‹ Essai et observations sur la manière de réduire les luxations spontanées ou symptomatiques de l'articulation ilio-fémorale [electronic resource]Chapitre 44 sur 57 · DE LA MEME ARTICULATION · texte numérisé non relu

DE LA MEME ARTICULATION

Après les réductions des luxations anciennes , il arrive quelquefois dans l'articulation coxo-fémorale une roideur tellement forte, qu'on pourrait la considérer comme un premier degré d'ankylose , et , dans ce cas , j'ai observé que le mouvement , au lieu de se faire dans cette articulation , se passait dans les os du bassin , les symphises qui les unissent s'étant relâchées.

Le docteur Champion , à l'examen duquel je soumettais un malade qui , sur ses conseils , était venu à mon établissement ( Joseph de Chalus ) , reconnut cette roideur et me dit que, si on pouvait inventer un appareil qui fixât le bassin d'une manière solide, en même temps qu'on imprimerait au membre enroidi un mouvement orbiculaire ré-

gulier et gradué , ce serait le cas d'en faire une application qui, selon toute probabilité, aurait les plus heureux résultats. Je lui répondis que je m'en étais déjà occupé, mais que je n'étais point encore assez satisfait de mon travail pour en faire usage, qu'au surplus j'étais loin de renoncer à l'exécution d'un projet, dont nous avions tous deux eu l'idée. Peu de temps après j'imaginai l'appareil suivant qui me parut remplir toutes les indications, et que j'ai préféré faire connaître par une description spéciale plutôt que de l'intercaler dans une observation.

DESCRIPTION

La pièce principale est un fauteuil ordinaire employé dans l'établissement et auquel on a ajouté d'autres pièces.

Ces dernières peuvent être distinguées en celles qui fixent le bassin et la cuisse saine, et celles qui font exécuter des mouvemens de la cuisse sur le bassin.

Un plateau a long de vingt-un pouces, large de dix, épais de treize lignes, se trouve échancré aux extrémités extérieures de son bord antérieur de l'épaisseur des montans du devant A, B, et s'élève au-dessus du siège M de vingt-deux lignes, main-

tenu dans celle position par deux tasseaux b, 1), lesquels, longs de vingt-cinq pouces, épais de six lignes et égaux en largeur à l'épaisseur du plateau, sont fixés par des vis à la face extérieure des montons A B, CD, ainsi qu'aux bords extérieurs du plateau a.

Un dossier c long et épais comme le plateau , large de sept pouces huit lignes (dont les extrémi- , tés extérieures du bord supérieur sont entaillées de huit lignes de haut en bas et de dehors en dedans) de l'épaisseur des bras E F est réuni au plateau dans le sens de sa longueur et à la partie la plus inférieure de sa face antérieure , de manière que son bord inférieur affleure la face inférieure du plateau a et se trouve ainsi maintenu par des vis, tandis que supérieurement il est fixé à la face inférieure des bras par deux arrêts antérieurs d d et deux postérieurs e e. A cinq pouces neuf lignes de son bord externe droit et à un pouce de son bord supérieur, on remarque une mortaise f qui a trente lignes de haut en bas sur trois lignes de large ; ayant une direction verticale, elle traverse l'épaisseur du dossier et est destinée à laisser passer une sangle de même largeur. Du côté opposé , à cinq pouces du bord externe, est une chappe g, de quatre ponces quatre lignes de hauteur, placée parallèlement «à la mortaise dont l'extrémité supé-

rieure affleure le bord supérieur du dossier. Elle est destine'e à laisser glisser la sangle qui se trouve fixée à la mortaise f. Le plateau a présente à droite et à gauche deux autres chappes h h placées obliquement de dehors en dedans, dont les extrémités postérieures sont éloignées des bords extérieurs du plateau de cinq pouces et rexlre'milé antérieure de quatre pouces huit lignes. Eloignées toutes deux de quatre pouces quatre lignes du bord antérieur du plateau, elles ont pour longueur trois pouces quatre lignes et sont destinées à laisser passer des sangles.

