‹ Essai général de fortification et d'attaque et défense des places dans lequel ces deux sciences sont expliquées et mises l'une par l'autre à la portée de tout le mondeChapitre 159 sur 170 · LIV. IV. GHAJP* I · texte numérisé non relu

LIV. IV. GHAJP* I

TenneBii a perfecdoniiié et garni de gradins sa troisième parallèle \ et que , cette attaque réossiasanl , les pierriérs tomberaient au pouvoir de l'assiégeant , U ne faudra pas les y laisser, passé l'époque du parfait établissement de cette place d'armes. Un ptemier enij)l#c^ment qui leur convient» et où cependant il n'est pas d'usage de ks mettre, c'est le £(>ssé aec en arrière des arrcmdissemens de contrescarpe, au-dessus desquels ils se trouvaient d'abord placés. De là ils pourront conaourir avec tous les feux de la place , à s'opposer aux cbeminemens en avant de la troisième parallèle , à l'établissement des ea^ yaliars de tranchée , et même à celui du couronnement du cbemin couvert, qui cependant, quand il sera fini» eUigera de retirer de nuit ; encore une fois , nos pier* riers , et de les transporter dans les angles flanqués des bastions et demi4iine du front d'attaque» où, pour ne point embarrasser la défense <(ui s'y fait , soit par l'ar*» tillerie , soit par la mousquefearie , immédiatement derrière le parapet , on fera bien de les descendre au-dee^ sons du terre*pleia , jusque sur le sol des ouvrages (i). Dans toutes ces positions enfoncées » ils ne seront nulle* ment en prisaaurieocbet, et les hommes qui les servi"* ront pourront même être mis à l'abri des pierres de l'as* siégeant, au moyen d'une sorte de toit ou d'auvent^ fixmé de planches ou de claies recoutertes de gaaons^ qu'il sera facile d'établir là aa-^deasus d'eux, denunièee à ne pas gêner leur tir.

Une autre circonstance à laquelle il dut bien fipre atr tention , et de laqueUe on doit être soigneux de profiter,

(1) Planch. 62.

3l6 ESSAI QÈNÈBAL DB POftTinCATIOK.

c est celle où les travaux de l'assiégeant , parvenus sur le glacis 9 viennent k masquer à ses batteries les barbettes des ouvrages du front d'attaque. Cela ne peut manquer d^arriver toujours au couronnement du chemin couvert j souvent â 4a ^atrième parallèle, si Ton en fait une, quelquefois même dès h troisième. Aussitôt qu*on s'en apercevra , 11 faudra dès la nuit suivante » démas* quer les embrasures des barbettes indiquées, ce qur sera ikcile et peu périlleux, par la manière dont nous les avons masquées. Car, y entrant par la portière , on panriendra â la sape jusque -derrière le rang de gabions qui en ferme Tév^ement. On enlèvera toutes les terres de l'intériem* des embrasures , et les fascines qui couronnent ces gabions, qti'on laissera seuls sur pied , jusqu'à ce que le premier coup de- cbaqae pièce remise dans son embrasure les jette dans le fossé. Les barbettes des basdonr pourront èare complètement regarnies par les six pièces de 4 1 et les q|liatre obusiers ou petits mortiers sur affàts de osnon^ qui se trouvent sur les ba^tiom I et t ; et cdle de la deœi-rJuoe le sera par la pièce de 8 qui y. reste, et par Les quatre obusiers qu'on y a amenés. Ces pièces, outre leurs munitiotts ordinaires « devront être approvisionnées chacune de quelques cartouches ^ soit i balles de fer on de plomb , grappes de raisins , ou mitrailles de ^quelque • espè^ que ce soit , pour tirer sur l'ennemi , s'il lui arrive de se mettre à découvert pour quelque attaque de vive force , ou d'y être mis pr le jeu 4e quelquie fourneau de Tassiégé. Mais il ne hni pas soi-même négliger,* dans ces occasions et dans toute autre , où le feu de la mousqueterie peut atteindre nos canonniers par la baie des embrasures , de se mettre a couvert de ce feu , par des portières de madriers à l'é-

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preave , qu on n'ouvre qu'au moment de remettre les pi èces au hôurU>ir pour tirer.

Mais enfin Tennemi ayant formé le couronnement du chemin couvert , ne tardera pas à y établir des batteries , devant lesquelles il vous serait iujipossible de maintenir un instant votre canon des barbettes. C'est ce qu il ne faudra pas attendre pour le retirer» et en orecombler les embrasures , afin de remplacer piyr de la mousqueterie , à laquelle on fera des banquettes en fascines , l'artillerie qui cède la place. Il faudra tâcher il' en trouver à celle-ci quelque autre , où , de même que les obusiers , elle prenne par plongée y au-dessus du parapet » le couronnement de l'assiégeapt à revers.

