CHAPITRE IV
Etude clinique
Nous venons de voir que l'acide oléique était un agent cholagogue très actif et que, de plus, cet acide semblait avoir une action désagrégeante sur le calcul de cholestérine, aussi est-ce la lithiase calculeuse que l’on doit placer en tête des indications de l'acide oléique. Toutes les observations que nous signalons se rapportent à des accidents plus ou moins accusés de lithiase.
L'usage de cet agent thérapeutique, à notre avis, peut être considéré comme un traitement réellement actif durant la crise de colique hépatique. Les douleurs sont rapidement calmées dans les crises de calcul de moyen volume, surtout si celui-ci ne s'est encore qu'incomplètement engagé dans le cholédoque, et se trouve sur toute sa surface en contact avec la bile hypersécrétée. Dans les cas de gros calculs ou de calculs fortement enclavés, l’action sédative est certainement moins nette et il est alors nécessaire de récourir à l’action de l'injection de
morphine ou d'héroïne,
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A côté des accidents franchement aigus de coliques hépatiques, il faut signaler les crises frustes se traduisant par des douleurs plus ou moins durables et violentes dans l’hypocondre droit.
L'action de l’acideoléique est des plus manifestes, il est rare de voir persister, dans ces cas, les phénomènes douloureux plus de 24 heures après l’absorption de deux ou trois capsules.
Enfin, dans la méme affection, cet agent thérapeutique trouve son application dans les intervalles des crises comme traitement prophylactique.
Les observations que nous avons recueillies montrent des résultats très nets à ce sujet.
En second lieu, comme indication de l'acide oléique, il faut signaler les ictères bénins, les angiocholites, les hépatites infectieuses et certains cas d'ictère grave. La chasse biliaire, provoquée par l'action cholagogue du médicament, rétablit le cours de l’excrétion de la bile et entraîne tout le long de son parcours les germes infectieux, qui peuvent avoir pénétré soit dans le cholédoque, soit dans la vésicule ou les voies biliaires supérieures.
Enfin toutes les fois qu'il sera nécessaire, au cours d'une affection aigue, de provoquer une hyperactivité hépatique, c'est-à-dire danstoutes les indications des cholagogues en général, l'on se trouvera bien de l’emploi de l'acide oléique. M. Girard signale dans son article de la « Province. Médicale» une série d'observations, relevées au cours d’une épidémie de fièvre tÿphoïde, au sujet de complications infectieuses hépatiques post-typhiques, qui met en valeur
l’action de l'acide oléique dans les cas d’angiocholite infectieuse, nous relevons ci-dessous son observation d'ensemble :
« l’action très nette de l'acide oléique, dans la cholécystite infectieuse, m'a été démontrée par une série d'observations que j'ai faites au cours de l'épidémie de fièvre typhoïde de l’Arbresle et qui m'ont permis de constater :
L° Une atténuation considérable des complications hépatiques sous l'influence du traitement oléique ;
2° Que ce mème traitement, employé par la suite préventivement chez tous mes malades, leur évita d’une facon presque complète l'infection de leurs voies biliaires.
Pendant l'épidémie de fièvre typhoïde de l’Arbresle qui survint à la fin de 1907, les complications hépatiques, comme j'ai eu l'occasion de le publier, furent très fréquentes, certains cas d'ictères durèrent plusieurs mois, on releva même un décès. Ces accidents se produisaient généralement vers la fin de la défervescence ou un peu plus tard.
Chez mes cinq premiers malades atteints d’ictère j'ai prescrit, matin et soir, une capsule d'olivéol dès le début des accidents. La décoloration des urines, la disparition de l'ictère, le retour de l'appétit se produisirent entre les sixième, douzième et quinzième jours et encore dans ce dernier cas, le malade albuminurique, avait des vomissements incoercibles, qui lui firent plusieurs fois rejeter la capsule qu'il venait d'absorber.
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Sur le déclin de l'épidémie, j'ai systématiquement fait prendre une capsule d'olivéol, matin et soir, à tous mes malades, soit dans 37 cas.
Je commencais le traitement à la moindre menace d'ictère, ou, à défaut de ce symptôme, lorsque la température ne dépassait plus 37° 5. Je continuai durant six jours environ. Sur le nombre, 4 malades ont été faiblement atteints d'un léger ictère, et seument durant deux à cinq jours ; les fonctions digestives, en particulier l'appétit, ne furent jamais suspendues; les autres malades n’eurent absolument aucun trouble hépatique. »
Aux indications que nous venons de préciser, il nous faut ajouter les cas, dans lesquels l'acide oléique doit être contre-indiqué.
C’est ainsi que toutes les fois que des causes mécaniques autres qu un calcul, telles que adhérences, formations néoplasiques viendront faire obstacle au cours de l’excrétion biliaire, il y aura lieu de ne pas faire usage de ce produit, qui n’apporterait aucune modification sur la nature de l’obstruction, mais qui en revanche augmenterait l’afflux biliaire en amont de la lésion, et, par suite, les phénomènes douloureux.
De plus, M. Girard recommande de n’user qu'avec précaution de l'acide oléique dans les cas de vésicule très surdistendue, et d’obstruction un peu ancienne.
Nous réunissons à la suite des indications et contre-indications de l'acide oléique, les observations que nous avons pu recueillir, soit dix-sept ; nous y ajoutons deux observations personnelles, que
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nous avons prises durant les 4 mois de pratique médicale que nous venons d'accomplir. Nous regrettons de n'avoir pu trouver dans les services d'hôpitaux quelques observations à ajouter à toutes celles que nous publions, mais les cas de lithiase biliaire ne sont guère hospitalisés, si ce n'est dans les services de chirurgie, pour y être opérés, et 1l est assez rare de trouver dans ceux de médecine des malades en cours de coliques hépatiques.
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