‹ Essai historique sur la Louisiane [microforme]Chapitre 27 sur 39 · RE RES · texte numérisé non relu

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dée par la Mousqueterie qui abattait tout ce qui se trouvait à sa Portée. Un rempart de feu semblait séparer Jes deux armécs. Cependant, quelques COMpagnies avaient réussi à s’avancer jusqu’au fossé des fortifications, lorsque Packenham qui s’était placé à Ja tête de ses troupes pour les con. duire à l’assaut, tomba frappé d’un Coup mortel, et Peu après, Gibbs et Keane, tous deux dangereuse. ment blessés, abandonnèrent le champ de bataille, Lambert qui commandait l’arrière-garde s’avança Précipitamment et fit d’inutiles efforts Pour rallier ses colonnes qui fuyaient en désordre, Il ne put les arrêter et les reformer qu’à douze cents pieds de nos lignes, d’où il les ramena à une seconde attaque. Elle fut aussi infructueuse que la précédente et Lambert fut obligé de battre en retraite, et laissa le champ de bataille Couvert de morts et de blessés, Un fort détachement, sous les ordres du colonel

Rennic,avait reçu l’ordre d’enlever la redoute sur le bord du fleuve, Rennie

la rive droite du fleuve, Rennie franchit le fossé, s’élança l’épée à la main sur le mur de la redoute,

et encourageait ses troupes à le suivre, lorsqu’une balle arrêta ses exploits Maulgre cetie perte, les Anglais réussirent à emporte: à redoute, mais ils furent aussitôt attaqués par Îles caral'uiers T'Orléans qui les en délogèrent et les forcèrent de chercher un abri derrière la levée, où la Latterie de Paiterson ne ieur permit pas de rester long-tems, et en se retirant, ils eurent encore à essuyer no. décharges d'artillerie et de mousqueterie.

Pendant la nuit, le colonel T'hornisa avait traversé le fleuve avec huit cents hommes,et, au point du jour, il marcha en avant pour attaquer les retranchemens de Morgan en même tems que ceux de Jackson le seraient par Packenham. Jackson avait prévu cette attaque, et cette même nuit, il avait envoyé à Morgan un renfort de deux cents hommes sous les'‘ordres d’Arnaud. Arnaud s’étant avancé à un mille du camp de Morgan, et voulant donner du repos à ses troupes fit halte, et leur permnt de se livrer au sommeil. Leur sécurité fut troublée par l’approche des Anglais, et au lieu d’avancer, ils reculèrent avec toute la célérité dont ils étaient susceptibles. Un corps de Kentuckiens qui était arrivé au camp de Morgan à cinq heures du matin, reçut l’ordre d’aller soutenir le détachement d’Arnaud. Les Kentuckiens avaient à peine parcouru les trois quarts d’un mille, lorsqu'ils rencontrèrent Arnaud et sa troupe en pleine fuite. Les deux détachemens réunis reculèrent jusqu’à

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un moulin à scie qui leur servit d’abri et de point de ralliement. Là, ils se reformèrent, et résistaient courageusement aux ennemis, lorsqu’un aide-decamp de Morgan survint et leur ordonna de battre en retraite. Elle se fit dans la plus grande confusion jusqu’au retranchement de Morgan où l’ordre fut un peu rétabli. Thornton qui avait fait une courte halte pour prenüre l'aleine, parut bientôt, et après avoir échangé quelques décharges, l’armée de Morgan; saisie d’une terreur panique, aux accens d’une voix qui cria, dit-on, sauve qui peut, malheureux qui est pris, s’avisa de courir et ne put être ralliée que deux milles plus loin. Heureusement, Thornton, s’apercevant du revers de l’armée anglaise sur la rive gauche, jugea prudent de s’arrêter. Ù

. La perte des Anglais devant les retranchemens de Jackson fut énorme. Ils eurent trois mille hommes tués et le nombre de leurs blessés fut encore plus grand. Le nombre total des morts et des blessés parmi les Américains n’alla pas au-delà de treize. L’armée anglaise était forte de quinze mille hommes et l’armée américaine de trois mille six cents. Cette bataille fut une véritable boucherie. L'armée américaine était composée d’hommes qui, pour la plupart, avaient passé toute leur vie au inilieu des bois, dont les plaisirs les plus grands et souvent Î& seule occupation étaient la chasse, et duut la dextérite était telle, qu’ils ne manquaient

