OBSERVATION VII
(Docteur GIRARD).
Résumé: M. P...., 53 ans. Début en 1866, trois crises par an en moyenne jusqu'en février 1907; à cette date, crise calmée cinq heures après le début du traitement oléique, En 1908 crise
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légère après suppression durant quelques mois du traitement ; ce dernier l’a depuis très régulièrement exécuté ; pas de nouveaux accidents.
M. P..., employé de soierie, sans antécédents héréditaires, a pris, il y a 12 ans, une série de coliques hépatiques d'intensité variable; depuis cette époque, celles-ci se sont renouvelées assez périodiquement trois à quatre fois chaque année; cependant le malade à observé rigoureusement les prescriptions qui lui ont été faites.
Je vis M. P... pour la première fois pendant une crise particulièrement violente; le diagnostic était évident ; foie et surtout vésicule très douloureux, coloration légère des conjonctives et de la face qui s'accrut les jours suivants, urines foncées renfermant des pigments biliaires. La crise dura trentesix heures environ pendant lesquelles je fus obligé de recourir à deux injections de morphine. Durant trois semaines, le foie demeura très sensible.
Les trois années suivantes, c'est-à-dire jusqu'en 1907, le malade, auquel j'avais conseillé l'usage de deux cuillerées à soupe d'huile d'olive à prendre tons les matins à jeun, reprit cependant régulièrement ses crises; elles furent en général moins violentes, deux seulement réclamèrent une injection de morphine.
En février 1907, à la suite d'une nouvelle colique d’acuité moyenne, je prescrivis à M. P... l'emploi d’une capsule d'acide oléique matin et soir durant huit jours; la première capsule calma la douleur cinq heures environ après son absorption; le foie garda un peu de sensibilité pendant quelque temps. Au bout de huit jours, je fis continuer l'usage d’une capsule le matin durant vingt jours le premier mois, quinze jours les trois mois suivants, dix jours les autres mois.
M. P... demeura jusqu'en septembre 1908 sans aucun trouble hépatique ; à cette époque, à la suite d’un voyage d'un mois que ses occupations personnelles l'avaient contraint d'effectuer, il eut une crise légère qui disparut d’ailleurs rapidement sous l’action de l'acide oléique, Cette rechute doit être
mise au compte de la négligence du malade qui, depuis quelques mois prenait {rès irrégulièrement ses capsules et n’en avait pas fait usage durant le temps de son voyage.
Depuis un an le malade, qui suit très exactement mes prescriptions, n'a pas eu de nouvelle rechute.