I NOTICE
tique , doDt il conaaissait le profond savoir. Celte précaution fut vaine ; le jeune Henri, doué d'une grande aptitude, fit ses études avec succét, mais l'appliqua particulièrement aux mathématiques , et montra bientôt un goût décidé pour l'état militaire. Le président de Bousmard t'en aperçut ayec peine ; mais , père sage et éclftiré , il aima mieux renoncer à un projet qu'il nourrissait depuis longtemps que de risquer l'avenir de son fils en contrariant sa vocation. Il lui permit donc de la suivre et de se présenter pour l'Ecole du Génie de Mézières.
M. de Bousmard entra à cette école en 1765 , en sortit en 1767, et fut admis dans le corps du génie en 1768. Il fut employé succèssirement à Thionville , i Bclfort ( 1771 ) , à Sarlouis ( 1777 ) , à Brest (1779), à Verdun (1781 ), à Rocroi (1786); enfin, de nouveau à Verdun en 1787^ où il resU jusqu'en 1792 , époque de son émigration. Partout il sut se coticîlier l'estime et l'atuehement de ses chefs , dont plusieurs ont joui d'une grande considération. II s'est plu à rappeler dans son ouvrage les conseils qu'il en avait reçus , le fruit qu'il avait souvent retiré de la lecture de leurs Mémoires ou de leurs entretiens.
Le conseil de la guerre qui fut créé en 1787, ajant proposé un prix pour le meilleur projet de caserne d'infanterie ou de cavalerie, 11. de Bousmard se livra à un travail très étendu sur ce sujet. Le conseil demandait un nouveau genre de casernes , qui alliât l'éco- , nomie à la solidité , et la commodité du soldat à la perfection de la discipline. Ces conditions reçurent de longs développemens dans un prospectus fort remarquable , qui fut publié accompagné de tableaux. On y indiquait différentes améliorations qu'il convenait d'introduire dans les bâtimens militaires. Les casernes dont M. de Bousmard présenta les projets , étaient pour l'infanterie , et voûtées , les unes à l'épreuve de la bombe , les autres avec combles et greniers , et incombustibles seulen^nt dans leur partie habitée; les autres sans greniers ni combles , et pleinement incombustibles. Ces projets arrivèrent au ministère de la guerre en février et avril 1789, mais en juillet de la même année le conseil avait cessé d'exister. Nous sortirions des bornes de cette notice , si nous voulions entreprendre de les faire connaître ; il nous suffira de dire que le travail de M • de Bousmard pourrait encore fournir des idées utiles, quoique
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depuis beaucovp'd'unéliorâiions aient été introduites dans les casernes j et qu'on prix ait été accordé à ua prcjet fort ingénieux^sus leur construetion.
M* de Bouamaid ftfait> beaucoup de philanthropie ; il s'était occupé d'économie politique pour trouTer dans l'étude de celle science les mojens de remédier aux maux qui affligent les classes pautres de la société. 11 a répandu ses Tues dans trois écrits imprimés , 1* dans un Mémoire , couronné en 1787 par l'Académie, de Metz , sur les moyens d'assurer la conserration des bâtards et d'en tirer une plus grande utilité pour TEtat ; 2* dans un Mémoire , couronné par U même académie en 1788, sur les foréls et les mojens de prévenir la disette de bois ; 3* dans le cahier destiné à serrir d'in- «tradions aux députés de la noblesse du bailliage de Saint-Mihiel aux étols-gteérmui , en 178d , cahiers qu'il rédigea. H j. récUme particulièrement ^fféTentes ècoVe» pour l'éducation de la dasse nombreuse du peuple- , et no eatéchisme^pnirioiiciue qû tende à l'instruire de ses devmrs et de ses droits, et en les lui rendant également chers , à l'attacher aux lois et à la patrie par le sentiment et la oenyiction du bonheur qu'elles lui procurent. . Député de la noblesse, du Barrois aux états-généraux , M. de Bousmard siégea à l'assemblée constituante, parmi les membres de cette assemblée qui désiraient de grandes réformes , mais qui youlaient y procéder avec prudencç, sans mettre en péril la monarchie. n n'aborda la tribune que rarement et pour présenter de courtes obserratîons. Convaincu de l'inutilité dont seraient ses efforts pour faire triompher ses opinions , il n'ambitionna pas une célébrité de tribune qui ne pouvait avoir pour résultat que la satisfaction de son amour-propre, sans avantage pour la chose publique..
