‹ Essai historique sur l'abbaye de Saint-Martin d'Autun de l'ordre de Saint-Benoît;Chapitre 34 sur 56 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Dispersion des moines de Saint-Martin. — Saint Hugon à Anzy.

Avant la destruction de l’abbaye ou plutôt par suite de ce désastre, les hommes d’élite réunis à Saint-Martin s’étaient dispersés dans la Bourgogne. Il n’en restait pas un seul lorsque Grégoire reprit la direction.

L’abbé Badilon était mort -, son neveu avait trouvé un asile à Vezelay, où les moines Bénédictins s’étaient établis l’année précédente. Sa qualité d’Aquitain lui fit confier une mission pour laquelle des relations antérieures avec le Midi étaient indispensables , et que la difficulté des temps ne rendait pas sans danger. 11 s’agissait d amener du fond de la Provence une de ces reliques que chaque

monastère tenait à honneur de posséder, et dont la possession était souvent une cause de guerre ou de pieux larcins.

Une tradition reçue dans presque toutes les églises de la Provence àSenez, à Alby, à Arles, à Fréjus, à Orange et même à Autun, attestait que Lazare, ami du Sauveur, Marthe et Marie, et Marie-Madeleine, chassés de Jérusalem par les Juifs , en haine du Christ, avaient été jetés dans une mauvaise barque et livrés à la merci des flots, sans voiles ni gouvernail. Ils avaient abordé au rivage de la Provence, où chacun d’eux laissa en différents lieux les traces de son passage et de son souvenir. Sainte Madeleine s était retirée dans la solitude de Sainte-Baume , où elle acheva ses jours, et ses reliques avaient été transportées à Aix dans l’église de Saint-Maximin. En 880, cette ville, exposée comme toutes celles du Midi aux fréquentes incursions des Sarrasins, se ressentait encore de leur passage, et était dans un état de ruine et de désorganisation.

Le moment était favorable pour tenter un coup de main sur ces reliques, convoitées ardemment par le fondateur et les religieux de Vezelay , et que les dangers des invasions avaient fait enfouir. Ils envoyèrent donc à Aix « un certain moine nommé Badilon, avec un nombre suffisant de frères pour en rapporter ces précieux restes. »

1 Voyez, sur ces traditions généralement adoptées par la critique ecclésiastique contre le sentiment de de Launoy, une brochure inti tulée : Essai sur l’apostolat de saint Lazare et des autres saints tutélaires de Provence; Paris, Adrien Leclerc, 1835;— et Natalis Alexandri Historia ecclesiaslica , I. 111, p. 176.

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Cette translation, dont il est ditiicile de nier l’exactitude historique , niais de laquelle on ne possède aucune relation précise, était racontée dans la légende du onzième nocturne des matines de l’église de Sens et de Vezelay , avec des détails merveilleux, plus conformes à la piété du temps où elle a été écrite qu’à la réalité ellemême.

« Badilon étant arrivé à Aix , se mit en prières et fit des » jeûnes pour réussir à enlever ce précieux trésor. Dieu » l’exauça, et il se sentit inspiré. Ce pieux voleur, s’ap- » prochant du tombeau , en cassa un morceau du côté » des pieds. 11 sortit de cette ouverture l'odeur la plus » agréable , et il aperçut le corps entier de sainte Made- » leine , les deux mains croisées sur la poitrine.

» Il ne s’agissait plus que d’enlever ces précieuses n reliques. A cet effet, Badilon convint, avec ceux de sa » suite , de se trouver le lendemain matin auprès du » tombeau. On s’y réunit en effet, et le corps saint tout » entier fut enlevé et placé sur une voiture. On partit ; le » chemin se fit très lentement jusqu’à un mille du mo- » nastère de Vezelay. Là le fardeau devint si pesant, qu’il » ne fut plus possible d’avancer.

» L’abbé et les moines, instruits de cet heureux suc- » cès et de l’approche de leurs frères, se hâtèrent d’aller » à leur rencontre processionnellement et en grande cé- )> rémonie. Arrivés auprès des saintes reliques , tous se » prosternèrent contre terre avec le plus profond respect, » priant Dieu avec instance qu’il permît que le corps de » l’amante de Jésus-Christ fût placé dans le monastère. » S’étant tous levés pour se mettre en marche, ceux qui » portaient le corps saint le trouvèrent si léger, qu'ils

» semblaient, en marchant, être portés eux-mêmes. On » le déposa dans l’église dédiée à la sainte Vierge et aux » apôtres SS. Pierre et Paul, jusqu’à ce que la basilique » qu’on lui bâtissait fût achevée (878). » 1

Badilon ne resta point à Vezelay ; il se retira à l’abbaye de Leuze en Cambrésis, où il devint abbé, et fut honoré comme saint.

