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civiles, maintenant en vigueur dans le territoire d’Orléans, avec des altérations et amendemens adaptés à la forme actuelle du gouvernement.” Quoique le code Napoléon eut été promulgué en 1804, il n’en était pas encore parvenu une copie à la Nouvelle-Orléans. Cependant les deux membres du barreau auxquels un travail immense avait été imposé, avaient connaissance du projet du code Napoléon, et non seulement ils en adoptèrent l’arrangement des matières, mais en copièrent littéralement une grande partie. (Ce projet n’était nécessairement qu’une esquisse du code qui devait le suivre, mais il présentait néanmoins une ample source de richesses, supérieure à toutes les autres où l’on aurait pu puiser. Malheurcusement, la législature ne l’adopta pas comme un système qui dut exister par lui-même et indépendamment des lois antérieures de la colonic. Elle se contenta de rappeler toutes les anciennes lois qui seraient contraires aux dispositions du nouveau digeste. Ainsi la jurisprudence espagnole continua d’être consultée, comme étant encore celle du pays, et le fuero viejo, le fuero juezgo, les partidas, les recopilaciones, les lois des Indes, les autos accordados, conservèrent leur empire, quoiqu'il fut extrêmement difficile de s’en procurer des exemplaires. Personne n’en avait une collection complète et quelques uns de ces ouvrages avaient même entièrement disparu. Pour expliquer les gothiques commentateurs espagnols, il fallait souvent avoir recours au corps
de la loi civile et à ses commentateurs. Lorsque après avoir remué cette vieille poussière, on s’apercevait que l’obscurité s’épaississait au lieu de se dissiper, on invoquait des autorités plus modernes, telles que Pothier, D’Aguesseau et Dumoulin. Chaque fois qu’il fallait instruire une affaire de quelque importaiice, les tribunaux voyaient s’élever dans leur sein de petites pyramides de bouquins dont la similitude avec la tour de Babel n’était que trop frappante. Toutes les cours étaient munies d’un interpréte de la langue française, espagnole et anglaise, qui traduisait les témoignages et tout ce qui était présenté en preuve, ainsi que les instructions données par le juge au juri; mais les discours des avocats n’avaient pas cet honneur. A cotte époque, nos tribunaux offraient l’aspect le plus singulièrement ridicule. , L’avocat parlait-il en Français? (Ceux des jurés qui ne le comprenaient pas obtenaient la permission d’aller se promener sous Îa galerie de la cour. Adressait-il la parole en Anglais au juri? Ceux de ses membres qui ignore:ent cette langue, allaient à leur tour se délasser hors de la cour. Les plaidoyers étaientils terminés, tous les jurés reprenaient leur place. La cour leur donnait ses instructions, et ils se retiraient ensuite dans la chambre de leurs délibérations. Les argumens qu'ils avaient entendus étaient souvent très différens, et cependant il fallait qu’ils arrivassent à la même conclusion, On dis-
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cutait long-tems et on rapportait enfin un verdict. Il faut bien finir par s'entendre.
Le 27 Décembre 1807, une motion avait été faite dans la chambre des représentans des Etats- Unis, pour que le président fut requis d’ordonner uné cour d’enquête, chargée de prendre connaissance de la conduite de Wilkinson que l’on soupçonnait d’être aux gages du gouvernement espagnol depuis plusieurs années. Wilkinson, informé de cette motion, sollicita lui-même la formation d’une cour d’enquête et rbtint ce qu’il désirait. Cette cour après avoir siégé jusqu’au mois de Juin 1808, fit un rapport favorable au général et ce rapport fut approuvé par le président des Etats-Unis.
