‹ Essai et observations sur la manière de réduire les luxations spontanées ou symptomatiques de l'articulation ilio-fémorale [electronic resource]Chapitre 6 sur 57 · PARTIES CONSTITUANTES DE L'ARTICULATION · texte numérisé non relu

PARTIES CONSTITUANTES DE L'ARTICULATION

i.°Os. Cartilages. La cavité cotyloïde, Acetabulum, cotjle , formée comme on sait, dans le jeune âge , de trois pièces qui se soudent un peu après la puberté ( 16 ans ), existe à la face externe ou fémorale de l'os iliaque. Elle est arrondie , profonde, dirigée obliquement en dehors, en bas et en avant , à bord inégal , beaucoup plus saillant en haut et en dehors, déprimé en bas et en arrière, échancré sur le devant d'une manière remarquable pour le passage des vaisseaux articulaires. Ce bord supporte partout un bourrelet fibro cartilagineux dont il sera bientôt question. La surface de la cavité est lisse et tapissée , excepté dans son fonds qui présente une dépression rugueuse , par un cartilage très-marqué qui va toujours en diminuant d'épaisseur de la circonférence au centre où il manque totalement et se trouve remplacé par un paquet de tissu cellulaire graisseux et par l'insertion du ligament inter-articulaire.

La têle du fémur, éminence plus que demi-sphérique , dirigée obliquement en haut , en dedans , et un peu en arrière , plus prolongée en haut qu'en bas , surmontant le fémur, supportée par un col très-développé , présente une forme arrondie , convexe , en rapport avec la forme concave de la cavité cotyloïde. Gomme elle , un cartilage diarthrodial la recouvre ; mais par une disposition inverse , ce cartilage , assez mince à la circonférence , va toujours en augmentant d'épaisseur vers son centre où il est interrompu pour l'insertion du ligament in ter-articulaire qui a lieu sur la dépression que Ton observe au sommet de la tête du fémur. Cette dernière est séparée des éminences connues sous le nom de trochanters par un col assez alongé, aplati d'avant en arrière, plus long en bas qu'en haut où il a plus d'épaisseur, formant avec le corps de l'os un angle qui varie suivant les sujets et l'âge, et présentant en arrière et en avant deux lignes obliques , l'antérieure plus grande , la postérieure plus courte , qui toutes deux , la première surtout, fournissent des points d'attache à la capsule articulaire.

2.° Ligamens. Ils sont au nombre de trois, savoir : un ligament cotjloïdien , un intev-avticulairc et un capsulaire.

le ligament cotjloïdien est un bourrelet fibro-

cartilagineux, de la nalure à peu près de celui de la cavité glénoïdale cle l'omoplate, qui s'insère à tout le contour cle la cavité cotyloïde qu'il régularise ; il paraît avoir pour usage spécial d'en augmenter la profondeur, sans nuire en rien aux mouvemens de l'articulation.

Il est formé de fibres qui naissent en dehors du rebord, de la cavité cotyloïde, se recourbent obliquement vers cette cavité et s'attachent en dedans clu rebord à une distance plus ou moins considérable cle leur point de départ. Elles constituent un plan fihrenx à tissu très-dense, assez épais, solide et flexible tout à la fois, qui présente une base ou bord adhérent, large ,, tenant au contour de la cavité articulaire, séparé du cartilage qui la tapisse par une rainure très-distincte ; un bord libre , mince et incliné vers l'articulation ; deux faces tapissées par la membrane synoviale articulaire et se trouvant en contact, l'extérieure avec le ligament capsulaire , l'intérieure avec la tête du fémur. Le ligament cotyloïdien large d'environ trois lignes ^ surtout en arrière et en .haut, convertit en un trou l'échaccrure qui livre passage aux vaisseaux articulaires (1). A cet endroit, ses fibres se confondent avec d'autres faisceaux analo-

(l) Jean-Louis Petit, dans son mémoire sur les luxations spontanées clu fémur, présenté en 1722 à l' Académie des Sciences, lait au sujet de la dis-

gues qui vont en se croisant de l'un à L'autre des bords de cette échancrure. Plus en dehors il est fortifié par une expansion fibreuse du tendon du crural antérieur.

