieure de cette planche, dans la partie correspondante à la face supérieure des longues traverses latérales F1, G*. Ces galets , montés sur des plaques en cuivre, roulent sur des axes de fer, dépassent de trois lignes le niveau de la face inférieure de la planche q, et reposent sur la face supérieure des longues traverses latérales F1, G\ d'où résultent les mouvemens dont nous avons parlé. A neuf lignes des longues traverses latérales F1, G', dans la partie moyt une du bord correspond

dant aux pieds du lit, on remarque de chaque côte' un trou 3i, 3i , qui traverse la planche q obliquement de haut en bas; il est destiné à laisser passer des cordeaux 32, 32, qui sont arrêtés intérieurement par des noeuds et vont se rendre dans des poulies que nous décrirons ci-après.

Dans la partie moyenne de la longueur de la planche q existe une mortaise 33, longue de deux pieds , large de quatre lignes. Cette planche est percée de trous horizontaux 3/j, 34, 34, 34, qui la traversent dans toute sa largeur et à trois lignes de sa face supérieure. Ils sont destinés à laisser passer des broches qui deviennent les axes des poulies que Ton place dans la mortaise 33 et qui sont au nombre de deux 35, 36. Sur la face supérieure delà planche q, près des bords et parallèlement à la mortaise 33 sont des coulisseaux 1 1 , ayant un pouce en carré et portant à leurs faces inférieures et dans la partie correspondante à la mortaise une feuillure de quatre lignes en carré qui régne dans toute leur étendue et forme avec la planche q deux intervalles dans lesquels glissent deux coureurs en bois , un a droite u et un à gauche V qui peuvent se rapprocher et s'écarter à volonté. Les bouts de ces coureurs qui se correspondent sont surmontés d'W crochet X, x, desline à recevoir une anse de corde dont nous aurons

occasion de parler; les bouts opposés sont percés de deux trous 87, 38, dirigés obliquement de bas en haut , qui livrent passage aux extrémités de deux cordeaux 39, 4<> : chacun de ces bouts de corde est arrêté par un nœud , en sorte qu'il en résulte deux anses qui, au moyen de brochettes, se fixent à un point plus ou moins éloigné en les introduisant dans un des trous 4*> 42-

En se reportant à quatre pouces du pied du lit sur la face supérieure des longues traverses latérales F1, G1, on voit fixés les coussinets y, y, qui reçoivent les tourillons d1un cylindre z. Cette dernière pièce , dont le diamètre est de dix-huitlignes, prend vers la partie interne des tourillons, dans une étendue de neuf lignes, une forme carrée pour recevoir deux poulies en bois a1 a1 de neuf lignes d'épaisseur sur huit pouces de diamètre. Si Ton examine les gorges de ces poulies, on voit, vers Tun des points de leur circonférence , des trous 43* 44? <pi se dirigent obliquement de dehors en dedans et reçoivent les extrémités des cordes 3a, 32, que Ton sait attachées à la planche q ; on les arrête par des nœuds. En continuant toujours la description du cylindre z, on le voit recevoir un le'vier b1 qui a deux pieds de longueur sur deux pouces de largeur à une de ses extrémités, laquelle est arrondie dans rétendue de quatre pouces et se

trouve percée d'un trou 45 où est reçu le cylindre z. Un autre trou 46 diamétralement opposé à celui qu'indique 45, reçoit une brochette qui, rencontrant d'autres trous que porle le cylindre z, sert à fixer ce cylindre avec le levier. Dans le reste de sa longueur , c'est-à-dire , à prendre au-delà des des quatre pouces où il porte deux pouces de large, le lévierb' qui est réduit à quinze lignes de diamètre, laisse glisser sur celte partie un poids plus ou moins fort et dont on varie faction selon qu'on l'éloigné plus ou moins du cylindre en suivant les divisions tracées sur ce levier.

Pour modérer le mouvement imprimé à la planche q par le levier b' au moyen du poids qu'il porte, on a placé sur le bord de la planche e un ressort c' réuni à la planche q à l'aide des cordes 47, 4^, qui traversent deux trous 49, 5o et sont arrêtées par des nœuds.

