‹ Essai expérimental et clinique sur l'action cholagogue de l'acide oléique: Son emploi dans la lithiase biliaire et dans d'autres affections hépatiquesChapitre 37 sur 41 · OBSERVATION XVIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVIII

(Personnelle).

M. M..., 65 ans, eut recours à nos soins au mois d'août 1910. Ce malade est un vieux tousseur, emphysèmateux qui, depuis 12 ans, souffre de troubles digestifs.

À l'examen, langue très saburrale, teint jaunàtre; le ventre est fortement ballonné et douloureux à la pression, au niveau de l'hypocondre droit; le foie hypertrophié dépasse les fausses côtes d'un travers de doigt; mais l’état fortement adipeux de la paroi abdominale, gênant la palpation, il n'est pas possible de percevoir et de délimiter nettement la vésicule. L'urine rougeàtre et rare donne une réaction de Gmelin positive: Après un interrogaloire, rendu difficile par l'impossibilité d'obtenir des renseignements précis chez un paysan alcoolique, j'ai pu

cependant avoir la conviction que ce malade avait eu de fréquentes coliques très douloureuses, qui devaient être en réalité rapportées à de la lithiase calculeuse. Aussi j'instituai le traitement suivant : purgation saline, eau de Vichy et capsules d'acide oléique, à raison de 2 capsules (dosées à 0 gr. 50) par jour. 8 jours après, l'amélioration était très sensible : appétit redevenu normal, faciés moins jaune, digestion plus facile, et surtout, la région de l'hypocondre droit à peine douloureuse.

Le malade, se sentant soulagé, fit d'autant moins de difficulté pour continuer le traitement, que je pus, grâce à l’amabilité de M. Etiévant, mettre gratuitement à sa disposition les capsules d'acide oléique nécessaires.

C'est ainsi que, depuis 4 mois, ce malade prend régulièrement 20 capsules par mois; son état se maintient satisfaisant, pas de nouvelles coliques, les téguments ont repris une coloration presque normale, le foie reste gros, mais n’est plus douloureux à la pression; ce malade a, du reste, un passé éthylique plus que suffisant pour justifier l'hypertrophie. A ma dernière visite, 15 décembre 1910, le malade me manifestait sa satisfaction, il n’a, en effet, pas eu le moindre retour d'accident douloureux.

Page 1