‹ Essai historique sur l'abbaye de Saint-Martin d'Autun de l'ordre de Saint-Benoît; (volume 2)Chapitre 62 sur 62 · HOTES · texte numérisé non relu

HOTES

pays se rendent encoit; aujourd'hui. U- lundi de la Fentccdte, et passent la nuit en dévotion atin d'obtenir un mari dans l'année. Au mont Beuvray, se tient, de lemp> immémorial, une foire dont l'objet paraît moin& être le commerce de bétail que le culle de certaines pratiques superstitieuses. Sur ce somme! dominant les contrées les plus primitives du pays Eduen, les habitants du Monan viennent boire k une fontaine sacrée, dédiée, depuis l'introduction du Christianisme , k saint Merlin , afin de se guérir de la fièvre ou de s'en préserver. Les nourrices s'y lavent le sein pour obtenir du lait. Une croix de bois, dédiée aussi à saint Martin, passe pour posséder la même vertu. Les hommes jettent à ses pieds leurs bAtons sans se détourner . et les femmes attachent leurs jarretières k l'arbre.

Rappelons en passant que, dans le même pays, on dépose en buvant, auprès des fontaines, une pièce de monnaie, afm de perdre la fièvre qui passe à celui qui ramasse la pièce ou qui boit ensuite. Dans des communes du bord de l'Arroux, on boit à la rivière, avant le soleil levé , en prononçant ces mots :

Arroux . je l'apporte ■■ tiérre , Tu me \i rendrts Qutnd lu remonter ».

On place encore maintenant une petite pièce dans la bouche ou entre les doigts du mort, et un vase à c4té de sa tète, souvenirs de la barque de Caron et de la croyance

des fous et de Tàne, celles du roi llérode, de TEvêque des innocents, célébrées de la fin de décembre à la Circoncision, paraissent une dérivation de la fête des Calendes. Une quatrième fête en usage dans l'Eglise d'Autun , le premier jour de Tannée, celle du bâton de l'an neuf y où Ton présentait en cérémonie un bâton et un bouquet à un chanoine, rappelle la coutume druidique du gui Pan neuf. Cette fête, sur laquelle on manque de détails, fut interdite dans un chapitre général de 1230, sous Fépiscopat de Hugues de Vergy. Les trois premières, attaquées sans relâche par les conciles, les papes et les ordonnances royales, subsistèrent dans Téglised^Autun jusqu'en 1535.

Feux de la Saint-Jean. — Les chrétiens, à l'imitation des païens, se livrèrent, pendant plusieurs siècles , aux danses en usage dès l'antiquité la plus reculée, à l'époque des solstices, c'est-à-dire à Noél, et principalement à la Saint-Jean d'été. Alors, on allumait de grands feux autour desquels on dansait, on chantait et on commettait toutes sortes d'extravagances. Ces réjouissances abusives furent, au V^ siècle, prohibées par saint Augustin ; mais malgré les efforts des docteurs et de l'Eglise , elles persistèrent durant tout le moyen âge et se retrouvent aujourd'hui dans plusieurs parties de la Bourgogne.

Telles sont quelques-unes des superstitions en usage dans le pays Eduen. Nous sommes loin d'en avoir épuisé la liste. Elle demanderait un travail spécial. Même encore aujourd'hui, il n'y a point de jours marquants dans Tannée, ou d'événement de quelque importance dans la vie de l'habitant des campagnes, auxquels ne se rattachent quelques pratiques bizarres dérivées du druidisme« du paganisme romain ou de croyances surnaturelles.

l/ABBli: BONNEAII

( Voir cbapiire XX, p*«. S00-3«4-)

L'abbé Bonneau était ce que l'on nommait à cette époque wi mondain. Il se faisait honneur des revenus de son Bénéfice dans la haute société de la province. Il fréquentait, à Autun et dans les environs, ce que Bussy- Rabulin, dans son exil de Chaseu, appelait ks plus honnêtes gens de qualité du voisinage. « Quand je suis à Chaseu, dit>il, j'ai le voisinage de l'évéque d'Aulun (Roquette), de Tavannes, de Jeannin, d'Epinac, de