Tout étant ainsi disposé, on prend une sangle d' large de trois pouces, longue de deux pieds, aux extrémités de laquelle se fixe une pièce en bois e' f, longue de quatre pouces sur neuf lignes en carré, portant à ses extrémités des trous 5i.5i, 52, 52 ; on y ajoute deux autres petites pièces ou supports g' h', des mêmes proportions; percées de trois trous 53, 53, 54, 54, 55, 55, dont deux sont superposes aux trous 5i, 52, tandis que les

deux autres sout au centre des supports. Ces quatre pièces sont re'unies deux à deux, au moyen de cordes, de manière à former un carré parfait de chaque côté. Deux autres cordes 56, 57, passent par les trous 53, 53, et sont arrêtées inférieurement par un nœud: elles sont plus ou moins longues et en repliant leurs extrémités, elles se terminent par des anses qui se fixent aux crochets x, X. Sur la sangle cT deux petits coussins i1 k1 sont attachés dans une direction transversale , à un pouce du centre et parallèlement entre eux pour protéger les vaisseaux poplités.

Application et mode d'action de Vappareil qui tient le membre abdominal dans le relâchement et qui soutient le genou.

Lorsque la cuisse est légèrement fléchie sur le bassin et la jambe sur la cuisse, on conserve cette position en appliquant la sangle d' de telle sorte que l'intervalle des deux coussins i1 k' réponde aux vaisseaux poplités : de là les chefs de la sangle ainsi que toutes les autres pièces qui y sont attachées se dirigent de bas en haut. Les cordes 56, 57, traversent la mortaise 33, passent sur les poulies 35 et 36 et leurs anses vont se poser à Tintérieur des crochets x, x.

D'après ces dispositions, le genou se trouve soutenu et le membre fléchi ; un peut augmenter à volonté la flexion en retirant également en dehoM les coureurs u, v. Comme alors le membre doit faire un mouvement en en-bas, on conçoit aisément que la planche q qui supporte le genou étant mobile au moyen de ses galets inférieurs roulant sur les longues traverses latérales V G", elle se trouve entraînée par l'action du lévier b1 et portée en bas en entraînant le genou dans la même direction, sans qu'il en résulte de changement dans la position un peu fléchie du membre. Il n'en existe pas moins une tendance du membre à Pélongation et une véritable extension qui est fortifiée par les machines que nous allons décrire.

APPAREIL EXTENSEUR.

«asae^s»-

L'appareil nécessaire pour l'extension proprement dite qui se fait sur l'extrémité inférieure de la jambe est ainsi conçu :

Il se compose d'abord d'un coussin bien rembourré, large de quatre pouces, assez long pour embrasser la partie inférieure de la jambe autour de laquelle il est maintenu par de larges rubans de fil. A sa partie moyenne et interne sont fixés solidement deux autres coussins longs et étroits , laissant seulement la distance nécessaire pour loger le tendon d'Achille, placés transversalement à la longueur du premier, assez forts et assez rembourrés pour éviter par leur moyen toute compression du talon ou du tendon d'Achille. Ces coussins assujettis solidement à leur place, sont recouverts par une large sangle dont les extrémités se trouvent garnies d'œillets assez rapprochés , dont la longueur doit être suffisante pour qu'en laçant les extrémités elles ne se rapprochent pas , ce qui empêcherait de serrer à volonté, enfin qu'il

soit moins large que le coussin pour que ses bords puissent agir sur lui. Vers la partie moyenne et postérieure du bord inférieur de la sangle, là où elle répond au talon, pour éviter la compression de cette partie on voit pratiquée une échancrure qui a la forme d'un croissant. Un lacet fixe celte sangle des parlies latérales de laquelle s'élèvent, au niveau des malléoles, deux autres sangles étroites, longues de quatre pouces, repliées sur ellesmêmes, percées d'un oeillet dans le repli ou dans Tanse qui en re'sulte. C'est dans le repli que se place un petit cylindre en bois, percé à son milieu et dans le centre de sa longueur pour laisser passer une corde qui a traversé 1 œillet de la sangle et qui est arrête'e par un nœud.

Un peu au-dessus de rattache des deux sangles, on fixe deux sanglons en cuir; l'interne est beaucoup plus long que l'externe ; nous verrons leurs usages par la suite.

