UT. I. CHAP. X
n suppose an hexagone r^ulier de i5o toises de côté (i). n en prolonge au dehors les rayons de 7 5 toises , et place à rextrémité de leurs prolongemens les angles flanqués de ses hastions j ainsi son câté extérieur se trouve être de a2=t5 toises. Il donne à ses bastions 3^ toises 3 pieds de demi-gorge , prise sur le eâté intirieur de 1 5o toises , en sorte que les yS toises qui restent de ce côté font sa courtine. Cest de rextrémité de chaque demi-gorge qu'il tire au point destiné à être l'angle flanqué du bastion collatéi^l , la ligne de défense -, puis , de cet angle flanqué comme centre, avec la ligne de défense pour rayon, il décrit un arc de cercle qui , de l'extrémité de la demigorge , va joindre Tautre ligne.de défense , tirée à Textré^ mité de la demi-gorge opposée. Cet arc de cercle est le flanc du bastion, dont la face est conséquemment la partie de la ligne de défense comprise entre ce flanc et Tangle flanqué. Cest ce grand bastion qai , tout entier en terre, a devant lui un fossé plein d'eau de^ a4 toises de largenr, et à sa gorge un fossé sec lai^ de 16 toises. Il n'a , y compris un parapet de 210 pieds d'épaisseur, que >] toises de largeur ou de base » au niveau de l'eau , audessus duquel sa ctéle est élevée de 16 pieds, et même de 19 sur une longueur de %f\ toises, prise sur chaque face de part et d'autre de l'angle flanqué.
En arrière da fossé sec s'élèvent les faces du bastion capital ., revêtues jusqu'à 16 pieds au-dessus de l'eau, et par conséquent de i5 pieds à i5 pieds et demi de haut sur le fond du fossé sec. Pour défendre ces faces el ce fossé sec , l'auteur construit son oriIJon à l'extrémité de
(1) Planch. 36 et 27.
2 go £SSAf GÉNÉRAL D£ FORTIFICATION.
la face basse , en lui menant intérieurement par ce point un e perpendiculaire de ig toises , en dehors de laquelle il prolonge la face basse de 8 toises et demie. A Tautre extrémité de cette perpendiculaire , il mène du même côté une parallèle de 4 ' toises à ce pix>longement ; puis à 5 toises et demie de cette dernière , toujours du même cèié, une troisième parallèle entre les deux première^ , qu il fait longue de i4 toisés. Il joint l'extrémité de cettedernière avec celle du prolongement de la face , par un arc de cerclede 6o degrés , et avec celle du petit côté de 4 toises^ par une ligne droite; et son on lion se trouve décrit. Cet orillon revêtu , et que par cette raison Fauteur nomme aussi tour de pierre, est sur ses trois côtés extérieurs k la place , surmonté d'un parapet en terre. Ce parapet a ^4 pieds dVpaisseur en crête , au côté arrondi et à celui en prolongement de la face. Il n'en a que i6 •sur le côté qui est perpendiculaire au fossé sec. Ce même côté est pourvu d'une casemate contenant six canons , qui enfilent le fossé sec; cette casemate communique k une galerie crénelée qui règne à la gorge de la face basse, et qui a de fréquentes issues dans le fossé sec, tant pour la retraite de ceux qui défendent Touvrage bas , que pour faire des sorties dans ce fossés Ces issues sont fermées par de bonnes portes en madriers de ckêne^ et la galerie elle-même est séparée , de 3 en 3 toises , par des portes semblables , pour n'être abandonnée que pied k pied par Tassiégé , et qu'après lui avoir servi à faire jouer des fougasses sous le logement de l'assiégeant dans l'épaisseur de la face basse. Une autre galerie souterraine, ou capannière couverte ^ conduite en capitale au travers du fossé , sert de communication entre la première galerie et une galerie de mines adossée k Tescarpc
LIT. I. GHAP. X. S9I
des faces du bastion capital. Cette caponiiière , crensëe de 3 pieds au-dessous dn niveaiii des eaux, a jusqu^â oetts luLuleur son fond et ses o6tés maçonnes en ciment comme une citerne, pour pouvoir être tenue à^sec toutle JtCKips que l'assiégé s'en sert,, et être remplie d* eau. au méyen d'un petit aqueduc dont il lève la vaaine^y quiindil est forcé de l'abandonner. Elle n'a ses, murs élevés que dt n pieds et demi au-dessus du fossé sêc ^ 2hi niveau duquel ils sont percés de créneaux , et n^est recouverte que d'un fieà et demi , tant de madriers que de terre. Il y a , de distance çn distance, quelques marcbes pour pouvoir franchir commodémeut cette caponnière. Plusieurs autres escaliers peinoiettent aussi de monter du fessé sec sur la face basse du bastion.
