IV
lUSIQUE EN RUSSIE
US chez elle son existence et ses épandue au dehors, en Allemait de vue dramatique, en France vuesjmphonique, de sorte qu'auies artistes qui la composent sont ie tous côtés, en même temps que devenues familières à tous ceux : amour de toutes les g;randes
1 pourtant d'esquisser, en dehors nporaine, une sorte d'historique le. L'6coIe actuelle, si brillante, pu surg^ir tout d'un coup des ■e, et il n'est pas sans intérêt de it elle a pris naissance, à la suite e quels essais, de quelles tentaci que l'embarras commence, le de la langue interdit k ceux livrer à cette recherche la possiux sources, et je crois d'ailleurs asie, il n'existe pas encore une t dite de l'art national ; tout au ■ux, assez nombreux d'ailleurs, as chapitres particuliers de cette :|ues-uns des artistes, coolempos, qui y occupent une place imition ne va donc pas, comme on l'k tracer en ces pages une hise en Russie, et je considère ma oup plus modeste. Ce n'est ici.
comme Tindique le titre que j'ai adopté, qu'un simple essai, quelque chose comme une série de notes, accompagnées d'impressions personnelles, sur cette histoire encore à faire, notes et impressions uniquement destinées à faire connaître en France toute rimporlance du mouvement qui s'est produit depuis un demi-siècle en Russie touchant l'art musical. Si incomplet que soit ce travail, j'ai l'espoir que la lecture n'en sera pas inutile à ceux qui veulent se tenir au courant de tout ce qui intéresse les progrès de l'art chez les différents peuples de la vieille Europe, et je m'excuse d'avance de ce qu'il présentera forcément d'incomplet ou de défectueux.
C'est dans la musique religieuse et dans le chant populaire qu'il faut chercher les véritables origines de l'art musical russe. Un des plus savants musicographes de ce pays, Yourj Arnold, l'a démontré dans un ouvrage publié en langue russe, et il avait, élucidé cette question dans deux écrits publiés en allemand à l'époque où il était, à Leipzig, rédacteur en chef de la Neue Zeitschrift fur Musik, le journal fondé naguère par Schumann et qui devint ensuite l'organe du grand parti w^agnérien. Le premier de ces écrits était intitulé Die Tonkunst in Russland bis zur Einfuhrung des ahendîœndischen Musik und Notensystems (Leipzig, 1867) ; le second^ qui formait une série de huit articles insérés dans le journal que je viens de nommer, avait pour titre Die Entwickelung der russischen Nationaloper (1).
(1) Youry Arnold, mort en 1898, à l*âge de quatre-vingtsept ans, fat professeur de théorie musicale au Conservatoire de Moscou et professeur d'histoire de la musique à TUniversité de cette ville. Il a publié^ entre autres ouvrages, une Théorie de la production musicale, une biographie de Liszt et des Mémoires intéressants.
'. quelle est la saveur, quelle est l'orig-inafois toDale, rythmique et mélodique du lulaire russe, que tous les compositeurs de depuis Glinka, oatsu mettre à profit et h.
ion avec lant d'intellig'ence, et qui est une es de la personnalité de l'art actuel. Un -ivain russe, M. Hermann Laroche, en a effets non seulement avec talent, mais avec de mouvement d'orgueil tout à fait légici comment il parle de cette mélodie popuitrange et si caractéristique :
êlodie, avec sa marche piquante et imprévue, aies et aes soubresauts, ses dessins de floricieuses ; celte harmonie, avec son système d'une transparence cristalline, avec ses caagalea et phrygiennes qui ouvrent à l'âme de perspectives ; ce rythme, qui prend si francheaises, et dans sa liberté illimitée déroule si lement les diverses formes du mouvement, tout )us peint-il pas le peuple russe ? Ne voyons-
rude liberté d'allures qui caractérise l'homme 1 esprit clair et sobre, son besoin d'une large é, son antipathie pour toute gène et toute ennfln cette opulente floraison musicale, cette le variété de créations jaillissant spontanément omparées à notre stérilité dans les arts ptas- Iguratifs, ne montrent-elles pas la profondeur vie intime, le riche lyrisme de notre nation S la rudesse et la misère des formes anté îh bien, soit ! la nature chez nous manque di :e, nos costumes sont abominables, toute notri on se dérobe à la brosse du peintre et ai
ciseau du statuaire, je veux l'admettre. Mais notre chant populaire offre un accent si profond, une variété si séduisante et une nouveauté si parfaite de formes, que nous pouvons porter nos regards vers l'avenir avec une entière confiance, et envisager d'un œil assuré les destinées artistiques de notre pays. Notre chant national nous est un sûr garant delà valeur de la musique russe, et suffirait à prouver nos aptitudes esthétiques. Mais ce témoignage n'est pas le seul : nous pouvons avec orgueil nous réclamer d'un grand artiste russe, qui, nourri à l'aide du chant populaire, a su en conserver le caractère dans d'immortels ouvrages, et par là peindre le peuple russe, dans ses particularités les plus intimes, d'une manière inimitable. Cet artiste, ce maître, c'est Michel Ivanovitch Glinka (1).
Un autre écrivain russe, qui, quoique militaire, est aussi un compositeur pratiquant, M. César Gui, a parlé, de son côté, des chansons populaires, en abordant le point de vue technique :
Les chansons populaires russes, dit-il, se tiennent d'ordinaire dans un diapason fort restreint, ne dépassant que rarement Tintervalle d'une quinte ou d'une sixte. Et plus la chanson est ancienne, moindre est l'étendue de son diapason. Le thème est toujours court ; il en est qui se bornent à deux mesures, mais ces mesures se répètent autant de- fois que l'exige l'ampleur du texte...*..
Les mélodies populaires se chantent à une voix ou en chœur. Dans ce dernier cas, c'est une voix seule qui commence, et la chanson est reprise en chœur. L'harmonie de ces chants se conserve par tradition ; elle ^st fort
(1) Heruann Laroche : Glinka et son rôle dans l'histoire de la musique.
,e8 dilTérentee parties du chœur se resserre it, 8e rapprochent jusqu'à l'unisBOD ou forme : mais souvent ces accords ne sont pas rei naire, la mélodie polyphooe se terminepari
sons à une voix sont lïéquemment accomp in petit instrument à cordes nommé balalat théorbe, à corps triangulaire, dont les cord' cées ou mises en vibration par un glUtandt chansons chorales, it est assez rare qu'ell compagnement ; cette partie, quand elle eiisl ée par une espÈce de hautbois, qui impr : fond de la mélodie une variété de dessij oint, peu conformes sans doute aux régi' l'art, mais fort pittoresques, classer de la maniËre suivante les chansoi russes : rondes chaulées, chœurs exécutés I te, et accompagnant certains jeux et certain ansons à sujets occasionnels, dont l'épithalan e le plus cultivé; chansons des ruée, sérénad joviales ou burlesques ; chansons des boarla de boleaitx ; mélodies à une voix, de tout gen caractère.
dit incidemment quelques mots de la vale I des chansons russes, au point de vue estb rUsUque; je ne puis me dispenser d'insist ■X. C'est vraiment quelque chose d'inestimat ariété, le sentiment eipress if qu'elles renft chesse et l'originalité de leurs thèmes. Il ' : distinguent par leur mâle énergie, tant ue sauvage et sans frein, tantôt d'une tra ajestueuse dignité. D'autres sont gracieus liques, ou bien d'une insouciante gatté. Bea empreintes d'une profonde mélancolie ; on louleur cherchant à s'épancher, la soumissii IX rigueurs d'une destinée cruelle. Celles-
chantent dans le beau llxe de l'idéal le plui nent d'une source toute de poésie, sans t nuages : une belle âme, un cœur aimant s'y là sont solennelles, magistrales, grandiose!
y est d'un jet laiçe et magnifique (1)...
Cette mélodie populaire, dont les Ruî lement fiers et qui estsi curieuse àlous é, faire tout naturellement l'objet de nombi et fort intéressants. Des artistes fort di publié de nombreux recueils de chanta dont le texte authentique, recherché et ti le plus grand soin, l'exactitude la plus :
est harmonisé avec un tact et une habi conservent précieusement son st^Ie, s son caractère. Le plus ancien de ces reçu de Pratsch, un musicien distingué de F renferme pas moins de 149 chansons e pour la première fois en 1790; on en t coude édition en 1815, en deux volumes Beethoven a pris les thèmes russes dont dans ses quatuors dédiés au comte Ri Le compositeur Balakirevi^ a donné, i recueil de 40 cbansons, et M. Rimsky-ï a formé un autre de 100 chansons. Ji citer toutes les publications de ce genr Kachine, Chichkine, Klutcharow, de mintzine, Villebois, Prokounine, MA Meljçounow et autres (2).