Dans cet intervalle, les relations entre lea Etuts- Unis et la Grande Bretagne avaient pris un aspect tellement hostile que l’on supposait inévitable une rupture entre ces deux puissances. Comme il était probable que la Grande Bretagne qui avait des forces considérables dans les Indes occidentales chercherait à s’emparer de la Nouvelle-Orléans, le président ordonna à Wilkinson de prendre immédiatement les mesures nécessaires pour concentrer à la Nouvelle-Orléans, ou dans ses environs, autant de troupes qu’il serait possible. Le troisième, le cinquième et le septièrie régiment de l’armée des Etats-Unis, un bataillon composé de quatre compagnies du sixième régiment, et quelques compagnies de dragons, d’artillerie légère et de carabiniers
furent mis sous son commandement. Wilkinson s’embarqua à Baltimore le 24 Janvier 1809 et toucha à Annapolis, Norfolk et Charleston pour accélérer le mouvement des troupes qui étaient sous ses ordres. Il se rendit ensuite à la Havane, en vertu d’une mission spéciale qui lui avait été confiée envers le capitaine général de l’île de Cube.
Le 9 Février, le congrès passa une loi autorisant le président à étendre le canal Carondelet jusqu’au
Mississippi, s’il le jugecît praticable et s’il croyait
que cette mesure conduirait à la sureté et à la défense de la ville de la Nouvelle-Orléans, en ouvrant une communication sure du lac au fleuve pour les chaloupes canonnières. I fut fait pour cet ouvrage une appropriation de vingt-cinq mille piastres.
Le 14 de Mars, James Madison succéda comme président des Etats-Unis, à Jefferson dont la brillante et heureuse admisistratinn avait si puissamment contribué à la prospérité du pays, et s’était surtout immortalisée par l’acquisition de la Louisiane.
Wilkinson se rendit de la Havane à Ponsacola et arriva à la Nouvelle-Orléans, le 19 Avril. HE n’y trouva qu'environ deux mille hommes dont un tiers était malade. Wilkinson, après avoir passé quelque tems à parcourir les environs de la Nouvelle-Orléans pour reconnaitre l’endroit le plus favorable au campement des troupes, sous le rapport de la salubrité et comme point d’opérations
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en cas d’attaque, se décida à les transporter à huit milles au dessous de la ville, à l’entrée du chemin qui conduit à la Terre-aux-Bœufs.
.… Cette année, le territoire reçut un accroissement considérable de population par Parrivée de 5797 personnes qui avaient abandonné Pile de Cube où elles s’étaient établies après lu révelution de St. Domingue. De ces 5797 persunnes, 1928 étaient blanches, 1978 de couleur et libres, et 1990, esclaves. Expulsées de l’île de Cube, elles venaient chercher un refuge assuré sur la terre hospitalière de la Louisiane qui a toujours été l’asile de toutes les infortunes.
A peine les troupes s’étaient-elles établies à la Terre-aux-Bœufs que Wilkinson reçut un ordre péremptoire de les transporter aux Natchez et au fort Adams, à l’exception de celles qui depuis longtems servaient de garnison à la Nouvelle-Orléans et occupaient le fort St. Philippe.
La difficulté de trouver des bateaux, et d’autres circonstances imprévues empêchèrent les trouves de se mettre en marche, avant le 15 de Septer .bre et il leur fallut quarante-sept jours pour arriver au lieu de leur destination. 11 était Sangereux de les mettre en mouvement dans cette saison qui est ordinairement si fatale aux étrangers. L'événement le prouva. Sur neuf cent trente-cinq bimmes qui remontèrent le fleuve, six cent trente-huit tombèrent malades et deux cent cinquante saccombèrent à l'épidémie.
Quoique le rapport de la cour d’enquête cut été favorable à Wilkinson, cela n’avait pas entièrement détruit l’opinion généralement répandue qu’il avait reçu du gouvernement espagnol à la Louisiane de fortes sommes d’argent pour aider à détacher des Etats atlantiques les Américains de l'Ouest. Clark, qui siégeait au congrès comme délégué du territoire, y avait, cn 4807, hautement accusé Wilkinson do trahison, et avait, sous la foi du serment, déposé de l'existence de plusieurs faits qui soutenaient son accusation! Depuis, il avait publié un exposé de diverses transactions aux quelles Wilkinson avait pris part et y avait annexé un grand uombre de documens authentiques, dont il prétendait tirer la preuve irréfragable que le général avait été aux gages de l'Espagne et complice de Burr qu’il avait trahi, lorsqu’il s'était aperçu que son.entreprise allait manquer. La publication de Clark réveilla les soupçons dans tous les esprits et produisit la conviction dans quelques uns. Les ennemis de Wilkinson attribuèrent à son inconduite le désastre qui venait de frapper les troupes placées sous ses ordres, ct les clameurs devinrent enfin si fortes et si générales qu’il fut jugé à propos de le rappeler au siége du gouvernement. Wade Hampton qui lui succéda, prit le commandement des troupes, le 19 Décembre, À cette époque, olles étaient diminuées de moitié par les maladics.
