BERNARD AUX ÉVÉQUES DE FRANCE
Le bruit se répand, et nous croyons quMl est arriyé jusqu'à vous, que nous sommes invités à nous trouver à Sens à Foctave de la Pentecôte , et provoqués à une lutte publique pour la défense de la foi. Et cependant il est écrit : Le serviteur de Dieu doit éviter tout débat, et demeurer patient à l'égard de toui. Si donc il s'agissait de ma propre cause , le fils de votre sainteté pourrait peut-être se reposer glorieusement et avec sécurité sous votre patronage. Mais, puisqu'il s'agit de votre propre cause , et plus encore que de votre cause , je vous avertis en toute confiance , et je vous supplie ardemment, de prouver dans cette grande nécessité votre amitié , non pour moi , mais pour le Christ, dont l'épouse crie vers vous , au milieu de la forêt d'hérésies et de la moisson d'erreurs qui menacent de l'étouffer , jusque sous votre garde vigilante. L'ami de l'époux divin n'abandonnera pas l'Église dans le moment de ses tribulations. Ne soyez pas étonnés , saints Evéques , que nous vous adressions cette invitation subite et si urgente : car notre adversaire , dans sa ruse prévoyante , a voulu nous surprendre mal préparés, et nous forcer à combattre quand nous n'étions par sur dos gardes.