(1) CËSAH Cci : La Musique en Russie. (!) Mon excellent et rei^retté confrère Gus
Lk MUSIQUE EN RUSSIE
^uereligieuse, qui.aveclechaE les éléments constitutifs de \'i
n'a pas été étudiée avec mo ftrca de la jeune école. L'une t et se mêlent d'ailleurs voloni ans un très grand nombre de « nationales les formes elles
musique grecque. M. Herma md que les modes dorien (ga.
ents), éolieii ou hjpo-dorien sensible) et hypo-phrjgieo (.
artagent la musique populaîn is dire que la musique religie ussi, Ji des publications nomi
iune, a donné naguère, dans deux musicale {i" octobre et i" nove Dreux échantillons decbanaoDspopi l'eiéculion des rondes chantées . s César Cui, Bertrand donnait ces d L'exécution de ces rondes villa; isee pas d'être assez pittoresque, ; lique. Le choeur, formé en cercle,
la comédie antiques). Au milieu à sieurs paysans de l'un et l'autre i er les personnages qui Sgureut i ureui, mari et femme, roère et fi 3tc., etc. ; chacun et cliaoune chanl la bribe de dialogue qui lui est atl lœur ne s'interrompt pas. Dans d'à e un chorjphée récitant, el 1c chœ lien ajouter une exclamation, ui ique strophe. On comprend qu'il n' :ui pour tout cela. Mais pour peu c Liée ou du dialogue, l'eiécutioD de cénique. »
des travaux intéressants. Parles soins de la chapelle impériale de Saint-Pétersbourg" il a été fait de bonnes éditions des chants sacrés de TÉglise russe, harmonisés de diverses façons, et la Société des amateurs d'anciens manuscrits russes a publié en fac simile deux anciennes grrammaires musicales. Les recherches historiques n'ont pas manqué non plus. De nombreux mémoires sur ce sujet ou ont paru séparément ou ont été insérés dans les bulletins de diverses sociétés savantes. D'autre part, le prince Nicolas Youssoupow, bien connu par son dilettantisme éclairé, a donné, en français, une Histoire de la musique religieuse en Russie (Paris, 1862), d'une lecture malheureusement un peu laborieuse, mais qui est accompagnée d'un choix de chants d'Eglise anciens et modernes (1), et l'on cite avec éloges un autre ouvrage, très important et fort intéressant, que le P. Dmitry Razoumovsky, professeur au Conservatoire de Moscou, a publié, en russe, en cette ville (1867-68, 2 vol.). Enfin on doit à ce même savant un travail précieux sur les fameux chœurs de chantres de la cour des tsars de Moscou, d'où procède en ligne directe la chapelle impériale actuelle. Ce travail nous apprend que dès le XV® siècle la cour de Moscou entretenait un chœur de chantres, et qu'au siècle suivant, sous le règne d'Ivan le Terrible (qui, par parenthèse, était compositeur, et auquel on attribue
•Aa
(1) L'ouvrage est resté inachevé ; le premier volume seul a paru.
au moins la musique d'un cantique), ce chœur était assez bien composé. « On n'y comptait d'abord, dit M. Platon de Waxel, qu'une trentaine de chantres, mais au commencement du XVII* siècle ce nombre fut doublé. Ils ne chantaient jamais tous ensemble ; divisés en plusieurs chœurs distincts, de douze à ving't-huit voix chacun, ils desservaient les différentes églises du ressort de la cour. Deux de ces chœurs étaient attachés à la personne du souverain. Le tsar Alexis, qui aimait, comme son fils Pierre le Grand, à chanter à l'église, fit venir de Kiew^ des musiciens qui introduisirent dans sa chapelle la notation moderne. Le chant à plusieurs parties àhuit, àdouze, et même à vingt-quatre voix, obtint bientôt tant de succès que les chantres de la cour le faisaient même entendre au dehors. Ils apprirent un grand nombre de cantiques polonais traduits en russe parle célèbre Siméon de Polotsk et mis en musique par le chantre Wassili Titovsr. On exécutait également la musique originale des compositeurs polonais. Sous Pierre le Grand plusieurs chœurs attachés aux églises privées des membres de la famille impériale furent dissous, et à la mort du grand monarque son chœur particulier, composé de plus de vingt voix, et qui l'accompagnait dans ses voyages et ses campagnes, fut également supprimé. C'est là que s'arrêtent les investigations du R, P. Razoumovsky, mais il est avéré cependant que les chœurs de chantres de la cour n'ont pas cessé d'exister sous les règnes suivants. Le ?^ célèbre Alexis Razoumovsky faisait partie de la
chapelle impériale du temps de l'impératrice c'estde làqu'il passa, en 1 737, dans celle de la g duchesse Elisabeth Petrovaa. Il paraît qu' époque la chapelle impériale jouissait déjà or^^anisation actuelle, tout en procédant de ci tsars de Moscou » (1).
On sait quel est l'immense renommée de ce des chantres de la chapelle impériale, dont le d'une nature, d'uo caractère et d'une étendue i ment exceptionnels, sont choisies avec scie les plus belles des paysans de l'Ukraine, la p aux belles voix. Sur l'effet produit par f par l'exécution musicale qu'on obtient de ce teurs, nous avons le témoîg^nage enthousiasi compositeur français, Adolphe Adam, qui fu à entendre la chapelle lors d'un séjour qu Saint-Pétersbourg en 1840 :
La musique religieuse, dit Adam, est celle q porte sur toutes les autres en Russie, parce qu'el est typique et n'est point uDe imitation de celte très nations, du moins quant à l'exécution. Le i n'admet aucune espèce d'instruments dans l'égi cbautres de la chapelle de l'empereur ne chanten d'autre musique que celle des offices, et ont, pa quent, une extrême habitude de chanter sans a gnement avec une justesse d'intonation dont on se faire une idée. Mais ce qui donne un caractère geté inconcevable à cette exécution, c'est la na voix de basse, dont l'étendue est du dernier la c
! LJl musique en RUSSIE
i'ul au-dessus des lignes de la clé de fa, et qui, douant à l'oclave basse les voii de basse ordinaire, pro-
isent un c [Tel incroyable Ces contrebasses vivantes
sortent jamais de leur râle de chantres de chœur : i voii, isolées, seraient d'une lourdeur intolérable, mais ir efTet est admirable dans la masse. La première fois e j'entendis cttte admirable chapelle, j'éprouvai une lolion que je n'avais jamais ressentie, et je me mis à idre en larmes dès les premières mesures du morceau; is, lorsque l'alIegro vint k s'animer et que ces foutyantes voix lancèrent toute l'arlillerie de leurs pou- •ns, je me sentis frissonner et couvert d'une sueur ide. Jamais le plus formidable orchestre ne produira ,te sensation étrange et lout à fait différente de celle î je croyais la musique susceptible de faire éprouver. ^ voix de ténors sont loin d'être aussi parfaites que voix de basses, mais elles sont cependant très satisfaiites. Les soprani sont vigoureux, et il y a quelques
es voix de solistes parmi ces enfants En définitive,
:hapelle de l'empereur est une institution unique dans nonde (1^..
^dam n'exagère en aucune façon lorsqu'il parle l'impression produite par ces chanteurs ; car rlioz, qui, lui aussi, avait eu l'occasioa de les endre à Saint-Pétersbourg, en parle ainsi :
c rituel de la religion chrétienne grecque interdisant iploi des instruments de musique et même celui de ?ue dans les églises, les choristes russes chantent conséquence toujours sans accompagnement. Ceux 'empereur ont même voulu éviter qu'un chef leur fût Bssaire pour marquer la mesure, et ils sont parvenus en passer. S. A. !. madame la grande - duchesse
) France musicale, juillet 1848,
de Leuchtenberg m'ayant fait un jour, à Saint-Pétersbourg, l'honneur de m'inviter à entendre une messe chantée à mon intention dans la chapelle du palais, j'ai pu juger de l'étonnante assurance avec laquelle ces choristes, ainsi livrés à eux-mêmesi passent brusquement d'une tonalité à une autre^ d'un mouvement lent à un mouvement vif, et exécutent jusqu'à des récitatifs et des psalmodies non mesurées avec un ensemble imperturbable. Les quatre-vingts chantres, revêtus de leur riche costume, étaient disposés en deux groupes égaux debout de chaque côté de l'autel, en face l'un de l'autre. Les basses occupaient les rangs les plus éloignés du centre, devant eux étaient les ténors, et devant ceux-ci les enfants, soprani et contralti. Tous immobiles, les yeux baissés, attendaient dans le plus profond silence le moment de commencer leur chant, et à un signe, fait sans doute par l'un des chefs d'attaque, signe imperceptible pour le spectateur, et sans que personne eût donné le ton ni déterminé le mouvement, ils entonnèrent un des plus vastes concerts à huit voix de Bortniansky. Il y avait dans ce tissu d'harmonies des enchevêtrements de parties qui semblent impossibles, des soupirs, de vagues murmures comme on en entend parfois en rêve, et de temps en temps de ces accents qui, par leur intensité, ressemblent à des cris, saisissent le cœur à Timproviste, oppressent la poitrine et suspendent la respiration. Puis tout s'éteignait dans un decrescendo incommensurable, vaporeux, céleste; on eût dit un chœur d'anges partant de la terre et se perdant peu à peu dans les hauteurs de l'empyrée. Par bonheur, la grande-duchesse ne m'adressa pas la parole ce jour-là, car dans l'état où je me trouvais à la fin de la cérémonie, il est probable que j'eusse paru à S. A. prodigieusement ridicule (1).
L'un des artisans les plus influents de la pcrfec- (1) Les Soirées de Vorchestre, 21e soirée.
