‹ Essai historique sur la Louisiane [microforme]Chapitre 10 sur 39 · VOL. II. D · texte numérisé non relu

VOL. II. D

“ Pamour pur et sacré que nous portons à notre # mère patrie,et notre joie à la vue du drapeau fran- ‘“çais ne peut être égalée que par la douleur que “nous avons éprouvée, lorsqu'il s’éloigna de la # Louisiane. Nous sommes heureux d’avoir vécu as- ‘“sez longtems pour voir notre réunion à la France, 5 C’était l’objet de tous nos vœux et nos vœux sont “ accomplis.

Dans un siècle si fertile en grands évéremens, “il n’en est aucun qui ait présenté un spectacle plus “touchant que celui de la France, se souvenant, au ‘ milieu de ses trophées et de sa gloire, de ceux de ‘ ges enfans qui habitaient unc terre éloignée et qui 5 avaient cessé de lui appartenir par Ja faiblesse d’un ‘ gouvernement lâche et corrompu, et les appelant à “partager tous les fruits do cette révolution san- “ glante qui l’a placée à la tête des nations civilisées.

La proclamation du préfet colonial que la France ‘ nous envoie a rempli nos cœurs d’une douce émo- “tion et nous apprécions déjà le bonheur d’être re- “ devenus Français. Elle a choisi, pour nous gou- “ verner, ses citoyens les plus vertueux,et pour nous “ protéger, l'élite de ses troupes. Nous lui offrons “en retour pour tant de bicnfaits présens et futurs, ‘ amour ct ubéissance, et nous jurons de prouver que nous semmes dignes dé porter le nom français.

6 Nous ne craignons pas d'exprimer ici quelques “ sentimens de regret, en brisant les liens qui nous “ unissaient à l'Espagne. Elle s’est toujours occu-

«“ pée de notre prospérité avec une sollicitude vraiment maternelle. Nous ne pouvons nous en séparer ‘ sans lui en témoigner toute notre reconnaissance. La France n’en ajoutera.sans doute que plus de “prix à nos assurances de loyauté et de fidélité.” Tout était prêt pour le changement de domination et l’on attendait tous les jours l'arrivée de Victor qui devait prendre possession de la province, comme commissaire de la république française; chacun avait déjà sa cocarde tricolore et accusait de lenteur le moment désiré où il lui serait permis de la montrer, à la vue de la bannière espagnole faisant place au drapeau français, lorsqu'un navire parti de Bordeaux apporta la nouvelle que Bonaparte avait vendu la Louisiane aux Etats-Unis. Bonaparte,sentant qu’il allait soutenir une guerre longue et cruelle avec l’Angleterre et craignant qu’elle ne s’emparât de la Louisiane qu’il eut été impossible à la France de protéger contre la maitresse des mers, se décida à la vendre aux Etats- Unis qui d’ailleurs menaçaient de l’envahir, si la libre navigation du Mississippi no leur était pas accordée. L’histoire de la Louisiane par l’illustre Barbé Marbois contient sur le traité de cession des détails d’un si grand intérêt que j’ai cru devoir

‘en transcrire la partie la plus importante.

Bonaparte crut devoir s’éclairer, dit: cet auteur, avant de se détacher de cette acquisition, la seule qu’il n’eut point faite l’épée à la main et le fruit de

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ses propres négociations. Il voulut avoir l’avis de deux ministres qui avaient connu ces contrées, et à l’un desquels l’administration coloniale devait être familière. Il était dans l’usage de s’expliquer sans préparation et sans réserve avec ceux en qui il avait confiance,

