CHAPITRE XIX. ‘ Rapide aperçu de l'Histoire des Etats-Unis
SORTANT maintenant des limites de la Louisiane, je vais terininer mes travaux en présentant à mes lecteurs une continuation de l'aperçu de l’histoire des Etats-Unis que je lui ai offert dans le chapitre dixième de mon premier volume. Cette histoire doit former le fond du tableau où j’ai taché de placer en relief les événemens qui se sont passés dans mon pays natal. Les annales de la Louisiane et des Etats-Unis sont désormais inséparables.
Washington avait été réélu président des Etats- Unisen1793. A l’expiration des quatre nouvelles années pendant lesquelles il avait été appelé à administrer les affaires de la nation, il déclara qu’il ne voulait plus être candidat pour cette place où l'avait déjà élevé deux fois le vœu de ses concitoyens, et leur adressa une lettre d’adieux qui respire les sentimens du patriotisme le plus pur. Ileut pour successeur John Adams, qui avait figuré au premier rang parmi les grands hommes de la révolution. À cette époque, la France révolutionnaire déçue dans son espoir d’entrainer les Etats-Unis dans
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Les hostilités entre les Etats-Unis et la France ne durèrent que quelques mois et ne s'étendirent pas au-delà de l'océan. [y eut deux combats sur mer dans lesquels les Américains furent victorieux. Le preunier eut lieu entre la frégate la Constellation de quarante-huit canons et la frégate l’Insurgente d’égale force et qui fut capturée. Le second eut
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En 1801, il s’opéra une révolution dans l’administration des affaires publiques. Mr. Adams était à la tête de ce qu’on appelle le parti fédéral, et le parti démocratique ayant obtenu le dessus, éleva à la présidence l’homme de son choix, l’auteur de la déclaration de l’indépendance, l’illustre Jefferson. Pendant le premier terme de sa carrière oficielle, le commerce des Etats-Unis se développa avec une rapidité extraordinaire et la prospérité de la nation enfonça profondément ses racines. Cependant, en 1808, la guerre recommença en Europe, après la courte paix ou plutôt l'instant de repos que les puissances semblaient s’être donné, comme pour reprendre haleine. Les principales parties belligérantes qui dans leur lutte avaient souvent foulé au pied les droits des puissances neutres, entravèrent encore le commerce américain par toute espèce de déprédations. Les Etats-Unis avaient par un accroissement progressif de richesses,excité la jalousie de la Grande Bretagne qui voyait d’un œil d'envie les navires américains monopoliser le commerce de la France et de ses colonies. Afin d'y remédier, elle déclara en Etat de blocus une plus grande partie des côtes de la France qu’il ne
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lui était possible de bloquer en y stationnant des vaisseaux, suivant l’antique usage. L'empereur Napoléon agissarit de représailles publia un édit d’une nature à peu près semblable relativement à l'Angleterre, quoiqu’il lui fut impossible de l’exécuter, à cause de la faiblesse de sa marine. Alors, les Anglais eurent la folle audace de défendre aux autres nations tout commerce avec la France et ses dépendances. Afin de répondre à cette mesure du gouvernement britannique, Napoléon déclara que tout navire neutre qui se laisserait visiter par un vaisseau de guerre anglais, serait dénationalisé. Certes, les Anglais étaient les agresseurs, et les provocateurs de ces mesures extraordinaires qui violaient d’une manière si palpable les lois des nations. Ils avaient, en outre, outragé la dignité nationale des Etats-Unis en attaquant, sans aucune cause plausible, la frégate la Chesapeake; en s’emparant fréquemment des matelots américains pour les forcer de servir à bord de leurs vaisseaux de guerre et en sanctionnant la conduite hostile et insultante de leurs escadres stationnées le long des côtes de l'Amérique. Le congrès fit des remontrances qui furent traitées avec mepris et s’apcrçut enfin que la nation ne pouvait plus, sans abdiquer son indépendance, se soumettre aux vexations dont on l’accablait. Mais on n'était pas préparé à la guerre et il fallait aussi prendre des mesures répressives contre les agressions de la France, VOL. IL T
quoiqu’elles fussent moins fortes que celles de la Grande Bretagne. Un système de restrictions commerciales qui opéraient également sur les deux parties belligérantes fut par conséquent adopté. En Décembre 1807, un embargo fut mis sur tous les navires dans les ports américains. Mais après lP'expérience d’une année, et lorsque beaucoup de personnes croyaient que cette mesure commençait à produire en Europe l’effet qu’on en attendait, le congrès cédant aux pressantes sollicitations de la partie mercantile de la nation, rappela la loi de l’embargo et y substitua un acte qui interdisait aux navires américains toute communication avec la France et la Grande Bretagne; mais donnait en même tems au président la faculté de changer cet ordre de choses, s’il parvenait à effectuer un arrangement à l’amiable avec ces deux puissances.