Le ligament inler-articulaire connu aussi sous le nom de ligament rond 7 de ligament intérieur de l'articulation } est un faisceau fibreux contenu dans l'articulation, mais placé hors de la synoviale. Il n'a point la forme ronde de laquelle avait été prise son ancienne dénomination, mais il est plutôt triangulaire et présente un sommet qui s'insère au fond de l'empreinte que l'on voit sur la tête du fémur; une base composée de deux faisceaux distincts, réunis par une membrane fibreuse très-mince, qui s'implantent chacun à l'une des deux extrémités de 1 échancrure cotyloïdienne, concourant de la sorte avec le ligament cotyloïdien à convertir cette échancrure en un trou; une face externe qui répond à la tête du fémur ; une face interne qui se

position de l'échancrure cotyloïdienne , une remarque qui m'a paru digned'altention et que je n'ai vue- rappelée nulle part. « On sait, dit-il , que la » cavité cotyloîde est bouchée par un ligament qui laisse un pont sous lequel » passent et sont à l'abri les vaisseaux qui se distribuent au ligament rond , » aux membranes, aux glandes et aux graisses de l'intérieur de cette cavité. »^J'ai remarqué que l'arcade qui forme cette espèce de pont est vingt fois m plus large qu'il n'est nécessaire pour le passage des vaisseaux , et que dans » les mouvemens violens , le surplus de cette arcade sert de refuge au corps » graisseux et aux membranes qui semblent fuir et se cacher dessous pour » éviter la compression. »

trouve en rapport avec le tissu cellulaire graisseux de la rainure cotyloïdienne. En disséquant avec attention ce ligament qui n'a été bien étudié que dans ces derniers temps , on voit que ce n'est point lui-même qui va s'insérer au fond de la dépression cotyloïdienne, mais bien un repli de la synoviale qui se développe sur ses deux faces. De la disposition que présente son insertion bifurquée à la cavité cotyloïde, il résulte que le faisceau inférieur qui tend à empêcher le déplacement du fémur en haut et en dehors doit être rompu le premier lorsque ce déplacement a lieu ; tandis que c'est le faisceau supérieur qui est brisé d'abord quand surviennent les luxations en bas et en dehors, aux quelles il s'oppose spécialement. Il est possible au contraire que le ligament tout entier reste intact dans les luxations en dedans ou sur le trou ovalaire .

Ligament capsulaive , Ligament orhiculaire de Boyer. C'est le plus grand et le plus fort de tous ceux de cette espèce. Etendu du contour de la cavité cotyloïde au col du fémur qu'il enveloppe presqu'en totalité, il représente un sac à deux ouvertures, où mieux un tube arrondi et plus large dans sa partie supérieure ou interne , aplati et plus" resserré dans sa partie inférieure ou externe. Ses fibres dont la direction est en général assez irré-

gulière partent du contour de la cavité cotyloïde, en dehors du ligament^cotyloïdien et de ce ligament lui-même , au niveau de l'échancrure du même nom, pour se porter à la base du col du fémur où elles se fixent, les antérieures à la ligne oblique qui part du grand trochanter, les postérieures au-devant de la ligne oblique postérieure; les supérieures en dedans du grand trochanter, les inférieures au-dessus du petit. Ce plan fibreux généralement très-fort et beaucoup moins lâche que la capsule de l'articulation scapulo-humérale , ne présente pas partout la même épaisseur. Ainsi en haut et en avant, un faisceau ligamenteux distinct, parti de l'épine antérieure et inférieure de l'os des îles , fortifie la capsule et va fixer, à la ligne oblique antérieure du fémur, ses fibres dont la direction longitudinale s'est conservée très-visible. En arrière, et en dedans surtout, le ligament capsulaire , quoique recevant quelques expansions ligamenteuses provenant du trou sous-pubien , est bien moins fort : en quelques endroits il laisse même appercevoir la synoviale subjacente. Quand au mode d'insertion de ses fibres, il a lieu de telle manière que les internes sont beaucoup plus courtes que les externes qui les recouvrent. Cette disposition est surtout très-marquée à l'extrémité inférieure ou fémorale. Là , les fibres du plan intérieur

ne descendent quelquefois pas au-dessous du milieu du col de l'os.

