INTRODUCTION. XXVII
raux dans leur sévérité ces instituts monastiques, où rautorité n^existait que dans la mesure nécessaire pour plier intimement les âmes à des sentiments véritablement ffiternelset démocratiques. Et puisque nous avons laissé échapper ce mot de démocratie qui retentit aujourd'hui dans toutes les bouches , les monastères ne formaient*ils pas une sorte de démocratie religieuse, avant-garde et initiatrice de la démocratie civile? C'est ce qu'exprime éloquémment un de nos modernes Bénédictins dans un passage qui servira de corollaire à ces considérations.
« Quand il ne s'agirait que de savoir d'où viennent ce » peuple souverain et ces institutions populaires qui » effraient les uns et qui réjouissent les autres , serait-ce » une étude oiseuse? historiens aveugles , vous cherchez » dans les ténèbres les plus lointaines les premières » franchises de nos pères. Vous broyez vos éléments » germaniques, galliques , romains , gallo-romains , et « vous oubliez ce qui remplit ces temps premiers , les » institutions chrétiennes. Vous faites à grands labeurs » Tenquéte des révolutions de la plus humble commune, » et dans vos récits démocratiques vous n'avez pas de » place pour les communautés qui ont enfanté vos com- » munes, pour ces cénobites qui sont les premiers pères » du peuple, pour ces abbés et ces moines qui ont fondé, » affranchi, les premiers , défendu jusqu'au bout ces ^ villages et ces villes, leurs chartes, leurs péages, leurs * foires, leurs routes, leurs usines, leurs chaumières et » leurs cimetières. Publicistes inconséquents , vous dé- » clamez à la fois contre le monopole des castes nobi- '» liaires et contre les privilèges du cloître et les exemp- » licms abbatiales. Ces abbayes étaient les palais du
XSVIII INTRODUCTION.
» pnuple, le donjon des plébéiens-, ta citadelle des freii' n chites communales, le berceau de la démocratie 1^- » time et chrëlionne. Le peuple régnait dans ces abbayes, » l'y atTranchissail, s'y ennoblissait, y montait par tous » les dogréi de l'iatelligence , de la puissance, Ae la H uiintet^, jusqu'au faite de la terre et du ciel. Le der- II nier vilain, le plus souvent, portait une crosse qui D valait un sceptre et pesait autant que la plus lourde » épëe; et sous ce règne ou régime abbatial, il y avait, » niillo anft avantvos constitutions, un solennel suffrage, u un droit d'élection h tous les d^és, un budget voté , iteontrAlé, rectifié; et de rassemblée capilulaire, ces u choses passaient d'elles-mêmes sous le chêne du vil- » Ingft, dans les halles de la cité. Il en fut ainsi jusqu'au <> moment où la commande armoriée , l'usurpalion
0 ««ivulière, aux grands applaudissements des libres
1 pi>nseurs, tua la liberté des monastères et confisqua u les rninchis«>s des communes. » '
Nous iu> parlerons pas des senices rendus aux lettres <>l au\ «ris. Nous ne dirons pas comment Théritage de l'Hittiquilè iwus a été transmis avec ce respect du passé quf Ion trnuvie S(>ulemeni dans les hommes qai croient i l'avenir : cwnment cet iH^uge s'e^ sacœssivement «imiHli 1 pi minmt'ul presque tous les écrivains remar- (fwiMiv tlu Vr «u Mil' siècles furent des mmnes, ou