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Cette nature d'ouvrages a deux objets : ou d'opposer un obstacle de plus à Tennemi , sur un point donné^ qui sans cela serait le plus faible de la place; on de rendre l'attaque des fronts voisins difficile , et s'il se peut impraticable^ en fournissant des feux d'enfilade et de revers sur le cbeminement des ouvrages attaqués. C'est de ce dernier genre que sont les pièces dëtacbées de la plan* chô 39, relative au chap. V, lesquelles avancées dans l'inondation» n'ont point le but de renforcer le front inondé, déjà inaccessible, mais n'ont, ainsi que nous l'avons déjà avancé « d'autre objet que de prendrôde$ revers sur les fronts voisins de cette inondation , à la«> quelle sans cela l'assiégeant appuierait vraisemblablement la droite ou la gauche de son attaque.
Mais avant d'aller plus loin , il convient d'exposer arec quelque détail les conditions que doivent rénnir ces pièces inaccessibles, les meilleures évidemment de toutes les pièces détachées , et qui , mises déjà en passant et par occasion , sous les yeux du lecteur» méritent de fixer enfin son attention.
1* Pour les rendre tout-à-fait inaccessibles et les mettre à l'abri des surprises tentées par la voie de ba* teaux et de radeaux , on doit les envelopper d'un chemin couvert ou digue, où l'ennemi parvenu se trouverait exposé k tout le feu de la pièce séparée de ce chemin couvert par un large et profond fossé ; ou bien » ai cette pièce est établie dans un terrain mouillé seulement par un bbine (Ceau , trop peu profond pour en permettre l'accès aux bateaux , elle peut, à la rigueur, se passer de chemin couvert, pourvu qu'elle soit enveloppée d'nn large fossé de 5 à 6 pieds de profondeur, qui arrête nécessairement l ennemi qui aurait traversé le terrain mpaîllé.
164 ESSAI ciN&EAL DS FOBTlFICATIOIf.
a* Pour être assuré d*y conserver coBstammem des feux , tant d*artillerie que de mousquetme , on doit soi- ^ensement défiler et mettre hi Fabri du ricochet celles au moins des parties de ces ouvrages que Ton destine a exercer le revers» Il faut aussi que, s'il sepeot, les mêmes parties ne soient point exposées au canon direct de Tennemi , et qu^ enfin la pièce entière soit éloignée du bord de Tinondation d*au moins ^ a 80 toises, pour être hors de la portée des pierriers^ seule arme capable par la multiplicité de ses effets d*en éteindre totalement le feu 'j les bombes ne pouvant jamais y foisonner assez pour empêcher d'y tenir des fusiliers choisis ou bons tireurs , et même d'y servir du canon , qu'on y conservera à force de précautions et de rechanges. Toujours dans le même but| de conserver Tusage non interrompu du canon et de la mousqueterie placés dans ces ouvrages , on a coutume de porter à 4 toises l'épaisseur de leur parapet à son sommet, et d'en abandonner le talus à la pente naturelle des terres ^ pour que le canon ennemi n'y puisse faire de trouée.
3*" Pour assurer à ces ouvrages toute l'influence à laquelle on les destine , il faut que la pente des glacis de la place et celle du terrain naturel en avant de ceux-ci , ne se dérobent point à leurs feux , nuris au contraire , leur détouvrenf parfaitement les tranchées de l'assiégeant qui y cheminerait , et cela , s'il se peut , jusqu'à la distance de 4 ou 5oo toises , passé laquelle on aurait tort de compter complètement sur leur effet.
4* Enfin il faut , ou que leur communication ayec la place ait lieu , soit par une caponnière à double parapet, de laquelle pourra partir encore un feu utile , s<^ par un. canal semhlablement bordé d'une double digue qui y
préserTe lesubateaux dea vues du dehors , ei qu au bout de Tuaie ou. de l'autre de ces communications , supposées hors d'atteinte d'être coupées par l'ennemi , on traverse à couvert de ses feux le fossé de l'ouvrage sur un pont jeté entre son chemin couvert et lui , ou au moyen d'un ponton ou-radeau qui y aborde dans un havre couvert et même voûté , s'il est nécessaire ; oa que l'ouvrage sans communication avec la place, et séparé d'elle par une distance considérable » ait en lui-même tous ses. moyens de défense et de subsistance mis à couvert , ainsi que sa garnison , dans des souterrains à l'épreuve de la bombe ; ce qui , pour l'espace nécessaire à cette réunion de moyens , suppose un ouvrage déjà, de quelque étendue. Au reste quelque resserré que soit un ouvrage de cette espèce, et quelque bien communùiué qu'il puisse être avec la place , des souterrains n'y sont jamais de trop, soit pour loger sûrement les poudres , soit pour mettre à Fabri les hommes dans les momens où ils ne sont pas tous strictement nécessaires à l'exécution des feux qui font l'objet de la pièce détachée. Heureusement que presque toujours on est comme invité à pratiquer de semblables souterrains dans ces pièces , par la traverse que leur position* dans le fond d'un bassin, nécessairement dominé par ses deux bords « force d'élever dans leur intérieur.
