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celui qui , arrosé par des ruisseaux ou par une rivière qu on. peut y faire refluer, est susceptible d*iaondation ; niais, encore celui qui , par quelque cause que ce soit , se trouve être tellement imprégné d'eau, marécageux ou fangeux, qu'il soit impossible d'y creuser des tranchées, et d'y établir des batteries.
On sait qu'il se rencontre quelquefois des places, dont tous ou la plupart des environs , se trouvent ou ont été rendus aquatiques par la nature ou par Fart, et qui ne sont abordables que par des langues plus ou moins étroites de terrain solide , souvent même par des chaussées faites de main d'homme. Puisqu^il existe de telles places, on doit concevoir qu'en choisissant quelque terrain aquatique , ou mieux encore quelque terrain solide entouré de terrains aquatiques ou susceptibles d'être rendus tels , on poiîrra , en saisissant bien tous les avantages qu'on en peut tirer, y construire des places qui l'emporteront autant sitr les premières qu'un édifice du à un dessin unique , et dans lequel tous les détails concourent à la belle ordonnance et à l'harmonie de l'ensemble , Temporte sur ces bàtimens bizarres « produits par les fantaisies des divers propriétaires qui les ont successivement habités. De même une place construite dans un terrain aquatique, choisi pour lui procurer tous les avantages d'une attaque difficile et d'une défense aisée , les obtiendra bien mieux d'une vue générale qui , embrassant k la fois tous les objets désirables k atteindre , saura les réunir dans une exécution *pure , simple et hardie , faite en un mot , d'un seul jet -, les obtiendra , dis-je , bien mieux que n'ont pu le faire ces anciennes places , qui n'ont saisi les avantages que leur offrait la nature du terrain qui les environne , que par une sorte de hasard qui ayant succès^
S36 . ESSAI G&xàBAL »B F^HTinCATlOH.
aîvement présenté œs aTtntages aux hommes âiYàrB chargés dasoindek fortification de ces placeft^ yaprodiiîi use agrégatktti de pièces de rappoit , et me aceiamulation d^ouvrages incohérent et disooxdaDB entre enx , comme les Tues de Ican ameiica.
Supposant donc <{u*on ait une pkce à construire dans on scmhlahle terrain , je ^ais avertir des attentions principales à donner k la dispontion de ses ouvrages , pour ea tirer, aux moindres frais , le plus grand effet posrihie.
i"* n faut parfaitement étudier la nature de dkique partie du terrain aquatique dont vous vous proposes de profiter» et mvoir qtieUes sont celles |qiii » impraticshles au cheminement d'une attaque, le sont au trajet de troupes, soit d*infanterie, soit de cavalerie. Cette eonnaiasance vous prescrira les précautions que vous avex à prendre pour mettre à Fabri d'un coup de main , ceux de vos différons ouvrages qtii ne sont point susceptibles d'une attaque en règle , et vous indiquera en même temps les avantages que dans vos sorties sar des appro* cbes resserrées dans des temdns étroits, voua pomres prendre , en débordant ot en tournant par les parties pra^i tioables de vos marais, ces mèimes approches nécessairement restreintes à n'occuper que le terrain solide.
a*" Il faut disposer votre em^inte de manière que odlcs de ses parties qui font face aux langues de terrain solide, et sont par conséquent les seules aluqiuUes , soient reculées dans des rentrans , que les parties voisines , ina« bordables par la nature du terrain qui les couvre, cl dans lequel on les portera le plus possible en saillie, rendront eux-mêmes aussi en quelque sorte inabordables aux attaques qui ne pourraient qae diieminer bien difficilement dans ces rentrans.
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3* n ikat que tontes les fâoes d'oavrages qui auront action siur le terram solide des approches , soient dirigées de manière qu'il soit impossible de les prendre i ricochet de nulle part, et même, s'il se peut» de lea Gontre'-battre directement, d'ailleurs que de cette languede terre , ptf laquelle chemident ces approches , c'est4dire qu'il faut que les prolongemens de toutes ces faces tombent , et s'étendent jusqu'à 5 ou 600 toises dans les terrains aquatiques , et qu'il y ait , s'il se peut entre elles, et toute partie du terrain solide , autre que la langue de terre par laquelle les attaques sont forcées de cheminer, le même espace de 5 ou 600 toises*
4" Avant d'arrêter définitivement ses idées au sujet da tracé qu'on fera de la ^fortification qui doit agir contre, chaque langue de terre par laquelle la place sera abordable • il faudra conduire une attaque sur cette langue de terre, la suivre dans tous ses détails» et l'acoompagner. de toutes ses batteries, telle en un mot que le chapitre de l'attaque de ces sortes de places, et la planche qui y est relative dans le livre du maréchal de Yauban , en donnent l'idée ; puis d'après cette attaque , rectifier son tracé, et le disposer de manière que sans manquer aux attentions précédemment expliquées , il batte suivant les meiUeures directions les divers travaux et batteries de ras«égeant, et les écharpe en tous sens sur le terrain resserré où ils sont forcément circonscrits.
5* Mais comme une semblable place , ainsi enfermée dans ses marais , pourrait » par la même raison qui la rend inabordable , être facilement bloquée , et rendue par conséquent incapable de la plupart des fonctions que doit remplir une place de guerre , souvent par un nombre d'hommes inférieur à celui de sa garnison , lesquels se
a4o ESSAI gêiiêhAlL de fortification.
retrancbant, ou établissant seulement une redoute à Vétroîte tète de chaque débouché , empêcheraient toute troupe sortie de la place , de le franchir, et de se déployer sous leur feu^ il faudra , pour s'opposer à tout établissement semblable de la part de Tennemi , pour tenir chaque débouché toujours libre , e^ pour protéger tout déploiement de troupes eicécuté au sortir de chaque débouché ; il faudra, dis-)e» porter dans le terrain aquatique, sur la droite et sur la gauche de la tète de chaque débouché » des pièces détachées ou redoutes , séparées de tout terrain capable de recevoir des batteries, par un e&pace de plus de 80 toises, et portant elles-mêmes de fortes batteries, qu'il deviendra indispensable à Tennemi de faire taire » avant que de pouvoir former un établissement a bonne portée de leur canon. L'on ne répète pas ici ce qui a été dit au chapitre des pièces détachées, sur ce qu'il y a à faire en pareil cas , pour que ces ouvrages soient convenablement approvisionnés et casemates, s'ils sont abandonnés à eux-mêmes, ou imperturbablement communia quéê avec la place , s'ils ne renferment pas en eux-mêmes tous leurs moyens. Sur tout cela, et sur toutes les autres conditions que doivent réunir ces pièces , on voudra bien avoir recours à ce chapitre qui en traite spécialement.
On ne répétera pas non plus en détail tout ce qu'il faut faire pour empêcher. Uni ces ouvrages que ceux de la place, d'être emportés par surprise ^ soit en enveloppant d'un fossé plein d'eau qui ne puisse se passer qu'à la nage, ceux d'entre eux qu'on pourrait aboixler de plaîn-pied , au travers des marais^ soit en formai^t une double enveloppe , glacis coupé ou digue , à ceux qui se-, raient abordables en bateaux 5 soit enC , en revêtant de