Al. et M"** (le Toulongeon , l'abbé Bonneau , ma fille et moi. coucher à Epinac qui n'est qu'à une demi-lieue de Sully. »>

L'abbé Bonneau est encoœ nommé une fois ou deux dans les lettres de M°** de Sévigné et de Bussy-Rabutin ; mais cette correspondance, qui ne tarit pas sur Tamabilité spirituelle, adroite et un peu pateline de l'évéque d'Âutun, ne dit pas un mot du pauvre abbé; il ne méritait apparemment guère mieux que le silence. *

Une lettre de M. de Roquette nous apprend quelque chose de plus; c'est que Tabbé Bonneau n'était pas précisément un parfait modèle dévie ecclésiastique. La minute de cette lettre, écrite de la main de M. de Roquette, fait partie des papiers administratifs de Tévéché d'Autun . Elle ne porte pas le nom du prélat auquel elle fut adressée, étant toute confidentielle.

Monseigneur ,

a Vous avez eu la bonté de me faire espérer que vous parleriez ou écririez fortement à votre bon ami, M. Tabbé anneau , pour l'engager à mener une vie plus conforme ^ son état. Il est toujours le même. 11 ne sait toujours ce <^ue c'est que porter la soutane; il n'y a pas moyen de l'y obliger, quelques instances que je puisse faire. Il me ferait fâcheux d'en venir aux extrémités à Tégard d'une (personne que j'honore et, je puis dire, que j'aime aut.ant que lui. Cependant vous ne pouvez croire le mauvais efiTet que cause ici son exemple. Il y a des chanoines apposés aux bonnes maximes, qui s'en prévalent et c^roieni que malgré les règlements de leur chapitre faits sur ce sujet , et l'exactitude de presque tous leurs confrères à les suivre , ils sont en droit de faire ce que fait IM. Tabbé Bonneau, depuis si longtemps , au vu et au su

< V. Lettres de M-' de SéTÎgné, édit. f^rand in-8* 1835, l. II, p. 37.

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de tout le monde, et sous mes yeux. Je vous serais donc très obligé , Monseigneur, si vous vouliez bien employer votre crédit auprès de lui pour l'engager à mener uoe vie plus ecclésiastique qu'il ne fait. Qu'il ne paraisse point davantage dans le lieu de sa résidence ordinaire et dans la ville épiscopale autrement qu'il y est obligé par son état et les ordonnances de mon diocèse. On n'a pu encore savoir de lui s'il est dans les ordres sacrés ou non. [| nie, à ce qu'on prétend, qu'il y soit engagé ; cependant on m'a assuré qu'il avait reçu le diaconat de monseigneur de la Rochelle. Quoi qu'il en soit, il est un des bénéticiers de mon diocèse, et cela suffit pour qu'il doive porter l'babit long et être fort soigneux de donner bon exemple.

J'espère, Monseigneur, qu'excité par vos avis et vos remontrances , il changera de conduite ; sinon . après avoir usé des voies de charité et de douceur à son ^ard, comme l'exige mon devoir, je ne pourrai me dispenser, pour y satisfaire, d'en venir à d'autres moyens plus fâcheux et moins conformes k mon inclination, n

Ces sentiments font évidemment honneur au zèle du pasteur. Nous voyons encore dans une correspondance avec un de ses neveux nommé à une abbaye, sous quel point de vue sérieux il envisageait lesobligationsqu'imposaitla possession d'un bénéfice en comraende.

ibbé BnnnvBU.

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Avant - PROPOS i

hTRODUCTION Ti

$An«T-MABTi;V 3

PREMIÈRE fiPOQUE.