La face interne du ligament capsulaire est partout en contact avec la synoviale ; sa face externe correspond aux parties molles qui forment les rapports de l'articulation.

3 .° Appareil synovial. Il se compose d'une membrane et de plusieurs corps cellulaires, vasculaires et graisseux nommés glandes synoviales, par Glopton Havers.

Membrane synoviale. Elle représente , comme toutes celles du même genre, un sac sans ouverture qui se déployé sur tonte l'étendue des surfaces articulaires. Ainsi, en la prenant au contour de la cavité cotyloïde , elle en tapisse tout l'intérieur, recouvre le corps celluleux qui en occupe le fond et contracte avec lui d'intimes adhérences, passe sur les deux faces du ligament inter-articulaire , arrive sur la tête du fémur, se déployé sur toute sa surface ainsi que sur le prolongement fibreux qui sert de périoste au col du fémur, se reploye sur le ligament capsulaire, et le long de sa face interne va regagner le ligament cotyloïdien où nous l'avons prise. Dans plusieurs points de son étendue cette synoviale est très-visible et peut être détachée par l'insufflation des parties subjacentes.

Glandes synoviales ou corps cellulaires. L'enfon-

cemenl que la cavité cotyloïde présente en dedans et en bas, est rempli par un corps celluleux, rougeâtre, aplati, le plus volumineux de tous ceux de ce genre, qui est mêlé à une substance onctueuse et douce au toucher. Un autre corps semblable , quant à sa nature , mais d'un volume bien moindre , se rencontre aussi dans l'enfoncement que présente la tête du fémur près de l'insertion du ligament rond. Enfin des granulations analogues, mais à peine visibles, entourent la tête du fémur. Toutes ces productions auxquelles on a attribué la propriété de sécréter la synovie sont du nombre de celles qui , pour cette raison , ont été appelées glandes synoviales.

4«° V %is seaux et nerfs. Des ramifications artérielles et nerveuses se répandent à la surface externe de la capsule articulaire, ou pénétrent par l'échancrure cotyloïdienne dans l'intérieur de l'articulation où elles se distribuent en très-grand nombre au paquet graisseux dont nous venons de parler. Les artères sont fournies par la branche externe de l'obturatrice, par la circonflexe interne et le rameau transversal de la circonflexe externe. Tous les filets nerveux viennent du nerf obturateur. De nombreuses ramifications veineuses sortent du corps synovial, pour se réunir en une seule branche qui ya se jelter dans la veine obturatrice.

RAPPORTS DE l' ARTICULATION.

Le muscle droit antérieur de la cuisse, les psoas et iliaque et une synoviale appartenant à leurs tendons réunis, forment les rapports antérieurs de l'articulation. En arrière elle répond au carré crural, aux jumeaux, au pyramidal et à l'obturateur interne. En dedans elle est continue aux muscles pectiné et obturateur externe. Enfin, elle est recouverte en haut par le petit fessier.

Nous ne pouvons nous dispenser de donner une description exacte de tous ces muscles dont nous aurons à parler plus d'une fois dans le cours de cet ouvrage.

