L. DE X D
Dans les substructions d'ua^ncieft hypogée divisëoen compartiments et sur loquelpius tard s'éleva la chapelle dessaints Jumeaux, on a découvert, en 1 84 1 , plus de vingt tombeaux de grès, en forme d'auges , dont les squelettes de grande taille étaient en partie conservés, et tournés vers l'Orient. Les pierres qui les recouvraient étaient quelquefois plates, mais le plus souvent de forme prismatique, avec une dépression sur l'angle d'en haut. Sur quelques-unes, Taréte supérieure indiquait légèrement la croix. Dans les espaces vides , entre ces tombeaux , gisaient des ossements humains et ces longues piques de fer dont nous avons parlé plus haut. La nature des matériaux de cette substruction, où Ton remarque remploi des cubes de grès quadrangulaires, la rattache à Vèvv
roamine. Un fragment d'inscription portait ces m< tracés en lettres de la plus belle époque :
ILIOHAR.
Ajoutons pour terminer et indiquer deux points ( trémes entre lesquels les générations se sont accuinul par couches dans cette enceinte , qu'on y a trouvé beau médaillon de Septime-Sévère et, entre le pouce l'index d'un des cadavres les plus rapprochés de la su face du sol , un double tournois de Charles X . cardii de Bourbon.
Nous parlerons plus bas de la célèbre inscription gn que-cbrétienne , découverte en 1839.
(Voir l'introduction, page ixxvi, et le chap. VI passim).
Les rapports de l'abbaye de Saint-Martin avec celle de Saint-Symphorien nous ont fait conduire Tbistoire de cette dernière, dans Fintroduction et le cbap. VI, jusque vers le milieu du IX" siècle , époque de son occupation par les comtes d'Autun. Nous insérons ici quelques notes qui continuent cette histoire et complètent les souvenirs peu nombreux qui nous sont restés.
Le comte Adalhard, nommé abbé par Charles le Chauve, et continué dans cette dignité par Louis le Bègue, ne semble pas s'être uniquement occupé de toucher les revenus de son abbaye. Une charte de Charles le Chauve, de 866, fait mention d'un rapport de l'évéque Jonas, qui loue le comte de sa sollicitude envers les religieux. De concert avec cet évéque, il fit ratifier au roi les donations suivantes faites par lui à Saint-Symphorien :
Dans l'Auxois, au domaine de Blancey, vingt manses avec une église ^ dans le Beaunois , deux églises, et dans
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de son bénéfice, mais poursuivi seulement pour sadette ; à sa mort , la terre revenait de plein droit au couvent. Le prévAt Hermold, dont nous avons parlé, signa cet acte passé, suivant l'usage, sous le porche de l'église, avec Adeihéide, mère du roi , Gislebert de Vei^, Ragenold, comte de Rouci , Manassès, comte de HAcon , Vamer de Sens, Robert, Aldéric, Aymond, clerc, Adalhanjet jU>on.
<< Ego Atuetima rogatta tcripsi atque datavi, in même jutio, die Mertmrii, atmo tertio, régnante Rodulpho, glorùuo rege ( 926 ). »
Hugues le Noir, fils de Richard le Justicier, passant par Autun, au commencement de septembre, époque du plaid , entra pour prier sous le porche de Saint-Symphorien. Là, ayant attendu quelque temps l'arrivée des siens , il vit s'avancer le comte Albéric , son fils Léotald (comte de H&con) et Addo un de ses officiers, qui lui exposèrent que Theudo, abbé du monastère, le directeur et le commun des chanoines, le suppliaient de laisser un souvenir de lui, en considération de la détresse du couvent, détresse telle , qu'il était menacé de s'éteindre.
Hugues, désirant lui être favorable, accorda pour l'amour de Dieu et desaint Symphorien, pour l'amour de son père Richard et de sa mère Adeihéide , et pour le soulagement de son Ame, douze mansesde terre plantées de vigne au comté de Beaune, dans son domaine de Nolay et lieux voisins, et huit manses et demie dans la terre de Créancey (Cresentiacum) dépendant de celle de Pauthier (Penseldum), qu'une dame appelée Droaie avait
funérailles. A ceux qui c»bserveront notre décret , paix . bénédiction, longue vie, joie , honneur, louange et gloire sans bornes ; que ceux qui le méconnaîtront soient séparés de TEglise , traduits aux assises de Dieu ] que leur place soit marquée à côté de Judas qui a trahi le Seigneur ; qu'ils soient confondus avec Dathan et Abiron que la terre a dévorés vifs et dévoués à une malédiction éternelle. »
Fait à Autun. Ont signé Hugues, Gislebert (de Vergy), Albéric, comtes, Asbin , Hunfroy, Robert, vicomtes, Humbert, Mainfroy, Léotald, comte deMâcon. — Donné le l*** septembre, la X* année du règne du roi Louis (946). n Eco B08O, capellanus Sancti Symphoriani y scripsi et daiavi. »
C'étaient là les chances favorables de Saint-Sy mphorien . Elles étaient assez rares. On lui prenait ordinairement plus qu'il ne recevait; car si quelques seigneurs s'intéressaient aux églises, la plupart mettaient lcui*s usurpations sous la protection de leur épée, et n'ignoraient pas que le casque avait beau jeu contre le froc. Dans ces moments désespérés, le couvent recourait à son arme habituelle, l'excommunication , la seule contre laquelle les cottes de mailles ne fussent pas à l'épreuve. Entre autres exemples, nous citerons le suivant.
