‹ Essai général de fortification et d'attaque et défense des places dans lequel ces deux sciences sont expliquées et mises l'une par l'autre à la portée de tout le mondeChapitre 149 sur 170 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

De la conduite à tenir dans une Place assiégéeé

Nous avons jusquHci considéré les places en ellesmêmes » et relativement à tous les moyens de résistance on de force , que la nature et Tart leur ont préparés. Nous allons maintenant nous occuper de ce qu'il faut ajouter à ces moyens, pour en obtenir F effet qu'on s'en est promis, apprendre à vivifier ces forces mortes y et chercher quelle sorte d'action doit animer ces masses» inertes qui consti-' tuent la fortification d'une place , pour le moment où elle a à résister aux efforts d'une armée assiégeante.

Cette partie de la fortification qui enseigne l'usage réel de tontes les autres « est évidemment la plus généralement utile , et conséquemment la plus essentielle. Eu effet , à quoi serviraient toutes ces autres san?* celle-ci \ cà^ (s'il était possible de la détacher de la connaissance , au moins sommaire» des autres qui lui fournissent ses bases), elle suffirait seule à tout militaire, plutôt chargé de défendre les places telles Qu'elles sont , que destiné à le^ construire suivant le mode de fortification le plus parfait, ou le mieux adapté an terrain qu'elles occupent ? En un mot, si les trois livres qui précèdent semblent être la fortification de l'ingénieur plutôt que de toute autre espèce d'offiders , celui-ci peut , en reyanche , être considéré

960 E»f Al ùknkM^Ah DU fORTinCATlOX.

comme la fortification do rhomme de guerre en gënérmi, et en particulier du gouyemeur ou commandant dm place.

Il fituty pourdéiendre tonte place, des hommes , de» armes et des mimitions , et ayoir des tms et des autres , dans des proportions relatives tant à la violence de Tacuque qu'an genre et à la divëe de la défense dont celte place est susceptible. Et <ju*on ne croie pas qu'il n*y ait à craindre ici de pécher que par.défaat, et que Texcèa y soit absolument sans conséquence. Car outre qu'il y a évidemment de Tinconvenanoe & ne point proportionner les causes aux effets qu'on se propose de produire , et à n'opérer par de grands moyens que ce qu'on eût obtenu de moyens médiocres pi y a encore cet inconvénieoc réel , de livrer à l'ennemi , lors de la prise de la place , les moyens surabondans à ceux effectivement employés à sa défense. Car* il est évident que tout ce que vous aviez mis de trop dans la place , que tout ce dont sa défense n'a pas fait usage» ou que même elle n'a pas] consommé , est non seulement autant de perdu inutilement pour vous , mais encore autant de gagné pour votre ennemi. L'art doit donc tendre k ne munir, autant qu'il est possible , chaque place, que de telle sorte que tous les moyens qu'on lui donne , ayant suffi à tous les besoins de sa défense, dans les différens périodes du siège « se trouvent consommés à la fin , et anéantis, en même temps que les moyens de résistance qu'elle tirait de ses fortifications sont détruits.

Pour parvenir à connaître s&rement tous les besoins de la défense d'une place, il fiiut en faire le journal, d'après l'attaque que l'ennemi dirigera probablement tontrc elle • Qn a vii dans nos deux premiers livres » âsse^

Page 1