CHAPITRE PREMIER
l)e C Artillerie*
L'artillerie est le principal agent de la défense des places. Arme de plus longue portée que toute autre, seule elle peut être employée dans le commencement du siège. Seule capable d'effets puissans, il n'y a qu'elle qu4 puisse percer les parapets des tranchées, endommager les épaulemens des batteries assiégeantes, en démonter l'artillerie , raser les parapets des sapes » en balayei* la tète \ en un mot , arme exclusive de l'assiégé , tant que Tassiégeaut est loin de lui , elle est encore son arme la plus utile et la plus redoutable , quand il en est près.
Le premier usage de l'artillerie dans une place assiégée , étant d'empêcher qu'on n'en fasse de trop près la leronnaissance et Tinvestissement , 51 faut ne pas atten-
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ire que Tennemi soît devant la place ^ pour songer k monter cette artillerie sur ses remparts ^ mais qu*au contraire il la trouve prête à agir de tous les côtés de la place à la fois , quand il se présentera pour Finvestir , afin qu*é* tant forcé i étendre autant que possible cet investissement » celui-ci en soit et moins exact et plus faible , et que la place puisse plus facilement donner avis de sa situation , et recevoir des secours. Si même on connaissait dans les environs , et sous le feu du canon de la place y quelque position avantageuse, dontla communication avec la place fût assurée par quelque rivière, ntisseaii , ravin, ou autre obstacle à è(|*e enveloppé par T.^nnemi , on y établirait un poste avec du canon , pour éloigner d*autant plii.de ce o6tëriayesd»eini»tdecette place.
C'est sur les barbettes qn*on doit , en oonstraisant la place , avoir eu soin d'élever à tous les angles flanqués de êe$ ouvrages , que Vartillerie doit ètred*abord distribuée avec cette attention de placer de préférence sur les ouvnir ges du corps de la place et sur ceux de ses dehors auxquels elle communique de plain-pied par des ponts soli' des , les pièces de gros calibre , dont la descente dans les fossés et rexbaussement sur les ouvrages extérieurs set* raient génans et difficiles , et de réserver les calibres faibles pour les dehors, surlesquelsil faatquele canon soit hissé à Taide de machines. Ainsi Ton distribuera tout le canon de .^4 sur les barbettes du corps de la place , celui de i6 sur les demi -lunes des portes , et celui de 8 de préférence dans les autres demi-lunes. Le canon de la sera, ou tenu en réserve sur le corps de place » ou établi sur les ouvrages extériem*s , en supplément des pièces de 8 » s'il n'y en avait pas assez de ce calibre pour garnir suffisam- «Vent leurs barbetles ; le canon de 4 » 1^ pliû mobile de
t66 ESSAI 6ÊMÉKAL DE FOBTIVICATIOK.
tous y set'a tenu dans les postes avancés et extérieurs à la fortification de la j^aoe , s*il y en a de ids où il soit en sûreté y et d'on il puisse être retiré avec facilité, le cas échéant. JDans tous les cas ce canon est celui quil conTient de tenir en réserve poor s* en servir , soit aux sorties qu'on peut faire contre rinvesUssement, soit à porter promptement sur «pielque ouvrage que oe soit , où le bcsoia d*un renfort d*artillerie se ferak subitement sentir»
A ces pi^éflsurions , qui doivent être prises aussitôt qne la place pourra se croire men»oée d*un siège , il faudra joindre celle d'approvisionner chaque batterie , de 3o coups à tirer par piioe , du moment où il y aura poasibi* lité que rennemi se présente.devant la place y afin de n y être pas im seul instant pris au dépoiurvu , et qu*il ne soit possible d*en faire nulle part la reconnaissance que sous le feu ou que hors de la portée du canon de la place \ bien entendu cependant que c'est ici le cas de se souvenir de oe dont nous avons déjà averti , savoir qu'il fiant se garder defaii^ dès lors connaître toute la portée de son gros canon à Tauiégeant. En conséquence , les pièces de m4 et de 16 ne seront approvisionnées que de demi-charges de poudre, qui seront plus que suffisantes pour porter leur boulet jusqu'à 900 ou tooo toises, distance passé kquelle il serait inutile de tirer sur le corps investissant, attendu l'incertitude trop grande des coups tirés de plus loin.
Le corps investissant , poussant ordinairement à son arrivée des détachemens aussi près que possible de h place y tant pour faire des prisonniers sur les troupes qni seraient postées au dehors , que pour favoriser les reconnaissances dont il a besoin ; et les généraux . les ingé-