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Chose incroyable ! le fanatisme étouffa la plus puissante des affeciions, et des mères précipitèrent dans les brasiers de l'incendie le fruit de leurs entrailles. Quatre de ces innocentes victimes avaient déjà péri, lorsque les F'ançais, par des menaces et des prières, empéchèrent la continuation du sacrifice infernal. ,
Iberville, enchanté an pays des-Natchez, et convaincu que c'était la partie de la province qui convenait le mieux à l’établissement d’une colonie, traça le plan d’une ville sur une hauteur située au bord du fleuve et lui donna le om de Rosalie que portait la Comtesse de Pontchar'rain. Le 22 Mars, Iberville retourna au fort qu’il avait construit sur le Mississippi, et Bienville partit avec quelques Canadiens et un certain nombre Indiens, pour le pays des Yatassés qui habitaient la partie occidentale de lu Louisiane, et de là, 1 poussa ses explorations jusque parmi les Washitas et les Natchitoches. [Il n’acquit qu’une connaissance imparfaite du pays et n’entendit parler d’&ucun établissement espagnol daus le voisinage.
Sur ces entrefaites, Iberville partit pour France, afin d’y chercher de nouveaux secours et laissa à Bienville le commandement du fort qu’il avait fait construire sur le Mississippi. Jusqu'alors, les progrès de la colonie avaient été extrémemunt lents ; les colons ne pensaient qu'à étendre leurs décou-
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et d'argent ; la terre n’était pas cultivée, et c’est de St. Domingue que les colons recevaient leurs moyens de subsistance. Aussi, ils furent souvent en proie à la famine la plus horrible ; la maladie se joignit à la misère, et le nombre des colons diminua si rapidement, qu’en Décembre 1701, il y avait à peine cent cinquante personnes dans la province,
Telle était la triste situation de la colonie, lorsque Iberville revint avec deux vaisseaux de ligne et un brick qui portaient des troupes et une grande quantité de provisions. Mais il ne fit pas un long séjour parmi les colons, à qui il avait ainsi rendu la vie et l’abondance, et il repartit bientôt pour France. Pendant les années suivantes, la colonie éprouva encore une disette si cruelle que les habitans furent obligés de se séparer et de se répandre le long du Mississippi, pour vivre des produits de leur pêche, Ils allaient peut-être succomber à l’excès de leur misère, lorsque le gouverneur de Pensacoiu leur envoya des secours. y
Sauvolle lui-même n’avait pu survivre à tant de malheurs, et Bienville lui avait succédé comme gouverneur de la Louisiane, Les colons continuèrent, pendant plusieurs années, à trainer une vie pénible, et ils eurent encore le chagrin d’apprendre la mort de leur protecteur Iberville qui périt victime de la fièvre jaune à St, Domingue. Les Alibamons menaçaient continuellement leur
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existence, et leurs cœurs étaient attristés par les guerres ‘‘sribles des Chikasas et des Chactas qui se miashe.”::ont avec une férocité inouie. Enfin, en 4710, le gouvernement français, voyant que la prospérité de la Louisiane ne répondait pas aux espérances qu’il avait conçues, crut que cela était dû à l’impéritie des officiers qui s’y trouvaient, et résolut.de les changer. De Muys qui avait servi avec distinction au Canada fut nomme gouverneur général de la Louisiane, et le Baron d’Artaguette, commissaire ordonnateur. Celui-ci devait prendre des informations relatives à l’administration des gouverneurs precédens et faire son rapport au cabinet de Versailles. (Cette nouvelle expédition arriva au commencement de l’année 1711. La Louisiane avait alors repris une légère apparence de prospérité, parce qu’elle avait eu !: bonheur de recevoir, depuis peu, des approvisionnemens, de St. Domingue, la Martinique et la Rochelle.
Le gouvernement français qui avait d’abord cru que la Louisiane renfermait des mines aussi riches que celles du Pérou, ayant été déçu dans son attente, cessa d’envoyer des secours à la colonie. — Cependaut il permit à des aventuriers d’aller s’y établir avec leurs ressources particulières et faci lita les entreprises de ce genre. Car en Septembre 1712, une frégate arriva chargée de colons et de provisions que les colons s’étaient procurées à leurs propres frais: mais la frégate avait été
r les fournie par le gouvernement. Lorsqu’elle remit à 5 s qui la voile, d’Artaguctte y prit passage. Le départ | 4 enfin, du commissaire ordonnateur causa de grands re- } di ue la grets dans la colonie à laquelle il paraissait avoir à js aux prie le plus vif intérêt.
, était Les observations que d’Artaguetté avait faites,
ent, et Pavaient convaincu que Bienville n’aait pas assez
| servi de moyens à sa disposition pour faire prospérer la
erneur Louisiane et la rendre une possession importante
guette, | pour la France. En effet, la Louisiane était des-
rendre tinée à languir encore longtems sous l’administra-
on des tion inepte du despotisme. Mais dès que l'étoile
au ca- de la liberté parut sur l'horizon, il descendit un
édition | vent du ciel sur cette terre chérie, qui fit germer