La troisième législature territoriale ouvrit sa première session, le 6 do Février 1810, et ajourna vers
ut été la fin de Mars. L’acte le plus important qu’elle itière- 4 passa fut le décret d’une somme de vingt mille
e qu’il { piastres pour Pétablissement d’un collége.
Loui- { Un recensement de la population du territoire fait à dé- ‘ cette année par le marshall des Etats-Unis,en vertu ins de | d’un acte du congrès, donna le résultat suivant: nb | La ville, les faubourgs et la banlieue de tement | G la Nouvelle-Orléans... 24, 552 s la foi Plaquemines,..s.sssssssssosesssseeoosocvece 49 549 rs faits St. Bernard,sssssssesossosssessosssesesoosse 49020 lavait | St. Charlesissssssosessosseseoresseneosesnese 33201 ss À St. Jean Baptiste, 2990 ee” | St. Jacques,....sssssossossonsseoces 3,955 8, dont ASCENSiON, ssovoossoressooosssooessocossooes 29 219 que. le AssomptioOns.essssososononosonosoosvossecseses 2,472 et com-
9 £tai Lafourches....s.ssosososoossoooessnecoose 41,995 HORS Tbervillessssnsssesensennennsss 5679 a | Baton Rouge,ss.ssssesssssssosoososososssse 1,463 de st 1 Pointe-COUPéeesssssressosssssssssseeses ày 539 D: à à Concordinse.memersennns 2,895 per les | Ouachitaisosssossssossosoonsosssessssssosses 4,077
Rapidess..ssssssssosesefosssonossessosssesesee 2200 Catahoula,.ssssssooensossoossoesosoocossse 1,164 Avoyelless...ssssssssoecsooooononseseososse 1,208 Natchitoches,...sssssssscosoosssosssoosses 2870 OPPClOUSSAG, ere oo vos soroocosserssee 5048 ATAKAPAS, revers vonosossscoposcssouses 7: 369
rs det jugé ement.
andepoque, ladies.
sa prea vers VOL. II. Kk
Total... 76,556
Le district de Baton Rouge qui avait été inclu dans ce recensement, comme faisant partie du territoire d'Orléans, venait de tomber entre les maïns d’an certain nombre de citoyens des Etats-Unis qui s’étaient établis dans les environs de St, Francisville et qui, de concert avec des citoyens du territoire du Mississippi, avaient marché en corps sur le fort de Baton Rouge. Delassus qui le commandait, n’ayant qu’une poignée d’hommes sous ses ordres, ne put leur résister. Les habitans du district de Baton Rouge dont une grande partie se composait d’émigrés des Etats-Unis, envoyèrent des délégués à une convention qui s’assembla à St. Francisville et qui, après avoir déclaré leur indépendance du gouvernement espagnol, procédèrent à la formation d’une constitution et à l’élection d’un gouverneur, Leur choix tomba sur Fulwar Skipwith.
