‹ Essai expérimental et clinique sur l'action cholagogue de l'acide oléique: Son emploi dans la lithiase biliaire et dans d'autres affections hépatiquesChapitre 6 sur 41 · AT · texte numérisé non relu

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aussi certains auteurs, comme Arnozan, conseillentils de l’associer au fiel de bœuf ou à du suc hépatique : il s'emploie à la dose de 0 gr. 20 à 0 gr. 40.

La rhubarbe, extrait de la racine du Rheum, se prescrit à la dose de 2 à 4 grammes.

La Cascara Sagrada, extraite de l'écorce du Rhamnus purshiana, s'emploie à la dose de 0 gr. 50.

Le podophyllin se retire de l’extrait alcoolique du Rhyzome du podophyllum peltatum ; puissant cholagogue, mais toxique à haute dose; il s'emploie à la dose de 0 gr. O1 à 0 gr. 03.

L'évonymine s’'extrait du fusain, se prescrit à raison de 0 gr. 05 à 0 gr. 15 par jour.

Le séné, dont on utilise feuilles et follicules, s'emploie à la dose de 5 à 15 grammes.

Le Boldo s'emploie en infusion à la dose de 10 grammes, et en teinture au 1/5, 20 à 40 gouttes. Ce dernier n’a aucun caractère laxatif; il agit, non seulement sur la sécrétion biliaire, mais aussi sur celle de la salive et de l’urine.

Tous ces produits, sauf le Boldo, renferment de l'acide cathartique, c’est-à-dire un corps dérivé de l’oxyméthylanthraquinone, et un assez grand nombre de glucosides et de résines, quiirritent légèrement l'intestin et déterminent une réaction laxative. L'action sur la sécrétion biliaire est d'ordre réflexe et correspond à la période d’excitation intestinale.

DEUXIÈME GROUPE. — Le calomel exerce cliniquement une action manifeste sur la sécrétion biliaire. Murchinson conseille, dans la colique hépatique,

l'emploi de doses très faibles et prescrit chaque matin, durant vingt jours, 0 gr. OI. Les expériences de MM. Morat et Doyon (1898) montrent que le calomel, à dose purgative (0 gr. 50) fait baisser la quantité de bile de moitié dans les 9 premières heures, et de plus d'un tiers pour la période de 24 heures correspondante.

Le salicylate de soude, d’après divers auteurs, en particulier Lewascheff, Prevost et Binet, Rosenberg, Chauffard, serait un cholagogue excellent ; il accroît la sécrétion biliaire, en augmentant la quantité d’eau qu elle renferme. De plus, il ajouterait à son action cholagogue un pouvoir antiseptique et des propriétés anesthésiques. Cet ensemble, dit le professeur Chauffard, rend bien compte de l'adaptation curative toute spéciale du salicylate de soude dans la cholélithiase. Ces données cliniques sont en désaccord avec celles expérimentales de MM. Morat et Doyon qui attribuent bien à ce produit un faible pouvoir cholagogue, mais ne Îui reconnaissent aucune influence sur la variation de composition de la bile.

TROISIÈME GROUPE. — {° L’extrait de fiel de bœuf. L'action cholagogue de la bile est connue depuis longtemps; en 1813, en effet. Portal signalait l’action bienfaisante de la bile d'animaux dans la colique hépatique. L. Gautier, au congrès de Montpellier, l’a vivement conseillée sous la forme pilulaire, 100 gr. de bile correspondant à 10 gr. d'extrait. Sous l’action de ce médicament, d'après M. le professeur Arnozan, le calcul n'est pas expulsé, mais le choléate de soude

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que contient l'extrait, augmentant la solubilité de la cholestérine, empêche la formation de nouvelles concrétions. Pour M. Doyon, la bile serait le plus certain et peut-être le seul cholagogue vrai actuellement connu; sous l’action de l’ingestion de ce liquide, il y a non seulement augmentation de la quantité d’eau, mais aussi des principes constituants de la bile excrétée par l'animal en expérience, notamment des sels biliaires,des graisses, des savons.

Le mécanisme de l'action cholagogue de la bile nest pas élucidé. Pour les uns, la bile ingérée serait éliminée en nature; pour les autres, ce liquide pourrait agir sur la cellule hépatique et produire indirectement une sécrétion plus abondante.

2° La glycérine est un alcool triatomique; elle existe normalement dans le duodénum et l'intestin grêle par suite du dédoublement des corps gras digérés, mais elle s’y combine immédiatement avec les phosphates de l'alimentation, pour constituer des glycérophosphates qui sont absorbés etentrent dans la composition des lécithines, La glycérine, absorbée en nature, ne semble pas, d'après Ferrand, subir une évolution identique ; pour cet auteur, elle serait absorbée directement par les lymphatiques et par les ramuscules du système porte, puis pénétrerait ainsi jusqu’au foie et aux voies biliaires.

D'après Steward, comme nous le signalons plus loin, l'huile d'olive n'agirait que par la glycérine qu'elle renferme. On sait en effet que l'huile d'olive, dans l'intestin, par saponification, se dédouble en acides gras d'une part et glycérine d'autre part.

Pour cet auteur. dont les travaux sont antérieurs à ceux de Ferrand, la glycérine agirait par irritation de la muqueuse du choledoque en pénétrant par osmose dans ce conduit, après avoir traversé l'ampoule de Vater. Quoi qu’il en soit, et comme l'indique M. Gaston Lyon, si la glycérine ne dissout pas les calculs, elle paraît cependant avoir une action cholagogue assez nette.

3° L'huile d'olive est employée depuis fort longtemps dans la lithiase biliaire; Pujol, au XVII° siècle, la conseillait déjà ; à cette époque, c'était alors le remède populaire et empirique contre la cholélithiase. En France, le Docteur Feillée (d'Angers) en 1843, la préconisait ; ce dernier prescrivait 125 grammes d'huile après un léger repas; le lendemain, il faisait prendre au malade 40 grammes d'huile de ricin.

D’autres auteurs conseillèrent ensuite des doses fractionnées, mais répétées pendant plusieurs jours. Les médecins américains prescrivent au contraire des doses massives, 400 grammes en une fois pris à jeun le matin; d'après ces derniers, les résultats constatés seraient surprenants : disparition des douleurs et expulsion des calculs. Touâtre, en 1886, fut le premier à constater ces résultats qui nous venaient du nouveau continent La méthode fut publiée et expérimentée. MM. Dupré, Hayem, Chauffard demeurent très affirmatifs sur l’action sédative de la douleur, mais par contre nient l'expulsion des calculs. M. Villemin (de Vichy) admet que non seulement l’ingestion d'huile d'olive calme la douleur si vive de

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