Bernon porta la règle de saint Benoît à Baume-les- Messieurs2, fondée par saint Colomban au diocèse de Besançon, et tombée dans un relâchement extraordinaire ; il rétablit cette abbaye dans un tel état de prospérité, que bientôt elle fut capable de porter elle-même la réforme ailleurs.

A différentes fois des chevaliers et des familiers de Guillaume, duc d’Auvergne et d’Aquitaine, avaient visité Baume. De retour auprès du prince, ils avaient exalté la bienveillante hospitalité qu’ils avaient reçue et la régularité de l’abbaye. Depuis longtemps le duc méditait d’élever un monastère et s’inquiétait du lieu de cette fondation. Ce qu'il entendait raconter du mérite de Bernon l’engagea à le mander auprès de lui. Celui-ci,

1 Vezelay, par M. Flandiu , avocat-général à la cour royale de Poitiers. — Annuaire de l’Yonne , 1841 , p. 89.

Le voyage de Badilon est un fait attesté par plusieurs manuscrits des églises du Midi du XIIe siècle, et par les traditions de ces églises et de celle de Vezelay. Seulement la légende de cette dernière est évidemment exagérée , puisqu’une partie du corps de sainte Madeleine est toujours restée à Aix. Voyez, sur les faits et sur la controverse qui eut lieu entre Aix et Vezelay, les deux ouvrages cités plus haut.

2 Raoul Glaber, livre III, chap. V.

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accompagné d’Hugon qui se trouvait alors à Baume soit par hasard , soit à dessein , vint avec lui au rendez-vous donné par le prince. Il était alors dans un lieu couvert de forêts appelé Cluny, et s’y livrait aux exercices de la chasse. Ayant fait part de son projet aux deux moines, ceux-ci parcoururent les environs , sondèrent les bois et les vallées , et revinrent annoncer au duc qu’ils ne trouvaient aucun emplacement plus convenable que Cluny. Guillaume, dont ce choix troublait les plaisirs, semblait peu disposé à en faire le sacrifice; il alléguait la difficulté d’élever un monastère dans un lieu où il avait établi ses meutes et ses équipages de chasse.

« Ote tes chiens et mets-y des moines, lui répondit saint Hugon en souriant ; tu sais lequel te sera plus méritoire aux yeux de Dieu. »

« Tu as raison , mon père , dans ta simple franchise , reprit le duc avec joie; qu’avec l’aide du Christ il soit fait selon ton avis. » 1

Tels furent les faibles commencements de cet ordre de Cluny, qui devait couvrir le monde de ses monastères. Bernon en prit la direction en 915 et le gouverna onze ans. En 1669, deux religieux de Saint-Martin, visitant Cluny, virent ouvert le tombeau où reposait Bernon , et obtinrent une partie considérable de ses reliques. Cluny ne faisait qu’acquitter une dette en renvoyant ces restes sacrés au lieu d’où était venu son fondateur. Les moines autunois se trouvant un jour avec l’abbé de Cluny, Jacques de Guise , celui-ci leur dit qu’il possédait un manuscrit

1 Vita S. Hugonis.

renfermant de grandes choses à l’honneur de leur monastère ; ils en demandèrent communication , et l’abbé leur répondit : « Vous obscurciriez une partie de la gloire de Cluny, si je vous accordais votre demande. » 1

Après avoir séjourné quelque temps à Cluny, et assisté Bernon dans ses travaux, saint Hugon , laissant son ami élever les fondements d’un empire monastique, vint reprendre à Anzy la conduite de son modeste prieuré. La sainteté de sa vie lui attira bientôt la vénération universelle 5 on accourait des provinces voisines le consulter sur le choix des abbés et le gouvernement des monastères ; ses décisions étaient reçues sans contrôle. Le peuple , témoin de ses vertus , plaçait dans son intercession une confiance sans bornes ; il voyait en lui un médecin à tous ses maux, un adoucissement à toutes ses calamités. Ceux dont l’âme était troublée par leurs fautes lui confiaient leurs peines et s’en retournaient avec la paix2; les malades lui demandaient l’imposition des mains et recouvraient la santé. Un orage menaçait-il les récoltes , on accourait demander au saint ses prières, et les moines, la croix en tête , portant les reliques de leur église , sortaient implorer la miséricorde divine. Les animaux frappés de contagion étaient guéris par un signe de la croix ou par une goutte d’eau bénite de sa main. Les semences confiées à la terre n’auraient pas prospéré s’il

1 Notes manuscrites des archives de Saint-Martin. — Julien de Balleure parle d’un manuscrit de Cluny renfermant tout ce qui s’y était passé depuis la fondation; serait-ce celui de Jacques de Guise ?