En 1809, James Madison succéda à Jefferson.
En Avril, Mr. Erskine, l’ambassadeur anglais, à Washington, conclut avec le gouvernement américain un traité dont le but était de rétablir des relations amicales entre la Grande Bretagne et les Etats-Unis. Malheurcusement, son gouvernement refusa de sanctionner ce qu’il avait fait et prétendit que ses pouvoirs ne l’y autorisaient pass Mr. Erskine fut rappelé et remplacé par Mr. Jackson qui s'était rendu célèbre dans les annales de la diplomatie, lors du bombardement de Copenhague,
A peine le nouveau ministre fut-il arrivé à Washington, que dans sa correspondance avec le
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secrétaire d'Etat, il so plut à insulter le gouvernement au près duquel il était venu résider, de sorte que le président refusa d’avoir aucune relation avec l’arrogant étranger et exigea qu’il fut rappelé. Le gouvernement anglais acquiesça à la demande du président, mais ce ne fut que pour récompenser le coupable et le revêtir d’un emploi plus elevé et plus important. Au mois de Nuvembre 1810, le gouvernement français annonça officiellement à l’ambassadeur américain à Paris que les décrèts de Milan et de Berlin ne seraient plus en force le 1er. de Novembre suivant. Dès que le président des Etats-Unis en fut informé, il lança une proclamation, le 2 Novembre, par laquelle il déclarait que les ports des Etats-Unis et de la France étaient ouverts aux deux nations. En Mai 1811, la corvette, la Little Belt qui faisait partie des escadres dont l’Angleterre avait garni nos côtes, eut l’audace de faire feu sur la frégate des Etats-Unis, le Président. On lui répondit par une décharge qui suffit pour la mettre hors de combat. Au mois de Décembre de la même année, il y eut un combat, à Tippecanoe, entre une petite armée américaine composée de troupes de ligne et de milices, commandée par le gouverneur Harrison, et un corps considérable d’indiens. Ces derniers furent complètement défaits.
En 1812, les Anglais redoublant leurs outrages contre les Américains, le congrès pensa qu’il était
tems de prendre des mesures énergiques et fortes pour Îles faire cesser, et autorisa le président à augmonier l’aimée de terre et de mer. Le 18 Juin, le congrès dérlara la guerre à la Grande Bretagne, sui la recommandation du président. Quoique depuis Jong-tems on eut regardé la guerre comme inévitable, on n°y était pas moins très mal préparé. Le congrès avait, il est vrai, autorisé une levée de 25,000 hommes pour grossir l’armée. Ccpendant on avait fait très peu d’enrolemens, et parmi les personnes disposées à servir, il s’en trouvait très peu qui eussent la moindre connaissance de la science militaire et qui fussent dignes du grade d’officier. La milice était remplie de zèle et de patriotisme, mais n’était nullement disciplinée. D’après cet état de choses, on devait s’attendre à des revers. En effet, leg premières hostilités furent fatales aux Américains. Au mois de Juillet, une armée composée principalement de milices, sous le commandement du général Hull, envahit le Canada par le territoire du Michigan. Peu de jours après, elle abandonna le terrain qu’elle avait occupé et recula jusqu’au détroit. Les Anglais, étant maîtres des lacs,coupèrent ses communications avec l’Etat de l’Ohio d’où elle tirait ses vivres. Deux fois, elle fit de vains efforts pour s’ouvrir un chemin. (Cette situation critique le devint encore plus par l’approche d’un corps d’armée sous les ordres du général anglais Brock.