Il ne faudra pas attendre non plus , pour retirer de la demi-lune 7^ toute l'artillerie qui s'y trouve , qu'il y ait à cet ouvrage une brèche praticable ; la prise de cette artillerie , si l'assiégeant la trouvait là , lui épargnant la peine d'y en tranq>orter d'autre, et vous privant d'un moyen qui peut vous être encore utile. Le canon de 8 qu'on en retirera , sera établi avec celui qu'on tirera du front 4 — ^ (i)» et une couple de pièces de 4 9 au centre de la courtine 1 — a , dans des embrasures droites et peu évasées y ouvertes à l'avance pour tirer dans l'intérieur et surtout sur le sommet de la brèche de la demi-ltfne. Les obusiers seront placés aux épaules, droite du bastion i, et gauche du bastion a , pour enfiler par plongée » par dessus le parapet des faces de ees bastions, le terre-plein de chaque face de la demi-lune. Les gi^s mortiers placés sur ces épatdes^ en seront descendus jusqu'au bas du

(1) Pluicb. bl.

3l8 B8SAI GiniBAL DB FOBTinCATIOH.

lerre-plein ; et les pierriers tirés de la demi-lime , réunis à celui resté en réserve , replacés an bas du terre-plein de la conriine an centre , enverront des pierres dans Fin-' térienr de Tonvrage qu ils Tiennent de qniuer. Au reste, le transport de toute cette artillerie Hors de )a demi-^lone, se fera sans difficulté an travers du fossé , an moyen de la. caponnière , de nuit surtout, et pourrait même se faire de jour, si la demi-lve était convenablement édiancrée à sa gorge.

Nous n* avons jusquMci parlé que de la petite guenre d'artillerie , que nous faisons aux batteries ennemies et au couronnement de chemin couvert destiné à les re^ cevoir, au moyen de nos petites pièces remises inopinément en batterie aux barbettes du front d^attaque , et de nos obusiers enfilant et prenant k revers ce couronnement, par des coups de plongée tirés par dessus nos parapets, ou au travers d^embrasures ouvertes en contrepente. Mais nous n'avons encore rien die du combat corps à corps , que notre gros canon livre au cuèoti as-* siégeant , quand celui-ci vient s'établir sur la crête de notre chemin «ouvert , ou sur le sommet de notre contrescarpe , pour battre nos murailles en brèche , et ruiner les défenses qu'elles tirent de nos flancs. Dès le moment on Fatriégeant paratt sur la crête du chemin couvert pour y établir les logemens qui doivent contenir ses bat« teries de brèche et ses contre-batteries , le temps des ménagemens est passé pour l'artfllerie de Passive. Elle peut, à la vérité, continuer àtirer encore à faible charge, sur la tète des sapes dont se forme le cocironnament, ou sur le commencement du travail par lequel on^l'ébauchei k la suite d'une attaque de vive force ] mais dès qu'me fois ce couronnement est formé de parapets résisfans ,

dès qu'il renferme surtouldu canon k dëmoiiter, àbleiser, à détruire^ il faut 7 tirer à charge pleine. Dans Tan et l'autre cas y on doit joindre la vivacité du service à la justesse du tir, pour empêcher Tennerai d'établir ces batteries» et ensuite pour les détruire^ ou au moins les combattre , et en diminuer et retarder l'effet , quand elles sont établies. Au lieu donc de continuer à donner 3 et 4 pièces de canon à servir aux mêmes hommes > nous ne leur en donnerons plus que deux ^ et au lieu de axer ces pièces à ne tirer chacune que 10 coups par jour et autant par nuit, nous leur en ferons tirer tout ce que les forces des hommes qui les servent pourront permettre , c'est-à-dire , 5o à 60 coups chacune dans les 34 heures ; étant reconnu dans le service de l'artillerie que les mêmes hommes peuvent tirer environ ,1 to coups de canon en a4 heures, savoir 80 coups dans le jour, et 4o dans la nuit.

C'est sous ce feu redoublé que l'assiégeant aura i former son couronnement de chemin converti à dégorger toutes les embrasures de ses batteries de brèche et de ses contre-'batteries , à y amener son canon , et enfin i com«battre avec le désavantage d'une position dominée , et avec fort peu de supériorité de nombre , une artillerie formidable , placée à l'avance dans des embrasures solidement faites t avanjL qu'il 7 eût le moindre danger à )es percer. Car, si nc^;is comptons sous quels feux se feront sur chaque s^i^nt , ce couronneaBaent et cet établisse» ment de batteries , bous trouverons que ceux du saillant du chemin couvert de la demî-kine (i), outre la pièce

(1) PUach S3.

