SUPERSTITIONS RÉPROUVÉES PAR SAINT HUGON
Le passage de la vie de saint Hugon, où Fauteur mentionne les superstitions populaires usitées de son temps, rappelle une curieuse homélie de saint Eloi sur le même sujet, et le catalogue des pratiques païennes conservées chei les Franks, dressé au concile de Leptine en 743. (VoyesE Ozanam. Les Germains avant le Christianisme. Notes et pièces justificatives).
Des vestiges nombreux de ces superstitions ont longtemps persisté dans nos pays. Nous citerons seulement celles qui paraissent se rattacher à la défense de saint Hugon, ou qui ont un caractère plus particulièrement locaL
Incantations^ charmes y sortilèges. — On peut ranger dans cette classe les pratiques suivantes : les charmes qui ont pour but de faire dépérir ou prospérer le bétail , d'aug-
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meiilerou diminuer la quantité de son lait, encniployuiil des sigaes magiques accompagnés de certaines formules, en déposant dans un coin de l'étable certaines herbes, certaines peaux d'animaux tels que serpents , crapauds, en marchant à reculons au sortir de l'écurie, en promenant le bétail pendant la nuit du premier mai, dans les pfttur^es voisins, afin d'en absorber tout le suc.
Des sorciers et devins, en traçant le signe de la croix à lacheminëe, détournent les orages, éteignent subitement l'incendie j ils arrachent les brebis à la dent du loup en jetant leur chapeau derrière leur tête. Les chasseurs , au moment de l'Elévation de la messe , sortent leurs lacets de la poche, afin de leur communiquer la vertu d'attirer le gibier.
Fêtes paiennes. — Quelques fêtes ou concours de peuple au moyen âge se rattachaient vraisemblablement au culte de Cybèle qui possédait un temple 6 Autun, sur l'emplacement de l'abbaye de Saint-Jean -le-Grand.
« Ce qui se pratiquait encore en cette villeau XVICsiècle dans la société des Valentins, avait un grand rapport avec les anciennes pompes de Cybéle. Cette société fut mise au moyen dge sous la protection de saint Valentin, niartyr, dont la fêle est fixée dans le calendrier Ji la place même qu'occupe la fête des Lupercates dans les calendriers antiques, au 14 février. Cette pieuse industrie n'avait pas suffi pour faire tomber la vieille coutume de promener par les rues d Autun le char de la mère folle. Vers 1648, le P. Eudes, frère derhistorien Mézeray, obtint par ses prédications la cessation de cet abus. ■ '
n L'abbaye de Saint- Jean possédai t^letfont-/>rti, dont le nom est synonyme du français Mont-Oailtard et du liilin »>f,hs hilnris. ,\ c'itc nn.iiUianf se nilliKli.' mw fi^tp
baladoire qui , depuis un temps immémorial , avait lieu à la fin de Thiver, vers Tëpoque où les anciens avaient lears fêtes dites les Hilaries, en Thonneur de Cybèle, la mère des dieux. On s'y rendait encore au 1*' mai pour les fêtes de Flore, vers le milieu d'août pour les fôtes d'Opis ou de Priape, dieu des jardins, et enfin au mois de décembre pour les Saturnales^ c'est-à-dire vers le commencement de chacune des quatre saisons de Tannée, parce que Cybèle représentait la terre et les modifications que cette mère des humains éprouve par le cours régulier des saisons. »
Aux mêmes époques, des fêtes populaires réunissaient la foule à quatre oratoires élevés prèsd'Autun : au Mont- Dru, à Ornée, à Fleury, à Parpas. L'Eglise, s'emparant de ces lieux, remplaça le culte qu'on y rendait à Cybèle, à Priape , à Flore , par celui des saints Laurent , Jacques et Philippe , dont les fêtes tombaient à la même époque. Elle institua, à Fleury, un pèlerinage dont le but était de soulager par des aumênes et des offrandes les lépreux établis sur l'emplacement du temple de Flore. *
A Uchon , au mont Beuvray , à la montagne de la Certenue (Circiniacum), près de Mesvres , points culminants de l'Autunois, il y avait en janvier, au commencement et à la fin de mai , un nombreux concours. A ^Jchon, pays sauvage, semé de pierres druidiques, on allait à l'oratoire de Saint-Sébastien le supplier de faire cesser le fléau de la peste. On se rappelle que les Druides, i]ui avaient en ce lieu une résidence importante, étaient ^ux-mêmes médecins. A la Certenue, dans une chapelle abandonnée, dédiée à la sainte Vierge, et située sur un antique plateau rond, fait de main d'homme, les filles du
1 Edrae Thomas. Histoire d'Aulun. Noies, p. 158 et 171.