Le Droit antérieur, llio-rotidien (Chaussier) , est situé à la partie antérieure de la cuisse. Alongé , aplati , plus large à sa partie moyenne qu'à ses extrémités , il s'étend de la partie antérieure et inférieure de l'os iliaque à la rotule. Ses insertions supérieures se font à l'os iliaque au moyen de deux tendons, dont l'un, direct, part de l'épine antérieure et inférieure de cet os et l'autre, recourbé en arrière et en bas , plus large et plus long que le précédent, s'attache à la partie inférieure et antérieure de la face externe de l'os iliaque , immédiatement au-dessus du rebord de la cavité cotyloïde ,

envoyant de là des faisceaux ligamenteux à la capsule articulaire. Son insertion inférieure a lieu à la base de la rotule où il se trouve confondu en arrière avec le tendon du triceps crural, et sur les côtés avec les vastes externe et interne.

Quand à ses fibres charnues qui forment un faisceau renflé vers le milieu , elles naissent de la partie postérieure d'une aponévrose par laquelle se termine le tendon d'attache supérieure et vont de là obliquement à la face antérieure d'une autre aponévrose qui donne naissance au tendon inférieur.

Ses rapports sont en avant l'aponévrose du fascialala, les muscles iliaque et couturier; en arrière l'articulation ilio-fémorale , les vaisseaux circonflexes antérieurs et le triceps crural. Ses bords externe et interne sont libres dans leurs troisquarts supérieurs. Dans leur quart inférieur ils sont confondus avec le triceps crural. Ses usages sont de fléchir la cuisse sur le bassin et réciproquement le bassin sur la cuisse. Il sert à la station en empêchant le bassin de se renverser en arrière , ou en le ramenant lorsqu'il a été renversé. Enfin il étend la jambe sur la cuisse , et dans certains cas , la cuisse sur la jambe.

Le Psoas, Prélumbo-trochantinien (Ch.), est situé à la partie inférieure et latérale de la colonne

vertébrale, sur les côtés du détroit abdominal du bassin et à la partie supérieure et antérieure delà cuisse. Alongé, fusiforme, il s'étend de la partie inférieure et latérale du corps de la dernière vertèbre dorsale , de la douzième côte , des parties latérales du corps des quatre premières vertèbres lombaires , des fibro-carlilages intermédiaires et des apopbyses transverses correspondantes au sommet du petit trochanter. Ses attaches supérieures ont lieu aux points que je viens d'indiquer par de courtes fibres aponévro tiques qui donnent lieu à un faisceau charnu d'abord, aplati, puis arrondi, lequel s'éloigne obliquement de la colonne vertébrale pour venir passer sur les côtés du détroit abdominal. Un tendon d'abord caché dans les chairs s'en dégage avant l'arcade crurale, reçoit toutes les fibres charnues de l'iliaque par son bord externe , traverse l'arcade entre l'éminence iliopectinée et l'épine antérieure et inférieure de l'os iliaque , descend en dedans et en arrière sur la capsule ilio-fémorale , et va se terminer au petit trochanter qu'il embrasse.

Ses rapports sont en avant et en dehors le diaphragme , le péritoine , le rein , le petit psoas quand il existe, l'iliaque, les vaisseaux iliaques externes et le tissu cellulaire du pli de l'aîne; en arrière les apophyses transverses lombaires, le carré

îles lombes dont il est séparé par le feuillet antérieur du transverse et les nerfs lombaires , le ligament ilio-lombaire , le muscle iliaque, la capsule du fémur et la branche du pubis dont une synoviale le sépare ; en dedans' le corps des vertèbres lombaires , leurs fîbro-cartilages , les nerfs et vaisseaux lombaires , la veine iliaque externe , le tendon du petit psoas et le muscle pectiné dont il est séparé par les vaisseaux circonflexes internes.

11 fléchit la cuisse sur le bassin en lui faisant faire un mouvement de rotation en dehors. Comme le précédent , il sert à la station en empêchant le bassin de se renverser en arrière. Agissant de concert avec celui du côté opposé, il fléchit le bassin directement; au contraire, il y a flexion oblique si l'un des deux agit seul. Une synoviale fort étendue, lâche, contenant peu de synovie pour l'ordinaire -, sépare la branche du pubis et l'articulation fémorale du tendon du muscle psoas qu'elle embrasse constamment en arrière.