L'orillon est séparé du fossé sec de la face . par un fossé
plein d'eau, de 6 loises de largeur. Ce fossé est flanqaé
par trois canons placés derrière uti oïnr de 4 toises de
longueur ) de> 2 pieds et demi d'épaisseur, et de la pieds
de hauteur au-dessus de l'eau , construit perpendionlai-
rement, au grand eàlé de Torillon. Un mur semblable
ferme Tespace qui reste entre ce premier mur'«t leEevèi-
cement du bastion capital. Ce secénd mur^est peroé db
deux portes à ses extrémités., et de deux embrasures dans
son milieu ycesdeux portes ferment p«^ deux peâts'ponta-
levis ; oenx-4:i s'abattent sur deux ponts dormans aunio|^eh
-desquels on traverse le fossé de l'orillon. Vvm de .ébs
ponts donne immédiatement accès dans le fossé sec.;
l'autre seulement derrière les palissades destinées à don^
ner, au moyen de leurs fréquentes barrières, une facile
et prompte issue è la rétraite des troupes de l'ouvra^
bas , si reniièmi osait les poursuivre dans le fessé aeo. aiu
surplus , cet espace enfermé de palissades' est balayé par
SÇS ESSAI GÉNÂRAL DS FOBTIFICATION.
les deux canons placés entre les deux portes du dernier nlur dont nons "venons de parler.
Les parties de -maçonnerie de Torillon que Tenn^ni peut voir, sont construites avec un art particulier et fort ingénieux. Derrière un premier revêtement assez mince s^élèvent, dans une direction qui lui est perpendiculaire, de fréquens contre-forts qui Vétendent jusqu'aux pieds- droits des voûtes des souterrains -de rorillon. Ces contre-forts sont eux-mêmes couronnés et réunis par des arceaux , en sorte que toutes les tenues des parapets et du terre-plein deForillon , sans exception , sont portées par des voûtes qu*il faut enfoncer par des bmnbes , ou faire écrouler en ruinant leurs pieds-droits à coupa-de canon , pour détruire ces parapets et former une brèehe. Pour rendre difficile la ruine des pieds-droits, et empêcher ■la descente totale des terres , si les arceaux qui les soutiennent Venaient à être crevés, l'auteur réunit ces piedsdroits, et' les contrebute par deux rangs d^arceaux ver- * 4icaux et concentriques à 6 pieds l'un de l'autre , don t la -convexité est tournée vers le dedans , et résiste ainsi fa- -cilement à la poussée des terres. Une partie de la face basse , de 8 toises de longueur, joignant Torillon , est re- Hvétne de la même ihanière , tant pour en supprimer le talus le long duquel on se trouverait , par la saillie et la hauteur de Forillon , à Fabri de tout feu , que pour inter^ . dire , par la difficulté' de percer tant de maçonnerie. Tacces versTorillon ati mineur assiégeant. Le mineur assiégé, au contraire, a pour combattre le premier, toutes sortes d^avantages, tant dans ces maçonneries -que dans celles de Torillon , par les amorces de rameaux ou faux trouSp c^me les appelle Fauteur, qu'on y a eu soin de Yai mén^er lors de la bâtisse.