Une table a", longue de quatre pieds , large de neuf pouces, épaisse de seize lignes, est attachée aux montans du châssis vertical formant le pied du lit, transversalement et à sept pouces de la partie supérieure des longues traverses F' G', de la partie fixe du lit mécanique. Cette table affleure par une de ses extrémités la face externe du montant, tandis que l'autre la dépasse de six lignes

extérieurement (1). C'est cette partie qni répond au membre luxé. A un pied, à partir de la face interne des deux montans, quatre mortaises 5o, 60, 61, 62, dont deux supérieures et deux inférieures, toutes de treize lignes carrées, distantes d'un pouce des bords de la table, sont destinées à laisser passer les guides g", h", e", f"; entre ces mêmes mortaises, vers sa partie moyenne, cette table est entaiU lée du côté de la face extérieure pour loger un écrou en fer b" taraudé dans son centre et maintenu par des vis.

Deux planches c" d", longues d'un pied, larges de quatre pouces, épaisses de quatorze lignes, sont traversées de mortaises qui ont les mêmes proportions que celles 5g, 60, 61, 62, et se trouvent parallèles entre elles , en plaçant de niveau leurs extrémités inférieures avec le bord inférieur de la table a". Ces mortaises reçoivent les entremîtes intérieures des guides e", f" ( §9 n'est pas visible dans les planches) g", h", dont nous avons parlé. Leur réunion avec les planches est très-solide.

Les faces des planches c" d" qui répondent aux pieds sont garnies d'un épaulement en bois 63,63, taillé en cintre supérieurement pour former des talonnières. La planche d1' qui répond au membre

(i) Cette saillie externe ne doit servir que dans les appareils de ta 3.« série, nous en parlons pour éviter les répétitions.

luxé se trouve traversée de devant en arrière près de ses bords et à trois pouces de son extrémité inférieure par deux mortaises 64, 64, dont une de chaque côté, qui sont destinées à loger des poulies.

Les quatre guides e", f\ g", IV, traversent les mortaises 5g, 6o, 6i, 62, de la table a11, elles ont neuf pouces de long sur treize lignes carrées et, par leurs extrémités libres , se trouvent réunies deux à deux,, dans le sens vertical, au moyen d'une pièce en fer i", j", qui présente, dans la partie moyenne de sa longueur, un renflement 65, 65, percé de devant en arrière d'un trou destiné à laisser passer une vis en fer. Quant aux faces extérieures de la pièce i'\ j", elles sont garnies de lames de cuivre k", 1", qui sont réunies au moyen de. rivés. Supérieurement et inférieurement ces lames se replient à angle droit, recouvrent les faces supérieures des guides e", g1' et inférieures de ceux f" h" et y sont maintenues par des vis. On remarque des divisions en pouces et lignes sur la portion de cuivre qui recouvre les guides e11 g".

Des vis de fer m" m", longues d'un pied sur dix lignes de diamètre, servent dans une longueur de sept pouces. Le reste est divise' en trois parties; une 65 qui passe dans la pièce en fer i71 j" ; une 67, 67, qui correspond aux lames de cuivre k" 1"; la troisième 68 formant l'extrémité extérieure de

ces vis de fer. De ces trois parties, la première est arrondie, forme un cylindre et reçoit une rondelle en cuivre qui est fixée au moyen d'une goupille passant à travers la partie 66, qu'un trou traverse dans son milieu ; la deuxième 67 présente un renflement assez considérable, qui forme épaulement dans la partie correspondant à la lame de cuivre; enfin la portion 68 est un carre' semblable à celui par lequel se termine le pivot des pendules et des montres. Une clef à trou carré est destinée à faire tourner cette vis de fer.

A la face extérieure de la table a11 et aux bords extérieurs des mortaises 5g et 60 se trouvent deux cbappes en bois n",n" qui ont cinq pouces delongueur sur un pouce carré, et sont fixées au moyen de vis. Leurs extrémités supérieures sont taillées en enfourchemens pour recevoir une poulie dont la gorge est saillante extérieurement et qui se trouve tout-à-fait parallèle aux poulies logées dans les mortaises de la planche d".