B cette chapelle fut le célèbre compositeur snsky. Il serait injuste pourtant de ue pas rant lui un autre artiste extrêmement remar- , Maxime Sazonovitch Bérézovsky, sod ataé de les aouées, qui, comme lui, fut l'un des pères rt musical religieux eo Russie. Né dans iaevers 1745, Bérézovskj fut admis de bonne dans la chapelle impériale, où la beauté de sa : ses aptitudes pour la compoiiition atlirèrenl i l'attention de l'impératrice Catherine II, qui r& à ses frais en Italie pour j terminer les musicales qu'il avait commencées à l'Acaecclésias tique de Kiew. Il se rendit donc à le, où il demeura plusieurs années et où, sous lente direction du célèbre P. Martini, il acquit 'ande habileté dans l'art d'écrire. De retour 3sie il mit au jour un assez grand nombre 1 position s relig'ieu ses qui se distinguaient par irme élégante et le sentiment dont elles étaient intes, et s'occupa de réformes essentielles & uire dans l'exécution du chant de l'Église russe. On assure pourtant que ses efforts sous iport rencontrèrent beaucoup d'obstacles, et n conçut un vif chagrin. Est-ce ce chagrin poussa au suicide en 1777, à peine Agé de ■deux ans ? c'est ce que je ne saurais dire ; e qui est certain, c'est que Bérézovskj est auhui considéré comme l'un des plus grands isiteurs de musique sacrée de sonpajs (1).
>n ne saurait, je crois, en parlant du chant dn l'Église
p^^RT^^TTΙ
LA MUSlfjtJB ES RUSSIE
Quanta Bortnianaky (1), il est propreme des g;loires musicales de laRussieet, dansso) i'uQ de ses artistes les plus originaux. Lui i partie des chantres de la chapelle, et il était âgé de sept ans lorsque sa jolie voix de sop fit admettre. Remarqué par l'impératrice El ilfutconfié par elle au compositeur italien G alors matlre de la musique impériale k Si tersbourg, pour que celui-ci prttsoin de s cation musicale. Galuppi ayant quilté la en i768, l'impératrice Catherine II ne voti que les études du jeune artiste restassent inai et elle l'envoya rejoindre son mattre à Venisi être resté pendantquelque temps en cette vil)
gréco-russe, passer sous silence le nom de stint mascène, religieui célèbre qui vécut am VII* et VU que l'on considère comme le réformateur et 1( risaleur de ce chant, à qui l'on doit la camposit grande partie des hjmnea et des mélodies du culte à c« titre, la mémoire est vénérée en Russie ;Fét\: ea cea termes : — « Les vies des saints de l'Église et la plupart des auteurs anciens qui ont parlé i divin et du chant de cette Église, altribueul à saii Damas la restauration de ce chant et la composi grand nombre d'hymnes et da cantiques qui sont i usage. 11 est certain que, prenant pour base de si le Typique, rormulïire le plus ancien de l'olUce, < ginaî existait de son temps bu monastère de Snint en tira las Canons, les Troparia ou antiennes, répons et hymnes, et les Slichera, cantiques en \ il composa une partie des mélodies. Les nombreu critB qui existent dans les bibliothèques de l'Europ les monastères de l'Orient attestent qu'il est en efîe de la plupart de ces mélodies... »
fl) Dmitri StepanovUch Bortniansky, né en 17! kow, dans le gouvernement de Tchernigow, t 28 septembre — 9 octobre 1S2S.
niansky, sur les conseils de Galuppi lui-même, alla étudier à Bologne, à Rome et à Naples. Durant ce long séjour en Italie, qui ne dura pas moins de onze ans, il commença à écrire un assez grand nombre de compositions dans la forme et le style italiens : musique d'église, sonates de clavecin, pièces diverses etc. (1). En 1779 Bortniansky retournait en Russie, où il fut bientôt nommé directeur du chœur des chantres, qui, en 1796 seulement, reçut le titre de « chapelle impériale b . Il en conserva la direction jusqu'à sa mort, c'est-à-dire pendant près d'un demi-siècle, et c'est alors qu'il acquit la juste célébrité qui s'attache à son nom. « Dans tout ce qu'il avait produit jusqu'à son retour en Russie, ditFétis, il s'était inspiré de la musique italienne de son temps : ce ne fut qu'à Saint-Pétersbourg que son génie se révéla dans ce qui constituait son originalité. Le chœur qu'il était appelé à diriger avait été organisé sous le règne du tsar Alexis Mikaïlovitch ; mais, quoique déjà ancien, il laissait beaucoup à désirer pour la qualité des voix et pour le fini de l'exécution. Bortniansky fit venir des chanteurs de l'Ukraine et des diverses provinces de l'empire, choisissant les voix les plus belles, et les dirigeant par degrés vers une exécution parfaite dont on ne prévoyait pas même la possibilité avant lui. C'est
(1) Il fît môme représenter à Modène, le 26 décembre 1778, un opéra intitulé Quinto Fabio (Voy. Cronisteria dei Teatri di Modena, par Alessandro Gandini, Modène, 187S, 3 vol. in-16). Ce fait n'a jamais été remarqué.
de cet artiste remarquable que la châtie de Russie est parvenue à l'excelleDce iird'hui l'objet de l'admiration de tous trangers. C'est pour ce choeur incom-
Bortuiansk; a écrit 45 psaumes com-
parties dont les inspirations et le cal'une originalité saisissante. On lui doit ;sse g:recque à trois parties et beaucoup 'erses (1). j ^rand artiste auquel la chapelle impé-
réor^anisatioD, son complet développerfection d'une exécution sans rivale igue dans aucun pays ; tel est le compoar ses œuvres, a porté la musique reliissie à sonplushautpointde splendeur, a eu pour successeur, dans la direction e impériale, Théodore Lvow, dilettante é, père du général Alexis Lvow, qui ccéde à son père dans cet emploi et qui , 1 ordre exceptionnelsur le violon, cornarquable de musique religieuse, connu
iographie universelle des Miuieiens. — Octave e son cûté, dana son intéressaale fiotice sur emarqus dans l'œuvre de Bortuiansky. outre tel psaumes, une suite de morceaux appelés •aphins, et qui, en vérité, méritent leur titre, lOut empreints d'une lumineuse splendeur et leur grandenr tranquille, un caraclëre d'aule sérénité. » La 11 octobre 1901 on a célébré ïaint- Pétera bourg, le ISO" uiDiversaire de ce |ue ses compatriotes ont surnommé le Pales-
:,jL musique en Russie opéras, est surtout célèbre comme ine national russe, si justement popuui eu Fraoce, J'aurai, plus loin, à et artiste intéressant (1).
} sijfnater un autre, qui vécut dans le jue Bortaiansky et qui me semble venir. Je veux parler du compositeur i, né à Borysow en 1766 et mort en lès VAge de six ans, de telles disposit, avec une voix d'enfant si séduisante, Ihérémétiew, dont il était serf, s'inté- Imit dans sa musique chorale, etplus aire ses études à l'université de Mosinua de s'occuper de musique et d'où -Pétersbourg;, où il devint l'élève de tiarew revint ensuite dans sa ville naar le comte Chérémétiew à la tète de la il avait été membre en son enfance, et )ur celle-ci un grand nombre de com-
e Théodore Lvow a été omis par Pétîs dans initerselle des Musiciens et par moi-mémo ément à cet ouvrage. Je ne crois pas, d'ail-
raenUoDoé dans aucun dictionnaire biogra- 1 dehors de la Russie. Cel amateur fort ins- 4 décembre 1S36, a écrit, pour la seconda leil célèbre de chansons populaires russes ^ch, nna préface dans lac^uelle il fait tréa rtir l'iD contestable affinité qui existe entre la ire russe et la musique grecque.
■uns ont cru pouvoir assurer qu'il avait fait alie avec Sarti. Hais si Degtiarew visita an
ne fut certainemenl pas avec sou maltra, lis fixé en Russie, ne revit jamais son pays.
positions religieuses intéressantes. On cite, comme une de ses œuvres les plus importantes et les plus remarquables, un grand oratorio profane intitulé la Délivrance de la Russie en 1612, qui, dit-on, fut ensuite traduit en italien et exécuté dans divers pays.
-via
• V ♦'" ry
Nous sommes, en France, nés à la vie musicale depuis plus de deux siècles. La fondation rég'ulière de notre Opéra remonte à Tannée 1671 ; Touvrage considéré justement comme le premier type et la première manifestation du g^enredeTopéra-comique, les TroqueurSy fut représenté à l'ancien Opéra-Comique de la Foire en 1753, et depuis lors on a pu voir se succéder chez nous, sans interruption, toute une série de musiciens puissants ou charmants qui ont porté haut le drapeau de l'art national et ne l'ont jamais laissé fléchir. On peut dire pourtant que ce n'est que depuis un siècle, c'est-à-dire depuis la création du Conservatoire en 1794, que nous possédons réellement une école musicale, c'est-à-dire un g^roupement d'artistes unis par les mêmes idées, par ^
les mêmes tendances, marchant vers le même but, professant les mêmes principes et donnant, musicalement, les preuves d'un nationalisme très réel, très accentué, autrement dit sinon d'une compréhension, du moins d'une manifestation toute particulière de l'art. Il suffira de rappeler à ce sujet les noms de
m, Lesueur, Méhul, Boieldicu, Catel, I Id, Auber, Adam, Halévj, etc. C'est i ]ue, en tant que st^le, couleur et caractère que est bieD française, et ne ressemble n que alleQiande, ni à la musique italieon Iles-ci avaient aussi, l'une et l'autre, leur bien tranché, bien marqué, leur orig ?e et ce qu'on pourrait appeler leur autoi aliemacd, puissant, nerveux, plein de gn
poésie, s' exerçant surtout dans le gean ique et dansl'oratorio ; l'art italien, savo is, charmant et plein de séduction, rac nanque de profondeur par une grâce e ;e, et se manifestant surtout dans le que, tout en cultivant aussi l'art relig-ieux. l'en ces derniers temps, trois écoles florin ^n distinctes : école allemande, école ital
française, celle-ci la dernière venue etl ! en date.