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Sans attendre l’attaque de l’ennemi, sans brûler une amorce, le général Hull se rendit prisonnier avec toute son armée. Il fut ensuite jugé par une cour martiale et condamné à être fusille. Le président approuva la sentence, mais exempta le général de la peine à cause de son grand âge et des services qu’il avait rendus pendant la révolution. Sur la frontière du Niagara, les Américains furent également malheureux. Un détachement d’environ mille hommes commandés par le général Van
Rensselaer, passa le Niagara en Novembre et atta-
qua les Anglais à Queenstown. La victoire leur sourit d’abord et ils réussirent à enfonce: l’ennemi à la bayonnette; mais n’ayant pas reçu les renforts attendus et leur retraite ayant été coupée, ils furent obligés de mettre bas les armes après un combat long et obstiné.
Si, sur terre, les américains avaient éprouvé des défaites; sur mer, la bannière étoilée avait triomphé partout,et dès ce moment, l’orgueilleuse Angleterre put s’apercevoir que l’océan avait cessé d’être son domaine et le théâtre exclusif de ses exploits. Le 20 d’Août, la frégate des Etats-Unis, la Constellation fut rencontrée par la frégate anglaise, la Guerrière. Celle-ci s’avança au combat avec la sécurité du succès, sécurité que semblait justifier la réputation navale des armes britanniques. Cependant en moins de trente minutes, faisant eau de
toutes parts et se trouvant sur le point de couler T*
bas, elle baissa son pavillon. La perte des Anglais fut de cent hommes tués ct blessés. Les Américains n’eurent que sept hommes tués et sept blessés. Le 28 Octobre, ia frégate, les Etats-Unis,commandée par le célèbre Decatur, attaqua la Macédonienne, et après un engagement d’une heure et demie, engagement qui fut prolongé par les manœuvres de l’ennemi, la força de se rendre. La Macédonienne fut envoyée aux Etats-Unis et annexée à la marine américaine. En Novembre, la corvette anglaise, la Frolic,fut prise à l’avordage, après un combat acharné, par la corvette américaine la Wasp, de forces inférieures. La Frolic eut trente hommes tués et cinquante blessés. La Wasp n’eut que quatre hommes tués et cinq blessés. Une autre victoire brillante termina glorieusement cette année pour les Américains. La frégate, la Constitution étant sur les côtes du Brésil, rencontra la frégate anglaise, la Java, qui portait un même nombre de canons, mais qui avait à bord un plus grand nombre d’hommes que la Constitution. Car, outre son équipage ordinaire de quatre cents hommes, elle avait cent surnuméraires et plusieurs militaires comme passagers. Après une action chaude:et qui dura une heure, la Java ne pouvant plus manœæuvrer, baissa son pavillon. Les Anglais eurent soixante hommes tués et cent vingt blessés. Les Américains n’eurent que neuf hommes tués et vingt-cinq blessés. Les vainqueurs détruisirent
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la Java qui était tellement endommagée qu’elle ne pouvait plus naviguer. Peu de tems après, la corvette, la Hornet, commandée par le capitaine Lawrence, captura la corvette anglaise, la Peacock, après un engagement de quinze minutes. Les corsaires américains se couvrirent aussi de gloire, mais leurs exploits nombreux ne peuvent trouver place dans le cadre étroit de cette rapide esquisse.