3'iO ESSAI CÉKàBAL DB FORTIFICATION* *

de 8 et les qaatre obosiers remoutés sur la barbette de cet ouvrage, tirant sur eux à bout portant, se feront sous le feu direct des huit pièces de 16 établies sur ks faces de bastions du front d'attaque ; puis , quand les barbettes seront de nouveau évacuées , au feu de ces huit pièces de 16 se joindra celui par plongée, d'enfiJade et de revers , des 6 pièces de 4 ^^ des quatre obusiers remis sur les mêmes face^ de bastions. Le couronnement des saillans du cbemin couvert des bastions , et Fétai^lisse^ sèment des contre-batteries des flancs du frqpt d'attaque , se feront sous un feu encore plus formidable. Car, sans parler de celui des barbettes de ces bastions » momentanément regarnies de leur artillerie , ils essuieront , outre un feu d'enfilade et de revers extrêmement considérable, fait par les buît obusiers des trois demi-lunes 7, 8 et is, par les ^ix canons de 8 des deux dernières , et par les six canons de 8 des saillans de leur cbemjn couvert ] ils essuieront , dis-je , le feu direct des douze pièces de ^4 9 et des douze pièces de is des flancs et des extrémités des courtines , et le feu d'écbarpe des quatre pièces de 16 de la courtine i; — a 9 et des quatre pièces de 8 des demicourtines gauche i— 6^ et droite a-^3, sans compter le feu de six pierriers postés trois par trois , en arrière des angles flanques des bastions de l'attaque.

On me dira que je tombe en contradiction manifeste avec moi-même I et qu'après avoir, en décrivant l'attaque de la place qui m'occupe, ou d-une place sem-' blable, représenté son artillerie comme réduite au silence à Tépoque où je me trouve parvenu , je la re^n^ésente maintenant ici , où je l'emploie à la défense de cette place, comme entière, intacte, et redoublant d'activité et d'effet, i mesure que le siège tire à sa fin ? Je ne

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me justifierai pas par l'exemple de la plupart des auteurs militaires, qui en usent ainsi presque en toute occasion, et qui toujours supérieurs en moyens à leur ennemi , en quelque 'rapport qu'ils «se mettent avec lui, en triomphent constamment y quels que soient les rôles qu'ils aient successivement embrassés; mais je dirai , qu'ayant ici employé mon artillerie d'une manière toute différente de celle dont il est d'usage de s'en servir h la dé* fense des places , il est simple que j'en obtienne un ré-* sultat fort différent. Ntdle part, jusqu'à présent, cette artillerie n'a combattu corps à corps l'artillerie ennemie. Retirée derrière des traverses , du moment qu'elle a été exposée , avant même qu'elle ait été exposée à ètie prise en rouage , elle n'a tiré que par plongée par dessus des parapets, ou par dessus la contre-pente d'embrasures masquées par dehors » dès que l'ennemi a pu la contrebattre directement. Tai donc droit de la croire , jusqu'à présent, à j^u près intacte à ses coups. N'ayant presque jamais tiré qu'à ricochet, conséquemment qu'à petites charges , et rarement plus d'un coup de la même pièce par heure , j'ai droit également de compter, qu'aucune pièce de mon artillerie n'aura été mise hors de service par celui que j'en ai tiré jusqu'ici. J'ai donc l'espoir bien fondé , qu'à quelques accidens près , causées par la chute des bombes assiégeantes , et qui , s'ils tombent sur les affûts, seront bientôt réparés au moyen des rechanges dont nous sommes pourvus, notre artillerie, à Tépoque qui Qous occupe, sera à peu près entière. Car les hasards de pièces blessées par la chute ou l'explosion des bombes , sont infiniment rares , et ne peuvent loaiber que sur bien peu de pièces. Ce n'est donc qu'au moment où le combat sera engagé entre nos batteries et les contre**

Sat £SSAI GÉNÉRAt DB FORTIFICATION.

batlei*ies aaeî^eantes du couronnement du chemin coo* vert, que nous -pourrons avoir à cnrlndre des aœMlens fréquens aux co^ps de nos pièces et à leurs afflÉts. Ce ne sera également qu'alors » que par la force des dkarges et par la fréquence du tir, nous nous exposerons k les mettre nbtis«mèmes hors de service , et à les poosser finalement i. bout. Et remarquons , que m cet inGOltvé- UÎ^nt ne leur arrive qu'à mesure que tous nos auenes moyens défeniifs s* altèrent et s^ épuisent, et que si Holte artillerie n'expiré qu'au mom^^m où Vennetini atteindra le pied des brèches praticables , qu'il sera parvenu à filtre à notre corps de place ; cette extinction même de nocre artillerie sera dans les principes de l'économie d'tine bonne et judicieuse défense , qui ne doit hisser à l'assiégeant, enfin devenu vainqueur, que les moindres fruits de Sa victoire et que les seuls avantages qu'il éiï impossible de lui ôter.

Reste' roaintanam à voir quel nombre d'homme^ sera nécessaire au service de l'artillerie de la place » dans cet important et dernier acte de ia défense , duquel la durée poussée k soa rnowlnium peut être supposée de s&pt k huit jours.

Poursenrir les douze pièocs de a4 ^^ can. 36 serr.

les douze pièces de i6i 6 36

les douze pièces de la 6 94

les douze pièces de 8 : . 6 18

les douze pièces de 4 ^ 19

les six mortiers de \'\ pouces 6 bom. ^i

les douze mortiers on obusiera de 8 p. 6 1 a

les dis pienriers °io ao

T«'^^ 58 ^j, .8a «rr.

ToTAt du nombre des hommes employés y^^-^-i^^^^^

à rartillerSe, pendant les sept à hait

derniers Jours du siège a4o hommes.

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