; choses sont aujourd'hui changées. Dep
de Weber, de Mendelssohn et de Schu e allemande a disparu, ne laissant deboui se au j^éaie aussi inégal que puissant, 1' ohengrin et de l'Anneau du Nibelung, léme à l'heure présente, et ce serait u nun de dire qu'un artiste, quelque gran a valeur, ne saurait représenter à lui se . Or, quels sont les successeurs de B ner?... Je n'en connais pas, pour ma p is seulement, dispersés à travers l'Aller
trois ou quatre artistes plus ou moins distint^ui MM. Cari Goldmark, Richard Strauss, Hump dinck, impuissants assurément à renouveler exploits de leurs devanciers et dont les noms lissent singulièrement devant le souvenir de géants : J.-S. Bach, Haendel, Hajdn, Gluck, Mozi
Beethoven
D'autre part, l'école italienne, qui se recomm. daitdetaotd'artistesglorieus : Palestrina, Scarla Pergolèse, Porpora, Piccinni, Sarti, Anfossi, ( glielmi, Paisiello, Cimarosa, l'école italiens rendu son dernier soupir avecles accents de Ross de Bellini etdeDonizetti. Là aussi se trouvait homme deg'énie, à l'inspiration puissante et chau l'auteur pathétique de Rigoletlo,à.'Aida et de la m< de Requiem. Mais précisément ce j;;:énie étai éclatant, si vigoureux, que, par sa seule présenct démontrait la Faiblesse de tout ce qui se mou' autour de lui. En réalité, Verdi est resté une ex( tion glorieuse dans la patrie de Palestrina, com Wagner était resté une exception glorieuse dans patrie du vieux Bach. Qu'on me comprenne bie je ne prétends pas qu'il n'y ail plus d'artistes l'un ou de l'autre côté ; je dis que, pour le mon: du moitis, il n'y a plus, à proprement par d'école.
La France restait donc seule sur la brèche (() ;
(1) On voudra bien me taire l'honneur de croire q parlant ainsi je ne me laisse entraîner k aucun accè chauvinisme artistiqae. Il a'j a point de chauvinïsmi
Sa LA HusiguB su Russie
seule conservait une véritable école musicale, lai rieuse et fécoDde, lorsque loin, bien loin, à Tau bout de l'Europe, dans ce vaste Empire russe né dernier à la civilisation artistique, on vit tou coup surgir comme une nuée de jeunes musicif au tempérament sîng'ulièremcnt vig'oureux, h r< tivité dévorante, à la fécondité prodigieuse, au si timent très orig;inal et très personnel, qui réc niaient leur place au g;rand banquet de l'art et < venaient l'y prendre sans plus de façons, prouvi du premier coup qu'ils en étaient dignes et que ni n'y pouvaient prétendre avec plus de droits ni justice. C'était l'école russe qui se révélait tou coup, sans hésitations et sans tâtonnements, et q en moins d'un quart de siècle, s'épandait sur toi l'Europe et faisait des prodiges de valeur.
Toutefois, on peut bien croire qu'il ne s'agît [ ici d'une génération spontanée. C'est en art, au c< traire, c'est en art surtout que l'incubation est lo gue. Mais les artistes russes avaient eu un avanta considérable. Profitant des travaux de leurs devs ciers : Allemands, Italiens, Français, trouvant toi prfite à leur usage une technique que ceux avaient mis des siècles à préparer et qu'ils n'avaiei eux, qu'à s'approprier sans efforts prélimînair
pense, il n'y a que justice k rappeler tous les noms de artistes, les uq9 glorieux, lea autres eitrémemeat dist
fués : Charles Gounod, Berlioz, Pélicieii D&Tid, Ambro homas, Bizet, Léo Delibas, Lalo, Guiraud, Poise, Sai SaËns, Masseuet, Reyer, dout. pour la plupart, les œuvi courent te monde depuis près de quarante ans.
ils s'étaient tout naturellement épargné la longue période d'essais, de tentatives, de tâtonnements de toute sorte qui précède toujours la formation d'un art robuste et définitif. D'autre part, vivant pendant longtemps retirés chez eux, n'ayant point été mêlés au grand mouvement intellectuel qui, depuis la Renaissance, a secoué le vieux monde européen, ils travaillaient en silence, se recueillaient en quelque sorte, jusqu'au jour où, sûrs d'eux enfin et confiants dans les forces qu'ils avaient en secret accumulées, ils firent en quelque sorte explosion et se présentèrent avec tous les avantages non seulement de la surprise, mais d'une expérience relativement facile et que leurs devanciers n'avaient acquise qu'au prix d'efforts et de travaux sans nombre. Si l'on joint à cela la très réelle originalité dont ils faisaient preuve, la saveur toute particulière qu'ils apportaient dans l'exercice d'un art auquel ils communiquaient une note nouvelle et imprévue, enfin la très grande habileté qu'une étude intelligente et persévérante leur avait fait acquérir, on comprendra' sans peine le succès qui les accueillit dès qu'ils se manifestèrent d'une façon sérieuse.
D'ailleurs, le sentiment musical du peuple russe est naturel et très profond ; on en a la preuve par les chants, les mélodies populaires si colorées, si savoureuses, dont j'ai eu l'occasion de parler et qui témoignent de la faculté créatrice de la race dans cet ordre d'idées. Il était donc inévitable que cette faculté se manifestât un jour, avec les progrès de la
salion, d'une façon plus haute et dans i fait artistique. II ne lui fallait pour ncouragements, même indirects, et il as manqué, car depuis un siècle etden ; a été l'objet des soins de tous les soi e sont succédé sur le trAne de Russie.
;e Anne, l'impératrice Elisabeth, l'im] irine, les tsars Paul 1" et Alexandre 1 point citer d'autres, firent tous leur propager dans leurs Etats le goût et le musical, appelant à leur aide, en qi teurs de l'Opéra, ou de maîtres de chaj efs de la musique particulière du so lus célèbres compositeurs étrangers, ppi, Martini (lo Spagnuolo), Paisiell rosa, Boieldieu, Steibelt, etc., attirt à pris d'or, les plus grands chanteu fameux virtuoses du monde. Ils e:
l'amour de la musique chez un peu| nent doué sOus ce rapport, ils facilita ïtion, ils créaient les moyens m atérie n, si bien qu'au bout d'un siècle de ce isique nationale sortait victorieusemei !3 et ébranlait le paya par l'écloslo:
e qui est considérée comme un chef-d jx parler de l'opéra fameux de Glinkt le T»ar, qui est le signal superbe de ion de l'art national, listoîre de ces commencements du diletl , à peu près connue dans son ensembl
au moins pour cous autres étrangers, fort ( dans ses détails. C'est par l'opéra italien, re plus tard par l'opéra français, que la Russi mença son éducation musicale ; c'est g l'exemple des compositeurs étrangers que tistes nationaux, après quelques essais plus que nombreux, prirent conscience d'eux-m< purent, au bout d'un siècle, se lancer résc dans la carrière et donner les preuves de 1< cultes. Mais les documents sont rares si longue période, les renseignements précis i à réunir, surtout pour qui ne connaît pas la et même les ouvrages publiés en Russie (ete restent, je crois, assez incomplets dans 1 semble. Quelques-uns, qui ne sontpas spéci musicaux, ne sont guère que des répertoin vrages représentés, quel qu'en soit le genre théâtres de SaintrPétersbourg et de Moscc
(1) Voici nue liBt« de quelqaea-nns de c«s o Dictionnaire dramatique {taouy me), patVié en 1^ primé en 1881 ; — Fondation du Théâtre russe, f rabanow, IglS ; — Annale* du Théâtre russe, p pow, 1861 (c'est un répertoire qui se poursuit jusqi 18Î5]; — Chronique des Théâtres Pétersbouri A. Wolff, 1877, ï ïol. (cootinualion du préoédeni s'arrêlant à la Sn du règne de l'empereur Nicolas] ; historique de l'Opéra russe, par V. Morkow, 186 Théâtre russe à Saint'Pétersbourg et à Moscou, par M. Longuinow, 1873; — Histoire de l'opén meilleurs représentants, par M. K,, 1871 ; — . l'histoire de la musique en Russie au point de culture et des mœurs, par Vladimir Mikhnévit Pâtersbourg, 1879. A tout cela il faut ajouter l'é en français par H. César Cui : La Musique en Rui
lit donc se contenter d'envisager d'une façon esque superficielle ce chapitre concernant les mmencements de l'histoire du théâtre musical en lasie.
Il semble que c'est sous Pierre le Grandet par les ins de son futur ^ndre, le duc Charles-Ulrich de dstein-Gottorp, qu'un premier corps de musique t formé à Saint-Pétersbourg. C'était un petit orestre de concert, qui comprenaitunclavecin, queles violons, une viole d'amour, une quinte, un >lonceile, une contrebasse, deux flûtes, deux hautis, deux cors, deuK trompettes et timbales, et qui écutaitdes œuvres instrumentales de divers camsiteurs allemands et italiens : Teleman, Keiser, linichen, Schulz, Fuchs, Corelli, Tartini, Porpora, ;. Ces exécutants étaient tous allemands. L'impéxice Catherine continua ces traditions, mais il it arriver jusqu'à l'impératrice Anne Ivanovna ar voir le premier essai d'Opéra italien tenté à int-Pétersbourç. Cette princesse envoya en Italie de ses artistes avec la mission de recruter et de ramener une troupe Ijrique qui arriva en Russie 1735, ayant k sa tête le compositeur napolitain ancesco Âraja, lequel, engagé comme mattre de ipelle, devait y conserver ces fonctions pendant b de trente ans. Cette troupe comprenait, entre
chbaiAer, IftSl), ëcrjt relatif particulièrement â. la période itemporaine et qui, eous ce rapport, a un peu les allures D pamphlet, mais dans lequel on trouve quelques rares seignements rétrospectifs. J'aurai à m'en occuper plus
autres, les artistes suivants : Pietro Morigi, sopi aiste ; Filippo Gior^i et Cricchi, ténors ; Girolei Bon, et M""*' Pasiorla-Piantanida, Caterina Giorgi Rosina Bon (1).