Dès que le président fut informé de cet événement, il lança le 16 Octobre, une proclamation par laquelle il faisait connaitre que tout le territoire au sud du trente et unième dégré de latitude nord et à l’est du Mississippi, jusqu’à Rio Perdido, avait toujours été réclamé par les Etats-Unis, comme leur proprieté en vertu du traité du 50 Avril 1803, quuiqu’ils n’en eussent pas encore pris possession, et quoique, jusqu’au moment actuel, ils eussent paisiblement attendu l’effet de leurs négociations . avec la cour d’Espagne. Il ajoutait qu’un nouvel erdre de choses nécessitait une nouvelle conduite
aclu rriains qui 1ciserriur le dait, jres, ct de osait gués gville ce du ation
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de la part du gouvernement américain et qu’ey temporisant davantage, il sacrifierait ses intérêts les plus chers: Le président terminait en disant que, par les raisons fortes et puissantes qu’il avait alléguées, il jugeait nécessaire de s’emparer du territoire auquel les Etats-Unis avaient droit. En effet, il ordonnait à Claiborne d’exécuter le vœu du gouvernement et d’exercer dans cette partie de la province, dès qu’elle serait américaine, toute l'autorité et les fonctions incidentes à sa place de gouverneur du territoire d’Orléans. Il recommandait au peuple de respecter le nouveau chef qui lui était donné, d’obéir aux lois et de vivre en paix et en bonne harmonie sous la protection des Etats- Unis qui lui assuraient les bienfaits de la liberté et lui garantissaient la jouissance de ses propriétés et le libre exercice de sa religion.
Au mois de Mai précédent, Claiborne avait obtenu la permission de sortir des limites de son gouvernement pour aller visiter les Etats de l'Est, et pendant son absence, Thomas B. Robertson, le secrétaire du territuire, avait rempli ses fonctions. Claiborne était en route pour retourner à la Nouvelle-Orléans, lorsque la proclamation du président parut. Ayant appris par. elle les devoirs qui lui étaient imposés, il s’arrêta aux Natchez et obtint du gouverneur Holmes un détachement de milice du territoire du Mississippi. Aussitôt, il se porta sur St. Francisville où il arbora sans ré-
sistance le pavillon américain, le 7 Décembre, en signe de prise de possession, et les habitans se soumirent avec joie à son autorité. Claiborneannonça cet événement par une proclamation, et divisa cette nouvelle partie du territoire d'Orléans en six paroisses: Féliciana, Est Baton Rouge, Ste. Hélène, St. Tammany, Biloxi, et Pascagoula.
Les Américains ne poussèrent point leur prise de possession jusqu’à la Mobile, et ne firent aucune démonstration hostile envers le fort Charlotte qui était occupé par une garnison espagnole. Car Claiborne avait donné l’ordre exprès de ne s’emparer par force, dans cette partie du territoire, d’aucun poste où il y aurait une garnison, quelque faible quelle fut.
Wilkinson qui avait reçu l’ordre de se rendre au siège du gouvernement, y arriva vers le45 Avril. Il y trouva deux comités de la chambre des représentans chargés de s’enquérir de la cause de la grande mortalité qui avait régné. parmi les troupes des Etats-Unis, l’année précédente, sur le Mississippi, de scruter sa vie publique et d’entrer dans un examen des soupçons qui jetaient du louche sur son caractère. Pendant que l’attention de la chambre était ainsi fixée sur Wilkinson, le pouvoir executif jugea convenable de suspendre toute procédure contre lui.. Le congrès s’ajourna sans qu’aucun des comités eut fait son rapport. À la session suivante, le premier comité fit un rapport qui ne blamait en rien la conduite de Wilkinson. L’autre
re, en e sounonça , cette iX paélène,
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dre au rril. Il résenrrande ès des ssiPPi n exaur son ambre recutif édure aucun n suie bla- Pautre
sans exprimer aucune opinion, soumit à la chambre toutes les pièces d’évidence qui lui avaient été pré-
sentées. La chambre s’abstint de prononcer sur
la question et se contenta de la référer au président des Etats-Unis, en ordonnant que tous les documens qu’elle avait eus par devant elle, lui fussent remis.
Claiborne arriva à la Nouvelle-Orléans, au commencement de Janvier 1811 pour assister à la seconde session de la troisième législature territoriale. Mais un événement imprévu le força de la proroger jusqu’au quatrième Lundi du même mois.