Un comte , nommé Isoard , s'était emparé avec ses compagnons de certaines terres de Saint-Symphorien, situées aux environs d'Arles et d'Avignon, dans un lieu appelé Magna, et refusait de les restituer. Rotmond , évéqaed'Autun, rapporta, en venant de Rome, des lettres du pape Agapet II , qui recommandait cette affaire aux évéqnesde Bourgogne et de Provence. Une assemblée fut indiquée en un lieu inconnu -, on sait seulement que ce fut sur les frontières de Bourgogne, vers 955. Selon rinstruction du pape, les évéques sommèrent trois fois Isoard de réparer ses torts et rexconimunièrent sur soti
refus. I.es nit-nnc^is occlésiasliqiK'S restèreiil sans elfiîlsur le rude comité qui persista dans son injuste détention. Sur ces entrefaîtes, Agapet 11 mourut, et Jean XII monta dans la chaire de saint Pierre. Gérard, évéque d'Autun, s'adressa au nouveau pape, et obtint de lui une seconde sentence contre les ravisseurs des terres de Saînt-^ymphorien. (Il paraît qu'A la même époque, l'église de Sainl- Nazaire éprouvait de semblables vexations , car le pape excommunie à la fois ceux qui retiennent ses biens et les biens de Tabbaye.)
I.a bulle fut envoyée aux (^vaques de France et de Bourgogne, sous la date de 959, et dénoncée au comte dans les formes usitées^ mais elle ne sembla pas produire un résultat plus heureux que la première. Cependant trois ans après, en 962, Isoard se décida à donner satisfaction à Gérard, évéque d'Autun. Quant aux terres dépendantes de l'évéché de Cavaillon près d'Avignon . il en fit la restitution entre les mains de Hugues , doyen de l'église de Saint-Symphorien de Cavaillon et de ses clercs ; celle restitution fut confirmée par Desiderius, évéque de celte dernière ville.
Hunier, a qui nous avons emprunté les chartes citées plus haut, prétend que le fief de la maison de Cluny relevait, dès le onzième siècle , de l'autel et de la chAsse de Saint-Symphorien-les-Autun. Il prétend avoir vu lui-même, aux archives du Prieuré, des chartes des-
avoir supposées à dessein , et aucune discussion n'est possible sur leur authenticité.
Nous avons dit que le premier abbé de Saint-Symphorien fut saint Germain , ses successeurs conservèrent le même titre jusqu'au XIP siècle. A cette époque, on trouve Otbert qui, dans une charte d^Estienne, évéque d^Vutun, prend le titre de prieur. Depuis lui, ce titre est le seul qui ait été employé.
L'abbaye fut d'abord desservie par des moines soumis à la règle de saint Antoine et de saint Basile. Cette règle fut en vigueur jusqu'au \W siècle.
L'avènement de saint Léger au siège épiscopal d'Autun vint modifier cet état de choses. Dans un concile tenu à Autun, vers 663, il astreignit les clercs réguliers deSaint- Symphorien à une clôture plus sévère et les éloigna du service de la Cathédrale dont ils avaient été chargés jusque-là. Il établit, pour les remplacer, un chapitre canonial proprement dit. Il paraît , toutefois, que ces réformes n'opérèrent pas une séparation complète. Nous voyons dans le testament de Tévéque Ansbert , en 698 , que les clercs réguliers de Saint-Symphorien, malgré leur séparation , possédaient toujours une manse dans les biens de l'église, à côté de celle des chanoines , et que toutes deux étaient régies par l'évéque. Au VHP siècle , leur rôle paraît exclusivement borné à l'intérieur du monastère. Le Missel gothiqtte de Saint-Symphorien donne à entendre que son clergé, qui étendait autrefois les processions des Rogations jusqu'à la ville, ne visitait plus alors que les églises situées hors des murs , telles que Saint-Martin, Saint-Etienne et Saint-Pierre-l'Estrier.
En 1077, le relâchement s'étant introduit dans l'abbayede Saini-Symphorien, le pape Grégoire VII demanda, pour y porter la réforme, le consentement d'Aganon , évéque d'Autun, lequel fut confirmé par lettres du roi Philippe !•'. Il chargea de cette réforme les moines de
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Fleoiy-sur-l.oiri'. (leux-n essayèrent vainement d'y faire prévaloir la r^le de saint Benott. Les clercs et les chanoines tenant à leurs anciens usages , en appelèrent au pape qui leur permit de les conserver en tant qu'ils ne renfermaient pas d'abus manifestes.