C'est en 1737, à l'occasion des fêtes célébra pour l'anniversaire de la naissance de l'impératric qu' Araja fit représenter le premier opéra italien éc: par lui pour Saint-Pétersbourjç, Abtatare, qui éti chanté par Morigi, Giorgi, Cricchi, M'l< Massari M"' Giorgi. Le succès fut complet, et dès le me de janvier de l'année suivante Araja donnait i second ouvrage, Semira mi de, dont le rôle princip était tenu par M"» Pianfanida et qui ne fut pas moii hien accueilli. Il en écrivit successivement plusieu autres, parmi lesquels Sctpione, Arsace, Seleuc Bellerofonte et Alessandro nelVIndie.
La fortune de l'Opéra italien ne se démentait pi depuis vingt ans qu'Ajara était placé à sa tête, lor qu'en 175S Elisabeth Petrovna, qui était montée si le trdne, conçut le projet, difficile à réaliser à cett époque, de créer un Opéra russe. En dépit dt obstacles on parvint, non sans peine, à réunir un troupe de chanteurs russes, dont quelques-uns foi médiocres, pour lesquels Arajafut chargé demetti
(1) Quelques virtuoses instrumentistes élatent amon^ d'Itatie avec cea cbanteurs : les violamstea Piantanicla i Domeoico Dall'Oglio, le violoncelliste Giuseppe Dall'Ogtic frère de ce dernier, etc. ; puia, aa peintre décorateur, Ar lonio Pères NotlJ, un niacliiniste, Gibelli, un maitre d ballet, Fusano, et plusieurs danseurs et danseuses, para: lesquelles Giulia Fusano, Teinme du précédent.
3z LA MUSIQUE EN RUSSIE
en musique le livret d'un opéra en intitulé Céphale et Procris, qui lui i par le poète Soumarokow. Cet ouvr pendant les ffites du carnaval, avait ] Gawrila Marzenkowitch, Nicolas Kl Raschewsky, Stepan Eustatiew 'el M fille d'un célèbre joueur de luth et i quatorze ans. Ce fut le premier essai et chanté dans la langue nationale.
été le résultat, le premier effort éta peu Qorissante qu'elle fut pendant scène lyrique russe était fondée, tenait sans doute toujours le haut du vivait modestement aux cAtés de troupe russe se voyait chargée d' ouvrages dont la musique était gém par des Italiens, si même elle était :
à chanter simplement des opéras ita!
russe, la création d'une troupe lyriqi était pas moins, en lui-même, un fa importance.
Araja, comblé d'honneurs et de rii pératrice, retourna dans sa patrie avoir écrit un autre drame russe mariage du prince Pierre Féo do rov.
pour successeur un artiste allemand déric Raupach, qui fit représenter, 1759, un opéra russe inthvU Alcesti vante un opéra italien qui avait p Cependant, en 1761, Araja était raj
pour écrire un nouvel ouvrage ; mais le meurtre du tsar Pierre III Teffraya à tel point qu'il repartit en toute hâte pour Tltalie. Ce fut alors un de ses compatriotes, le compositeur Manfredini, qui fut placé à la tête de l'Opéra italien, pour lequel il écrivit, avec la musique de plusieurs ballets, celle de quelques opéras, entre autres VOlimpiade (1762), sur le poème bien connu de Métastase, et Carlo Magno (1764).
Le règne de l'impératrice Catherine II fut une époque brillante pour la musique en Russie. Cette princesse appela auprès d'elle plusieurs compositeurs étrangers qui, simultanément ou successivement, firent représenter un grand nombre d'ouvrages expressément écrits par eux pour l'Opéra italien. Ce fut d'abord Galuppi, qui n'y resta que peu de temps, mais qui remporta un grand succès avec sa Didone ahhandonata (1160), et fit jouer aussi il Re pastore (1767) et Ifigenia in Tauride (1768). Ce fut ensuite Traetta, qui donna V Isola disahitata (1769), une nouvelle Olimpiade (1770) et Antigone (1772). Et après Traetta, ce fut le célèbre Paisiello, dont le séjour fut plus prolongé, car il resta près de dix années en Russie, de 1776 à 1785. Paisiello écrivit pour la cour de Saint-Pétersbourg, outre plusieurs cantates et diverses compositions moins importantes, la musique de dix opéras qui comptent parmi les meilleures de ses œuvres : la Serva padrona^ il Matrimonio inaspettatOy il Barhiere di Siviglia^ i Filosofi immaginari, la Finta Amante (ouvrage
1 l'entrevue de l'impératrice ■UT Joseph II à Mohilow), il teli, Lvcinda ed Armidoro, le in Sciro. Ces divers oui les dilettantes russes un et mirent le comble à la
que Sarti, le matire de Cho- Saint-Pétersbourg;, pour y mattre de la chapelle impéïord un Psaume et un Te puis fit représenter, en 1786, 1 Armida e Rinaldo. Plu»
•a russe, la Gloire du Nord.
est eïact, on peut croire quo trUio point ea Russie l'inOuencc I est permis do supposer qu'en .ys purent profiter de l'eiemple
'opéra bouffe il Re Teodoro, que ne au cours de son vojaee da :rivit et Qt représenter dans cette même où sa belle imagination bruit se répandait à Rome que uenca den glaces du Nord, L'oriivait dans les partitions du Bai-- !o/! immaginari, el de il Mondo es en Italie, n'avaient pas paru ndu dans les ouvrages de la jeuimis à l'impression du goût des combinaisons plus fortes que lassion exclusive des Italiens, il tilions les morceaux d'ensemble, e des ouvrages une variété do nérite était mal apprécifipar ses
A cette époque il avait été charfjé, par l'im Catheriae, d'org'aniser à Katericoslaw un vatoire sur le modèle de ceux d'Italie, et en 1795, les élèves de cette école vinrent se tendre dans un concert donné devant la soi celle-ci s'en montra si satisfaite qu'elle élevi positeur au rang' de la première noblesse don de terres considérables aiin de le fixe tivement en Russie, C'est pendant le long^ i Sarti à Saint-Pétersbourg que Martini, l't la Cosa rara, fut invité à venir prendre la de l'Opéra italien ; il y écrivit un opéra h Sposi in contrasto. Puis ce fut Cimarosa, ce pourrait surnommer l'enchanteur, qui fut s 1789 comme compositeur, et qui fit représe ouvrages dont les succès furent éclatants, Ci la VerginedelSoleelAtene ediftcata. Dam de trois années, Cimarosa écrivit aussi, dit qu'à 500 (!) morceaux divers pour le serv cour et pour les personnages de la noldess Déjà, sous l'impératrice Elisabeth, qui frappait impitoyablement d'une amende di blés ceux de ses invités qui se trouvaient d possibilité d'assister à l'un des spectacles di la société russe se montrait très friande dt sentations italiennes. Avec l'impératrice Cai ce fut comme une sorte de frénésie. On a d'ailleurs qu'avec des artistes comme ceu viens de nommer et les œuvres qu'ils appt la scène, les moyens d'exécution avaient di
mer de plus en plus et d'une façon considé- Des chanteurs fameux, des virtuoses d'une ise renommée, tels que Marches!, Bruni, Mîl- 'uttinî, Salelti, la Todi, la Pozzi, k Gabrielli 1 d'autres avalent été attirés à prix d'or à Saintbourg pour interpréter ces œuvres, des soins articuliers avaient été apportés au recrutement rchestre et des chœurs, le travail des études pria de jour en jour une plus grande imporet l'ensemble était devenu digne en tous points tâche qui incombait à chacun. Or, ce que gal'opéra italien au point de vue de l'exécution, a russe le gagnait naturellement de son côté. re part, l'éducation du public se formait, le de la musique se généralisait de plus en plus, progrès de l'art se manifestaient insensible-
mpératrice Catherine, au surplus, quelle que m affection pour l'opéra italien, ne négligeait •ubiiait point pour cela l'opéra russe. Elle selit même si bien les efforts qui commentaient Droduire discrètement de ce cdté, qu'elle écrivit néme les poèmes de cinq opéras en langue :. La musique d'un de ces opéras, intitulé Fe- ', (I), fut écrite par un compositeur russe, Fo- 1, aul«ur de plusieurs autres ouvrages, la Cour Marchands, la Chanced'après le sort, Annette,
En lS9fi, après ping d'un siËcla, on a repris cet ou- & Moscou, h l'occasion da centeaitire de )a mort de la la impératrice.
le Paladin, le Bonhomme Kosametovitch.
le jlfeunier, opéra-comique qui, représenti vier 1779, rendit son Dom est ré me m eut A la môme époque que Fomine il faut ( ques autres musiciens russes qui se pr aussi à la scène : Matinskj, Boulane, pu plus tard, Volkow, Alabîew, les frères c'étaient pourtanllà que des préliminaires un peu timides encore, et jusqu'à un cei exceptionnels. Les temps n'étaient pas md des années devaient s'écouler encore avani nattre, fleurir et s'épanouir l'art vraimen
En 1803, sous le règne du tsar Aie:
l'opéra italien fut remplacé à Saint-Péters l'opéra français. Boieldieu, appelé en F l'empereur, y fit un séjour de huit année lesquelles il fit représenter neuf ouvrages ment écrits pour le service de la cour et reot de grands succès : Aline, reine de Amour et mystère, Abderkan, un Tour de la Jeune Femme colère, Télèmaque, le versées, la Dame invisible, Rien de trop,-.
ter des chœurs nouveaux pour VAthalie < qu'il remit en musique après tant d'auti dieu étant revenu en France en iSll, eut cesseur Steibelt, qui écrivit aussi de français, Cendrillon et Sargines.
