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mière chose à faire est ^^H^ » ^^ ^^ donner un plan le meilleur possible de la jJace qu on Tout attaquer. Si Ton s^en est procuré un à ravanoe.» on ne fera que le vérifier €t qu y ajouter ou diminuer, front par front, tout ce que Ton y trouyera à changer. Si Ton n'a apporté avec soi aucun plan , ou qa on s'aperçoive que celui qu'on a apporté est tout-à-fait fautif, on en fait lever un en parta* ^eant le pourtour de la place entre tous les ingénieiu^s de Tarmée » qu'on fait convenablement escorter et couviir pour protéger leurs opérations. Eln- même temps que par tous les moyens qui sont en leur pouvoir , ils lèvent , chacun en droit soi, le plan des fortifications de la place ; ils s'occupent à s'assurer en détail de toutes les circonstances, tant de ces fortifications que du terrain , qui peuvent intéresser le succès des attaques dirigées contre les différens points de l'enceinte de cette place.
Cependant le général de l'armée, ou l'oiScier qui sous ses ordres dirige les travaux du siège , rassemble tous ces matériaux particuliers de reconnaissance de la place , les confronte avec les rapports des déserteurs et des espions, se porte lui-même sur les lieux , partout où il y a des vé^ rifications à faire , et surtout pour prendre connaissance de l'ensemble des objets reconnus \ puis il procède d'auprès toutes ce» notions réunies h choisir les points de l'atlaque ou des attaques qui doivent le rendre maitre de la place dans le moins de temps possible.
II commencera d'abord, oommenous^ par écarter tout oe dont les ciroonstanoes , soit du terrain ^ soit de la fortification , lui indiqueront d'éviter l'atUqne*
Les parties exposées à être inondées , soit par des re^ tenues ou des manœuvres d'eau de la place , soit par des crues naturelles qui arrivent annueliement h l'époque h
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peu près où doit se faire le siège , sont à éviter pour j conduire en tout ou en partie les attaques. Les terrains de roc où Ton ne pourrait creuser de tranchée , et ceux de rocailles et de cuilloutages, qui ne donne^^aient pour en former les parapets qu*un i*emblai dangereux et meuruîer, doivent aussi être soigneusement é viles ou n*ètre employés qu'en cas d'absolue nécessité. et qu'avec les pi^cautions convenables , telles que l'apport de terres sur le premier, et que l'emploi de beaucoup de gabions et de fascines sur le second. Un terrain rempli de fascines et de troncs, d'arbres , tels que celui d'un bois récemment exploité» serait presque dans le même cas qu'un terrain rocailleux^ tant par la difiiculté du déblai que par Ja mauvaise qualité et le danger du remblai de la tranchée. Un terrain marécageux y &ngeux ou seulement glaiseux, sans écoulement , si l'on est dans la saison des pluies, doit êtra évité à cause des incommodités souvent insurmonubles qu'on éprouverait dans la tranchée. Un terrain trop dominé, ou se présentant en amphithéâtre et en QOBti:e-pente à la place ^ n'o/Tre au cheminement des attaques.que difficultés de s'y couvrir et d'y être défilé de ses feux. Un. terrain uni â perte de vue et sans cavités^ où l'on puisse placer les dépôts de la tranchée, force à ouviir celle-ci de trop loin , multiplie les travaux, les fatigues et les pertes , et augmente ainsi nécessairement la di|rée et les frais du siège.
Maintenant , si nous passons aux difficultés que présente la fortification , nous, éviterons d'avoir a 'conduire des attaques dans le voisinage de quelque pièce à revers soit inaccessible , soit dont l'atuque possible et préliminaire, d'une absolue nécessité^pouralleren avant, demanderait trop de temps. Nous craindrons aussi de nous en-
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gagfr à r attaque d*un front faisant partie de plusieurs fronts contigusen ligne droite, ou tellement disposés, que les feux de tous puissent agir contre F attaque dirigée sur l'un quelconque d'entre eux , en sorte que celte attaque plus difficile à mesure qu'elle avance , devienne quelquefois tout-à-fait impossible à achever. Nous nous garderons également d'avoir à cheminer sous le feu d'ouvrages tellement disposés , que leurs faces , hors de prise aux ricochets, puissent nous accabler d'un feu d'autant plus vif et meurtrier, qu il sera moins efficacement combattu et troublé par des batteries de plein fouet , difficiles à établir, et surtout à ne point masquer par les travaux ultérieurs, s • ,
Nous ferons aussi ^linde attention .aux obstacles qui nous attendent aux points par où il nous faudrait ouvrir la place. Nous éviterons d'aboutir à un glacis contremi né ^ à un chemin couvert, dont le couronnement vu à revers par des demi-lunes très saillantes , obligerait à établir les contre-batteries dans son terre-plein , si celui-ci surtout étroit et revêtu, n'offrait à ces contre-batteries qu'un emplacement insuffisant et dangereux. Nous craindrons ces contrescarpes élevées et ces fossés profonds et étroits , qui ne permettront de battre en brèche que trop au-dessus de leur fond pour que cette brèche soit praticable. Nous renoncerons surtout à toute attaque qui nous amènerait au passage d'un fossé , qu'une manœuvre d'eau pourrait^ à volonté , transformer de bassin tranquille en torrent furieux.
