XXVI INTRODUCTION
Enfin, par son e&itrit de charité universelle, qui n'est autre chose que l'esprit du christianisme, l'institution monastique embrassait l'hunianilé tout entière. Pour elle, il n'y avait ni temps ni distance. Une même pensée unissait les moines de différentes nations dans la pratique d'une règle anal(^ue, dans une affection commune. Ce lien n'était pas exclusivement spirituel, il recevait à chaque instant son application dans la vie pratique. Les moines furent les premiers , après l'invasion , qui voyagèrent dans un autre hut que celui du commerce et de la conquête. Chaque jour arrivait dans un monastère un religieus parlant une langue étrangère. Il faisait des récits de maisons lointaines, dont ses nouveaux frères ne connaissaient que le nom. Ils les entretenait des œuvres qui s'y étaient accomplies , dés saints qui en étaient sortis. Il demandait en échange de ces communications, la permission de lire un manuscrit rare possédé par le couvent , s'assurait des moyens de correspondance et de secours mutuels dans les temps de détresse, inscrivait le nom de sa maison sur le rdle des associations de prières , et emportait avec lui quelques reliques en souvenir de son voyage. Quand la guerre sévissait de tous cdtés , quand les tribus d'une même nation , quand les membres d'une même famille se déchiraient entr'eux, il ne fallait rien moins que de pareils exemples