. Les opérations militaires de 1813 furent mélangées de succès et de revers. Après la capture de l’armée de Hull, le gouvernement avait fait une levée dans les Etats du Kentucky, de l’Ohio et de la Pennsylvanie, et avait placé toutes ces nouvelles milices sous les ordres du général Harrison. Cet officier se distingua par les habiles dispositions qu’il fit pour reprendre le détroit. D’après le plan que Harrison avait conçu, le général Winchester fut envoyé aux rapides du Miami avec huit cents hommes, pour y construire des huttes. Au commencement de Jan,ier, Winchester arriva à l'endroit désigné et y établit un camp fortifié. Ayant appris que les indiens méditaient une attaque sur Frenchtown, située sur les bords de la rivière Raisin, il se mit en marche pour s’y opposer. Arrivé au lieu qu’il voulait protéger, il fut soudain attaqué, le 22 de Janvier, par un corps d’armée considérable, composé d’Anglais et d’Indiens. Quoique les Américains eussent été surpris et se vissent envelopoés de toutes parts, ils combattirent
avec la plus froide intrépidité. S’apercevant qu’il ne pouvait pas lutter plus long-tems contre les forces supérieures de l’ennemi, et afin de sauver ceux de ses compagnons qui restaient encore à ses côtés, le général Winchester mit bas les armes avec son détachement qui avait été réduit à cinq cents hommes. Après la bataille, les Anglais commaudés par le colonel Proctor se mirent en marche pour Malden et laissèrent les malheureux prisonniers que leur chef avait juré de protéger, à la garde des Indiens dont ils connaissaient la férocité. En effet, les Indiens firent un massacre épouvantable des prisonniers, et ceux qui échappèrent aux flammes et au tomahauk, furent vendus comme esclaves.
Sur la frontière de l’Ontario, les Américains obtinrent quelques succès passagers. Le 29 Avril, le général Dearborn prit possession de York, la capitale du Haut Canada. Les Américains, après avoir enfuncé à la bayonnette les troupes ennemies, n’étaient déjà qu’à une faible distance des retranchemens, lorsqu'une explosion préparée eut lieu et tua aux Américains cent hommes parmi lesquels se trouvait le général Pike qui s’était déjà rendu célèbre par son courage et ses talens militaires. Malgré la chute de leur chef, les Américains poussant des cris de vengeance, attaquèrent les Anglais avec une fureur nouvelle. Après avoir détruit les magasins publics, l'ennemi évacua York.
Le 27 Mai, un détachement de milices américaines, après avoir culbuté un corps €’Anglais malgré sa supériorité numérique, attaqua le fort George et s’en rendit maître après un combat obstiné. Profitant de l’absence du général Dearborn et de la plus grande partie de la garnison du port de Sacket, les Anglais attaquèrent ce poste avec un fort détachement, sous les ordres de George Prévost. Mais le général Brown qui, à leur approche, avait rassemblé quelques troupes de ligne, quelques milices et les matelots du port, leur fit une réception si meurtrière qu’ils s’enfuirent précipitamment et laissèrent sur le champ de bataille un grand nombre de morts et de blessés. À Beaver Dams, près du fort George, un détachement américain sous les ordres des généraux Chandier et Winder fut surpris par un corps anglais et inglorieusement capturé avec les deux généraux. Sur les bords du lac Erié, la campagne s’ouvrit par une attaque des Anglais sur le fort Sandusky, où ils furent repoussés par le brave major Croghan qui le commandait. Après la défaite et la capture de Winchester, le general Harrison coucentra ses forces aux Rapides où il construisit un fort qu’il nomma le fort Meigs, d’après le nom du gounverneur de l'Ohio. En 1813, ce fort fut assiégé par les Anglais, et malgré la défaite qu’éprouva un corps de Kentuckiens qui s’était avancé pour le secourir, le siège fut levé sans que les assiégeans et les assiégés se fussent fait beaucoup de mal.