Nous supputerons aussi le nombre , et nous évaluerons les difficultés des ouvrages à prendre sur les diffiSrentes routes à tenir pour parvenir à ouvrir la place ; nous éviterons celles qui nous feront rencontrer trop et
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de trop forts ouvrages à^emporter, soit pied à pied , soit de YÎve force, et nous regarderons! sinon comme absolu-' ment hors d'atteinte des attaques de cette dernière espèce» an moins comme devant les désirer pluièl que de les craindre , tout ouvrage revêtu à son escarpe et à sa con«- Irescarpe » lorsque celle-ci aura 1 1 à la pieds de hauteur^ et lorsque son fossé sera défendu par un fen de moosqueterie, fait de moins de i5o toises de distance.
Si après avoir ainsi écarté tout ce qui » par quelquesunes des considérations ci^essus , nous aura paru trop dîflBcile à attaquer, nous passons a Texamen des circons^ tances favorables aux attaques , qui se rencontrent , soit dans le terrain , soit dans la fortificaiion \ nous préfère* fons pour y dirige nos travauiMes terrains de bonne nature , de terre franche , peu pierreuse , perméable aux eaux de pluie | et où il soit facile de leur procurer récou* kment. Si ce terrain oflfre à portée de la place quelque eouvert y au moyen duquel on puisse ouvrir commodément la tranchée à une distance plus rapprochée que la distance ordinaire, ce sera une circonstance précieuse à saisir, tant a cause de Tépargne qiOelle procurera d'une partie plus ou moins considéi*aUe des travaux, que parce qu'il en résultera Tefficacité des premières batteries, qui pourront tout d'abord être placées à la distance la ^lus convenable au bon effet des ricochets. Si ce terrain va en montant du c6té de la place, cette circonstance, qui tendra i couvrir et à défiler Tintérieur des tranchées , devra également être de quelque poids dans la balance. Si ce terrain dominé par celui qui s'élève à sa droite et à sa gauche en est masqué et couvert des feux de la fortifia cation dé cette droite ou de cette gauche ; ce sera ^le** ment un avantage qu'il offiîra k la marche des attaques ^
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qui alors n^auroot aflaire qu^aux feux directs de la fortificalion qu'elles auront en tète, et pourront toujours se parer des eflets du commandement du terrain élevé de leur droite ou de leur gauche , en portant jusqu au sommet du rideau qui les en sépare rextrémité de chacune de leurs parallèles , terminée par quelque redpute suffis* santé pour en éclairer et en balayer le plateau*
Si de là maintenant on passe aux défauts de la fortification , qui peuvent inviter à une atiaqne facile, on cherchera ce qui se rencontre assez fréquemment dans lies terrains inégaux , où des mains mal habiles ont élevé det fortifications, c'esl-à-dire s'il n'y en a point quelque pat^ tie qui soit vue dans son intérieur d*en(ilade ou de revers. Si c'est le dernier, et qu il faille ouvrir une seconde attaque dont les balteries saisissant cet avantage, fassent déserter les ouvrages vus de revers et en éteignent les feux « il ne faudra pas balancer à se décider à cette seconde at« taque , qui ôtera à la première la plupart de ses obslnclea et presque tous ses dangers. Si la mauvaise disposition des fortifications était telle que les deux attaqu(« se' rendissent réciproquement le service de prendre cbacuaQ à revers la partie vers laquelle sa compagne cheminerait, ce serait le maximum de cet avantage , puisque chaque attaque , débarrassée par sa compagne de tout feu capable de contrarier ses progrès, avancerait rapidement vers son but sans autre soin que de favoriser, sans presque au* cun danger « la marche également rapide de. cette même compagne.
