BÉNITE FLEUR D’INNOCENCE RARE
N’écoutez donc pas ces esprits ,
Qui traitent cette bonne reine D’ambitieuse, d’inhumaine.
Et d’autres termes de mépris.
On ne doit condamner sa vie,
Ny sur un très lugubre sort ,
Croyez qu’elle est en assurance Une fleur bénite en sa mort,
Mais fleur d’une rare innocence. 1
Le supplice de Brunehilde était un événement trop
1 Le Voyage littéraire des Bénédictins, p. 158, donne cette inscription telle quelle. Elle est évidemment inexacte.
historique pour laisser des doutes , mais sa mort étant racontée avec des particularités qui variaient selon les historiens, on résolut d’ouvrir son tombeau. Cette ouverture eut lieu le 25 août 1632, à 4 heures du soir, au milieu d’un grand concours. Des religieux de différents pays s’y trouvèrent , entr’autres deux Minimes de la place Royale de Paris, et Jacques Duval, de Saint-Bénigne de Dijon. Les trois monastères de Brunehilde y furent représentés par les deux abbesses de Saint-Andoche et de Saint-Jean , et par Nicolas de Castille , commendataire de Saint-Martin, accompagné de sa mère Charlotte Jeannin et de Jacques Anthouard , grand prieur de l’abbaye. Tout le clergé et les habitants de la ville assistaient à cette cérémonie, présidée par l’évêque Claude de Ragny. La pierre de marbre levée , on trouva dans un cercueil de plomb quelques ossements, un peu de cendre et de charbon - c’était tout ce qui restait de cette illustre reine. La présence de ce charbon confirmait la chronique de Saint-Bénigne , qui assurait que son corps avait été brûlé , et une molette d’éperon attestait l’affreux supplice.
Plus tard, en 1767, Cortois de Quincy, évêque de Belley, commendataire de l’abbaye , fit replacer ce tombeau dans l’église nouvellement reconstruite , près de la chapelle dédiée à Saint-Martin , à côté du chœur, et substitua aux inscriptions du moyen âge l’épitaphe suivante :