L'Iliaque, iliaco-trochantinieii (Ch.), est situé dans la fosse iliaque et à la partie supérieure et antérieure de la cuisse. Large, épais, triangulaire, il liait -par des fibres aponëvrotiques peu visibles des trois quarts supérieurs de la fosse iliaque et de tous les points qui la circonscrivent, ainsi que du ligament ilio-lombaire, et va se ter-

miner au côté externe du tendon commun à lui el au grand psoas. Dans l'abdomen, l'iliaque répond en arrière à la fosse de ce nom , en avant au cœcum à droite , et à l'S romaine du colon à gauche. Sa portion fémorale a pour rapports le couturier, en dehors, le pectiné et les vaisseanx cruraux eu dedans , le tissu cellulaire du pli de l'aîne en avant , la capsule fémorale et le tendon du droit antérieur en arrière.

'Le Carré crural, ischio-sous-trochantérien (Ch.) , occupe la partie postérieure et supérieure de la cuisse.. Sa forme est celle d'un carré alongé. Ses attaches se font en dehors de la tubérosité sciatique au devant du muscle demi-membraneux , et en dedans, à la partie inférieure du bord postérieur du grand trochanter. Recouvert en arrière par le nerf sciatique , les muscles grand fessier, demi-membraneux et grand adducteur, le carré crural recouvre en devant l'obturateur externe, l'extrémité du tendon des psoas et iliaque, la partie postérieure du petit trochanter et une portion du ligament capsulaire ilio-fémoral.

Il est rotateur en dehors et abducteur de la cuisse. Le Pyramidal, sacro-trochantérien (Ch.) , situé dans le bassin et à la partie postérieure et supérieure de la cuisse, de forme triangulaire comme l'indique son nom, aplati, alongé, s'in-

sère à la face antérieure du sacrum en dehors et dans les intervalles des trous sacrés, quelquefois même au ligament sacro-sciatique postérieur ; sort du bassin par l'échancrure sciatique en côtoyant les moyen et petit fessiers, puis va se fixer à la cavité trochantérienne au-dessus des jumeaux et obturateur interne réunis, par un tendon quelquefois adhérent à celui de ces muscles.

Dans le bassin , le pyramidal correspond en devant au rectum, aux vaisseaux hypogastriques et au plexus sciatique. Hors du bassin , ses rapports dans le même sens sont l'os iliaqiie . le petit fessier, et la capsule ilio fémorale. En arrière il est recouvert par le sacrum et le muscle grand fessier. Son bord supérieur correspond de dedans en dehors à l'artère fessière et aux muscles moyen et petit fessiers ; son bord inférieur au ligament sacro-sciatique autérieur et au muscle jumeau supérieur dont le sépare le nerf sciatique.

Il est rotateur de la cuisse en dehors , et peut également opérer un mouvement inverse du bassin sur la cuisse.

L'Obturateur interne , sous-pubio-trochantérien interne, (Ch.) , situé dans le bassin et à la partie postérieure et supérieure de la cuisse est aplati , triangulaire et réfléchi sur lui-même dans son trajet. Il naît par des fibres aponévrotiques très-

courtes de la face postérieure du pubis , du ligament obturateur et de la lame osseuse qui sépare le trou sous-pubien de l'échancrure sciatique, dégénère en un tendon divisé en plusieurs parties distinctes, arrive vers la petite échancrure sciatique, s'y réfléchit sur lui-même, vient se placer entre les jumeaux: dont il reçoit l'insertion et va se fixer avec eux dans la cavité du grand trochanler entre l'obturateur externe et le pyramidal.