Sur la traverse supérieure du pied du lit, à sa face intérieure et à onze pouces du montant de gauche se trouve un support en bois o" de six pouces de hauteur, de vingt lignes de largeur, sur quinze lignes d'épaisseur, entaillé inférieurement à moitié bois dans l'étendue de quinze lignes pour sappuyer sur le bord supérieur de la traverse; des

vis le maintiennent. La partie libre est supérieurement taillée en enfourchement 69, dans la direction des poulies pour y recevoir un levier ri" qui s'y articule au moyen d'une brochette qui traverse et l'enfourchement et le lévier. Cette dernière pièce a trente-quatre pouces de longueur; elle est applatie dans l'e'tendue de huit pouces ; cette portion correspond aux chappes n" n", elle est percée d'un trou 70 à son extrémité pour le passage d'une corde ; la partie intermédiaire du le'vier p" se trouve percée d'un autre trou 71 que traverse une brochette, comme à l'endroit de l'enfourchement, ce qui e'tablit un mouvement sur ce point. Le reste de ce lévier est arrondi pour laisser glisser un poids qui, en montant ou en descendant, augmente ou diminue la force imprimée.

Enfin cet appareil se trouve complété au moyen de trois pièces en bois dont un support q", long de trois pouces et demi sur neuf lignes carrées, est céder à ses extrémités de quatre trous dont deux correspondent aux gorges des poulies logées dans les enfourchemens des chappes n" n", tandis que les deux autres sont intérieurs. Ces derniers livrent passage aux extrémités d'un cordeau qui se trouve arrêté inférieurement par des nœuds et forme anse supérieurement. Les deux autres reçoivent les ex! rémites de deux cordeaux qui passent dans la

gorge des poulies de la planche d" el des enfourchemens n" n".

Restent deux autres pièces de bois r" r", longues d'un pouce sur neuf lignes carrées; elles sont percées au milieu d'un trou destiné au passage des autres extrémités des cordeaux qui traversent le support q". Ces cordeaux sont ensuite arrêtés par des nœuds.

APPLICATION

ET MODE D'ACTJON DE L'APPAREIL EXTENSEUR,

Lorsque le coussin qui doit s'appliquer à la partie inférieure de la jambe est placé de manière à prévenir toute compression sur le talon et le tendon d'Achille, et qu'il se trouve bien maintenu par les cordons destinés à l'assujettir; lorsque la sangle qui doit recouvrir ce coussin est lacée et bien serrée, que l'échancrure répond bien exactement au talon, que les sangles correspondant aux malléoles sont bien parallèles, on place les cordes, on les fait passer par les mortaises de la planche d", en les appuyant sur la gorge des poulies qu'elles renferment, traverser la table a", regagner la gorge des poulies qui se trouvent dans les enfourchemens des chappes n" n", de là remonter perpendiculairement pour gagner le support q", le traverser en passant par des trous qui y sont pratiqués, enfin on les arrête supérieurement par des nœuds. L'anse de corde attachée à ce mêm

snpport q" est reprise par un petit morceau de bois qui est attaché à une corde fixée au lévier p" et, de proche en proche, tout est soumis à la puissance de ce lévier , dont on augmente ou diminue l'intensité diction en éloignant ou rapprochant le poids qui y est attaché.

Le résultat tout naturel de Faction de ce lévier est de tirer en en-bas l'extrémité inférieure delà jambe, d'entraîner le membre abdominal dans la même direction , force encore augmentée par la rencontre qu'elle fait d'une autre force semblable mise en jeu par les appareils qui soutiennent le genou et la cuisse. L'action de ces machines est lente et graduelle. Les muscles se fatiguant, cèdent à la puissance qui agit sur eux et la tête de l'os qui ne se trouvait maintenue que par Faction musculaire reprend le chemin qu'elle a suivi quand elle a quitté la cavité cotyloïde.

L'appareil qui soutient le genou fait prendre à la tête du fémur une telle direction qu'elle marche de derrière en devant et de haut en bas , tandis que si on se contentait de la simple extension sur la jambe, elle ne marcherait que de haut en bas et on éprouverait des difficultés telles que je doute même que le succès fût possible. D'ailleurs par cette position à demi-fléchie de la cuisse, il y a relâchement des muscles fessiers. La sensation

qu'on éprouve en appliquant la main sur la fesse, indique, pour ainsi dire, l'effet qui se produit alors. Une sorte de crépitation, par suite de l'alongement musculaire, se fait sentir à l'explorateur; on pourrait peut-être, avec une certaine exactitude, comparer la sensation qu'on éprouve avec celle que l'on ressent en dévidant le cocon d'un ver à soie. Nous conviendrons d'ailleurs qu'elle est beaucoup plus facile à sentir qu'à expliquer.

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