ùupitmI. Foodation de l'abbaye. — Monographie de

Pégiise. (600) 15

Chapitu II. Saint Grégoire le Grand. — Privilège de Saint-Martin. — Premiers moines. — Règle de l'abbaye. (602) • 2y

CfliPiTRi III. Liturgie de Tabbaye de Saint-Martin .... ^^J

Chafitm IV. Mort de Brunehilde. — Son tombeau. (615). 64 CiiAprrRE V. Premiers abb^ de Saint-Martin. — Saint

Médéric ou Merry. — Saint Frodulf. (600—730) ... 73

Chapitre VI. Première destruction de Saint-Martin par Ion Sarrasins. — Les comtes d'Autun. — lis s'emparent de ses terres. — Concile de Boneil. — Charte de Charles le Chaore relatire à Tabbaye. (731—870) . . 87 CH^prruVII. Badilon. — Moines de Poitiers. — Ecoles. — Abbé Arnulf. -~i Bernon et Hugon. — Cracifi\ de saint Odon. (870—877) 102

(SIS.) TanbMU de la reine firunehilde,

!■ chapelle conMruilc au XV* «ëcle par le cardinal F

a l'^ltw de SaîDl-HartiD J'AuIud.

CnicJIU «le Miut OOou (l\' >iède).

Fie ilmile d'un plia de l'ibbiye de Saiot-Marlin. (Fin du XVl* sIÈcle. )

P.-':::.- y^ ifhrzs

Prinripaui cli>pll«aui di^ l'^liie d'Aujr.

Principaux cbapileaux de l'^liM d'Aniy.

rhi>|iil('uiii lie l'éKliie d'Arwj.

Principaux chipileaux de 1 ëgllM d Ani;

ir

rtincipaiii rhapjtcuut ilc l'cgiise d'Aniy.

Principaux chapiteaux d'Anzy.

Niiaance de l'irc Iriomphil d'Aniv.

ite r»r« triofoph»' •l'Anz*-

t déUifs d'ornenienUlion des piUMr^ L'aïoli ne» d'Ktay.

L'église de Chenay, dont le plan précède, dépendait du prieuré d'Anzy, et doit aussi être classée parmi les constructions de Saint- Martin à la fin du XI* siècle. Le plein-ceintre domine généralement dans tontes les arcatures, an sanctuaire, au chœur, dans les fenêtres; la porte principale seule offre une faible trace d*ogive. La nef, longue de 44", 52, large de 7", 90, présente, contrairement aux autres basiliques de Tabbaye d'Autun, une dériation sensible de l'axe longitudinal 0-N. Quelques additions ont légèrement modiQé le plan primitif de cette église. Plusieurs fenêtres ont été supprimées pour faire place à des dispositions nourelles; une porte laté raie a été ouverte à gauche en 1699, comme Tindique la date inscrite sur sa clef de voûte.

Les chapiteaux des six colonnes qui soutiennent les arcs du sanctuaire sont ornés de feuilles d'acanthe, d'un assez bon travail, renversées sur les chapiteaux de gauche. Dans le reste de l'église ils sont chargés de sujets sculptés représentant des scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament. Sur la colonne engagée A , Adam , succombant à la tentation, reçoit le fruit défendu]; sur une des faces latérales l'Ange le chasse du paradis terrestre ; sur l'autre un horrible démon vomit un serpent. Sur le chapiteau opposé B, la réparation correspond à la chute originelle. Le Rédempteur est né et les Rois Mages, sur des chevaux, suivent l'étoile mystérieuse. Hérode, sur son siège royal, s'arrache les cheveux de désespoir ; les Mages prosternés baisent les mains de l'Ënfant-Sauveur assis sur les genoux de sa mère.

C, Jésus, emmaillotté dans son berceau, est réchauffé par le bœuf et l'àne. D. La tentation dans le désert. Le Démon, sous la figure du Sphynx, présente au Christ la pierre qu'il lui demande de changer en pain ; le Christ lui présente le livre où est écrite la condamnation de Satan.

E, Lutte du Démon et de l'Ange gardien. L'Ange couvre le chrétien confié à sa protection de son bouclier où s'émousse le trident infernal; il enfonce son glaive dans le front du Démon. Ailleurs, un homme accroupi, symbole du pécheur, voit ses seins dévorés par deux énormes serpents.

Kunélro du cboeur el ippareil des mura de l'étclise de TfaiE-aur-Arroui.

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