jamais, à la distance de cent pas, de mettre dans une piastre une balle de carabine. Protégés par le: retranchemens, ils ne s’inquiétaient pas de tirer au commandement et à la hauteur d’homme comme lex troupes de ligne en Europe. Mais chacun chargent et déchargeait son arme aussi promptement que jossible, après avoir choisi et visé son ennemi. Ausi, il était rare qu’un coup parti de la ligne Américaine ne fut pas funeste, tandis que les balles des Anglais venaient expirer sur nos remparts. Il est r'marquable qu’après la bataille, lorsqu'on examina ls cadavres, on en trouva un grand nombre qui ava‘ent reçu au front le coup de la mort. Les Anglais “rent ainsi une triste expérience de l’adresse extraurdinaire des Louisianais, des Ténessiens ct des Kentuckiens.

Le général Lambert qui avait pris le commandement de l’armée anglaise apès la chute de Packenham, de Gibbs et de Keae, envoya demander à Jackson une suspension d'hostilités pendant vingt-quatre heures, et la permi: sion d’enterrer les morts et d’enlever les blessés ci étaient tombés près de ses retranchemens. Le genéral américain s’empressa d’acquiescer à cette den\ande.

Les Anglais avaient résolu de faire remonter le fleuve à des forces navales considérables, afin de faciliter et d’appuyer les opérations 1le l’armée de terre. Elles consistaient en deux bornbardes, un brick, une goëlette et une corvette qu réussirent

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à passer la balize, après avoir fait prisonnier:un faible détachement qui y.avait été stationné,. Mais elles furent arrêtées par le fort St. Philippe à Plaquemines, |

Le 9, à dix:heures, cette petite escadre commença l’attaque du fort St. Philippe qui lui répondit avec tant de succès qu’elle fut obligée de se retirer à la distance de deux milles, d’où.elle pouvait bombarder le fort sans être atteinte par son artillerie. Le bombardement qui cessait et recommençait par intervalles continua jusqu’au 17. Les Américains ayant fait venir un mortier d’un gros calibre, forcèrent les Anglais de s’éloigner,le 18 Janvier.

Dans la nuit du 18 au 19, l’ennemi évacua préci : pitamment son campsur la rive gauche du Mississippi pour retourner à ses vaisseaux et abandonna dix-huit blessés parmi lesquels se trouvaient deux officiers, quatorze pièces d’artillerie et une grande quantité de munitions de guerre. En poursuivant l'ennemi, Pon aurait pu lui faire beaucoup de mal, et ceux qui entouraient le général Jackson le pressèrent de n’en pas laisser échapper Poccasiun. Mais le vainqueur, quoiqu'il fut encore dans l’ivresse de la victoire, sut réprimer les élans de son ardeur belliqueuse, pour ne pas exposer davantage son armée, et répondit par des paroles mémoraë :

qui font encore plus d'honneur à son cœur que ses succès n’en font à ses talens militaires. J’attache,

dit-il, plus de prix à la vie du dernier de mes soldats, VOL. LI. P

qu'à la capture de toute l’armée anglaise. En RÉ Lies toute son armée n’était composée que {fl 4 dont la destruction eut cause une blessur ee à la société dont ils étaient l’ornement, tandis que celle de l’ennemi n’était qu'un ramas de mercenaires.

‘Un médecin qui fut laissé avec les blessés, remit à Jackson une le du général Lambert par la quelle celui-ci demandait sa protection pour les malheureux qu’il confiait à sa générosité et lui annonçait que, pour le moment, il avait cessé toute opération contre la Nouvelle-Orléans.

Le 19, J':ckson écrivait au secrétaire de la guerre: ‘Je n’ai point de doute que l’ennemi ait renoncé à ses projets contre nous, du moins pour le présent. En tous cas, s’il fait une nouvelle tentative, je serai plus que jamais pre! à le recevoir. La perte prodigieuse qu’il a éprouvée en attaquant mes lignes et le revers qu’il a essuyé devant le fort St. Philippe me font croire qu’il ne reviéndra pas. Tous les prisonniers et désertenrs s’accordent à dire (et leur déclaration est corroborée par les circonstances) que l’ennemi, depuis son débarquement, a perdu au-delà de quatre mille hommes.”

Les Anglais ayant disparu, Jackson résolut de ramener ses troupes à la Nouvelle-Orléans, où elles scraient à l’abri des rigueurs de la saison. Lais-

sant dans ses retranchemens le septième régiment

de ligne, et aya::. posté le long du canal Villeré,

par où l’ennemi était venu, un détachement de la milice de la Louisiane et du Kentucky, il fit son entrée triomphale à la Nouvelle-Orléans, le 20 Janvier.

