LIV. I. CHAP. X. S
qui ne aont pas moins effioaoes. Goehom en associe deux de ce genre aux deux premiers. L'un est de rétrécir et de restreândre le ^us possible , le terrain sur lequel il faut que l'ennemi établisse ses contre-batteries ; le second est d'enfoncer le sol de ses chemins couverts et de ses fossés secs 9 au point qu'on n'y puisse tant soit peu crcnser^ sans rencontrer l'eau ^ et que conséquemment Tassiégeant n^y puisse faire de logemens sans en apporter avec' lui la matière » et sans essuyer les longueurs et vaincre les difficultés multipliées que comporte ce genre de travail. Or, il est évident que cette dernière condition ne peut s'obtenir que dans des terrains aquatiques, ou dans des plaines peu élevées au-dessus du niveau constant des eaux » tels que le sol de la plupart des places de la patrie de l'auteur. Aussi son système esHl arrangé sur la supposition que le terrain naturel ou l'horizon sur lequel sa fortification est assise, n^est élevé que de quatre pieds audessus du niveau de l'eau, et cette situation lui est véritablement nécessaire , pour pouvoir k volonté envelopper ses divers ouvrages , les uns de fossés secs , les autres de fossés pleins d'eau* Par ces derniers , il procure aux ouvrages qui en sont immédiatement entourés , l'avantage de se passer de la dépense d'un revêtement de maçonnerie , et de n'en être qu'infiniment plus difficiles k mettre en brèche par le canon. Par les fossés secs qui séparent les ouvrages non revêtus des ouvrages capitaux, il se ménage de l'espace pour manœuvrer à la gorge des premiers, et pour y attendre et y combattre sur un grand front l'as* siégeant qui ,. pour y parvenir, est nécessairement obligé à défiler par un pont* Pour opiniàtrer encore cette défense déjà si favorisée » et pour-empècher l'assiégeant de se jeter dans ce fossé set , et d'y poursuivre l'assiégé^ celui-ci y a
t88 BSSAI GÉNÉRAL DE FORTIFICATION.
des palissades derrière lesquelles ^ il se retire au moyeu de fréquentes barrières , des batteries casematées qui enfilent ce fossé de leur canon , des coffres ou caponnières couvertes qui Tenfilent de leur mousqueterie , et des galeries crénelées adossées à la gorge des ouvrages non revêtus , qui voient à dos tout ce qui ose entrer dans ce même fossé. De crainte cependant que tant de précau-
' tions ne soient encore insufiîsantes pour arrêter F assaillant, Touvrage capital en arrière de ce fossé sec est toujours revêtu de maçonnerie sur une bauteur assez grande
' pour ne pouvoir être franchie sans échelles » mais trop faible pour ne pas être entièrement couverte par celle des parapets de son enveloppe de teri*e. Telle est la manière dô couvrir de Fauteur. Voyons comme il s'y prend pour flanquer.
Nous avons déjà dit de quelle manière il flanque et défend son fossé sec. II défend son fossé plein d*ean par trois étages de flancs , dont deux sont couverts des feux croisés par un grand orillon ou grosse tour détachée du bastion capital , quoique élevée à même hauteur que lui. Cet orillon ne fait point , comme les autres , perdre d^ espace, ou pour mieux dire n en enlève aucun aux feux, puisqu'il en fournit lui-même sur ses trois faces extérieures. Pour ôter à l'assiégeant le moyen de contre-battre ce triple étage de flancs 9 Fauteur construit sur chacun de ses bastions une contre-garde en terre, qui n'a que Fépaisseur d'un parapet à l'épreuve et de deux banquettes, en sorte que cet ouvrage ne peut o£S?ir qu'une base trop étroite et insuffisante aux batteries , qu'après l'avoir pris Fassiégeant tenterait naturellement d'y établir.
Disons maintenant par quelle construction l'auteur obtient tant d'avantages.