On conçoit qu'il peut y avoir des pièces inaccesiibUs autres que celles qu'entoure une inondation. Celle qui serait placée sur un roc escarpé , trop dur pour être ou ' battu en brèche ou miné par l'assiégeant , et trop élevé pour être escaladé , ne serait en effet pas moins inaccessible que les premières , et aurait par^dessus elles Tavan- Uge d'une position dominante , aux revers plongeans de
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laquelle rien ne pourrait échapper à unetrèa-grande distance. On pourrait regarder aussi conme k peu prés inaccessible 9 une pièce détachée placée sur une yaste esplanade de roc pelé, dans laquelle on ne pourrait creuser ni trandiées ni mines ^ si surtout la difficulté d j faire cheminer une attaque nécessairement exécutée avec des matériaux de rapport , était encore augnentée par T effet des oontre^nûnes , qu'à force de temps et de poudre , il est possible de préparer sous un tel terrain. TeUes sont quelques pièces détachées de Luxembourg, qui ont encore pour ressource, et contre la surprise en tout temps eC contre Tassant à la fin d'une défense opiniàtrée par tous les moyens que nous venonsd'indiquer, une redoutéessematée enterrée à leur centre et enveloppée d'une contrescarpe k galerie percée de créneaux , aussi bien que l'escarpe de la redoute, qui Fest à plusieurs étages , dont les uns rasent Tintérieurde la pièce déuchée , et les autres défendent, soit le fond du fossé de la redoute, soit le sommet de sa contrescarpe. La communication de la place à ces redoutes , et decelloe-ci aux pièces détachées, se taisant par une galerie taillée dans le roc , se trouve hors d'atteinte de pouvoir être , en aucune manière, coupée par l'assiégeant.
Mais enfin , il n est pas toujours , il est même rarement possible de placer les pièces détachées dans, un terrain qui les rende inaccessibles , et alors on s'efforce de les rendre sinon telles , du moins en quelque façon inattaquables y c'est-à-dire d'une attaque extrêmement difficile par les chieane$ multipliées qu*on accumule pour leur défense. Nous venons de voir au chapitre précédent que les chicanes de la plus longue discussion étaient sans contredit ceUesdela fortification souterraine. Cestdone
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à ce puiasant iDoy«n d*a}Oiiler i la force de lonle fortification extérieure qu'il hm ici avoir recoura, en ayant pour principale attention danftla disposition de cette der* iiière d'assurer â chacune de ses parties nne résistance si»> périectf e à tonte attaque de vive force , et par là ^ à la première , le temps nécessaire an développement ia toue ses moyens ; or il faut pour cela :
I* Que l'ouvrage revêtu en maçonnerie, tant à Tescarpe qu'a la contrescarpe , n aitpasi craindre Tescalade, surtout par sa gorge ; et pour s'assurer de ce dernier ob** jet , on a plusieurs moyens dont la réunion ne peut laisser de doute sur leur succès. D'abord, on doit faire en sorte que cette gcMrge ne soit éloignée an chemins couverts de la place qu'à la bonne ]^ortée de la mousquelarie , ou ail moins pas au-delà de 1 5o toises ; en second lieu , làdier que son revêtement aitanmoins i5 pieds dehaut, le eou^ ronner d'une palissade inclinée 9 et enfin avoir une gar ierie crénelée , adossée au revêtement de cette gorge » qui ait la naissance de sa voûte à niveau du sol pour ne pouvoir être crevée parles bombes, ni même par des ba^r rils de poudre qu'on pourrait rouler contre \ au reste ^ ces créneaux ouverts à fleur de terre ^ ou à peu près » n'en seraient que plus dangereux pour Tassaillant » et que moins exposés à être embouchés par ses fusils»
a^ U faut que la galerie magistrale ^ adossée à la cou* trescarpe de Touvrage , soit enfoncée à la même profond deur aurdessons du fond de son foasé que la précédente Test au-dessous du sol du pied de sa gorge, pour être y d# même que eellor-ci , à l'abri de tout danger d'être enfon-r cée, et qu'elle ne soit , s'il se peut, percée d'aucune porte ouvrant sur le fossé, mais qu'on y communique par des galeries traversant celui-ci par dessous^ ou bien , si
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Fou ne peut enfoncer ainsi celte galerie , et si surtout on est contraint de la percer de portes ouvrant sur le fossé , il faut alors rendre celui-ci inaccessible par sa gorge eu le barrant par un mur crénelé (i), couvert contre le canon assiégeant qui enfilerait ce fossé par une caponnière ou traverse en terre , laquelle en même temps aura !*&• vantage de flanquer de près ce dernier. Et remarquons que sous cette traverse il sera facile alors de placer la galerie de communication de Tintérieur de la pièce à la gale-r rie magistrale adossée à sa contrescarpe , et par conséquent possible de supprimer les portes percées de celle galerie sur le fond du fossé.
