‹ Essai général de fortification et d'attaque et défense des places dans lequel ces deux sciences sont expliquées et mises l'une par l'autre à la portée de tout le mondeChapitre 142 sur 170 · LIV. III. CHAP. I · texte numérisé non relu

LIV. III. CHAP. I

échelle , celles que ces points doivent avoir au-dessas de rhorizon, d'après le profil primitif j propre au mode de fortification que Ton a adopté , ou en diminuant ces mêmes hauteui*s , dans le cas où , suivant ce même profil » ils s'enfoncent au-dessous de Thorizon. Car, par notre opération , nous n'avons fait autre chose que de substituer à ITiorizon un plan incliné , pour construire dessus notre fortification , comme elle eût été construite sur un site horizontal.

Le relief entier de la fortification qu'on projette étant ainsi déterminé sur le papier , où le relief du terrain Test également , si l'on trouvait que le déblai de celui-ci ne pût suffire au remblai de celle Jà , sans creuser des fossés démesurément profonds y ce serait une preuve que , sous le rapport de la dépense , le tracé ne pourrait convenir, et qu'on devrait, en le changeant, le porter sur quelque autre partie du terrain , où cette égalité des déblais aux remblais serait moins difficile à former. D'où l'on voitque le projet d'une fortification qui parait si facile à ces savana , qui en possèdent à fond des milliers de systèmes , sans se douter de la manière de les appliquer au terrain , est une affaire extrêmement délicate , et dans laquelle il ne faut pas s'étonner que ces ignorans ingénieurs de profession montrent souvent tant de répugnance à exécuter les sublimes conceptions des premiers qui , loi-squ'ils ont fait un beau tracé sur le papier, ou surtout un beau relief sur une table rase , croient que tout est dit , et ne conçoivent pas qu'il puisse y avoir encore quelque chose à leur objecter.

On doit concevoir que pour être défilé , il n'est pas nécessaire que le somiâet de Touvrage , ou plan de défilement passant par la crête de ses parapets , soit toujours

t34 KSS^l G&HiAA.L DB PONTIFICAT ION.

élevé de 16 pieds au-dessus de son plan de site *, il suffit qu'il le soit de 8 pieds pour qu'on ne paisse être tu anr son terre-plein psr des hommes à cheral parconram les bantenrs enTironnantes. Si donc on a des motift de rediercher cette économie de 8 pieds de hauteur , et qu'en B*en aitp<»nt d'aussi valables de désirer ^ soit un {Ans grand relief à sesrevèlelnens , soit plus de commandement sur le terrain , on pourra se f astreindre k (aire passer le plan de défilement du corps de Touvrage , à 8 pieds seulement au-dessus des points les plus donûi»ans du dehors. Mais alors on serait vu de ces points dans le chemin eouTert , si le {d«n de crête » ou plan de défilement decelui*-ct, était tenu parallèle à celui des parapets du rempart de Touvrage, et c'est aussi ce qu'on se gardera bien de fiôre. On se contentera d'en soumettre les angjies saâlaits à la fortification en arrière » de la quantité dcmt ils doivent lui être soumis, puis on feni partir de chacun de ces angles , un plan puiicuber de défilement , qui m passer aussi de 8 pieds au^nlessas des p(HBls domioans dont on s'est défilé. Ce plan de défilement servira à 1^ glerkcrôte du chemin couvert, depuis l'i^tiglesaiUan tîuiqu' aux premières traverses. On ieradansle crochet de ces Iraversesi un ressaut qui ramènera le commencement des brandies en de-Ià de ces mêmes traverses , k la faatiteor qu'elles doivent avoir , à l'égard du rempart en arrière ) puis de ce nouveau point p on fera de nouveau passer un Autrie plan de défilement , à 8 pieds au-dessus des hauteufs, et ce plan réglera la crètede cette branche de chemin couvert » jusqu'à la traverse suivante, et ainsi de suite. De cette manière , on aura sans inconv&iient (ait une économie de 8 pieds de hauteur de terre sur le rdief entier de la fortification qu'on défile. On ne croit pas de-

UY. IIU CBkP* I. 935

voir s'étendre davantage sur cette manière de faeiliter k conatnictkm des fortifications en terrain dominé. On en a dit aasex pour être compris de Thomme du métier , et pour goider quiconque voudra sérieusement mettre la main i rocavre* On se noyeraît dans un déluge de pa« rôles y et de paroles peu intéressantes , si sur ces détails IMVftiques , on voulait tout dire à qui n'a nulle envie de pratiquer»

C'est parla même raison qu'on n'ajoute aucune particularité à ce qui a été dit plus haut , et à ce qui vient même d'être démontré , touchant le changement ou passage qu'on peut et qu'on doit faire d'un plan de défilement à un autre , à mesure qu'on passe k défiler de nouvelles parties de l'enceinte d'une place , selon l'élévation du terraûi sur lequel ^les sont assises » et suivant celle des hauteurs dont elles sont dominées. Des volumes sur lout cela seraient beaucoup plus difficiles à entendre , et ,bsen moins înstructi& que quelques heures de pratique aor le terrain , ou que l'examen de quelque place en teri«in inégal y qui présente dans ce genre ou des modèles k suivre , ou des fautes A .éviter*

Oa ne peut cependant s'empêeher d'avertir que lors- ,qne ce changepnent de plan de défiieeaent est causé par un ressaut du terrain ou trop hrusqtie , ou trop considérable pour que le plan de défilement inférieur puisse parer des revers de la partie basse du terrain ^intérieur de la IbrtificatioB qui fait face à sa partie haute , et qu'en conséquence on est forcé d'avoir recours à des traverses; on ne peut » dis-)e , s'empêcher d'avertir qu'il y a un parti à tirer de cette nécessité même *, c'est de faire en sorte que ces traverses , assez élevées pour parer du re~ vers la fortification qui appartient au plan de défile^

S36 B88AI GàKftAA.L ,DE FOATIFICATIOH.

ment supérieur, soient disposées de manière à servir de cavaliers à la forliâcation soumise au plan de défilement inférieur, et de cavaliers d'autant meilleurs que les deux plans de défilement s'entre^-coupent sous un plus grand angle. Et cet exemple , entre mille , prouve; que du sein ^mème des difficultés , qui dans les terrains inégaux sem« blent lui faire obstacle , Vart sait tirer de nouvelle res^ sources , et puiser des moyens de force , là où Tigno^ rance n'entrevoit que faiblesse et que motifs de désespérer.

Page 1