Le 10 Avril 1808, il appela ses deux conseillers et leur parlant avec cette véhémence et cette passion.qu’il portait surtout dans les affaires politiques: ‘6 Je connais tout le prix de la Louisiane, dit-il, et 56 j'ai voulu réparer la faute du négociateur fran- ‘6 çais qui l’abandonna en 1763. Quelques lignes # d’un traité me l’ont rendue et à peine je l'ai re- ‘ couvrée que je dois m’attendre à la perdre. ‘ Mais si elle m’échappe, elle coutera plus cher ‘6 jour à ceux qui me forcent à m’en dépouiller qu’à ‘ ceux à qui je veux la remettre. Les Anglais ‘ ont successivement enlevé à la France, le Cass nada, l’Ile Royale, T'erre-Neuv e, l’Acadie, les “ plus riches parties de l'Asie. ‘ Ils travaillent ét # agitent St, Domingüe. Ils n'auront pas le Mis- ‘6 sissippi qu’ils convoitent. La Louisiane n’est ‘é rien en comparaison de leurs agrandissemens ‘ partout le globe, et cependant la jalousie que 4 leur cause le retour de cette colonie sous la domi- ‘ nation française, m’annoncé qu'ils veulent s’en ‘ emparer, et c’est ainsi qu’ils commenceront la ‘6 guerre. Ils ont vingt vaisseaux dans le golfe ‘ du Mexique; ils parcourent ces mers en souve-

SUR LA LOUISIANE. ai

4 rains, tandis que nos affaires à St. Domingue ‘ empirent chaque jour depuis la mort de Le Clerc. ‘6 La conquête de la Louisiane serait facile, s’ils ‘6 prenaient seulement la peine d’y descendre. Je ‘6.n’ai pas un moment à perdre pour la mettre hors ‘6 de leur atteinte. Je ne sais s’ils n’y sont pas ‘ déjà. C’est leur usage, et pour moi, si j’étais à ‘6 leur place, je n’aurais pas attendu. Je veux, s’il ‘6 enest encore tems, leur oter jusqu’à la pensée de ‘ posséder jamais cette colonie. Je songe à la ‘6 céder aux Etats-Unis. À peine même pour- ‘6 rai-je dire que je la leur cède, car elle n’est point ‘ encore en notre possession. Pour peu que je ‘6 Jaisso de tems à nos ennemis, je ne transmettrai ‘6 qu’un vain titre à ces républicains dont je re- ‘6 cherche l’amitié. Ils ne me demandent qu’une ‘6 ville de la Louisiane; mais je considère déjà la ‘6 colonie comme perdue tout entière, et il me ‘6 semble que dans les mains de cette puissance ‘6 naissante, elle sera plus utile à la politique et ‘6 même au commerce de la:France, que si je ten- ‘6 tais de la garder. Dites m’en l’un ct l’autre ‘6 votre pensée.”

L'un de ces deux ministres avait servi dans l’armée auxiliaire envoyée par la France aux Etats- Unis peudant leur révolution. L’autre avait pendant dix ans rempli des fonctions publiques, soit comme secrétaire de la légation française près du congrès, soit comme administrateur de St.

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‘6 Il ne faut pas hésiter, dit ce dernier, à faire le ‘6 sacrifice de ce qui va nous échapper. La guerre ‘6 contre l’Angleterre estinévitable; pourrons nous ‘6 défendre la Louisiane contre cette puissance avec ‘6 des forces navales très inférieures? Les Etats- ‘6 Unis, justement mécontents de nos procédés, ne ‘6 nous offrent pas un seul havre, pas un asile en ‘cas de revers. Ils viennent, il est vrai, de se ‘6 réconcilier avec nous, mais ils sont en querelle ‘6 avec le gouvernement espagnol, et ils menacent ‘6 la Nouvelle-Orléans dont nous n’aurons qu’un ‘6 moment la possession. Au tems de la décou- ‘6 verte de la Louisiane, elle n’eut que des voisins ‘6 aussi faibles qu’elle; aujourd’hui ils sont puis- ‘ sants et elle est encore dans l'enfance. Le pays ‘6 est à peine habité ; vous n’y avez pas cinquante ‘6 soldats. Où sont vos moyens d’y envoyer des ‘ garnisons? Pourrens-nous relever les fortifica- ‘6 tions ruinées, construire une longue chaîne de ‘6 forts sur une frontière de 400 lieues? Si l’An- ‘6 gleterre vous laisse:entreprendre ces choses, c’est ‘ parcequ’elles tariront vos ressources, et elle vous ‘é verra avec une joie secrète vous épuiser par des ‘6 efforts qui ne profiteront qu’à elle. Vous enver- ‘6 rez uneescadre; mais pendant qu’elle traversera 66 les mers, la colonie aura succombé et. l’escadre ‘6 à son tour sera en péril. La Louisiane est ou- ‘6 verte aux Anglais, du côté du Nord par les ‘6 grands lacs; et si au midi, ils se montrent aux