2 Vita S. Hugonis.

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n’eût appelé sur elles les bénédictions du ciel'. En se prêtant à ces témoignages d’une foi naïve, il ne laissait pas d’adresser parfois aux habitants de la campagne de sévères reproches sur les restes de superstitions païennes qui régnaient encore parmi eux. Il leur interdisait , sous peine d’anathème, les incantations, les charmes, les sortilèges , la croyance à l’influence des astres , les fêtes païennes , les mascarades grotesques en usage aux calendes de janvier, et les feux allumés à la nativité de saint Jean-Baptiste1 2 * * 5. Ces rapports journaliers, qui avaient pour fondement la charité chrétienne , nous montrent quelle influence paternelle pouvait exercer un monastère au milieu des populations souvent grossières de la campagne. Ces pratiques, si minutieuses qu’elles puissent paraître , n’allaient à rien moins qu’à enraciner dans les esprits cette idée de providence trop souvent obscurcie par l’ignorance et les malheurs du temps. La morale évangélique rapprochait peu à peu les cœurs et élevait les intelligences-, à la longue elle atténua la barbarie, puis le servage ; chaque pas nouveau fait dans la vie chrétienne était un pas vers la civilisation.

Partagé entre ses travaux et la prière, saint Hugon était arrivé à l'entrée de cette route que doit suivre toute chair 0 .

1 Vita S. Hugonis.

2 Ibid. — Dans plusieurs villages du Morvan , la bénédiction des

semences est encore en usage le jour de la fête de certains saints po -

pulaires, accompagnée de cérémonies et d’offrandes caractéristiques. Il en était de même autrefois presque partout des Brandons de la Saint-Jean.

5 Vita S. Hugonis.

Sa vieillesse, couronnée .de cheveux, blancs1 2, l’avertissait qu’il devait bientôt quitter la terre. Il voyait approcher sa fin avec ce calme que possèdent seuls ceux pour qui la vie a été un sacrifice ou un devoir. En vain son corps brisé s’affaissait ; la foi rendait à son âme une énergie qui n’était plus dans ses organes. Il continuait de pratiquer des jeûnes austères et puisait dans la méditation la lumière et la force. Ses derniers jours furent consacrés à ses frères ; dans ces entretiens il leur fit diverses prédictions réalisées depuis. Une pensée de crainte et de tristesse semble avoir troublé ces expansions saintes où le zèle du pasteur conservait la voix de l’amitié. Les paroles de saint Hugon peuvent faire supposer qu’il partageait la croyance générale qui fixait à son siècle la fin du monde ; et son âme s’effrayait de la pensée des périls et des séductions qui devaient précéder la destruction finale. Les textes par lesquels l’Evangile et l’Apôtre ont annoncé ces jours sinistres et 'pleins de danyers où V iniquité abondera, où la charité sera froide-, lui revenaient sans cesse dans la mémoire. Il redoutait que la foi ne vînt à faillir dans quelqu’un de ses moines ; il leur recommandait avec instance un inviolable attachement à la croyance catholique. Pour les prémunir, il aimait à rappeler les préceptes de la règle, leur guide infaillible, et leur racontait quelque trait de la vie de saint Benoît ou de saint Maur, leurs premiers modèles.

1 Vita S. Hugonis. — Cycnæo capite decoratus.

2 Ibid. — Et erunt in novissimis diebus tempora periculosa. Et abundabit iniquitas , et refrigescel caritas multorum. [ Epist. II adThim. , chap. III. — Matth., chap. XXIV. ]

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Depuis trois années il avait cessé de s’occuper d’aucun soin terrestre. Pour que rien n’arrêtât désormais ses communications avec Dieu, il s’était retiré à l’écart dans une cellule construite hors du monastère. Enfermé comme les reclus dans cette prison volontaire1, il y redoubla ses larmes et ses prières. A la veille du carême, ses membres , frappés par le froid et la maladie , avaient perdu tout mouvement. Les moines , à chaque instant , craignaient que la mort ne vînt le surprendre-, lui, savait les rassurer, dissipait doucement leur tristesse, et ramenait le sourire dans ces derniers entretiens, en leur promettant de prier pour eux quand il serait arrivé à la gloire éternelle. A la fin de la sainte quarantaine, dans les réjouissances de la résurrection du Sauveur, son esprit s’arrêta plus fixément sur le jour de sa mort. On le vit souvent les mains élevées au ciel , les yeux baignés de larmes , dans un état d’extase 5 enfin , le 12 des calendes de mai 924 , son âme, affranchie de la glèbe du corps, selon l’énergique expression de la légende, s’envola vers le Christ. Il fut enseveli dans sa cellule -, on plaça sur son tombeau l’épitaphe suivante :

Vivere post obitvm testantvr hic ossa beati,

Hiccineres prodvnt vivere post obitvm.