Pendant que ces événemens se passaient sur terre, les Américains ct les Anglais avaient fait de grands efforts pour se chasser mutuellement du lac Erié. L’escadre américaine commandée par le commodsre Perry était composée de neuf navires portant cinquante-six canons. La flotte anglaise était de six navires portant soixante-neuf canons. Dans la matinée du 10 Septembre, les deux escadres s’attaquèrent. Le combat fut long ct douteux et il fut un moment où le plus fort navire américain avait baissé son pavillon. Mais par une manœuvre aussi hardie que neuve le commodore américain changea la fortune du jour. Après une bataille qui dura trois heures, toute l’escadre anglaise fut capturée. (Cette gloricuse victoire purgea toute la frontière nord-ouest de la présence de l’ennomi. Le général Harrison s'empressa de profiter de cette circonstance. Il embarqua son armée à bord de la flotte de Perry, fit une descente dans le Canada et alla à la recherche de l’ennemi. Il surprit l’armée anglaise sur les bords de la Tamise, le 5 Octobre, la tailla en pièces, lui fit six cents prisonniers et lui enleva presque toute son artillerie. Cet événement mémorable fut le dernier exploit des Américains sur la frontière du Nord-Ouest.
D'abord, les frontières atlantiques avaient été respectées par la guerre et avaient joui d’une paix relative. Mais au printems de l’année 1813, les
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Anglais commirent de honteuses dévastations sur
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envié la renommée des peuples les plus barbares. Le principal acteur dans ces scènes horribles fut l'amiral Cockburn dont les exploits ne seront pas oubliés de long-tems dans cette partie de l’Amérique. Fatigué de piller les fermes, les villages et les églises, l’ennemi songea à exécuter des entreprises d’une nature plus importante. Dans l’espoir de s’emparer de Norfolk, il attaqua l’ile Craney. Heureusement, il fut complètement défait. (Cependant, il prit possession de la petite ville de Hampton et la livra au violet au pillage. Pendant le reste de l’année, la flotte anglaise se contenta de faire des démonstrations hostiles sur Washington et Baltimore. L’amiral Cockburn porta sur les côtes des Carolines la même dévastation qu’il avait répandue sur les bords de la Chesapeake. Sur l'océan, les Américains éprouvèrent aussi quelques malheurs. La frégate la Chesapeake dont le capitaine avait été tué et la plupart des officiers mis hors de combat, fut prise par la frégate anglaise la Shannon, de forces supérieures, et la corvette l'Argus fut capturée par le navire anglais le Pélican, de forces supérieures. En revanche, le brick anglais le Boxeur, de seize canons, fut capturé par le brick américain l'Entreprise, d’égale force. Vers la fin de l’ânnée, un corps nombreux d’Américains fut dirigé sur Montréal. Trouvant plus
d’obstacles qu’ils n’anticipaient, ils revinrent sur leurs pas ct renoncèrent à leur entreprise. L’armée prit alors ses quartiers d'hiver. Le printems suivant, le général Wilkinson fit une autre incursion infractueuse dans le Canada. Peu après, il fut remplacé par le général Izard. Sur la frontière du Niagara, les armes américaines brillèrent avec éclat. On avait depuis long-tems travaillé assiduement à discipliner les troupes et à les préparer à combattre les vétérans de l'ennemi. Le commandement en fut donné au général Brown qui s’était distingué au port de Sacket. Le 2 de Juillet, les troupes passèrent le Niagara, et, après s’être emparé du fort Erié, attaquèrent le camp des Anglais à Chippewa, le 5 de Juillet. Après une bataille sanglante et long-tems disputée, les Américains enlevèrent toutes les positions de l‘ennemi à la bayonnette et le, forcèrent de fuir en désordre. Le 25 du même mois, il y eut une autre bataille dans laquelle la victoire fut aussi vivement disputée que dans la précédente, L'ennemi ayant reçu des renforts, s’était approché des troupes américaines, et fut attaqué par le général Scott, près des chutes du Niagara. Après avoir fait tout ce que peut la valeur, et éprouvé une perte énorme, l'ennemi battit en retraite. Les Américains, de leur côté, furent tellement afFaiblis par leur victoire, qu’ils reculèrent jusqu’au fort Erié. Peu après, les Anglais assiégèrent le fort et lui don-
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nèrent Passaut. Cette tentative ne leur réussit pas et ils perdirént un nombre considérable d’hommes.