Dans le bassin les rapports de l'obturateur interne sont, en avant, l'os iliaque et le ligament obturateur ; en arrière, une aponévrose qui est souvent commune à lui et au releveur de l'anus. Sorti du bassin , le grand fessier et le nerf sciatique le recouvrent en arrière , et il est appliqué en avant sur la capsule articulaire. A l'endroit où l'obturateur interne se réfléchit sur l'os iliaque, on trouve une synoviale bien marquée qu'abreuve beaucoup de synovie , et qui recouvre la surface cartilagineuse de l'échancrure sciatique. Elle se réfléchit sur le tendon et s'étend plus en dehors qu'en dedans du bassin.

Ce muscle est rotateur en dehors et abducteur

de la cuisse.

Les Jumeaux, ischio-trochantérien (Ch.) , dont plusieurs anatomistes ont fait deux muscles séparés, sont, deux petits faisceaux charnus placés l'un au-

dessus de l'autre à la partie postérieure et inférieure du bassin , et qui viennent, le supérieur de la partie externe de l'épine sciatiqne, l'inférieur de la tubérosité du même nom, s'attacher aux bords supérieur et inférieur du tendon de l'obturateur interne qui les séparait , et se fixer avec lui dans la cavité trochantérienne. Ils sont contigus , le supérieur au tendon du pyramidal auquel il adhère, l'inférieur à celui de l'obturateur externe. Ces muscles , en s'attachant au tendon de l'obturateur interne, lui forment une gouttière dans laquelle il est reçu.

Leurs rapports et leurs usages sont les mêmes que ceux du précédent.

Le Pectiné, sus-pubio fémoral (Ch. ) , situé à la partie antérieure et supérieure de la cuisse, alongé, aplati, un peu plus large en haut qu'en bas, s'insère supérieurement au bord supérieur et postérieur du corps du pubis, depuis l'épine de cet os jusqu'à l'éminence ilio-pectinée. Il se porte ensuite en dehors et en arrière , et se contourne à la hauteur du petit trochanter, pour se fixer audessous de cette émin^nce par un tendon assez prolongé.

Les rapports du pectiné sont, en avant, l'aponévrose du fascia lata, les vaisseaux et nerfs cruraux; en arrière, le corps du pubis, l'articulation ilio-

fémorale , les muscles obturateur externe et second adducteur, les vaisseaux et le nerf obturateurs; en dedans, le premier adducteur; en dehors, le psoas. Il fléchit la cuisse sur le bassin, la porte dans la rotation en dehors, et peut la rapprocher de celle du côté opposé. Il concourt à maintenir le bassin et à le ramener, s'il a été renversé en arrière.

L'Obturateur externe , sous-pubio-trochantérien externe (Ch.) , situé à la partie antérieure du bas* sin et supérieure de la cuisse , présente une forme aplatie et triangulaire. Nées de la partie antérieure du pubis et de la partie interne du ligament obturateur, ses fibres vont s'insérer à un tendon qui se porte en dehors , se contourne autour du col du fémur, adhérant un peu à la capsule fibreuse, et va s'insérer dans la cavité digitale du grand trochanter, au-dessous du tendon inférieur des jumeaux.

Les muscles pecliné , adducteur et carré crural le recouvrent en avant. Il est appliqué en arrière sur l'os iliaque, le ligament obturateur et le ligament capsulaire de la hanche. Ce muscle est rotateur en dehors et adducteur de la cuisse.

Le petit Fessier , petit- ilio-tvochanlérien (Ch.), situé' à la fesse, épais, aplati, triangulaire, s'insère à la ligne courbe inférieure de l'os iliaque,

à la région antérieure de la crête de cet os, et à toute la partie de la fosse iliaque externe immédiatement située au-dessus de la cavité cotyloïde. Cette insertion a lieu par des fibres aponévro tiques très-courtes, convergeant en bas dans des directions variables selon leurs points d'insertion, s'attachant à la lace interne d'une aponévrose qui les accompagne jusque près du grand trochanter, et qui, dégénérée en un tendon très-fort , se fixe à la partie supérieure et antérieure de cette éminence où l'on voit, pour l'ordinaire, une synoviale destinée à favoriser le glissement.

