‹ Essai expérimental et clinique sur l'action cholagogue de l'acide oléique: Son emploi dans la lithiase biliaire et dans d'autres affections hépatiquesChapitre 7 sur 41 · AE REE · texte numérisé non relu

AE REE

la colique hépatique, mais qu’elle la calme presque instantanément.

M. le Professeur Teissier conseille les grands lavements d'huile d'olive répétés.

Les divers auteurs, ayant constaté les propriétés variables de l'huile, donnèrent à son action des interprétations assez différentes les unes des autres et de valeur bien discutable.

C'est ainsi que Touâtre, croyant à l'expulsion du calcul de cholestérine sous l’action de l'huile, supposait que l’huile pénétrant par endosmose le long des parois du cholédoque, le calcul devenait mou et fiiable, modelable suivant les exigences des voies biliaires, durant sa migration, lui facilitant ainsi son acheminement jusqu'au duodénum.

Malheureusement cette argumentation très séduisante a priori, ne répondait en rien à la réalité. Tout d’abord le sphincter d’Oddi, à l'entrée du cholédoque, empêche toute communication du duodénum avec les voies biliaires ; et d'autre part l'immersion d'un calcul de cholesterine dans un verre d'huile ne modifie ni la texture ni les dimensions du calcul, quelle que soit la durée du séjour qu'on lui fait subir.

Stewart, à son tour, chercha à donner, en 1894, une autre explication. Songeant au travail de saponification qui s'opère dans l'intestin sur l’huile ingérée, il pensa que Îles acides gras étaient mis en liberté, éliminés avec les autres résidus intestinaux, tandis que la glycérine déterminait sur les parois du cholédoque des ondes péristaltiques analogues à celles provoquées sur les parois de l'intestin. Le

Eve

calcul était, pour ainsi dire, balancé à chacune de ces vibrations, s’acheminant ainsi lentement à l’ampoule de Vater et, de là, au duodénum.

Nous avons signalé plus haut, à propos de la glycérine, que celle-ci serait absorbée directement par les lymphatiques pour gagner les voies biliaires en empruntant la veine porte.

L'opinion de Stewart semblerait plus rationnelle que celle de Touâtre, mais ne peut être acceptée, car, ou bien le calcul est de diamètre inférieur à celui de la lumière du cholédoque et alors la chasse biliaire d’un agent cholagogue est suffisante pour son expulsion; ou alors, c’est l'inverse qui se produit ; dans ce cas, les ondes péristaltiques du cholédoque devraient ressembler à celles que provoque chez un reptile la déglutition d’une grosse proie, il faudrait que le cholédoque déglutisse un certain nombre de fois sur toute sa longueur le calcul, pour le faire progresser de la vésicule au duodénum.

À côté de ces interprétations hypothétiques, il faut placer celles plus précises de l’expérimentation. Rosemberg, dans les Archives f. d. ges. Physiologie (1889), rapporte que sur le chien fistulisé la sécrétion biliaire est accrue par l’ingestion d'huile, cet accroissement atteint son maximum une heure, quelquefois deux ou trois heures après son absorption.

De plus, la bile hypersécrétée est un peu plus riche en substance solide, mais surtout beaucoup plus riche en eau; son état de fluidité, de ce fait, se trouve fortement accru. Ces données sont également acceptées par Troitzky, qui voit dans cette action

cholagogue la principale raison du rôle bienfaisant de l'huile dans la lithiase biliaire.

Les résultats de Rosemberg se trouvent contredits par les expériences de MM. Doyon et Dufourt (1897); ces derniers considèrent l'huile d'olive et la glycérine comme étant sans action sur la sécrétion biliaire; toutefois, d'après ces auteurs, l'ingestion abondante d'huile augmenterait les graisses de la bile.

Bidder et Schmidt auraient reconnu que l’alimentation exclusive par les corps gras diminue plutôt la quantité de bile.

En résumé, les résultats que nous signalons, pour expliquer le mécanisme d'action de l'huile d'olive dans la cholélithiase, sont assez contradictoires; il est, par suite, difficile de conclure d’une façon précise.

À notre avis, la question pourrait être reprise d'une facon différente. Partant des données émises par Stewart, à savoir le dédoublement de l'huile dans l'intestin en glycérine et acides gras, principe que personne ne met en doute actuellement, ne pourrait-on pas, après avoir songé à la glycérine, examiner l’action des acides gras et rechercher dans cette voie la cause véritable de l’action de l'huile dans la lithiase?

L'idée, d’ailleurs, n’est pas absolument neuve. En Allemagne, dès 1897, on trouve relatées dans le Centralblatt für der gesammte Therapie, et dans les Annales de Merck (1899, p. 67 ; 1903, p. 70, et 1905,

p. 78) des recherches intéressantes sur l'oléate de

A Te

sodium, désigné commercialement sous le nom

d’eunatrol.

D'après les recherchescliniques etexpérimentales des auteurs allemands

L’eunatrol (oléate de sodium) jouerait un rôle assez important dans le traitement de la cholélithiase. C'est ainsi que M. Clemm (1) a démontré expérimentalement que les calculs de cholestérine se réduisaient en bouillie, au bout de peu de temps, dans une solution d'oléate de sodium, tandis que l’eau restait sans action sur les mêmes calculs. L'action cholagogue de ce produit ne se manifeste pas seulement dans l’ictère catarrhal simple, mais encore dans la cholélithiase vraie, surtout à la suite d’un long usage. D'après l'opinion de Clemm, la cholélithiase peut guérir sous l'influence de l’eunatrol.

On administre ce médicament sous forme de pilules ou de potion; on en fait prendre 0 gr.75 à { gr. matin et soir, et, sil le faut, à midi, durant trois mois au moins. Depuis quelque temps, on a introduit dans le commerce, sous le nom de « cholélysine » une solution d’eunatrol à 20 0/0, qui rend plus commode l'emploi de ce médicament.

On en prescrit, deux à six fois par jour, une cuillerée à thé. Voici encore une autre formule :

ÉUNALOIER Eee 220 10,0 Essence d'ananas....... 20 gouttes Teinture de valériane.. 5,0

Eau de menthe

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