Le 23, l’encens de la reconnaissance fuma aux pieds des autels, dans la cathédrale, et un te deum solennel fut adressé par toute la pepulation au Dieu des armées qui avait couvert la Louisiane de son bouclier et écarté de nos foyers les Attila britanniques dont le mot d’ordre affreux était: "viol et pillage!

Lorsque le vainqueur rentra dans la ville qu’il avait sauvée, il dut éprouver les sensations les plus délicieuses qui soient réservées au cœur humain. Il avait anéanti les hordes étrangères qui étaient venus menacer la liberte et le bonheur de sa patrie; il avait conquis un nom à jamais immortel, et à peine en avait-il couté quelques gouttes de sang à ses concitoyens! Aussi, l'enthousiasme avec lequel il fut accucilli à son retour fut-il pur et sans mélange, et les lieux qui naguères étaient exposés à une horrible désolation, se parèrent de leurs habits de fête et sourirent avec amour à la présence du héros.

On prétend que Jackson avait formé le dessein, s’il eut été défait, d’incendier la ville et d’ensevelir l’armée anglaise dans cette nouvelle Moscou. D’après l'énergie si connue de son caractère, il est probable qu’il eut exécuté cette terrible conception. Si cela fut arrivé, nul Louisianais digne de l’étre

n’eut sans doute murmuré. Honneur à celui qui, après avoir épuisé tous les autres moyens de défense, aurait le sublime courage, pour repousser une

‘main profane loin du sein de sa patrie, de la cou-

vrir tout entière d’un manteau de feu,et qui.pieusement parricide, porterait le fer-dans-le cœur d'une mère, pour la dérober au contact impur des fers de l'esclavage. Lorsqu’il s’agit de donner la mort à Penvahisseur qui a mis le pied sur le sol natal, tout devient légitime, et c’est alors que la pitié serait un crime, Le jour, la nuit, le citoyen doit caresser sans cesse son poignard patriotique et épier saintement l’heure de la vengeance. .Les annales du patriotisme n’offrent rien de plus beau que l’incendie de Moscou.et la terrible résistance des Espagnols, en 1808 aux armées françaises. Si l’occasion l’exigeait, espérons que la Louisiane saurait suivre ces grands exemples. D’abord, les combats acharnés et.les armes ordinaires. Ensuite, l’eau, le poison, les ambûches secrétes, tous les moyens de destruction que l’industrie humaine exaltée par le désespoir puisse fournir. Enfin, s’il faut choisir entre le néant et l’asservissement, que la patrie devienne un immense bucher et que du milieu des flammes saintes, des descendans de Français fassent entendre ces mots sacrés: ÆZa Louisiane meurt et me se rend pas.

qui, | dé- À une ; | Fe —— CHAPITRE XVIIL use- : | une Message envoyé par le gouverneur aux chambres, le 6 Février. | s de Divers rapports et résolutions adoptés par la légis'ature. Les A Français qui avaient joint l’armée américaine, demandent Dpt à leur congé, aprés la retraite de l’ennemi. Le général Jackson tout 1 s’y refuse. Il ordonne à Tousard, le consul français, de sorit un tir de la ville, et à tous les Français de se retirer dans l’inté- »gser É rieur de l'Etat, au-delà de Baton Rouge. Publication de inte- Louaillier contre Jackson. Il est arrêté et obtient un writ ï d’habeas corpus, de la part de Hall, le juge de la cour des , er Etats-Unis. Hall est arrêté à son tour. Louaillier est pourndie 4 suivi comme un espion et un traitre par devant une cour marnols, à tiale. Ilest acquitté. Hall est rendu à la liberté. On reçoit exi- à à le Nouvelle-Orléans la nouvelle officielle d’un traité de paix É entre les Etats-Unis et la Grande Bretagne. Le général Jack- À son est sommé de comparaitre devant la cour des Etats-Unis { ar- À comme coupable d’avoir violé les lois. La cour le condamne 1 à une amende de mille piastres. Le général la paye immé- > .de $ diatement. Il est porté en triomphe par le peuple jusqu’à la

bourse. Paroles mémorables qu’il leur adresse.

: LE 6 Février, le message suivant fut envoyé trie 1 par le gouverneur aux deux chambres:

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