Enfin, une quatrième chappe i, grande comme ■la chappe g, se trouve placée aussi obliquement de manière que son extrémité postérieure soit à trois pouces quatre lignes du bord externe du plateau a et son extrémité antérieure à deux pouces ; elle est destinée à laisser passer une large sangle.

Parallèlement à celte chappe on remarque cinq trous dans le plateau, dont le premier, antérieur, est pratiqué à six lignes du bord antérieur, mais qui, tous re'unis, comprennent une étendue de trente-deux lignes. Egalement espacés et éloignés de la chappe de quatre pouces quatre lignes , ils ont pour destination de fixer l'extrémité d'une sangle- En revenant sur ce que nous avons dit

relativement à la disposition des sangles , il est facile de voir quelle a lieu de la manière suivante. L'une d'elles , d'une largeur assez considérable , passe de devant en arrière dans la mortaise f; contournée en forme de bourrelet , ou cîrculairement, elle est ensuite ramenée vers le dossier C, après avoir été conduite sur la partie latérale droite du bassin, au-devant duquel elle passe pour regagner le côte' opposé. De là elle va traverser la chappe g de dedans en dehors et à trois pouces de sa sortie hors de cette chappe, on y attache une sangle plus étroite à laquelle on a fait des œillets pour le passage d'une brochette qui la fixe à la partie externe du montant de devant B , dans un des trous 21 qui s'y trouvent. A droite et à gauche du bassin, dans la partie moyenne et latérale de la sangle qui vient d'être décrite , on atlache des sangles étroites qui vont regagner les chappes h h , se portent en dehors vers les trous 19 et 20 pratiqués sur les faces externes des bras E F du fauteuil et y sont arrêtées par des brochettes qui traversent des œillets ménagés à cette intention.

Quant aux mouvemens que la cuisse saine pourrait exécuter, on les prévient en fixant le membre sur Je plateau a, en arrêtant aux points k l'extrémité d'une sangle qui de là passe de la partie

intérieure delà cuisse à sa partie supérieure et externe et va ensuite gagner la pUappe i pour arriver à la face externe du bras E, où elle est fixée â l'aide d'unebrochelle qui traverse les œillets del'extrémitédelasangleetletrou 18 du bras du fauteuil.

Sur les trayons LN du fauteuil se trouvent placées deux traverses i m , de seize lignes carrées , ayant pour longueur l'espace compris entre les bords extérieurs et supérieurs des travons et formant un e'paulement de cinq lignes de hauteur La traverse antérieure 1 est à trois pouces des extrémités antérieures des travons L N , tandis que la postérieure m n'en est qu'à deux pouces. Elles sont destinées à supporter une double ebappe n, laquelle dirigée de devant en arrière et ayant vingt-cinq pouces de longueur, les mêmes proportions en largeur et épaisseur que les traverses lm, dépasse la traverse 1 de trois pouces quatre lignes par son extrémité antérieure , sur laquelle est pratiquée une mortaise 2 dans une direction verticale. Dans le centre de la double chappe, de droite à gauche et dans une disposition horizontale, la double chappe se trouve percée d'un trou 4 qui est rempli par une brochette qui traverse le centre d'une poulie contenue dans la mortaise 2. Une autre mortaise 3, avec poulie et trou horizontal 5, se trouve à l'extrémité posté-

rieure de la double chappe el le tout est disposé de manière que la gorge de la poulie se trouve à trois lignes de la face postérieure de la traverse m-

Une chappe horizontale o se trouve fixée sur les faces postérieures des monlans de derrière CD; une mortaise 6 se trouve pratiquée dans le sens de sa longueur à Fa-plomb de la poulie postérieure de la mortaise 3; elle renferme une poulie 7 dont la gorge est saillante inférieurement. Sur la face droite du montant de derrière D se trouve fixée une chappe en bois P qui a trois pouces de longueur sur treize lignes carrées -, sa partie antérieure est fixée par des vis sur le montant D ; la partie postérieure de la chappe p, qui reste libre , se trouve creusée horizontalement par une mortaise 8, qui reçoit une poulie 9, saillante extérieurement.