Les esclaves d’une habitation située dans la paroisse St. Jean Baptiste sur la rive gauche du fleuve, à environ trente-six milles de la Nouvelle- Orléans, se révoltèrent et entrainèrent dans leur insurrection les ateliers de plusieurs habitations voisines. Les insurgés se dirigèrent vers la ville en suivant le bord du fleuve, et, battant le tambour pour appeler les noirs sous leurs drapeaux, ils employaient la violence envers ceux qui ne voulaient pas se joindre à eux de bon gré. Avant qu’on eut eu le tems de marcher à leur rencontre, ils incendièrent plusieurs édifices et massacrèrent quelques planteurs. (On n’a jamais su exactement leur nombre, mais il est probable qu’il se montait à cinq cents hommes. La milice de la paroisse St. Jean Baptiste et celles des paroisses environnantes furent bientôt sous les armes. Le major Milton descendit
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de Baton Rouge avec la troupe de ligne qu’il avait sous ses ordres et le général Hampton qui était alors à la Nouvelle-Orléans, remonta le fleuve avec les troupes qui formaient la garnison de la ville. Avant leur arrivée, üne légère attaque des habitans avait suffi pour mettre les noirs en déroute. Soixante-six furent tués sur le terrain et le reste chercha un refuge dans les bois. Seize de ceux qui. furent pris, furent envoyés à la Nouvelle- Orléans, où ils furent mis en accusation, trouvés coupables, condamnés à être pendus et exécutés. Leurs têtes furent suspendues à des poteaux élevés tout le long du fleuve jusqu’à l’habitation où l’insurrection avait pris naissance, Plusieurs cadavres découverts peu de tems après dans les cyprières, prouvèrent que plusieurs des noirs,en fuyant;avaient emporté des blessures et la mort. Pour assurer la tranquillité et pour apaiser les alarmes, une partie des troupes de ligne et de la milice, resta campée pendant un tems considérable, dans le voisinage du théâtre de la révolte. .Ces craintes n’étaienticependant pas fondées; car le revers que les nègres avaient éprouvé en débutant dans la carrière du crime, les avait glacés de terreur. Le nègre n’est naturellement pas méchant et il est incapable de persévérer et de réussir dans un dessein qui demande aucune puissance de combinaison dans Pesprit et aucune énergie dans le cœur. Aussi, le danger que l’on représente comme menagant les habita::s de cette partie de l’Amérique continontale
avait était | avec ville.
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où règne l’esclavage est-il tout-à-fait idéal! Outre que les nègres se trouvent dans l’impossibilité absolue de se procurer des armes, ils éprouveront toujours à l’aspect d’un blanc armé cette terreur involontaire q i est le résultat d’une longue habitude d’obéissance et de ces ‘impressions indélébiles qu’ils reçoivent dès lenfance, et qui les portent à regarder le blanc comme un être d’une nature supérieure.
Un seul trait suffira pour prouver la vérité de mon .
assertion. Lors de cette dernière insurrection, les ‘noirs descendaicnt le fleuve en portant l’incendie et le meurtre sur toutes les habitations qu’ils traversaient. : Un planteur, nommé Trépagnier, fut averti de l’approche des révoltés. On lui conseilla de fuir, il s’y refusa, et armé de. son fusil de chasse,
‘il se plaça sur sa galerie et attendit froidement
l'arrivée des noirs. Hs parurent bientôt, rendus plus furieux par :l’ivresse d’un succès momentané et par l’effet des liqueurs spiritueuses qu’ils avaient trouvées dans les demeures abandonnées de leurs maîtres. Cependant ils n’osérent attaquer un homme, seul. Son intrépidité en imposa à ces êtres qui, au lieu de courage, n’avaient que de la fero-
cité. À la vue de l’arme fatale qu’ils savaient être ‘
en des mains experimentées et guidée par un œil qui ne manquait jamais le but, ils reculèrent tous. Poussant des hurlemens de rage, ils se contentèrent de le menacer du geste et de la voix et continuèrent leur route. Chacun se disait intérieurement:. si j’avance le premier, je suis mort !
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et nul n’avança, parceque nul ne voulait mourir pour assurer le succès de ses compagnons.
Cette année, la législature fxa la représentation des nouvelles paroisses qui venaient d’être annexées au territoire d’Orléans et forma deux autres districts judiciaires, le district de Feliciana et le district de Catahoula.