Si , ce qui est encore plus commun, la place présente k quelques-unes des hauteurs qui Tenvironnent le revêtement de son corps de place à découvert^ si surtout ce revêtement est celui de quelque vieille enceinte non ter-
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rassée , ou si des fossés pleins à^eau faisant de ce c6té toute la sûreté de la place , laissent à découvert Técluse qui en soutient les eaux, ce sera une raison d^attaquer par là , parce que toute brèche au corps de place , toujours inc| uiétanle, devient véii table ment dangereuse, quand , par Técoulenient des eaux du fossé , ou par toute autre circonstance, elle est accessible de quelque ma* nière que ce soit à T assiégeant.
Ce&t par la même raison qu'aux places situées sur le bord d'une rivière, on pourra quelquefois diriger une attaque très abrégée contre les fronts qui bordent cette rivière à Tamont ou à Taval de la place; si , comme il arrive assez souvent, Tenceinie portée jusqu^au bord de Feau n^a point de chemin couvert qui en cache les revètemens* On verra alors que pouvant battre en brèche par Tauti^e bord de Teau , il u*est question que de faire cheminer une attaque sur le même bord ou se trouvera la brèche, pour, au moment où elle sera praticable, j marcher à Tabri du bord escarpé de la rivière sur les allerrissemens qui s'y trouvent presque toujours, et y donner Tassaut. Plusieurs places , entre autres Namur {^) , ont été prises de cette manière.
Mais où ces facilités extraordinaires ne se rencontreront point, on se décidera par celles que donneront en quelcpies endroits la disposition moins heureuse du tracé, les défauts du relief et Timperfection des détails de la fortiâcation. Si donc il se présente quelque front isolé, quelque tête étroite facile à embrasser, mal soutenue par les fronts. collatéraux , et de laquelle toutes les lignes
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soient faciles k ricocher ; c est celle qu'on choisira pour y diriger son attaque. Si quelque partie de la fortification a trop de relief pour bien découvrir les plans de son glacis j; ou si ceux-ci , trop raidis , se dérobent à cette découverte; si quelque part la contrescarpe sans revêtement dispense du travail minutieux et long de la descente du fossé ^ si c6 fossé mouillé par on ou deux pieds d^eau , n'a que les défauts et aucun des avantages des fossés soit secs , soit pleins d'eau ; si quelque ouvrage non revêtu peut être emporté d'emblée , dès qu on sera à portée d'y établir, au moment de sa prise » une communication avec la tranchée ; s'il se rencontre de grands dehors ,- dont le chemin couvert, facile à couroimer, ouvre, par les trouées des fossés de leurs branches, accès aux batteries de brèche contre le corps de place ; quand enfin ce corps de place , à bastions vides , à flancs mal ou point couverts par des tenailles, ne sera pas susceptible de retranchemens ; quand , dis-je^ une ou plusieurs de ces imperfections de la fortification se rencontreront sur quelque front , et s'y combineront avec quelques-unes des facilités déjà mentionnées de la nature du terrain de ses approches ; sans doute elles y attireront et y détermineront le choix de Tattaque. Mais pour décider de la préférence k donner entre plusieurs fronts qui présenteraient des facilités, so it du même genre, soit de genres différens, il faudrait nécessairement avoir recours .à la méthode des journaux et des plana d'attaque par la comparaison desquels on pût voir quelle attaque serait la plus facile et la plus courte.
Tels sont les principaux objets qu'on doit avoir en vue dans la reconnaissace des places, telles sontles circonstances les plus marquantes qui doivent déterminer le choix des points par où l'on doit les attaquer. On sent facilement a. 17
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qa ici non plus qu'ailleors il n'eût pas été possible de umt diie sans tomber dans l'ennui d'une diffusion souvent minudeuse et quelquefois obscure. On a donc cxu devoir se borner à ce qu'il y a de plus sur, de plus général et de plus clair. L'homme de talent saura bien dans ToccaMon suppléer ce que nous avons cru devoir omettre ; et , eussions-nous tout dit, l'homme sans talent n'eût été , dans l'occasion , que plus embarrassé de choinr entre nos préceptes et de les a|^iquer i la situation où il se fikl trouvé.