Pendant ce temps l'opéra russe, à part exceptions que j'ai fait connaître, restait ei que entièrement confiné dans des mains^
îQt écrits par des va père, Sapieiiza, , par erreur, a été
russe, parce que, i'orig-ine, il passa
en Russie, où il I 1840, après avoir iluation artistique )■
it d'ailleurs à une ique russe. Devenu 'orchestre des théâurg, il écrivit pour a musique de six ! que le sujet d'un , était précisément péra de Glinka qui \ de l'art uational manifestation de sa e la plupart de ses E Bàbylone, le Phéinvisible, le Règne Poste de l'amour, un poète, les Troia Bosliti/. Tous ces ouvra-
10 CB.VOS, qui fut presque is il écrivit uae cantate icbe Léûpold I! et à qualiae SaintrHarc), mourut &
ges sont écrits sur teste russe. Cavos a a aussi un opéra français, ies Trois Sultanes. M Cui, qui, en tant que critique, n'est pas l'iodi même, apprécie ainsi le rôle musical de Ca' « Ses opéras sont d'un st}'le plus large que t ses prédécesseurs; il s'y trouve plus de ri mélodiques et instrumentales; on y voit uni tion évidente d'assimilation de l'élément mais le fond reste italien malgré tout. Plusic opéras de Cavos eurent un grand succès et it au répertoire pendant un certain nombre d'i au commencement de ce siècle. Ils sont maintenant (1). a
Nous approchons du moment où va luire du véritable opéra russe, de l'opéra national, < tone. La personnalité de Glinka va surgir, écl magnifique, et dans deux œuvres superbes a la puissance d'un art jeune, nouveau, vigou profondément original.
Mais avant de parler de lui, il fautencore e ques mots signaler les essais — on peut dire les efforts — d'un artiste estimable qu des dons heureux, oejouissaitpasmalheureu des avantages d'une instruction musicale assi due et assez solide pour les mettre en pleine et pour en tirer tout le parti possible. 11 s'agi compositeur Verstovsky, auteur de plusieurs i dont un au moins, celui intitulé la Tombe d'j
(I) La Musiqat en Htuiie.
en 1835, devint réellement pop ne renommée presque brillai:
, artiste bien doué au point c n, mélodiste élégant et gracieu:
lesse et l'habileté de main d^ ie ses chants tout le profit qu'un rait pu leur demander. Il ne i une idée, ni construire un moi ensemble les vois et les instrut F faire produire les effets qu'exi la musique dramatique. C utôt uu amateur disting^ué qu'u s du mot. Néanmoins, sa Tom e la faveur du pu!
a joue pas encore de
lar Gui »i'eiprime ainsi au sujet de V lAraa seraleot mieux Doiumés des v stant ses facultés de TDélodiste, malg obtenue bon nombre de ses mélodie >mbed'A»kold, priricjpalemeiit).ilesl irer comme un des créateurs de l'o] nous aimons à le répéter, porte bien itionalité, mais elle est encore fort I tendons par musique d'opéra; on ces riches contrastes, de ces élans dr înstrumeQtoJ, qui sont les requisil Lés eiigeant toutes non seulement oureui,niai3 en même temps un prol Veralovsky, qui, né en 1799, avait nspecteur des théâtres de Moscou, ( imbre IS62. Parmi ses autres opéra?
', le Sotliciteur , Slaniaiaa, ta Vieiil U de ta grand'mére, ta Bergère, Gro
'^Jbtnmafu
Enfin, voici veairGlinka, et la Vie pour le Tsar va révolutionner la Russie musicale et la faire entrer, c'est bien le cas de le dire, dans le concert des nations européennes.
hel-Ivanovitch Glinka, qui, après un demi- , est encore considéré comme le premier muside la Russie, le compositeur national par eoce, appartenait à une famille noble de proires aisés qui iitibitait, dans le gouvernement iiolensk, le villag^e de Novospasskoïé, lequel a propriété de son père, capitaine en retraite, ms ce village le 20 mai/1" juin 1804, mort encore, à Berlin, le 3/15 février 1857, il monbonne heure un goût passionné cl do rares des pour la musique, que sa famille ne cherîs à entraver. Doué d'un esprit un peu mystiil raconte dans ses Mémoires que les grandes onies religieuses de l'église de NovospasskoTé issaient son âme d'enfant d'un poétique eniasme, et qu'il était surtout ravi par le son des !s; et cela à tel point qu'il passait des heures es à imiter ces sonorités en tapant de toutes rces sur des bassins de cuivre (1). Mais bien-
Les Mémoire» de Glinka, écrits par lui en russe, oot bliés après sa mort par sa eceur. M"" Cheatakow, qui
tôt il allait trouver, à son amour pour I un aliment plus substantiel. Un de ses Français, OctaveFouque, a raconté ainsi
A cetteépoque, le père de Glinka était
embarrassé dans sa fortune ; aussi ne voj Novoapasskoïé le luxe fastueux qui d'ordini l'existence des grands propriétaires russes, l Gtinka avait un TrËre en meilleure situation, autres avantages, possédait celui de pouvo un orchestre. Quand les Glinka recevaient, leur parent de leur envoyer des musicien?
Taisaient danser, tantôt donnaient des conce ces artistes jouèrent un quatuor de Cruselpo violon, alto et basse. Le petit Michel avait onze ans ; il Tut extraordinaire ment frappé dltion. Pendant deux jours il ne putpenser à tout entier au souvenir de ce poétique ace ments, il vivait comme dans un rêve extatii nant à ses travaux d'écolier qu'une attention professeur de dessin s'en aperçut et gou élève sur la passion musicale qu'il avait lini - Que voulez-vous t répondit l'enfant ; la n
L'orchestre de son oncle devint pour le jet source des jouissances les plus vives. A l'hf per se faisait entendre un octuor composé de deux clarinettes, deux cors et deux bassons, X originaux russes. Cette sonor
a voué à la mémoire du compositeur un vêi Insérés d'abord dam une des revues imporlan Pélersbourg, il en a été fait ensuite un IJrage nombre très limité d'exemplaires. L'éditeur So donné, en 1896, une édition complète, accorn] correspondance de Glinka.
ancolie des chanta eui-mêmes dégageaient ense. Dans quelques années, Gtinka devenu noment de se jeter dans la carrière du ee souviendra des chants nationaux qui on enfance d'une si suave atmosphère mudra devenir et deviendra le fondateur d'une e, qui prendra racine dans les entrailles i de la pairie (1).
ait treize ans lorsque son père te plaça, irsbourg;, dans UDe pension dépendani pédag'o^ique Fondé récemment pour les i noblesse. Il y fit d'excellentes études, rementy apprit, avec la facilité naturelle pour les langues étrangères, le latin, le llemand, l'ang-Iais et le persan. Mais ces empêchaient pas de se livrer à la prat qu'il chérissait par-dessus tout. Il tra-
ardeur le piano et le violon, le piano ir lequel il reçut des leçous de John 'arl Majer, Plus tard il devint, à Berlin, ihn pour l'harmonie. On va voir à quel poussé son amour de la musique et de intelligente il l'entretenait. 11 avait à
ans lorsque, un peu souffrant, — sa récaire, et il fut malade toute sa vie — un voyage dans le Caucase pour pren- [, Sa cure terminée, il revînt à Novosn paternelle, et voici comme
FocaoB : Michel Ivanovileh Glinka.
a nous faire voir ce qu'il en était et de 1 il se prodiguait:
'août 1828, diUil, Galilzin, Tolstoï, d'autres elinoi eûmes l'idée de donner une sérénade l'eau. Nous primes deux embarcations que ftmes avec des lanternes vénitiennes. Dans ent les organisateurs delà fête, dans l'autre es du régiment des chevaliers^ardes. Sur la première était un piano, à l'aide duquel j'acet dirigeais les chœurs , Je me rappelle l'exproduitpar la voii de ténor de Tolstoï dans a. Le choeur de la Dame blanche, deBowldieu : nnez ", Tut très bien exécuté. Après chaque chant, les fanfares éclataient sur la seconde instruments à clefs età pistons n'avaient pas ■ventés, et l'oreille ne souffrait pas des sons >rdants dont on l'agace aujourd'hui. Une maomte Michel Yourievilch Wiellhorski, écrite tpour trompettes, produisitsur moi une forte Plus tard j'ai composé le Slavtiadc la Vie en vue de trompettes simples ; et s'il était jourd'hui de formerun orchestre pareil à ce- Durait k nos sérénades, il est certain que ce l'un plus grand effet.
mois de septembre 187Ï. — Le comte Michel Wielborski éUit sues! un remarquable amateur pratiquant, élâve de Kieseweller, qui s'était lia : Beethoven. 11 était Vkme des concerts d'amant-Pé te ra bourg et dirigea avec son frère, le eu Wielhorski, violoncelliste d'un talent hors oncerts spirituels. Ou lui doit un assez grand compositions, parmi lesquelles une symphonie,
pour instruments à cordes, des chœurs sans ment, des romances restées populaires et un ■igane», d'après le poème de Pouschkine, que la jermit pas d'achever. Né le 3i octobre 1737, le i] Wielhorski mourut le 9 septembre 1956.