Un état de gène causé par la rareté du nuinéraire porta la législature à incorporer deux banques sous le nom de ‘* Banque d'Orléans” ct ‘* Banque des Habitans.” Ces deux institutiuns monétaires furent créées dans l’intention de remplacer la banque des Etats-Unis dont la charte venait d’expirer. La première avait un capital de cinq cent mille piastres et était établie pour quinze années. La seconde avait un capital de sept cent mille piastres et devait avoir la mème durée d’existence.
La législature passa un autre acte d’une haute importance par lequel elle donnait à Livingston et Fulton le privilège exclusif de faire naviguer des bateaux à vapeur dans les eaux du territoire, pendant dix-huit ans, à dater du 1er. Janvier 1812.
Pendant que la législature était en session, elle reçut la nouvelle oflicielle que le 11 de Février, le congrès avait passé un acte pour admettre le territoire dans l’Union sur le pied des autres Etats, et pour en autoriser it: l:2lïians à se forme: une constitution. |
Le congrès n’ayant pas encore déterminé que les paroisses qu’il venait d’annexer au territoire
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né que ritoire
d'Orléans ferait partie de l’Etat qui allait entrer dans la confédération, elles ne furent pas autorisées à se. faire représenter dans la convention qui devait rédiger la constitution.
Le nombre des membres de la convention ne devait pas excéder soixante. Ils devaient être élus le troisième Lundi de Septembre et se réunir le premier Lundi de Novembre. La convention devait siéger à la Nouvelle-Orléans. |
Pour être admis à voter à l’élection des membres de la convention, il fallait être citoyen des Etats- Unis, avoir résidé un an dans le territoire et avoir payé une taxe de territoire, de comté ou de district.
Le congrès exigeait que la constitution que le territoire adopterait fut républicaine, qu’elle fut homogène avec la constitution des Etats-Unis; qu’elle reposât sur Îles principes fondamentaux de la liberté civile et religieuse; qu’elle assurât aux citoyens le droit d’être jugé par un juri dans les affaires criminelles et le privilége du writ de l’habeas corpus, conformément aux dispositions de la constitution des Etats-Unis, et qu’après l’admission du nouvel Etat dans l'Union. la langue anglaise devint désormais celle du gouvernement.
Le congrès exigeait de plus que la conventiou déclarât, au nom des habitans du territoire, qu’ils renonçaient à jamais à tout droit ou titre aux terres non cultivées, ou qui n’étaient pas la propriété d’un ou de plusieurs individus, et que les dites terres
seraient et demeureraient à la seule et entière disposition des Etats-Unis; que toutes et chacune des terres vendues par le congrès seraient et demeureraient exemptes de toute taxe mise par ordre ou en vertu de l’autorité de l'Etat, soit par le dit Etat, soit par un comté, un district, une paroisse, ou pour tout objet quelconque pendant le terme de cinq années, à dater du jour de la vente respective des dites terres; et que les terres qui appartiendraient aux citoyens des Etats-Unis qui résideraient hors des limites de l’Etat ne seraient jamais taxés plus haut que les terres qui appartiendraient aux personnes qui résideraient dans l'Etat, et qu'aucune taxe ne serait jamais mise sur les terres qui appartiendraient aux Etats-Unis.
Le congrès, afin de pallier l’odieuse énormité des conditions léonines que le puissant imposait au faible, daigna déclarer qu’il serait fait une déduction de cinq pour cent sur la vente des terres ainsi réclamées par les Etats-Unis et que cette somme serait mise à la disposition de la législature de PEtat pour construire des chemins publics et des levées.