Ce muscle recouvert par le moyen fessier, et par le pyramidal dans une faible étendue , recouvre la fosse iliaque externe , la capsule fibreuse du fémur, un peu le triceps et le tendon recourbé dir droit antérieur. Son bord antérieur est un peu uni en bas au muscle moyen fessier. Il est abducteur de la cuisse et rotateur de ce membre en dedans ou en dehors , selon que ses fibres antérieures ou postérieures se contractent. Il coopère à la station et à la progression.

Plusieurs autres muscles sans avoir , comme les précédens, des rapports directs de position avec 1 articulation coxo-fémorale, exercent une action si essentielle à étudier dans les mouveraens dont elle

est le siège, et par conséquent clans les déplacemens qui peuvent y survenir, qu'il est indispensable de les décrire , au moins d'une manière sommaire.

Ce sont les grand et moyen fessiers, muscles trèsforts, très-énergiques , 'placés l'un sur l'autre et étendus de l'os iliaque à la partie supérieure du fémur 5 le grêle interne et les trois adducteurs , le couturier , les biceps , demi-tendineux et demimembraneux faisceaux musculaires très -volumineux , constituant la cuisse en grande partie , et étendus du bassin au fémur et au tibia , enfin le tenseur de l'aponévrose crurale.

Le grand Fessier, sacro-fémoral (Ch.), placé à la fesse qu'il constitue à lui seul, prend son insertion fixe à la face externe de l'os iliaque , au bord externe de sa crête et à la partie voisine de l'os sacrum par des fibres apouévrotiques très -courtes qui donnent bientôt naissance à un faisceau charnu épais , quadrilatère , terminé par un tendon qui va se fixer au-dessous du grand troclianter et à la partie supérieure de la ligne âpre du fémur. Une synoviale , développée sur le grand trochanter, favorise le glissement de ce tendon.

Le grand fessier recouvert par une lame de l'aponévrose du fascia-lata et par la peau , recouvre tous les muscles précédens, tous ceux de la région postérieure de la cuisse qui vont s'insérer au bas-

sin, les ligamens sacro-sciatiques et le nerf sciatique. Il étend la cuisse sur le bassin et vice versa , la porte dans la rotation en dehors et agit trèspuissamment dans la station et la progression.

Le moyen Fessier, grand ilio-trochantérien (Ch.), situé en partie sous le précédent , inséré comme lui à la fosse iliaque mais plus antérieurement, se présente sous la forme d'un faisceau charnu, large, rayonné , triangulaire , moins épais que le grand fessier et qui se termine par un tendon mince en avant , épais en arrière, lequel va se fixer à la partie supérieure du grand trochanter, se portant un peu en dehors et en avant de cette éminence où il s'unit avec le petit fessier. Ce muscle est abducteur de la cuisse et rotateur du membre en dedans ou en dehors, selon qu'il y a contraction des fibres antérieures ou des postérieures. Il sert aussi à la progression et à la station.

Le Grêle interne, appelé également droit interne crural, sous-pubio-tibial (Ch.), situé à la partie interne de la cuisse et supérieure et interne de la jambe, mince, très-alongé , aplati, étendu de la lame descendante du pubis à la tubérosité du tibia, est recouvert par l'aponévrose crurale et le couturier, et recouvre les trois adducteurs, le de mi-aponévrotique ou demi-membraneux, l'articulation fémoro-tibiale et son ligament interne. Il

fléchit la jambe et la porte en dedans : si elle est retenue dans l'extension, il devient adducteur de toute la cuisse. Le membre étant fixé, il agit d'une manière inverse sur le bassin.

Le moyen Adducteur, pub io- fémoral (Ch.), situé ainsi que les suivants à la partie supérieure et interne de la cuisse, alongé , aplati, de forme triangulaire, plus large en bas qu'en haut, étendu de l'épine du pubis et de la partie de cet os qui lui est subjacente à la ligne âpre du fémur. Ses rapports sont, en avant, l'aponévrose crurale, le muscle couturier et l'artère crurale ; en arrière , les petit et grand adducteurs. Il est adducteur, fléchisseur et rotateur en dehors de la cuisse.

