‹ Essai général de fortification et d'attaque et défense des places dans lequel ces deux sciences sont expliquées et mises l'une par l'autre à la portée de tout le mondeChapitre 145 sur 170 · I.tV. III. CHAP. If* k4l · texte numérisé non relu

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mûrs de hauteur suffisante » ceux qu on pourrait abor« der à pied sec. Tout ce que Ton croit devoir ajouter, et poser même comme principe général, c'est que plus FatlaqueréjiuUère d'une pLice a été rendue diffleile, plus il faut s" étudier à mettre cette même place à Cabri dune attaque irréfiuiière , dont le succès doit d'autant plus tenter C ennemi, qU^ll sait tout ce que lui coûterait Cautre voie de s'en rendre maître.

Qu'on n'attende pas ici de moi des exemples de tout ce dont 'y viens de donner le précepte. Car en quelque nombre qu^ils fussent, et à quelque point que je les variasse, ce ne seraient jamais que des applications différentes des mêmes principes, et des cas particuliers qui ne pour> raient servir de modèles dan(s aucun de ceux qui ne leur seraient pas parfaitement semblables; et dans la variété infinie de la nature , y en a-t-il dc^ux de cette espèce ?'

Je ne dois pas non plus avoir besoin d'avertir que tous les avantages de ces sortes de places sont souvent bien chèrement achetés par l'état continuel de maladie, et par la perte fréquente des hommes de leur garnison que cause la malignité des exhalaisons de leurs eaux stagnantes , et d^ celles qui se dégagent de leurs marais parla puti éfaction des substances végétales et animales qui y naissent , s'y reproduisent et y périssent sans cesse. Il n'y a que la nécessité et le salut de l'état qui puissent excuser la fondation de ces colonies de mortalité e% de dépopulation* Mais heu* reusement qu'il est possible de trouver sur les bordsdes rivières, des terrains qui, susceptibles d'être par des retenues d'eaux rendus aquatiques pour la guerre , pourront pen*dant la paix être maintenus en prairies d'autant plus fertiles, qu'elles seront à volonté inondées par les eaux qui les arrosent ^ les écoulejnens pratiqués au travers des V. iG

94s KMAl ciJiilUI' OB FOftTinCATlOlf.

fortîficalipDs de la place , saigneroiii ces prairies » ci In laitieront constamment à sec, dans les saisons où il conviendra à la santé des habituis et de la famison ^*ellcs le soient»

CHAPITOE IIK

Jlet avaniagcM tPwt terrain fnoniutuXj plus au fnèinê roeailteuse, ou même de roe plu$ ûu moins vif.

Nous avons fait voir* au chapitre I" de ce livre» comment on pouvait, en la pliant avec adresse i un terrdn inégal t dérober la fortification à la lâcheuse influeuce des hauteurs environnantes, et faire tourner même, jusqu'à un certain point, k son profit, la plupsrt des accidens de ces hauteurs. Nous avons maintenant un objet de recherches absolument différent, et -en apparence tout contraire. Car il faut que nous tâchions de décou«vrir quels sont les avantagfs qu une fortification assise en terrain montueux peut prendre sur le terrain qui Venvirontie , surtout lorsque ce dernier, ce qui est assez ordinsire , recèle sur sa surface de la pierre , de la rocaille, du roc môme plus ou moi us vif, en un mot des obstacles et des périls pour Tassiégeant.

L'opinion commune est qu' une forteresse établie sur mi plateau plus élevé que tous ses environs . est dans la si* tuation la plus favorable à sa défense. Cela peut être, ou n'être pas p suivant les conditions particulières tant de ce plateau que du terrain environnant. Si ce dernier est une plaine unie , qui n'offre pas la moindre anfractuosîté^

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à la faveur de laquelle on puisse ouvrir la tranchée k la ciîstance à peu près de la place , à laquelle se fait ordinairemeut cette opération ; si le plateau forme des angles saillans et rentrans que la fortification puisse occu-^ per, de manière à prendre à revers tout ce qui chenûnera sur les diverses pentes de la montagne, jusqu'aux arêtes bien marquées de ses saillans ; si surtout la hauteur -est trop forte pour que les batteries à ricochet établies dans la plaine puissent faire quelque efiRst , et pour que leurs boulets , tirés sous un trop grand angle % puissent ne pas franchir la face tout entière qu'ils sont destinés à enfiler, ou ne pas s'enterrer quelque part quils tombent, sans faire le moindre bond^ alors la fortification établie, sur ce plateau , si d'ailleurs elle a toutes les conditions requises y celle entre autres de ne pas découvrir ses revêtemens à l'assiégeant, avant que celui-ci ne soit parvenu sur la crête de son chemin couvert ; cette fortification , dis-je , devra évidemment i sa position d'immenses avantages. Car, outre celui d'obliger l'assiégeant à des tra* vaux multipliés, par le grand éloignement où elle le forcera d'ouvrir la tranchée » et par la nécessité où elle le mettra de se faire, au moyen d'épaulemens , pour ses dép6ts j des points couverts artificiels* elle aura encore la faculté de le plonger et de l'écharper partout, dans ses travaux, à mesure qu'ils avanceront, quelque obliquité qu'il leur donne. Ne nous exagérons pas cependant ce dernier avantage , surtout relativement au canon dont le boulet, dans cette circonstance, n'est même pas d'un grand effet. Car, ^'enfonçant danâ le terrain , à l'instaiit où il: le touche , il ne frappe qu'Un seul point ; au lieu que, quand il est tiré horizontalement^Ou parailélemeni à peu près au terrain ^ il frappe tout ce qui se rencontre

2<44 hbSkl GhHÀAAL DE F0ATIF1CA.TI0N.

sur la loiigueur entière de sa ligne de tir, et de plus , se relève après son premier choc avec la terre , par des ricochets multiplias, plus dangereux encoi^e pour les tranchées qtic son coup de volée. Quant à la mousqueterie, dont les ricochets n^ont aucune ou que bien peu de valeur, elle n'a rien à perdre et tout à gagner à une position plongeante, qui lui fait découviîr Fassiégeant derrière les parapets de ses tranchées \ et cette découverte deviendrait plus facile et plus complète , si rassiégeant , séparé de la place par un vallon de peu de largeur» était obligé d'y faire cheminer ses attaques sur la pente opposée à la place , et se présentant en amphithéâtre au développement des ouvrages de celle-ci.

Si , au contraire , le terrain dominé par la place recèle quelques points couverts , au moyen desquels on y puisse ouvrir de près la tranchée; si l'élévation du terrain où sa fortification est établie nVst pas suffisante pour dérober celle-ci , à TefiTet du ricochet ; si le plateau qu'elle occupe, régulier, et à peu près rond , n*a ni rentra ns ni sâillans,'d'où Ton puisse prendre â revers ses diverses pentes; si ces pentes longuement prolongées offrent un défilement facile aux travaux de Tassiégeant, qui y chemineront en montant ; la position dominante de la place, sans lui procurer aucun avantage , n'aura alors que des inconvéniens.

Tout ce qui vient d'être dit pour le cas simple d'une seule hauteur occupée par la fortification , doit s'entendre égalemem de plusieurs hauteurs , occupées à la fois par elle , et s'y appliquer d'une manière facile. La fortifica* tion doit , en traversant les vallons qui séparent ces hauleuTB , y former des rentrans , et en occuper les croupes par des saillans. Il en résultera les mêmes avantages ^ çi

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