ET MODE D'ACTION
DK L'APPAREIL NÉCESSAIRE POUR ACHEVER L'EXTENSION ET CONCOURIR A LA REDUCTION.
Quand l'extension produit une élongation de moitié ou des deux tiers du raccourcissement, ce que l'on peut juger facilement en examinant le chemin qu'a parcouru l'appareil qui soutient le genou . en comparant les deux genoux par le placement des membres l'un à côté de l'autre , et en mesurant la différence qui existe entre les deux pieds f Ces mesures se prennent aisément et avec exactitude au moyen des différentes machines déjà décrites J, on commence par étendre le membre en enlevant l'appareil qui soutient le genou, on conserve toujours l'appareil de l'extrémité inférieure de la j;imbe, on approche la planche d" (voir /'appareil extenseur) de la plante du pied du côté de la luxation, ensuite on place la planche e', qui
glisse dans les coulisses 27, 28, dans le même plan que la planche d11, en poussant en avant les deux guides en bois z a1 qui maintiennent le montant t du châssis r S t u, tout étant ainsi disposé, un aide saisit la jambe et l'attire de haut en bas de manière à supposer à la rétraction, un autre place sa main sur le grand trochanter et le pousse dans le même sens, tandis que l'opérateur détache les cordes qui tiraient le membre en en-bas, retire en arrière la planche d11 de l'appareil extenseur et la remplace par celle e1 du support du pied, prend la courroie qui répond à la malléole interne, la passe à travers la mortaise interne 38 de la planche e1, Tapplique dans l'entaille de la face postérieure de celte planche et gagne Tépaulement g1, ou on la contourne pour la porter en avant et la fixer en ce point , au moyen d'une brochette , dans un des trous supérieurs l\.o : on prend ensuite la seconde courroie, on la fait passer par la mortaise extérieure 3g, on la porte en dehors vers Tépaulement g1 cl de là on la contourne en devant et on la fixe dans un des trous inférieurs 4*1 de la même manière que la précédente ; le pied étant ainsi fixé, l'opérateur le prend avec la jambe et fait porter le membre un peu en dehors pour diriger la planche e1 dans les coulisses 27, 28, du châssis r s t u ; une fois la planche e1 placée dans
les coulisses 27 et 28, les aides cessent leur action sur le membre qui reste libre. Le côté interne du châssis r S t u étant porté en avant de dix-huit lignes, son côté externe doit de même être porté en avant de la même distance, il est rendu fixe au moyen d'nne brochette qui traverse les trous 35 de la planche r qui correspondent à ceux 36 du plateau c' ; ces derniers étant numérotés, on place d'abord la brochette dans le n° 1". On laisse reposer un instant le malade, et s'il ne souffre pas, on fait glisser la planche e1 de dedans en dehors de tout l'intervalle qui existe entre deux des trous n° 29, trous qui répondent à la coulisse 28 : on arrête alors la planche e1 dans sa nouvelle position au moyen d'une brochette. Ce premier mouvement opéré, on fait marcher en arrière l'angle extérieur du châssis r s t u, et on le fixe au moyen d'une brochette en l'introduisant dans le trou n° 2 du plateau c'. On continue celte manœuvre jusqu'à ce que îe support du pied soit arrivé à la partie extérieure du châssis rstu, et que la face postérieure de ce même châssis couvre le dernier trou 36 du plateau c', ce qui termine l'extension. Examinons maintenant ce qui s'est passé pendant le cours de cette opération. En portant le membre en dehors, tous les muscles de la partie externe delà cuisse sont relâchés, ainsi que ceux qui, par leur aclion,
portent le membre en dehors; d'antres restent nuls. II n'y a donc à vaincre que la résistance des adducteurs, mais ces derniers, par l'effet de la luxation, se sontalongés, puisque leurs points d'insertion se sont éloignés ; la position de la tête du fémur se trouve changée et son sommet est devenu interne de supérieur qu'il était; les obstacles sont amoindris, caria tête se trouve, pour ainsi dire, place'e horizontalement; dans ce mouvement combiné, le membre s'est alongé de dix-huit lignes depuis son point de départ : si dès le moment où la planche mobile e' se trouvait placée dans les coulisses 27, 28, on lui eut fait parcourir le rayon qu'elle pouvait décrire sans effort , la longueur du membre n'aurait pas été augmentée par ce mouvement, le cbàssis rS tu se serait alors trouvé être comme une portion de cercle décrit par un rayon de la longueur du membre, dont le montant t aurait été le point de départ et le montant u l'extrémité ou le point d'arrivée; mais, dans notre opération, il il n'en est pas ainsi, le montant u se trouve en définitive à dix-huit lignes en arrière du cercle qui serait décrit par le rayon du point de départ, ainsi la planche mobile e' partant du point ou montant t et arrivant au point ou montant u se trouve à dix-huit lignes plus loin du point de centre; nous le répétons, le montant u', au lieu qu'il occupe à la
fin de l'opération, s'est éloigné de dix-huit lignes en arrière et la planche mobile e\ qui porte le pied, a alors exe'cuté deux mouvemens, l'un de dedans en dehors et l'autre de devant en arrière et comme cette planche e' entraîne dans sa marche les corps qui y sont adhérens, elle leur imprime le même mouvement, et le membre abdominal se trouve ainsi porté de devant en arrière et de dedans en dehors, ce qui produit l'alongement nécessaire.