Après la séparation de l'assemblée en octobre 1791 , il revint à Verdun reprendre ses fonctions de chef du génie. La loi du 10 juillet 1791 , avait rangé cette place parmi celles de 2* classe , auxquelles on n'attache qu'une importance secondaire , soit k raison de leur position, soit k raison de l'état imparfait de leurs fortifications. Verdun était dans ce dernier cas. M. de Bousmard pensa, longtemps avant la déclaration, de guerre , que les circonstances sortaient la place de Verdun de la classe où elle avait été reléguée. Sur sa demailde , des travaux de défense y furent entrepris. Il ks
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poussa avec aetivité. Cependast le pouvoir exécutif et lef généraux qui commandaient sur la frontière à l'époque où l'armée prus. tienne allait la franchir , semblaient ne pas préToir le danger auquel Verdun pontait être exposé. Il ne s'j trouvait que 3,500 hommes de garnison » commandés par le lieutenant-colonel BeaurepairCy du bataillon de Seine*etrMarne. Quelques gardes nationaux mal armés des districts Toisins> y furent appelés après la reddition de Longwj. L'armée prussienne investit Verdun le 30 août. Le 3f» le duc de Brunsvrtck somma le commandant de rendre la place. Sur son refus , il en fit eonmiencer le bombardement à 11 heures du soir. Plusieurs maisons furent endonunagées, qudques unes, en petit nom bre, brûlèrent. Le conseil de défense , dont faisait partie M. de Bousmard, ayec plusieurs jeunes oCficîers patriotes sans expérience de la guerre , consentit le 1" septembre à ce que la municipalité euvojât un message au duc de Brunswick pour le prier de faire la guerre d'une manière moins désastreiu# pour les citoyens. Ce message allait partir à 5 heures du matin » lorsqu'un parlementaire fiit introduit, demandant la capitulation de la place dans les Si henresy et proposant une suspension d'armes; il apportait en outre une lettre adressée aux chefii des habitants et aux notables de la ville.Leconseilde défense repoussa la capitulation, mais il arrêta que la lettre du duc serait lue dans une assemblée du conseil général de la commune en présence de trob commissaires du conseil. Le bombardement recommença. Le désordre fut alors à son comble dans la ville. Desattronpemens se formèrent autour de la maison commune , où les membres des corps administratifs et judiciaires étaient réunis au nombre de 23. Là une délibération fut prise et transmise au conseil de défense. A trois heures^Beaurepaire fit prévenir le duc^de Brunsvick qu'avant l'expiration des S4 heures il lui ferait parvenir une réponse définitive aux conditions de la capitulation. Le lendemain , 2 septembre, à trois heures du matin, il se brûla la cervelle. M. de Neyon, lieutenant-colonel du 2* bataillon de la Meuse prit le commandement de la place. A cinq heures, le conseil de défense s'assembla , et opina à ce que la place fût rendue d<^8 les 24 heures , par plusieurs considérations , dont deux principales tirées , l'une du mauvais état d'une portion de vieille enceinte, l'autre de l'état de fermentation , on peut dire de désespoir, où la vue de l'incendie de
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leurs vuîioïkflâvtîl jeté les citoyens de Yerdan, et qui faisait entre- TOIT de la maniàrela moins éqniroque, <pi*iuie résistance prolongée aDamerait dans ses murs une gnenecifile. H se dédarait conyaincu que le partile plus éiidemment ayantageui à la patrie était délai conserrer une garnison dé3,500 hommes, dont les armes loi seraient plus utiles que ne pourrait l'être le ftlble retard de la prise de la place.
La con?ention honora la mémoire de Beaurepaire. M. de Nejon porta sa tète sur l'échafaud. M. de Bousmard émigra. H fut décrété d'accusation en 1793. Il n'avait point passé dans les rangs de l'ennemi. Il s'était retiré à Wisbaden , dans la J principauté de Nassau, liûssant en France, exposés à une persécution certaine, son père octogénaire, sa femme et deux enfiuis. On reconnaît que les éyénemens de Verdun lui étaient yîyement présents , lorsqu'il a écrit le chapitre VI duUirelV, «lie c!hap.i«« duliy. V de son E9tai général ie forti/katùm. Le premier oontcQut ^ui« Vèdî^on de Berlin , un passage qui a été retranché pmr l'aoCeur dans Yédiûon d« Vmrit.. C'est peut-être la seule différence qui existe dans le texte entre les deux éditions.
M* de Bousmard habita Wisbaden depuis la fin de 1792 , jusque yers la fin de 1796 ^ uniquement occupé pendant ces quatre années de la compositioa d^ VEuai général de farti/leaiMm, La diflficalté déjà grande de cette entreprise fut encore augmentée pour hii par l'âoignement où il se trouya de bibliothèques militaires , pir le déoûment absolu deliyres , enfin pw la nécessité de se servir d'une main étrangère pour desMoer les planches de son oufrage. Un coup d'épéereçaenduel,à l'âge de 95 ans. Payait mis depuis lors dsns rimpossibilité de dessiner. Il composa son outrage , comme il le dit dans la préface , sur les excellens méaauDires manuscrits de Gormontaingne , ChâliUon , FiUej * Fourcro j , Duyîgnau , Dubuat , DesandroiiÎDs. Il ne faut donc point s'étonner de quelques erreurs de détaU qui peuvent sy trouver. Lorsqu'il l'«it terminé il songea à e'en faire un mojeo pour se procurer un emploi au service d'une des grandes ppissances de l'Europe qui ne fftt pas en guerre avec sa patrie. En prenant du service en Prusse, il s'exposait aux insinuations de la calomnie ; mais il n'avait pas le choix, toutes, à cette époque, excepté la Prusse, étaient engagées dais une coalition contre la France. 11 écrivit à M. Boux de AocheUe, alors au service de Prusse