Le petit Adducteur, sous-pubio-fémoral (Ch.), à peu près de même forme que le précédent , mais un peu moins gros^ étendu de cette lame osseuse qui est entre la symphyse des pubis et le trou ovalaire à la ligne âpre du fémur au-dessous du petit trochanter. Il a pour rapports le moyen adducteur et le pectiné en avant ; le grand adducteur en arrière ; l'obturateur interne , le psoas et l'iliaque en dehors; le droit ou grêle interne crural en dedans, Mêmes usages que le précédent.

Le grand Adducteur, ischio-pubi-fémoral (Ch.), de même forme que les précédens , mais beaucoup plus gros et plus long , étendu des branches des-

eendantes du pubis et montantes de l'ischion, delà tubérosité de ce dernier os vers sa base, à la ligne qui du grand trochanter descend à la ligne âpre, à la ligne âpre elle-même et à la tubérosité fémorale. Ses rapports sont formés , en devant , par les précédées et par l'artère crurale ; en arrière , par le demi-tendineux, le demi-membraneux , le biceps, le grand fessier et le nerf sciaticpie ; en dedans, par le droit interne et le couturier. Il a les mêmes usages que les deux précédens.

Le Couturier, ilio-prétibial (Ch.), situé obliquement à la partie antérieure et interne de la cuisse, supérieure et interne de la jambe, très-long, aplati, grêle, étendu de l'épine antérieure et supérieure de l'os iliaque à la partie interne de la tubérosité du tibia. Il est recouvert, partout, par l'aponévrose crurale et recouvre de haut en bas les psoas et iliaque, le droit antérieur, l'artère crurale, les moyen et grand adducteurs, le droit interne et le ligament latéral interne de l'articulation fémorotibiale. Il fléchit la jambe ; cette dernière étant fléchie ou maintenue dans l'extension, il fléchit la cuisse, la porte en dedans et lui fait exécuter un mouvement de rotation en dehors.

Le Biceps crural, ischio-fèmoro-péroniev (Ch.), alongé, à double faisceau en haut, situé à la partie postérieure et externe de la cuisse, étendu par sa

longue portion de l'ischion , par sa portion la plus courte de la lèvre externe de la ligne âpre à la tête du péroné. Il répond, en arrière, au grand fessier et à l'aponévrose crurale, en devant, au demi-aponévrotique , au nerf sciatique , au grand adducteur, au crural , à l'os de la cuisse et au ligament externe de l'articulation du genou; en dedans, à l'espace poplité. Il fléchit la jambe en la portant obliquement en dehors , et la jambe étant fixée , il porte la cuisse en arrière.

Le demi-tendineux, isohio-prélibial (Ch.) , trèslong, aplati, situé à la partie postérieure de la cuisse, étendu de la tubérosité de l'ischion à la partie supérieure et interne du tibia. Recouvert un peu en haut par le grand fessier et partout ailleurs par l'aponévrose crurale, il recouvre le demitendineux et le grand adducteur. Il fléchit la jambe en la portant obliquement en dedans, et la jambe étant fixée , il porte la cuisse en arrière.

Le demi-membraneux, ischio-popliti-tibial (Ch .) , de même forme que le précédent , sous lequel il est situé, étendu de la tubérosité de l'ischion au condyle fémoral externe et à la tubérosité tibiale interne. Ses rapports sont, en arrière, le demi-tendineux , le biceps et l'aponévrose crurale ; en avant, le carré crural , le grand adducteur, l'artère poplitée, l'articulation, fémoro-tibiale et le jumeau

interne. 11 fléchit la jambe en la portant obliquement en dehors et la jambe étant fixée , il porte la cuisse en arrière.

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