3^ Il faut que le chemin couvert de la pièce soi ta Fa-» bri de ïimuUù^ c'est-à-dire d*ètre emporté de vive force en $autant dedans. C'est à quoi l'on pourvoit par des réduits de places d'armes rentrantes , et en garnissant la saillante d'un tambour de madriers • ou mieux encore , d un réduit maçonné , à parapet de terre , qui tire sa de-* fense des traverses voisines du chemin couvert, qu'on peut rapprocher des places d'armes rentrantes pour les défendre elles-mêmes d'autant mieux de l'insulte , sutt tout avec le secours d'une double palissade , plantée dans les branches de chemin couvert qu'elles terminent. Au moyen de ces précautions , l'assiégeant, forcé de faire ses logemens pied à pied , donnera aux mines de l'assiégé tout le temps nécessaire à leurs effets successifs.
Le mieux serait sans doute que ces pièces détachées fussent toujours défendues par la mousqueterie comme par l'artillerie des ouvrages de la place. Mais souvent oeja n'est pas possible. Presque toujours leur position est à peu
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près donnée et déterminée par les circonstances du terrain et celles de la fortification de la -place , combinées entre elles , et avec l'objet de Tonvrage. Si ce sont des revers à prendre sur les fronts voisins , ils ne pourront être bien pris que de tel point élevé auquel se présentent les pentes du terrain en avant de ces fronts. Si c'est le fond de quelque vallon à éclairer , il faut bien se porter jusqu'à sa naissance.
Si c'est une rivière sur laquelle on veuille avoir, une tète de pont , ou de laquelle seulement on veuille se rapprocher, la position est encore donnée ; et dans ce der^ nier cas la pièce détachée ne doit être ni assez éloignée de la rivière, pour ne pouvoir , par son feu , soutenir la tète du pont qu'on y jetterait^ ni assez rapprochée , pour ne pas se conserver entre cette rivière et elle l'espace nécessaire à l'emplacement d'un chemin couvert , et d'un gla- * cis qui couvre en entier son revêtement d'escarpe.
Quand quelqu'une de ces positions obligées éloigne trop la pièce déuchée des ouvrages de la place pour que la mousqueterie de ceux-ci puisse atteindre à sa gorge et protéger la naissance de son glacis • il faut encore déta^ eher intermédiairement d'autres ouvrages qui lui rendent ce service \ et qu'on ne s'effraie pas de ce chapelet d'ouvrages détachés pour en maintenir un seul h la place qui lui convient. Car les ouvrages intermédiaires , soutenus de près par la place et défendus contre la première furie de( attaques de l'ennemi, par la pièce la plus avancée, soys le feu de laquelle il faut passer pour parvenir a eux \ les ouvrages intermédiaires seront de peu d'importance, et quant à la dépense de leur construction , et quant à la garde qu'ils exigeront pour leur défense. Ils pourront n'être que de simples flèches en terre » tout au plus de •
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petites lunettes ; poDrvu cependant qa*OD ait rattetiiîoi d'assurer ces piedê iargiU du eUosiB de méial qai doit reposer dessus contre toute attaque de yîye force qn'oD pourrait en faire simulunëment à ceAe de la gorge de la pièce la plus avancée , en les munissant à lettr escarpe et k leur contrescarpe de fraises et de palissades , et à leur gorge , d'une doison de nudri^rs crénelés, défeAdu^ par une palissade inclinée.
Il n*est pas plus facile de déterminer en générai qmlle forme convient à une pièce détachée, que la distance ypréeiseà laquelle elle doit être de la place* Car , de même que cette dernière est donnée |)ar les circonstances di terrain , la première Test par les différens aspects soui lesquels les objets è battre se découvrent à la pcksitios donnée. Si de part et d'autre de la pièce détachée « il J a des points couverts et dérobés au feu de la place à éclairer, et en même temps des rêver» k prendre également de part et d'autre sur lesg]acis de la place et leurs approches ^ il est évident qu'il faudra quatre faces ou côtés à pa* rapet pour remplir tous ces objets k la fois ; et alors la figure d'une redoute carrée et surtout en losange , tour* nant un de $e$ angles à la place , paraîtrait la plus convenable comme la ^us simple à donner dans ce cas à la pièce détachée ^ si le danger de la voir , après sa prise ^ servir contre la place, de ses parapets tournés contre èiii, et fomntiir dans son intérieur un vaste abri et un pois) d'appui sur à l'assî^eant , ne faisait pr飣rer la forme d'une lunette ou bastion détaché ouvert par sa gorge. Ici Torillon , tombé preàque en désuétude au corps de place , reparait avec avantage pour mettre les flancs k coarerî des feui^ de la partie du terrain qo'ils ne sont pas destinés k battre. C'est sous cette forme que sont construites la