A cinq pouces quatre lignes de l'extrémité antérieure de la face supérieure du bras F se trouve un coussinet q, qui a six pouces de long, vingthuit lignes de large et seize lignes d'épaisseur; il est placé transversalement, sa partie gauche repose sur la face supérieure du bras F, elle est entaillée à sa face inférieure pour former épaulement el s'adapter sur le bras; le surplus de la longueur du coussinet est libre ex e'rieure ment et se trouve percé verticalement par un trou 10, qui a seize

lignes de diamètre ; il est destiné à laisser passer le cylindre S. A Fa-plomb de ce coussinet il existe un autre coussinet r, de même forme et des mêmes proportions que le précédent; il se trouve fixé par des vis sur le siège M. A huit lignes de son extrémité extérieure le coussinet se trouve percé d'un trou 11, qui a dix lignes de diamètre, dont le centre correspond avec celui du coussinet q; il est destiné à recevoir le tourillon qui existe à l'extrémité inférieure du cylindre S que nous allons décrire. Ce cylindre S a seize pouces de hauteur, sur seize lignes de diamètre; son extrémité supérieure, dans Tétendue de seize lignes, forme un carré parfait 12, dont le sommet est arrondi, il est destiné à recevoir un léviert; au niveau de la face supe'rieure de ce levier, le carré 12 se trouve percé d'un trou dans le milieu d'une de ces faces pour permettre la pose d'une brochette. A vingt lignes au-dessous du carré 12, on remarque un trou i3 pour le passage d'un cordeau ; l'extrémité inférieure du cylindre S se termine par un tourillon qui a douze lignes de longueur sur dix lignes de diamètre. Ce cylindre traverse le trou 10 du coussinet supérieur q et repose, par son tourillon, dans le trou n du coussinet inférieur r. Le léviert a dix-huit pouces de longueur sur huit lignes d'épaisseur; il conserve à une de ses extrémités, dans

l'étendue de deux pouces quatre lignes, deux pouces de largeur, et dans cette partie se trouve pratiquée une mortaise i4 de dix-huit lignes carrées, qui reçoit le carré 12 du cylindre S; près de cette ouverture on remarque un petit tron oblique t5, pour le passage d'un cordon qui tient une brochette. Le reste du lévier est aminci et ne conserve plus que dix lignes de largeur; son extrémité est horizontalement percée d'un trou 16 pour le passage d'un cordeau 25.

Il nous reste à parler de la pièce qui contient le pied et qui maintient la jambe : cette pièce se compose de deux planches latérales uv, d'une semelle x , d'une talonnière z et d'une traverse y. Les planches latérales ont dix-neuf pouces de longueur , une largeur de trois pouces quatre lignes et huit lignes d'épaisseur; leurs extrémités supérieures sont arrondies.

A un pouce des bords on remarque deux trous 17, 18 , pour le passage de cordeaux; à la face intérieure, entre les trous , est une rainure 19, 20, pour loger les cordeaux; l'extrémité inférieure des planches latérales est entaillée et forme deux tenons à chacune; ces tenons sont reçus dans une planche x que nous appelons semelle ; l'e'cartement de ces deux planches est maintenu dans la partie moyenne de leur hauteur par

une traverse y qui a la même épaisseur que les planches, une longueur de deux pouces six lignes et trois pouces huit ligues de largeur; elle se trouve fixée transversalement dans le sens de sa longueur sur les bords postérieurs des planches U V; sa face antérieure est creusée circulairemenl de haut en bas et forme une espèce de canal.

La planche inférieure ou semelle x a sept pouces quatre lignes de longueur sur quatre pouces quatre lignes de largeur, et la même épaisseur que la traverse y. Celte semelle est terminée en pointe antérieurement et arrondie postérieurement; à seize lignes de son bord postérieur, sur les parties latérales, on remarque deux mortaises de chaque côté , elles reçoivent les tenons des deux planches latérales u V. A la partie supérieure de l'extrémité arrondie , se trouve une talonnière z.

Une petite pièce en bois 21 ayant deux pouces de longueur sur huit lignes en carré, percée dans sa partie moyenne d'un trou , s'adapte à l'extrémité flottante du cordeau 24.

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