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embouchures du fleuve, la Nouvelle-Orléans tom- ‘6 bera aussitôt en leur pouvoir. : Qu’importe aux 66 habitans à qui ils resteront soumis si leur pays ne 66 doit pas cesser d’être une colonie? Cette con- ‘6 quête serait éncore plus facile aux Américains; ‘6 ils arrivent au Mississippi par plusieurs rivières ‘6 navigables, et pour être‘maîtres du pays, il leur ‘6 sufira d’y entrer. L’un de ces deux voisins

-44 croît chaque jour en industrie et en population,

‘6 et l’autre à des moyens maritimes suffisans pour 66 s’emparer de tout ce qui peut agrandir son com- 66 merce. La colonie existe depuis plus d’un siècle, ‘et malgré des efforts et des sacrifices de tout ‘ genre, les derniers recensemens attestent sa fai- ‘ blesse. Si devenue colonie française, elle prend ‘ des accroissemens et de l’importance, il y aura ‘ dans sa prospérité même un germe d’indépen- + dance qui ne tardera pas à se développer. Plus ‘6 elle fleurira, moins nous aurons de chances de la ‘6 conserver. Rien h’est plus incertain que le sort ‘ à venir des colonies des Européens en Amérique. ‘ Le droit exclusif que les métropoles exerçaient ‘ sur ces établissemens éloignés ost de jour en jour ‘ plus précaire. Les peuples sont comme humi- “liés d’être dans la dépendance d’un petit pays ‘6 d'Europe et s’en affranchissent aussitôt qu’ils ont ‘6 le sentiment de leur force.

‘6 Les Français ont tenté d’établir des colonies ‘ dans diverses parties de l'Amérique. Partout

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‘6 leurs essais ont avorté. Les Anglais sont pa- ‘6 tients, laborieux; ils ne: redoutent point la soli- ‘6 tude et le silence des pays nouvellement défrichés. ‘6 Le Français, spirituel, actif, veut de la société: 66 ilaime à s’entretenir avec des voisins. Ilselivre ‘6 volontiers à des essais; maïs au premier contre- ‘6 tems, il quitte la bêche ou la hache pour devenir ‘ chasseur.” Le premier consul, interrompant ce discours, demanda comment il se faisait que les Français, incapables de réussir dans une colonie continentale, eussent toujours fait des progrès dans les Antilles. ‘‘ C’est, lui dit le ministre, parceque ‘6 les esclaves font tout le travail. Les blancs que ‘la chaleur épuiserait bientôt, ont toujours la ‘4 vigueur de tête et de corps nécessaire pour diri- ‘6 ger.—Je suis de nouveau, dit le consul, irrésolu ‘4 touchant le maintien ou Pabolition de l'esclavage, ‘6 Par qui la terre est-elle cultivée à la Louisiane? ‘ —L’esclavage, dit le ministre, a peuplé la Loui- ‘ giane de la moitié de ses habitans. On a commis ‘une imprudence inexcusable en donnant sou- ‘ dainement aux esclaves de St. Domingue une ‘ liberté à laquelle ils n’avaient pas été préparés. ‘ Les blancs ct les noirs ont été victimes de cette ‘6 grande faute. Mais, sans examiner aujourd’hui, ‘ comment il conviendra de la réparer, reconnais- ‘ sons que les colonies où l’esclavage est conservé, ‘ sont plutôt à charge qu’utiles à la France. En ‘ même tems, néanmoins, gardons nous de les

