‹ Essai historique sur la Louisiane [microforme]Chapitre 6 sur 39 · Rd · texte numérisé non relu

Rd

l’entrevue, l’embouchure de l’Ohio. Le Baron de Carondelet chargea de cette mission Gayoso de Lemos, gouverneur des Natchez. Gayoso s’empressa d’exécuter les ordres de son chef et se mit en route au commencement de l’Eté, en 1795. Le but apparent de son voyage était de construire un fort et d’établir une garnison parmi les Chickasas. De toute la prétendue délégation du Kentucky, Gayoso ne vit qu’un nommé Sébastien qui lui apprit que les autres conjurés avaient craint d’éveiller le soupçon en quittant le lieu de leur résidence. Gayoso ayant proposé à Sébastien de se rendre à la Nouvelle-Orléans pour y conférer avec le Baron, celui-ci y consentit et tous deux descendirent ensemble le fleuve.

Sur ces entrefaites, un traité avait été conclu à St. Lorenzo, le 27 Octobre 1795, entre les Etats-Unis et l'Espagne. Par ce traité, l’Espagne reconnaissait les limites des Etats-Unis au Sud, telles qu’elles avaient été établies par le traité conclu entre la Grande Bretagne et la république américaine, et par là, abandonnait à cette dernière puissance un vaste territoire sur la rive gauche du Mississippi.

Entre autres dispositions du traité, il fut arrêté que la navigation du Mississippi, depuis sa source

jusqu’au golfe du Mexique ne serait permise qu’aux

sujets du roi d’Espagne et aux citoyens des Etats- Unis, à moins que l’Espagne, par une convention

spéciale, n’accordât le même privilége aux sujets d’une autre puissance.

Sa majesté catholique permettait aux citoyens des Etats-Unis de déposer, pendant l’espace de dix ans à partir de la ratification du traité, leurs marchandises et effets à la Nouvelle-Orléans et de les exporter, libres de tout droit. De plus, il promottait d’étendre la durée de ce privilége, après l'expiration du terme des dix années, s’il ne s'apercevait pas à cette époque, qu’une pareil!s curcession nuisait aux intérêts de ses sujets; ct mème dans ce cas, il s’engageuit à fixer sur les bords du Mississippi, un autre lieu de dépôt aussi avantageux.

Lorsque la nouvelle du traité parvint à la Nouvelle-Orléans, les officiers de sa majesté catholique parurent convaincus qu’il ne scrait jamais exécuté et que, ce n’était qu’un coup de politique de la part de l'Espagne qui, se trouvant dans une situation critique causée par les âffaires de l’Europe, cherchait à se concilier les Etats-Unis dont elle espérait sc servir pour déjouer les projets d’hostilité que PAngleterre nourrissait contre elle. En effet, le gouverneur du Canada avait rassemblé un corps considérable de troupes dans le sud de cette province, et l’on conjecturait que son intention était d’envahir Îles possessions cspagnoles sur le Mississippi, en traversant leurs d9s Et:': Unis. L’ambassadeur d’Espa: :. « Fuiladelphie, coin-

sujets

itvyens jace de , leurs is et de il pro- >, après ne s'alle con- :t mème R] bords si avan-

la Noutholique exécuté la part ituation e, cherle espéhostilité ‘n effet, n corps tte proon était le Mis- : Unis.

e, coin-

muniqua au pouvoir exécutif de l’Union les informations qu’on lui avait données à ce sujet, réclama hautement la foi des traités et demanda avec instance que le peuple américain ne souffrit pas cette violation de son territoire et ne s’écartât pas de ses principes de neutralité.

Pendant que la cour d’Espagne prenait cet attitude suppliante auprès du gouvernement américain, son mandataire à la Nouvelle-Orléans, le Baron de Carondelet, poursuivait ses desseins machiavéliques et faisait circuler des émissaires et de l’argent dans le Kentucky pour ébranler le patriotisme de ses habitans et les décider à se détacher de leurs frères des Etats atlantiques. Power, son principal agent, ne réussit pas dans ses intrigues, et à son retour à la Nouvelle-Orléans, il apprit au Baron que lirritation qui avait existé chez les habitans de l'Ouest contre le gouvernement fédéral avait cessé, ct qu’ils lui avaient témoigné une aversion profonde pour l’entreprise projetée, depuis surtout que leur gouvernement avait obtenu la libre navigation du Mississippi qu’ils convoitaient avec tant d’ardeur et qu’ils auraient voulu obtenir, disaitil, au prix d’une séparation d’avec les Etats-Unis.

En 1796, l'Espagne conclut un traité de paix avec la France, et le sept Octobre de la même année, la mésintelligence qui divisait la Grande Bretagne et l'Espagne, amena une déclaration de guerre de la part de cette dernière puissance.

Il avait été stipulé. dans le traité entre les Etats-Unis et l'Espagne que les commissaires des deux nations se réuniraient aux Natchez six mois après la ratification du traité, afin d’en opérer l’exécution. André Elliot fut nommé commissaire de la part des Etats-Unis, et Don Manuel Gayoso de Lémos, de la part de sa majesté catholique.

