‹ Essai historique et descriptif sur l'Abbaye de Fontenelle ou de SaintChapitre 10 sur 32 · E^SAI HISTORIQUE · texte numérisé non relu

E^SAI HISTORIQUE

Du côté de Févangile se voyaient ceux de Guillaume de Norvîlle, mort en i3o3 , et de Guillaume la Doublie, mort en i34i- Ces trois monumens, ornés des statues des dé-^ funts , passaient pour être fort beaux , et n'ont été détruits que dans la révolution. Je n'en ai retrouvé d'autres vestiges que quelques lions du sépulcre de Geoffroy de Noitot, qu'on a transportés dan^ le voisinage de la chapelle de. Saint-Saturnin.

Le milieu du chœur était remarquable par la tombe d'airain j admirablement ciselée , du cinquante-sixième abbé, Jean de Rochois, mort en i4i2. Ce fut sur cette tombe même que Gabriel de Montgommery, à la tête d'un parti de calvinistes, fit brûler, en i564> les magnifiques ornemens de l'église.

Jean de Bourbon , cinquante -neuvième abbé, avait autrefoistsa tombe près de l'autel matutinal , ainsi que le dernier abbé régulier, le vénérable Jacques Hommet ; celles des abbés Jean de Brametot et Jean Mallet étaient

situées dans Taiicienne chapelle de la Vierge , la première dans le haut {in cervice)^ et la seconde ( in tibiis ) dans le bas de Tédifice.

Dans le courant du dix -septième siècle, la plupart de ces tombeaux avaient été renversés avec beaucoup d^autres, et les inscriptions tumulaires brisées ou ensevelies dans des reconstructions. Dès-lors on ne connaissait plus même le lieu de la sépulture du moine Théodoric , fils de notre dernier roi mérovingien ; et ce fut vers le même temps que celles de la noble et pieuse EUrlève , des comtes d^Evreux et de plusieurs abbés révérés comme des saints , furent , en quelque sorte , profanées et détruites par des dignitaires mêmes deFabbaye. Il n^en résulta néanmoins dVutres avantages réels que quelques exhumations curieuses dont ces mêmes oflBciers ne firent encore que fort peu de cas.

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AXCOM DORTOm

BT VIBUZ CHAPITRE.

Ene puis passer sous silence quelques extraits de la relation de ces événeniensinséréedansrj72V^oir^(n]ss.) de Saint'TVandriUe^ depuis la réforme. Ces détails se rattachent d^ailleurs à la destruction de deux édifices les plus importans de ce monastère , après la basi* lique , et'qui ^ sans contredit , présentaient un bien plus haut degré d^intérêt sous le rapport de Farchéologie. Cétaient Pancien dortoir et

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le vieux chapitre. Le premier était construit par Herlève , femme de Robert de Normandie, archevêque de Rouen , qui depuis y fut inhumée \ U avait trente-cinq pieds de haut sur cent vingt de large. Au-dessous de ce monument régnait, également édifiée par Herlève, la première partie du chapitre , qui n^avait que douze pieds dMlévation; mais celle qui Fexcédait en portait trente de hauteur et autant en longueur et en largeur. Cette deuxième partie, ouvrage de Maynard, vingt-sixième abbé et restaurateur de Fontenelle dans le dixième siècle , était éclairée par quatre

* Herlève , alias Hélène. Malgré les titres de/œmina potens, illustris j pia , etc., qui lai furent conférés par ses contemporains et ceux qui en avaient reçu des bienfaits y des écrivains moins complaisans n'ont pas balancé h. faire remplir à cette noble dame , auprès de Robert , un rôle moins respectable que celui d'épouse. Quoi qu'il en soit ^ il naquit de cette union y dont l'arcbevéque fit sur ses vieux jours une pénitence exemplaire y trois fils , Richard , Raoul ou Radulpbe , et Guillaume y qui succéda au comté d'Evreux que son père avait eu en partage.

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grandes croisées , deux à Torient et deux au septentrion ; mais il est présumable que ces grandes croisées avaient été percées à une époque postérieure à Férection de cet édifice, ou qu^on avait considérablement agrandi les anciennes, dont les baies devaient être, selon le

Style du temps, d^une très-médiocre dimension. Malgré la singularité de sa disposition, ce double chapitre , pris dans son ensemble , était regardé comme un chef-d^œuvre de Tarchitecture de ces temps reculés. Cependant, malgré tout ce qui devait le rendre respectable , D. Laurent Hunault , prieur, entreprit et consomma sa perte , ainsi que celle du vieux dortoir , en lôji. Il parait que ce moine, doué d^un zèle actif , mais souvent mal entendu , était un de ces hommes qui ne balancent pas à réaliser leurs aveugles conceptions , aux dépens de ce que les siècles passés nous ont transmis de plus admirable. Son insensibilité fit , au rapport de Fauteur qui me fournit ces détails , verser bien des larmes à Vestimable D. Alexis Bréard , Tin-

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fatîgable historien de cette abbaye , et à tous ceux qui pensaient comme lui. L^obstîné prieur n^en poursuivit pas moins son entreprise.

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