Il fut parlé de noire sérénade dans l'Abeille da Na •ce succès QOus encouragea à lenler autre chose. ^ donnâmes bientôt une représentation au prince Kotc iiey, président du conseil de l'empire. Nous étions s Jeunes gens, parmi lesquels Bachoutski, Stéritch.Prc 30W ; nous avions un orchestre, avec Mayer au pi Costumé en femme, je jouai le rôle de donna Anna < une traduction du Don Juan de Mozart ; puis j'improi
Nous donnâmes une autre représentation au patai Tsarskoé-Sélo. On y chanta une sérénade de moi el -couplets avec chœur que j'avais composés sur des de Galitzin. Ivanow chantait les couplets ; les chc étaient conllés aux chanteurs de la chapelle impér dont Ivanow lui-même faisait partie.
De là nous allâmes àMarino, dans le gouvernemer Novgorod-la-Grande, àdeux cents verstes de Pétersbc chez la princesse Slroganow. J'y jouai Figaro dai Barbier de Séuitle
Mais cette vie de simples plaisirs artistique: pouvait durer long^temps. Glinka lesentait, et il ^eait qu'il liri fallait travailler d'une façon plu: rieuse. C'est alors qu'il forma le projet d'un voj en Italie pour se mettre au courant du mouver musical de ce pays, projet que son père contrée d'abord, et auquel pourtant il finit par conseï Au printemps de 1830 (exactementle 25 avril) Gl: partit donc, en compagnie de sonami Ivanon^, ] aller prendre les eaux en Allemagne et de là serei en Italie (1). Us arrivèrent à Milan, où Glinka t
OÙ il prit quelques leçons de Basili, Conservatoire de celte ville. Il fréquenta assista à la première représenlalion de \tla de Bellini, se lia avec quelques 6me composa et publia quelques mor- 10, qui n'étaient autres que des arran- ;s fantaisies surdes thèmes de Rossini, ou de Bellini. 11 alla passer ensuite s à Naples, puis revint à Milan, et en >ur Berlin. Chose assez sing:ulière, c'est séjour en Italie que lui vint pour la
cette pensée qui devait le conduire à ensée d'écrire de la « musique russe ».
e produisît pour la première fois k Paris en î qu'on lisait à son sujet ilans la Revue mubre 1S33 : — » L'empereur de Russie a une lelle composée uniquement devoix de basses, e s'y fait remarquer par un sentiment muires, et i' est envoyé à Naples am frais de lour se perfeclionner dans l'art du cbant. Il , reçoit les conseils d'une célèbre cantatrice is rapides. Mais tout ce qu'il voit et entend li uu goût si prononcé pour son art, qu'il tian de ne plus retourner dans sa froide leurs du Théâtre- Italien passent à Naplea, igagent et le ramènent à Paris. Or, cette i chapelle impériale de Russie, c'est le ténor voix fraîche et pure a fait sensation mardi Italiens. » J'ai â peine besoin de faire renow ne posséiia jamais une voii de basseite sa vie il fui ténor. Mais ce qu'il y a de e le tsar Nicolas se montra très courroucé, pie le jeune chanteur ne fùi pas rentré en tJon de son permis de voyage. Ivanow n'y lillcurs, et. arrivé au terme de sa carrière .ira tranquillement à Bologne, où il mourut Il était né à Pollava en 1809.
onstale ainsi dans ses Mémoires : — t ...Quant
essais de compositioa à cette époque, <lit-il, considère comme ayant été assez malheureux
à. même de faire d'utiles réÛesions sur cette he de mou art, mais tous les morceaux que
is pour faire plaisir à mes amis de Milan, et irent fort obligeamment édités par Giovanni di, ne servirent qu'à me prouver que je n'avais icore trouvé ma voie, et que jamais je n'arri-
à mo faire sincèrement italien. La nostalgie patrie m'amena peu à peu à l'idée d'écrire de siquerusse.p Cette idée ne l'abandonnera plus
erUa.GHnka prend pendant plusieurs mois des ; de Dehn, excellent théoricien qui était cou> eur de la partie musicale de la Bibliothèque : et collaborateur de la Gazette musicale de Ig. Il apprend de lui la fugue et l'art des doicments, ce qui ne l'empêche pas de composer ics morceaux ef de songer toujours à son procréation d'une musique russe, qui, il le disait ime, bantait son esprit. On le verra d'ailleurs fragment d'une lettre qu'il adressait alors à ses amis de Saint-Pétersbourg:
e ne resterai pas longtemps ici, et j'ai la plus haie de voir venir le moment de t'embrasser. J'ai
jet en tète, une idée ce n'est peut-être pas le
it de taire une entière conression ; peul-étre, ai je lia tout, craindrais-je de trouver peints sur Ion les signes de l'incrédulité Faut-il touttedire7...
LA MUSIQUE EN RUSSIE ie que je pourrais, moi aussi, donn< un ouvrage de grandes proportionB.
chef-d'œuvre, je suis te premier àl'adm
sera pas si mail Qu'eo dia-tu î 1
choisir le sujet. De toute façon, il national. Et non Mulemenl le sujet, mi c que mes chers compatriotes se ; chez eux, et qu'à l'étranger on ne me glorieux, un présomptueux qui se pa des plumes d'autrui. Je commence à m pourrais t'ennuyer en prolongeant oui Bcription de ce qui est encore dans let Et qui sait si Je trouverai en moi la nécessaires pour remplir ta promessi
ouva l'un et l'autre, et il trouva s nt dans son pays, des esprits jeune; 'es à le comprendre, à l'aider et à a voie où il voulait s'eng^a^er. De reto ;bourg, où il se fixait désormais, il :
effet, îniroduit dans une société <
de poètes, d'artistes, doDt les préo tctuelles présentaient plus d'un poi avec ses propres idées. C'était P<
Gogol, et Koukolnik, et Pletaew, et .
es encore. Ou se réunissait chez i '.a sa qualité de précepteur du césai Alexandre II), demeurait au Pala
dit son biographe, s'agitaient les Etires et soufflait un esprit de renaît )ition était de faire passer dans le n, les pièces de théâtre, ce que les
croyances, les traditions de la Russie reofe: traits caractéristiques. Glinka assistait au i la poésie nationale, et parmi tous ces hoi talent qu'animait une pensée conforme à l il osa parler de son désir de fonder l'opé Avec quel empressement fut accueilli Glin facile de l'imaginer. Le cercle des poètes réi fit fête à ce musicien jeune et plein de sèvf talent était apprécié, et qui avait résolu d< le joug étranger pour dresser, lui aussi, s à la patrie (1). »
On se rappelle les paroles de Glinka : « tant est de bien choisir le sujet. » Pour é musique d'un caractère national, il fallait national. Joukovskiindiquaceluid'/vanSoi qui rappelle l'un des épisodes les plus s( les plus dramatiques de l'histoire du peu et de salulte contre les Polonais alors tout-j et Glinka comprit aussitôt tout le parti qu'il tirer d'une action si émouvante. C'était en Polonais, à la suite de la mort du tsar Bor no'w, avaient envahi l'empire russe et avancés jusqu'à Moscou : la nation tout sentant le danger que courait son iudépen serrait autour du jeune Mikhaïl-Fédorovit now, qui venait d'être élu tsar, et, selon niques, les Polonais avaient formé le s'emparer de la personne du nouveau s
(1) OcTAïB FocflOB ; Michel Ivanoviich Gtinko
S-UD3 de leurs chefs, le cherchai le trouver, s'adressent à un p£ ine, en cachant leur conditior, de les mener auprès de son mi e une trahison. Fait bravement 1 pour sauver son souverain et se béir, et pendant qu'il envoie Van prévenir le tsar du danger qui les Polonais jusqu'au fond d impénétrable, d'où il leur est uver leur chemin. Puis, quai ivent qu'ils ont été trompés, le n ux mis à mort et tombe, héros o ion dévouement.