Corpora dvm melivs moritvris spe réparant vr,

Qvàm privs extiterant corpora dvm melivs.

1 Le passage de la Vie de saint Hugon où il est parlé de sa cellule, et celui où l’auteur raconte l’aventure d’un homme appelé Théodebert, démontrent que saint Hugon vécut en reclus et que sa cellule était hors du monastère , et sans doute attenante à l’église.

Fvnctvs amore Dei, præstans pia dona petenti,

Dat bona credenti fvnctvs amore Dei.

His opibvs décorât tvmbam pernobilis Hvgo Omne qvod hvnc rogitat, his opibvs décorât. Gloria qvem refovet , sibi dat pro mvnere lavdem , Omnipotentis ovans gloria qvem refovet.

Die bona verba Deo tvmvlvm qvi cernis Hvgonis , Vt decet, omnis homo, die bona verba Deo.

Les vertus de saint Hugon , après avoir frappé la foule pendant sa vie, ne tardèrent pas à l’attirer à son tombeau. La foi se transportait alors au souvenir de ces hommes qui semblaient avoir spiritualisé le corps même et vaincu la matière. La mort, qui hâte la dissolution des corps, donnait aux leurs une force nouvelle , et miraculeusement conservés pendant des années , ils acquéraient le pouvoir d’opérer ces guérisons promises à la foi : « F ides tua te salvurn fecit. »

Une multitude de tout rang et de tout sexe apportait donc ses infirmités au tombeau du saint. « Un homme fut amené, raconte la légende, dans un charriot traîné par deux bœufs , jusqu’aux bords de l’Arconce. Infirme de naissance , il n’avait jamais eu l’usage de ses jambes, qui étaient nouées et repliées sous lui. La rivière était tellement débordée, qu’il était impossible de la traverser. Il envoya un de ses serviteurs porter un cierge au tombeau de saint Hugon , et, pour lui , il se mit en prières , demandant sa guérison avec ferveur. Il resta ainsi jusqu’au lendemain matin. Alors il sentit la vertu de Jésus- Christ opérer en lui par le mérite de saint Hugon , ses jarrets se délièrent, ses jambes s’étendirent, son corps se redressa. Dans ses mouvements de joie il secouait la

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portière de Vandrone1, criant de toute sa force qu'on lui ouvrît, et répétant le nom du saint. Tl fit délier un de ses bœufs, et l’envoya au monastère en action de grâces. » 2

« Un moine, nommé Adhémar, remplissait l’office de sacristain. Il reposait, selon l’usage, sur un petit lit , dans un coin de l’église où un grand nombre d’hommes et de femmes apportaient des cierges au tombeau du saint 5 il s’imagina, par avarice, de les éteindre et de les enlever aussitôt. Or, une nuit qu’il les avait soufflés selon sa coutume, l’église et lui se trouvèrent dans les ténèbres. Ne sachant plus comment sortir, il tâtonnait de tous côtés. Il finit par trouver la porte et appela des serviteurs qui lui rallumèrent son cierge 5 mais il n’y vit pas davantage, venant d’être frappé de cécité. Il se fit conduire au tombeau du saint et s’y jeta à genoux en implorant le pardon de sa faute. Tout-à-coup il vit briller par une petite fente du tombeau une étoile resplendissante dont les rayons lui faisaient baisser les yeux. Il redoubla de prières pour obtenir sa guérison ; mais Dieu , en différant de l’exaucer, voulut lui faire expier son avarice, car il resta un an sans y voir clair. Guéri alors de ses tromperies et de son infirmité , il racontait à qui voulait l’entendre ce qu’il avait appris à ses dépens. » 3

« Une si grande multitude d’infirmes se rendait au tombeau de saint Hugon pour y recouvrer la santé, qu’011

1 C’était la partie couverte du char. [ V. Du Gange. ]

2 Vita S. Hugonis.

3 Ibid.

y voyait un incroyable amas de béquilles et d’escabelles laissées par ceux qui s’en retournaient guéris ; de nombreux témoins, aujourd’hui vivants, peuvent l’attester. » 1 Ainsi s’accomplissait la promesse faite par le Sauveur, à ses disciples , de dompter en son nom les mauvais anges et les forces de la nature -, ainsi les saints ébranlaient ceux des païens qui étaient moins accessibles à la persuasion et les conduisaient à la foi par le prodige.

1 Vita S. Hugonis.

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