‹ Essai historique sur l'abbaye de l'Immaculée-Conception-St.-Michel (primitive observance deChapitre 12 sur 36 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Pose de lapremière pierre de l'église de l'Immaculée-Conception. —Proportions de ce sanctuaire. — Gompafaisôflî de l'état présent du monastère avec son état passé. *— • • Coup d'œil sur l'ensemble de ses constructions actuelles. — Rapprochement frappant entre l'abbaye de Prémontré et le monastère de Saint-Michel-de-Frigolet.

Le grand œuvre de l'agrandissement du mô-' nastère avançait rapidement. Le roc abrupte re-' culait pour faire place à des constructions vraiment grandioses ; prolongée de plusieurs mètres, la chapelle do Notrc-Dame-du-Bon-Reniède de- ' venait un vaste sanctuaire, en attendant de devenir le collatéral gauche de l'église conventuelle ; le terrain inégal, pierreux et aride qui s'étend à l'occident du couvent était nivelé, aplani, et se transformait ici en jardin couvert ' de fleurs et de fruits, là on élégantes et ver*

doyantes allées. L'édifice spirituel ne recevait pas de moindres accroissements ; le nombre des religieux augmentait tous les jours; les constitutions de saint Norbert y étaient observées avec une régularité de plus en plus croissante, et saintement avides du bonheur et du calme de cette solitude bénie, des séculiers, prêtres et laïques, demandaient à poser leur tente à l'ombre du monastère, afin d'y achever en paix leur existence auprès des pieux cénobites qui l'habitent. Le moment était donc venu pour le T. R. P. Edmond de couronner ses travaux par la basilique monumentale qu'il se proposait d'élever à la gloire et sous le nom de l'Immaculée-Gonceptionde Marie et du glorieux saint Joseph. • Le 26 mai 1863, troisième dimanche après Pâques, jour consacré par la liturgie romaine â honorer le Patronage de St Joseph, Mgr Ghalandon, en cours de tournée pastorale dans Tarrondissement d'Arles, arrivait à Saint-Michelde-Frigolet au milieu d'une immense concours de fidèles et de prêtres. A droite de la chapelle de Notre-Dame- du-Bon-Reméde, un autel richement décoré avait été dressé en plein air sous un magnifique ciborium du meilleur style dont les colonnettes et les arcatures dorées reflétaient les rayons du soleil et rappelaient assez bien par leurs formes élégantes le ciborium de St- Jean-de-Latran. C'est là que le Prélat offrit pontificalemeat les saints mystères ; c'est là qu'il présida l'office solennel des vêpres ; c'est là qu'il

posa et scella de ses mains, avec tout le cérémonial que prescrit le rituel en pareille circonstance, la première pierre de la future basilique.

A dater de ce jour, les ouvriers ne cessèrent pas un seul instant de travailler à la construction de l'édifice. Malgré les difficultés inséparables d'une pareille entreprise, difficultés que doublaient et l'isolement des lieux, et la nature du terrain, ils ne mirent pas trois ans pour élever un sanctuaire qui mesure 58 mètres de longueur sur 23 de largeur et 18 de hauteur, si bien que, trois ans après, tout était prêt pour sa Dédicace.

Cette cérémonie eut pour avant-coureur ou plutôt pour aurore celle de la bénédiction de trois cloches qui furent placées dans les clochers de la nouvelle Basilique. Sorties dos ateliers renommés de la maison T. Maurel (do Marseille), elles furent bénites avec la plus grande solennité par Mgr Ghalandon au mois de mai 1866. Gomme elles sont à une élévation a laquelle tout le monde ne peut parvenir, nous donnons les inscriptions dont elles sont ornées, inscriptions qui perpétuent la reconnaissance du monastère pour d'insignes bienfaiteurs :

La grosse cloche porte ces mots :

VIRGINI DEIPARiE

QVAM REX REGUM IN CŒLIS CORONAVIT

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