Gayÿoso,ayant appris que Elliot s’approchait soutenu par un corps d’infanterie, sous les ordres du lieutenant M‘Leary,envoya, d’après les instructions secrètes qu’il avait reçues du Baron de Carondelet, un oflicier au devant du commissaire américain, pour le prier de ne pas descendre jusqu’aux Natchez, mais de s’arrêter au Bayou Pierre, parcequ’il n°était pas prêt à évacuer le fort, et parceque des conséquences facheuses pourraient résulter du contact des troupes des deux nations.

Elliot ne fit nulle attention à ce message, continua sa marche,arriva aux Natchez avec ses troupes, au mois de Février 1797, et planta la bannière américaine tout auprès du fort où flottait encore l’étendard espagnol.

Le Baron, désirant gagner du tems, chercha à justifier le delai qu’il mettait à exécuter le traité, en disant que les dispositions relatives à la cession des possessions espagnoles n'etaient pas suffisamment rlaires et que l’obscurité de la rédaction avait fait naître des doutes dans son esprit sur fa manière dont le territoire devait être livré. Il prétendait

AE

re les es des K mois opérer issaire xay080 ue.

ait soures du uctions mndelet, éricain, [atchez.

u’il n’édes concontact

e, contitroupes, annière

encore

ercha à D traité, cession uffisamon avait manière étendait

qu’il ne savait pas s’il fallait qu'il remit aux Etats- Unis, ainsi qu'ils l’exigenient, tous les forts et les édifices publics, ou bien s’il devait les raser en les évacuant, parceque, disait-il, les indiens n'avaient consenti à leur érection, qu’à condition que l’Espagne en resterait maitresse pour Îles protéger contre toute agression étrangère et parceque l’abandon qu’il en ferait, pourrait être considéré comme une violation du traité qui existait entre eux et le roi d'Espagne. Il concluait en déclarant qu'il avait resolu d’attendre les ordres positifs de son souverain, ou ceux de l’ambassadeur espagnol à Philadelphie.

Le pouvoir exécutif des Etats-Unis avait deviné ces diflicultés, et en conséquence, avait pris la précaution d’envoyer à lappui d’Elliot un second détachement sous les ordres du lieutenant Pope. Arrivé à Walnut Hills, Pope rencontra un émissaire de Gayoso qui le somma de ne pas avancer, D'après ce message, Pope s’étuit arrêté, lorsqu'il reçut une lettre d'Elliot qui lui conseillait de venir le joindre, Alors il se rendit aux Natchez où il unit ses forces à celles de M'Leary. Là, il fit encore quelques recrues,et ne craignit pas de s’emparer de plusieurs déscrteurs qui s'étaient réfugiés sous la protection du pavillon espagnol. La majorité de la population du district des Natchez était composée d'aventuriers sortis des Etats-Unis ou

des descendans d'émigres des colunies anglaises, VOL. 11. (+

après la paix de 1762. Aussi, cette population désirait ardemment un changement de gouvernement, et, enhardi par la présence des troupes américaines, elle affecta de braver l’autorité des oficiers espagnols. Gayoso lunça, le 10 Mars, une proclamation par laquelle il tachait de les ramener au sentiment de leurs devoirs.

Le Baron de Carondelet caressait toujours sa chimère favorite, la scission de l’Ouest, et avait pris la détermination de n’abanduonner les possessions espagnoles cedées par le traité de 1795, qu'après avoir perdu tout espoir de réaliser son grand projet. Power fut encure chargé par lui de se rendre dans le Kentucky pour sonder de nouveau les dispositions du peuple et faire des ouvertures au général Wilkinson qui y commandait les troupes des Etats-Unis. Le général avait été, dit-on, un des conjures les plus ardens parmi ceux qui voulaient détacher l’Ouest des autres parties de la confederation, mais on prétend que, s’apercevant du retour de ses compatriotes vers des idées plus saines, il changea de conduite et de langage. Ce qui est certain, c’est qu’il fit arrêter Power, s’empara de ses papiers, et l’envoya à la Nouvelle-Madrid avec une escorte commandée ‘par le capitaine Shaumburgh, après l’avoir chargé de conseiller au Baron de renoncer à un projet qui n'était qu'une extravagance et de lui annoncer que s’il y avait une rupture entre l'Espagne et les

ation ernevupes é des Mars, le Îles

rs sa avait

osseS- 1795, er son lui de > nou- )uverait les été,

i ceux ies de erceidees

gage.

>wer,

Nou-

ar le e de

Pt qui rque

t Les

Etats-Unis, lui, Wilkinson, descendrait à la Nouvelle-Orléans, à la tête de dix mille hommes,

Au moment où le Baron voyait ainsi s'évanouir les illusions dont il s’était bercé, il fut nommé président de l’audience royalc de la province de Quito et partit de la Louisiane vers la fin de l’année 1797.

Le règne du Baron fut alors considéré comme le siècle de Louis XIV pour Ja Louisiane, et Tes ancitns habitans du pays aiment encore à parler du bon vieux tems du Baron de Carondefet.

cotés

Re mm,

D de A mm er

Page 1