DE LA
LUXATION COXO - FEMORAEE DES DEUX COTÉS.
Deux luxations coxo- fémorales sur un même sujet étaient pour nous un fait nouveau , nous avons donc dû méditer sur les moyens à employer en pareille circonstance; il nous fallait obtenir une contre extension plus forte, graduer nos moyens d'extension sur chaque membre, diviser les puissances agissantes puisque le déplacement était différent; ces divers incidens nous forcèrent à substituer aux appareils employés par nous contre de simples luxations, tout ce qui nous manquait pour triompher d'une infirmité que l'on regardait, comme incurable sons plus d'un rapport»
En examinant les effets produits par le déplacement , nous vîmes la région pubienne libre ,
nous conçûmes alors l'idée de nous servir de ce point pour contre extension ; nous sentîmes la nécessité de diviser les forces extensives , puisque les obstacles à vaincre étaient différens , et nous reconnûmes que les grands trochanters n'étant pas au même niveau cetle différence devait avoir de rinfl uence sur les diverses parties des membres. La hauteur des genoux n'étant pas non plus la même, cette différence existait donc aussi pour les pieds : d'à près ces réflexions nous partageâmes nos appareils pour qu'ils pussent agir en proportion du chemin à parcourir et de la résistance à vaincre; c'était donc en quelque sorte un nouvel appareil en harmonie cependant avec ceux déjà imaginés.
La ceinture agissant sur le bassin remplissait les mêmes fonctions soit à droite soit à gauche , nous n'y fîmes donc aucun changement. Il n'en fut pas de même de l'appareil qui tient le membre en demiflexion tout en soutenant le genou ; il était indispensable de le doubler, malgré que celui dont nous faisions usage serve à droite comme à gauche; les genoux n'étant pas de même hauteur, il fallait nécessairement mobiliser les deux côtés de l'appareil pour remplir l'indication. La partie de l'appareil qui détermine l'extension sur l'extrémité inférieure de la jambe ne nécessitait aucun changement dans la forme, cependant il fut doublé
pour opérer simultanément à droite et à gauche, il en fut de même pour ce que termine l'extension €t opère la réduction.
Pour ce qui est des moyens de contre extension, celui obtenu par les brassières était insuffisant ; puisque la force employée pour les extensions était doublée, il nous fallait profiter d'un point que nous avions reconnu libre , la région pubienne , mais elle nous présentait des difficultés très-grandes; les besoins naturels à satisfaire, les évacuations périodiques à ne point gêner , les parties génitales à ménager, le fonctionnement de la ceinture que nous ne pouvions contrarier, la compression du ventre qu'il fallait éviter, une pression plus forte à droite qu'à gauche que nous devions exercer , modérer celle de la partie centrale , suspendre instentanément la pression d'un côté, voilà les difficultés qui se présentaient, les ménagemens que nous devions observer et les nouvelles indications à remplir ; nous y sommes parvenus au moyen des appareils suivans.