L'extension terminée; il ne nous reste plus à parler que de la réduction, qui s'opère de la manière suivante :
Le châssis r,s, t,u, ayant été porté en arrière, comme nous venons de l'expliquer, il est clair que si l'on faisait parcourir à la planche e1 le chemin déjà suivi, quoiqu'en sens inverse, dans les coulisses 27,28, que l'opération serait nulle et sans résultat; on change donc l'emplacement du montant t, et on le porte en arrière de dix huit lignes, distance égale à celle donnée en plus vers le montant tt à la fin de l'extension : par ce changement on rétablit le châssis 1, S,t, u, dans la position qu'il avait avant l'opération de l'extension, seulement il est éloigné dans sa totalité de dix-huit lignes en arrière, ou le cercle se trouve décrit par un rayon plus long" de dix-huit lignes; tout étant ainsi disposé, la réduction s'opère comme nous allons l'indiquer : l'opé-
rateur place sa main sur le 'grand trochanter qu'il porte en bas et en dedans, tandis qu'un aide fait glisser de dehors en dedans la planche mobile e': l'operateur ne larde pas à reconnaître un mouvemement qui se passe dans l'articulation, il ne sent plus de frottement et, à mesure que la planche e1 marche , l'os rentre dans sa cavité et y est complètement lorsqu'elle arrive à son premier point de départ, c'est-à-dire près du montant t'j aussitôt un aide prend la jambe comme au commencement de l'opération pour l'extension, un second aide place sa main au pourtour de l'articulation , et l'opérateur détache les courroies et dégage le pied de la planche mobile e', il rattache les cordes et Ton continue une légère extension , que l'on augmenterait par les procédés indiqués, si le malade éprouvait une gêne ou de la douleur dans l'articulation.
Telle est la marche ordinaire que l'on doit suivre pour arriver à replacer l'os dans sa cavité -, mais il peut arriver que le malade remue, soit indocile, fasse des mouvemcns pendant le temps de la dernière extension, ou pendant celui delà réduction, dans ce cas, on doit prendre toutes les précautions nécessaires pour que rien ne trouble l'opération; on y parvient en plaçant une longue attelle qui s'étend de la planche à la partie moyenne
du tronc, onla fixeinférieurementau moyen de liens qui traversent les trous de l'extrémité inférieure de l'attelle qui correspondent à d'autres trous pratiqués à la planche c, tandis que l'extrémité supérieure de l'attelle, qui est beaucoup plus large que l'inférieure, laisse passer une sangle qui traverse deux mortaises qui y sont pratiquées; une des extrémités de la sangle passe sous le malade et va se fixer à des trous pratiqués au bord du châssis horizontal du lit mécanique, tandis que l'autre va s'attacher à l'une des barres supérieures du même lit; l'intervalle compris entre l'attelle d'une part, le corps et le membre d'autre part se trouve rempli par des coussins ; on peut même en mettre à la partie interne du membre et les maintenir par des cordons. Au besoin on pourrait encore maintenir le bassin au moyen d'une sangle transversale fixée à droite et à gauche du lit ; elle comprimerait les hanches du malade.