Il est malheureux que dans cette grande occasion, le peuple américain qui, sous tant de rapports, mérite de servir d’exemple aux autres nations, se soit écarté des principes éternels de la justice. Les Etats-Unis, en acquérant la Louisiane par le traité de cession de 4803, avaient contracté une
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dette enverselle. Ils s’étaient imposé l’ebligation de l’admettre aussitôt que possible dans l’Union, sur le pied des Etats primitifs. Cette obligation devait être remplie, cette dette satisfaite, sans conditions. Il suffisait que la Louisiane se présentät au capitole avec une forme républicaine pour que les portes lui fussent ouvertes. Ainsi le voulait la foi des traités. Loin de cela, le temple de la liberté fut transformé en une tente de Arabie et . la Louisiane ne put y recevoir l’hospitalité qu’au prix de ses vêtemens. En effet, si les terres dont le congrès demandait l’abandon n’étaient pas la propriété des Louisianais, pourquoi en exigeait-on une renonciation de tous titres et droits? Si au contraire, elles leur appartenaient, quels avantages leur offrait-on pour compenser la renonciation qu’ils en feraient? Etait-ce leur admission dans l’Union sur le pied des Etats primitfs? Ce droit leur était déjà acquis. Mais enfin quelque dures que furent ces conditions, elles furent acceptées par la convention, au mois de Décembre, et le 22 Janvier 4812, tous les membres de la convention apposèrent leurs signatures à la constitution qu’ils avaient faite, pour l'Etat naissant auquel ils donnèrent le nom d'Etat de la Louisiane, |
Comme la constitution du pays ne peut être remise trop souvent sous les yeux des Louisianais, je l’annexerai tout entière à la fin de l’ouvrage et je me contenterai d’en transcrire ici le préambule qui fixe les limites de l'Etat.
Nous, les représentans du peuple de toute cette partie du territoire ou pays cédé sous le nom deLouisiane, par le traité fait à Paris le 30 Avril 1803, entre les Etats-Unis et la France, contenu dans les limites suivantes: c’est-à-dire, à partir de l’embouchure de la Sabine, de là, au moyen d’une ligne supposée au milieu de la rivière, tout le pays qui se trouve enfermé par la dite ligne, jusqu’au trentedeuxième dégré de latitude; de là, dans une direction nord, jusqu’à la partie la plus septentrionale du trente-troisième dégré de latitude nord; de là, le long du même parallèle de latitude, jusqu’au fleuve Mississippi; de là, en descendant le dit fleuve, jusqu’à la rivière d’Iberville; de là, le long du milieu de la dite rivière et des lacs Maurepas et Pontchartrain, jusqu’au golfe du Mexique; et de là, en prenant le golfe pour limite, jusqu’au premier point de départ, en y comprenant toutes les îles qui se trouvent à trois lieues de la côte; Nous étant assemblés en convention, en vertu d’un acte du congrès, intitulé: ‘° Acte pour rendre le peuple du territoire d'Orléans habile à former une constitution et un gouvernement d'Etat, ainsi que pour l'admission du dit Etat dans l’Union, et sur le même pied que les Etats primitifs, et pour d’autres objets,” afin d’assurer à tous les citoyens qui habitent ce territoire la jouissance des droits attachés à l'existence, à la liberté et aux propriétés, ordonnons et établissons la constitution ou forme de gou-
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leLoui- 11805, jans les e l’emne ligne 8 qui se trentee directrionale ; de là, usqu’au | le dit le long aurepas e; et de ’au preutes les Nous un acte
» peuple consti-
e pour
sur le ‘autres qui hatachés ordone gou-
vernement suivante, et convenons mutuellement de nous ériger en Etat libre et indépendant sous le nom d’Etat de la Louisiane.”
Etat libre et indépendant! Que l’œil du patriotisme et de la piété filiale aime à se reposer sur ces mots! O patric, anéantis tous les lambeaux de ta livrée coloniale. Louisiane américaine, apparais dans toute ta majesté souveraine. Laisse moi contempler tous les trésors de ce sein fertile que la liberté va féconder. Laisse mon enthousiasme s’enflammer à la vue de cette étoile resplendissante qui illumine ton front, à ma mère. Et toi, illustre patriote, qui as deviné les principes de vie, de prospérité et de gloire qui dormaient dans le sein de ma terre natale; toi, par qui je suis né libre, toi à qui je dois d’avoir vu, en ouvrant les yeux, la bannière étoilée, le signe glorieux de mes droits et de mes espérances, je te remercie avec toute l’énergie d’un cœur profondément pénétré de reconnaissance.
VOL. Il.