Le prieuré de Saint-Sympborien était de nomination royale; la juridiction appartenait à l'évéque. Par un acte de 1395, Nicolas de Toulon, évéque d'Autun , se fit maintenir, au nom de Charles VI, dans cette juridiction dont le prieur cherchait à s'affranchir.
En 1467, le cardinal Rolin, prieur commendataire de Saint-Symphorien , faisant exécuter des réparations à l'église, fit ouvrir les trois tombeaux de grès renfermant la famille de saint Symphorien; ils étaient placés chacun I0U3 un autel, dans la crypte soutenue par 27 colonnes. Sur une tablette on lisait cette inscription :
Faustus et Augusta jacent : Inter hœc duo àusta fnteger et lanus, médius Jacet Symphorianu* .
Il transféra ces restes dans trois nouveaux tombeaux , derrière le mattre-aulel de l'église; il en renferma une partie, afm de pouvoir l'exposer, dans la chftsse d'ai^ent enlevée par les Calvinistes, et dont nous avons parlé p. 357.
Le prieur de Saint-Symphorien était curé d'une petite paroisse placée sous le vocable de saint Vincent, distante
Dans les diftërentes invasions des Normands, Sarrasins,
Anglais, le prieuré de Saint-Symphorien dut éprouver
les mêmes destructions que le reste de la ville ] mais le
plas rude assaut quMl eut à souffrir date des guerres de
religion. Dans un catalogue des livres et manuscrits,
fait au mois de juillet 1791, par un nommé Michel,
commissaire de la ville, on lit la note suivante, trans-^
crite à la marge d^un martyrologe latin, sur vélin :
« Le jour de saint Pierre et de saint Paul, 1570, le feu
» fut mis à l'église de Saint-Symphorien (près la ville
» d'Autnn ), par ordre de Gaspard de Coligny, chef des
» Calvinistes contrôles Guises, du prince deCondé et du
9 roi de Navarre. Et était ledit sieur de Coligny sous la
« grande porte du prieuré, en une litière, pendant qu^on
» mettait le feu à ladite église, et ledit roi de Navarre et
» le prince de Condé étaient sous les noyers du curtisdu
y» prieuré. )>
Les chanoines réguliers de Saint-Augustin , réformés à Sainte-Geneviève de Paris par le cardinal de La Roche^ foucaaid, furent établis à Saint-Symphorien en 1656, du consentement de Louis Dony d^Attichy, évéque d'Autun. Ils réparèrent le couvent et Féglise restés en ruines depuis le passage des Calvinistes, et, dans ces réparations, employèrent un grand nombre des tombeaux du polyandre de Saint-Pierre-l'Estrier. Dans la dernière moitié du XVIII* siècle, le prieuré fut encore rebâti et agrandi.
Voici un aperçu des mesures de Féglise au moment de sa démolition. La nef offrait une longueur de 118 pieds sur 30 de large. Elle était divisée par quatre arcades à chacune desquelles correspondait une chapelle. Gnq fenêtres hautes de 25 à 26 pieds , éclairaient le chœur qui présentait 42 pieds de largeur. La nef recevait la lumière par huit fenêtres superposées aux arcades et par une rose percée au-dessus de la porte principale.
La hauteur de lu voûte était de 45 à 50 pieds. La crypte annonçait le XI ou XII* siècle , elle otfrait 40 pieds de longueur, 39 de laideur; la hauteur de lu voûte était de six pieds 10 pouces. Elle était soutenue par S7 colonnes de 5 pieds de haut, y compris le chapiteau de 1 0 pouces. Le diamètre de chaque colonne était de 9 pouces. Elles étaient en granit du pays, uni ; les chapiteaux représentaient des feuillages sculptés assez grossièrement.
En 1803, cette église étant en démolition, l'évéque d'Autun, M. de Fontanges, se rendit avec le clergé et les autorités de la ville afin d'enlever les trois tombeaux de la famille de saint Symphorien. Us avaient été déplacés du fond de l'apside où les avait fait mettre le cardinal Rolin, et encastrés dans le principal autel construit depuis vingt ans environ. Ces reliques furent emportées et conservées k la Cathédrale, jusqu'au moment où l'autel avec les trois tombeaux ayant été transférés dans l'église de Notre-Dame, on leur restitua quelques-uns des restes qu'ils avaient contenus. Cet aulel, supportant sur quatre colonnes de beau marbre antique, un baldaquin, est l'autel principal de cette église.
Au moment de la révolution, il ne restait plus à Saint- Sympborien que quatre ou cinq chanoines r^uUers desservant la paroisse voisine de Saint-Vincent. Le prieuré, devenu propriété privée, a vu, en 1807, disparaître complètement sa crypte, son église et mutiler les bâtiments conventuels. Tout s'est effacé, hormis le souvenir impé-
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