L VI
INTRODUCTION
ment les hommes et les façonnant a son image à l’aide des saints que Dieu dispense avec profusion. Cette foule qui se presse sur leurs pas , qui revêt à l’envi la robe de bure et se ceint les reins d’une corde pour la prière, le travail , l’expiation , tout ce qui fait de la vie un combat et une victoire , c’est le pur froment des élus de Dieu , que Dieu pétrit de ses mains pour en faire le levain de son peuple ; c’est la croisade sainte ayant pour devise cette parole du Christ : «Que celui qui m’aime prenne sa croix et me suive, » et portant si haut cette croix qu’elle est visible à tous et que son ombre salutaire couvre le monde.
Jusque-là, on a dû le remarquer, les institutions monastiques tirent leur principale force d’elles -mêmes et ne trouvent dans le pouvoir temporel que de rares appuis. Mais lorsque, vers la fin du Ve siècle, les royaumes nouveaux se furent affermis sur le sol , la papauté , l’épiscopat, ne tardèrent pas de renouer avec ceux de leurs chefs qui n’avaient point embrassé l’arianisme les anciens rapports de l’Eglise et de l’Empire. 11 s’ensuivit pour les établissements monastiques une phase nouvelle. Les rois barbares, et à leur suite les ducs et les comtes , se jetèrent à l’envi dans les fondations : différents motifs les déterminèrent.
Leurs passions violentes, leur intempérance habituelle, leurambition jamais arrêtée par le crime, leur rendaient souvent la pénitence et le pardon nécessaires. La médiation protectrice des évêques entre la race conquise et la race conquérante, l’ascendant de leur caractère sacré sur la force brutale, les avaient revêtus d’une sorte de souveraineté qui était d’un grand poids dans l’esprit des
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