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‘6 abandonner. Elles n’ont pas les moyens de se ‘ gouverner elles-mêmes. Les créôles sont Fran- ‘6 çais, ils ont été encouragés à ces cultures, à ce ‘5 régime qui f@t aujourd’hui leur malheur. Pré- ‘ servons les de ‘nouvelles, calamités. (C’est à ‘6 nous à pourvoir à leur défense, à l’administration ‘ de la justice et aux soins du gouvernement. 56 Mais à quoi bon vous jeter dans des embarras ‘6 encore plus r"ands à la Louisiane. Vous y met- ‘6 triez les lois coloniales incessamment aux prises ‘6 avec celles de la métropole. D’ailleurs, il est ‘6 un autre genre de servitude dont cette colonie a ‘6 perdu l'habitude, c’est celle du régime exclusif. ‘6 Espérez-vous la rétablir daus un pays qui con- ‘6 fine à celui où le commerce jouit de la plus + grande liberté? Le règne des lois prohibitives ‘6 est fini, quand une population nombreuse a résolu ‘6 d'en’ secouer le joug. D’ailleurs, les produits ‘6 si longtems possédés exclusivement par quel- ‘ ques peuples commerçants, cessent d’être privi- ‘élégiés. On cultive partout la canne à sucre et ‘le caféger, et on les cultive à peu de frais. ‘6 Chaque peuple entend récolter pour son prepre ‘6 compte toutes les denrées propres à son terri- ‘6 toire et à son climat. Il y a sur le globe, entre ‘6 les tropiques, des terres mille fois plus étendues ‘6 que nos îles et susceptibles des mêmes cultures. ‘6 Je monopole est devenu impossible, et les Loui- ‘6 gianais ne souffriront pas qu’il enchaine leur

‘6 commerce. Voudriez vous à main armée domp- ‘6 ter les résistances? Les mécontents trouveront ‘6 de P’appui dans le voisinage et vous rendrez enne- ‘6 mis de Ja France les Etats-UnB, avec lesquels ‘ des intérêts réciproques doivent nous lier pour ‘ des siècles. N’espérez aucun attachement des ‘6 Louisianais pour votre personne. Ils rendent ‘6 hommage à votre renommée, à vos exploits, mais ‘ Pamour des peuples n’est que pour les princes ‘6 qu’ils regardent comme les auteurs de leur féli- ‘6 cité, et quelle que soit votre sollicitude à cet ‘6 égard, elle sera longtems et peut-être à jamais ‘6 stérile. Ces colons ont perdu le souvenir de la 66 France; ils sont de trois ou quatre nations diffe- ‘6 rentes, et à peine cgardent-ils la Louisiane ‘6 comme une patrice. Des lois qui varient sans ‘6 cesse; des chefs qui ne peuvent connaître ceux ‘6 qu’ils vont gouverner et qui n’en sont point con- ‘6 nus; des changemens opérés au gré des intérêts ‘ mobiles de la métropole ou de l’inexpérience des ‘6 ministres; le danger continuel de devenir parties ‘6 belligérantes dans des querelles qui leur sont ré- ‘6 ellement étrangères, telles sont les causes qui, ‘6 depuis cent ans, ont éteint dans les cœurs tout ‘6 sentiment d’affection envers des maîtres éloignés ‘6 de deux mille lieues, qui les échangeaient ou se ‘6 les transmettaient comme un effet de commerce. ‘6 Pour qu’il existe une patrie et des citoyens, il ‘6 faut qu’au sentiment du bien-être se joigne la

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‘6 certitude de sa stabilité. Les Louisianais, en ‘6 apprenant qu’ils rrdevenaient Français, se sont ‘6 dit: ce changement n’aura pas plus de durée que ‘les autres. (Citoyen consul, vous qui, par un ‘ des premiers aotes de votre gouvernement, avez ‘6 assez fait voir l’intention de donner ce pays à la ‘6 France, si vous renoncez à le garder, il n’y a ‘6 personne qui ne convienne que vous ne faites que 4 céder à Ja nécessité, et bientôt nos commerçans ‘6 eux-mêmes reconnaîtront que la Louisiane libre 46 leur offre plus de chances dé profit que la Loui- ‘6 giane soumise au monopole. Des comptoirs sont ‘6 aujourd’hui préférables à des colonies, et, même ‘6 à défaut de comptoirs, laissez faire le commerce.