Sur la frontière du Noru, la république obtint des succès aussi glorieux. Toute l’escadre anglaise sur le lac Champlain fut cepturée par une escadre américaine de forces inférieures. Au mois d’Aoùût, environ 4500 hommes furent débarqués près de Washington dont ils se rendirent maîtres sans coup férir. Les Goths britanniques incendièrent le capitole, détruisirent tous les édifices publics et se retirèrent sans être poursuivis. La défaite des Anglais dans une attaque qu’ils firent sur Baltimore fut une sorte de compensation pour la prise de Washington. Sur l'océan, le pavillon américain continua de se montrer digne de la gloire qu’il venait d’acquérir. La frégate le Président fut, il est vrai, capturée par une escadre ennemie,
après une résistance désespérée et un carnage
affreux, et une autre frégate américaine, par deux frégates de forces supérieures. Mais en revanche, la capture de l’Epcrvier,de l’Avon,du Reindeer, de la Cyane, du Levant, du Penguin, prouva que de vaisseau à vaisseau, les Américains étaient toujours vainqueurs.
Une paix glorieuse pour les Américains allait terminer la guerre, lorsqu’une armée formidable composée des plus vieilles troupes de l’Angleterre et abondamment pourvue d’artillerie et de tous les
moyens nécessaires pour assurer le succès de leur YOL. LI. U
entreprise, envahit la Louisiane. Néanmoins, les Anglais furent complétement défaits par l’habileté du général Jackson et le courage des Louisianais et des milices du Kentucky et du Tennessee. Un traité de paix qui, depuis long-tems, était un objet de négociations entre les deux gouvernemens, fut signé à Gand, le 24 Décembre 1814.
Immédiatement après la ratification du traité de paix avec l’Angleterre, le gouvernement résolut de chatier l’insolence des Algériens qui avaient profité de la guerre que les Anglais faisaient aux Américains, pour commettre des déprédations sur le commerce de ces derniers. Le commodore Decatur fut chargé de cette mission. Après avoir capturé une frégate et une corvette algérienne, il força le dey de renoncer à jamais au droit qu’il s’arrogeait de piller les navires américains et de vendre comme esclaves leurs équipages.
En 1819, il fut conclu avec l’Espagne un traité par lequel cette puissance cédait la Floride aux Etats-Unis. Après de nombreuses et longues tergiversations de la part du roi d’Espagne, le traité fut enfin ratifié, et les Américains prirent possession en 1821 du territoire qu’ils avaient acquis. En 1822, le congrès des Etats-Unis reconnut presqu’à l'unanimité dans les deux chambres l’indépendance des colonies espagnoles de l’Amérique du Sud.
L’audace sans cesse croissante des pirates qui infestaient la mer des Indes occidentales força le
gouvernement en 1823 d’équiper une escadre de petits navires pour les exterminer. Ce but important fut en effet atteint.
L’année 1824 fut rendue mémorable par le retour de Lafayette en Amérique sur l’invitation de la nation. Ayant passé une année aux Etats-Unis, visité chaque Etat de l’Union et reçu partout les témoignages spontanés du respect profond dàû à ses vertus et de cette reconnaissance qu’il avait méritée par les services rendus à la cause de la liberté, il retourna en France sur la frégate la Brandywine, en Septembre 1825. (Cette même année, John Quincy Adams fut élu par le congrès président des Etats-Unis. En 1828, la législature fédérale autorisa le président à envoyer des commissaires à
Panama où les républiques de l'Amérique du Sud
projetaient de former un congrès amphictionyque. "En Mars 1829, le général Jackson célèbre par sa défense de la Nouvelle-Orléans, succéda à Mr. Adams comme président des Etats-Unis.