‘6 L’autre ministre fut d’un avis entièrement op- ‘6 posé. Nous sommes encore en paix avec l’An- 66 gleterre, dit-il, la colonie vient de nous être cédée, 66 ji] dépend du premier cônsul de la conserver. Il ‘6 ne serait pas de sa sagesse d’abandonner dans la ‘6 crainte d’un danger douteux, le plus important ‘6 établissement que nous puissions former hors de 66 Ja France, et de nous en dépouiller sans autre ‘6 cause que la possibilité d’une gucrre: autant et # mieux vaudrait qu’elle nous fut enlevée par les armes. Si la paix cst maintenue, la cession ne ‘6 pourra être justifiée, et cet acte prématuré d’une ‘6 inquiétude mal fondée scra le sujet des plus vifs ‘6 regrets. La conservation sera au contraire pour 46 ]e commerce et la navigation une ressource d’un

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‘é prix inestimable, et dans nos provinces mari- ‘ times, le sujet d’une joie universelle. Les avan- ‘étages que nous avons retirés des colonies sont ‘ encore présens à tous les esprits. Dix villes «‘ florissantes ont été créées par ce commerce, et ‘ cette navigation, cette opulence, ce luxe qui em- ‘ bellissent Paris, sont les effets de l’industrie “ coloniale. Point de marines sans colonies; point ‘ de colonies sans une marine puissante. Le sys- ‘ tême politique de l’Europe ne se conserve.que ‘6 par uno résistance habilement combinée de plu- ‘ sieurs contre un seul. Elle est nécessaire à la ‘6 mer comme à la terre, si on ne veut subir la ‘6 tyrannie d’une domination universelle du com- ‘6 merce et la perte des avantages immenses d’une éé navigation libre. Vous ne la subirez point, ‘6 vous ne reconnaitrez point par votre résignation ‘6 que l’Angleterre est maîtresse souveraine des 6 mers, qu’elle y est invulnérable et qu’on ne peut ‘6 posséder des colonies que sous son bon plaisir. 66 Ce n’est pas à vous qu’il convient de redonter 66 les rois d'Angleterre. S'ils s’emparaient de la 6 Louisiane, comme on voudrait vous le faire ‘6 craindre, le Hanovre serait aussitôt dans vos ‘6 mains un gage certain derestitution. La France ‘ privée de sa marino et de ses Colonics est dépouil. 66 lée de la moitié de sa splendeur et d’une grande ‘6 partie de sa force. La Louisiane peut nous dé-

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#6 d'Amérique én fait une des plus commerçantes

‘du monde. +Le Mississippi n'y arrive qu’après ‘s avuir reçu vingt autres rivières dont plusieurs ‘ surpassent'en grändeur les plus beaux fleuves de ‘l'Europe. Le pays.est enfin connu; lès princi- ‘5 pales découvertes sont faites, les dépenses n’ont ‘6 pas été épargnées: l'Espagne surtout en a fait 66 de grandes. , Des forts existent, des terres fer- ‘ tileset propres aux plus riches cultures sont ‘6 déjà en plein rapport; d’autres n’attendent que ‘6 des bras, et-cette colonie ouverte à l’activité des ‘6 Françaisles passes bientôt de la parte ‘« de Pinde,

# Le climat est lé même que celui de l’Indostan, ‘é ctil n’y a que le quart du chemin. La naviga- 5 tion aux Indes en doublant le cap de Bonne Es- ‘6 pérance, a changé la marche du commerce de 66 J’Europeet ruiné Venise et:Gènes. Que sera-ce ‘6 ai l’isthme de Panama, si un simple canal s’ouvre ‘6 un jour pour passer d’un océan dans l’autre ? ‘6 Alors la révolution qu’éprouvera la navigation ‘ sera encore plus. grande, et le tour du monde ‘ deviendra plus facile que les grands voyages ‘6 d'aller et de retour que l’on fait aujourd’hui.

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