i fut saisi par la grandeur, la i ne, et surtout le caractère natioi ne telle action transportée à la rapidement le parti qu'il en pot de vue musical. Il traga lui-mé le, et lorsqu'il l'eut bien établi il écrire le texte, au baron de Ro césarévitch, qui, quoique allei ;ns peine à se faire son collabc fu'un tel sujet, habilement mis té d'incidents caractéristiques, lante au camp des Polonais qui ( icle, et le dénouement mag-niSq leur qui montre l'entrée solennc capitale, était de nature à exalte compositeur en même temps q
Tenthousiasme d'un public pour qui, chacun lésait, le patriotisme n'est pas un vain mot. Aussi l'intérêt puissant du drame, la haute valeur de la musique, la splendeur si originale de la mise en scène, le caractère entièrement nouveau de l'œuvre prise en son ensemble, tout cela valut-il un immense triomphe à la Vie pour le Tsar (c'est le titre qui avait été définitivement adopté) lorsque cet ouvrage parut pour la première fois, au théâtre impérial de Saint-Pétersbourg, le 27 novembre (9 décembre) 1836, joué par le grand chanteur Pétrow (Soussanine), M''® Vorobiew, plus tard M™® Pétrova (Vania), M'ne Stepanova (Antonide), et le ténor français Charpentier, qui se faisait appeler au théâtre Léonow (Sabinine). En dépit de l'étonnement et presque de l'hostilité de quelques-uns, que déroutait le caractère nouveau de l'œuvre, l'apparition de la Vie pour le Tsar fut le signal d'un éclatant succès et prit le caractère d'un véritable événement national. Non que l'œuvre porte en son entier un cachet exclusivement réformateur et d'une complète originalité, car elle est un peu composite, ce qui n'a rien d'étonnant si l'on songe que, d'une part, c'est la première production dramatique de Glinka (sous ce rapport, la sûreté de main y est étonnante), et que, de l'autre, il l'écrivit au retour de son grand voyage en Italie, à l'époque des triomphes deBellini et de Donizetti et alors que, dans ce pays comme partout, le rossinisme était dans tout son éclat. Il n'est donc pas surprenant que ces formes italiennes, que précisément Glinka vou-
ll^«
ombattre, se préseoteat, en quelque si laus plus d'une pa^e de la partition a Vie pour le Tsar. On les rencont ment dans le trio du premier ad leurs d'un fort joli effet, et où la phi , établie d'abord par le ténor, estrepi e soprano, puis par la basse; on 1< rc, indéniables, dansTensemble du be rotsième acte, qui est très harmoj isant, et d'une superbe ampleur de co c'est dans d'autres parties que se fait lilé aussi bien du fond que de h n peut jouir de la saveur toute part piratîon du compositeur : c'est di ir féminin qui ouvre le premier a ent est plein de grâce ; dans le duo et de Vania au troisième, qui estd'i : et coloré ; dans la première scène et des Polonais, qui est d'une coule trée et vaiment théâtrale; dans un c t de jeunes filles, à cinq temps, q c façon singulière, sur la dominanl ; l'admirable scène de la forêt qui f linant de l'œuvre, celte scène dai isanine, pressentant qu'il va être m 'olonais qu'il a trompés, fait un re ic sur son passé et songe aux êtres sépare volontairement en sacrifiant jajset pour son maître. Tout ce long r B cette mélopée empreinte d'un se
e indicible, est d'un accent très beau, très Dt, et qui découle de la plus noble inspiration. t un souffle plein de puissance, d'une émotion , qui ne pouvait jaillir que de l'âme d'un artiste. Cette page superbe produit une imn profonde et parfois poig^nante. Et c'est ici musique prend un caractère particulièrement
savoureux, que se présentent des rythmes ituinés, imprévus (Glinka n'emploie pas ent des mesures à cinq temps, mais encore emps), qui, aussi bien que certaines harmoirprennent l'oreille et lui donnent une sen- HDg'uliëre, tantôt curieuse, tantôt puissante, le que dans l'épilog^ue de l'entrée du tsar à I, qui est véritablement d'une splendeur et grandeur épiques! Puis il faut signaler, de i autre, l'emploi de chants populaires, introvec habileté, traités avec talent, qui viennent
à l'ensemble de l'œuvre une couleur et un tout particuliers. Ce procédé, imaginé par , est devenu familier à ses successeurs, et il de ceux qui donnent à la musique russe ; son caractère et sa personnalité, qui la diffé' it des autres styles et des autres écoles. En
si la partition de la Vie pour le Tsar n'est . ut-élre un chef-d'œuvre accompli, c'est du une œuvre de premier ordre, tout ensemble
tendances qu'elle révèle, par le style qu'elle re en partie, et par sa propre valeur musicale, 'ailleurs, à son sujet, l'opinion d'un musi-
cïen compatriole de l'auteur ; M. C eu ces termes dans son livre la ifu
La musique de la Vie pour le Tsart de nationalilé russe et polonaise. Dan se rencontre peut-être pas une seul ayant plus d'afllnitéavecla musique di taie qu'avec celle des Slaves. Une nua de nationalité, réunie aux plus hautes ne se retrouve, ce nous semble, que Pourtant Glinka ne s'est servi que d'u trelnt de thèmes nationaux pour ma essentiellement russe de sa musique :
fertile n'avait pas besoin de chercher d de lui-même. Ses mélodies à lui porte fonde du caractère russe; on peut e harmonies qu'il y adapte. La nuance f duite avec moins de vérité, d'une mauièj et superficielle. Glinka ne la repn rythmes fortement cadencés de la ] mazurka, qu'on entend aussitôt que l( sent en scène. C'est un moyen facile, i pour un auditeur peu exigeant, mai dans les épisodes dramatiques. On p nais, sans chanter constamment des
... Par cet ouvrage, où l'inspiration unie â l'habileté technique, Glinka a cr l'école d'opéra russe. La Vie pour le T Minerve, — tout armée, — et son i coup, a trouvé une place parmi les p siteurs. Un musicien peut-il commenc plus d'éclat? Si Robert le diableeùl été de Meyerbeer, cette entrée dans la et eu plus d'éclat. En effet, y a-t-il beau l'action du drame et le coloris local
>, on ne compte que quatre ou cinq n :s, contre vingl-cinq autres mogninques? Leconirr ive que trop souvent, sans nuire à leur répotane aux compositeurs le plus en renom, dont les s, à l'exceplion de deui ou trois abondent en li
st peut être pas sans intérêt non plus de is impressions de Glinka h l'apparition de Te devant le public, de faire connatlre son prit et le trouble dont il était nalurellement as une circonstance aussi solennelle. Voici il se raconte lui-même dans ses Mémoires :
iible de décrire les sensations que j'éprouvai ce surtout au commencement de la représentation. lupions, ma femme et moi, une loge du second tes celles du premier étant réservées aux princiictionnaires de l'Etat et aux ramilles de la cour, ier acte alla bien : te trio Tut vigoureusement . I.e second acte, celui où les Polonais étaient en ! joua tout entier au milieu d'un silence profond. >mplé sur la polonaise, sur la mazurka, si viveiréciées k la lecture par les musiciens de l'orle fus navré de voir l'accueil glacial qui était I morceaux. Je montai sur la scène, ob le fils de I qui je fis part de mes impressions, me dit : ent voulez-vous que des Russes applaudissent nais7 II Cette remarque ne me rassura qu'à demi, :ai en proie à une vive peiplexité. Mais l'entrée robiew dissipa tous mes doutes. Le chant de 1, son duo avec Ivan, la scène en G dur {sol |)roduisirent un excellent effet, triëme acte, les choristes qui représentaient les tombèrent sur Pétrow avec un tel entrain qu'ils
échirèrept sa chemise, et qu'il dut se défendre pour
snl à l'épilogue, la grandeur du spectacle, la vue du ilin, le nombre des flgurants, la disposition des pes, l'animationde la scène, meremplirenl moi-même QiraLon. M''* Vorobiew fut admirable dans te trio cbceurs, comme d'un bout b l'autre de son râle.
! succès de la Vie pour le Tsar fut éclatant et ntestable. Cependant, comme toute oeuvre qui che et contraste profondément avec les habitudes iniéres du public, l'apparition de celle-ci ne fut sans soulever des critiques et des objections, et ait est constaté par des écrivains russes euxles. L'un d'eux, M. Platon de Waxel, s'expri- ^ ainsi à ce sujet : — « Comme toute œuvre qui lîtue un grand progrès, qui ouvredes horizons veaux, la Vie poiir le Tsar n'a pas été comprise :ceplée d'emblée. Le plus d'objections a été fait isément à ce qui constitue le principal mérite de vre — sa profonde originalité, alliée au respect Formes consacrées de l'art. Les uns disaient que lit une 4 musique de cochers >, d'autres lut ochaient de n'avoir pas rompu entièrement avec raditionsde l'art occidental, comme s'il pouvait oir deux )|^rammaires musicales et deux mesures r le sentiment des proportions et des formes. Ce est incontestable, c'est qu'en se mouvant dans imites de celles-ci, Glinka asudonneràsa musiun cachet éminemment national, s'inspirer des odies du peuple et du sentiment qui les anime,
sans en copier les théines, tout en se mainteDant les plus hautes rég'ions de l'art. Les tendances i Dales traasplantées dans le domaine de l'art mi sont une conquête de notre siècle, et Glinka e l'un des initiateurs (i). »
Toutefois, quelles que fussent les critiqui grand public ne s*^ trompa pas, et bienldt U pour le Tsar, acclamée par tous et triom; partout, poursuivit sabrillante etglorieuse car Si bien que le 5/17 décembre 1879 on en doni Saint-Pétersbourg la 500' représentation, et qu ans après, le 27 novembre (9 décembre) 188i célébrait, avec la 577^, le cinquantième annive de son apparition à la scène. A cette occasion vrage était remonté d'une façon toute spécia matériel scénique était entièrement renouve les personnages les moins importants étaient ; sentes par des premierssujets, tels que M. Strav. qui jouait le petit rûle du chefde la légion polo et M. Mikhaîlow, qui avait consenti à se charg solo du chœur d'introduction ; quant aux i rôles principaux, ceux d'Ivan Soussanine, de aine, de Vania et d'Antonida, ils étaient teni MM. Koriakine et Vassiliew, M"" Lavrovsky e lovsky. Ce fut comme une sorte de véritable oité nationale, qui eut son conlre-coup dans les villes russes où il existait un théâtre d'opi
ïuIes.représeDtèrent aussi la Vie pour Je Tsar. ;cuu, l'ouvrage fut même joué simuItaBémcnt ux théâtres. Eofin , on sî^naJe deus publications pourlacircoDslaoce : uneintéressanle/fwtoire a Vie pour le Tsar » de M. P. Weimara (qui s, en 18^, a publié une biographie de Glinka) : brochure très vivante de M. Vladimir Stasiruée des portraits de Glinka et de sa sœur .udmilla Ghestakow, si intimement liée à sa , et d'un dessin représentant lastatue du mattre deosk (1).
itau lendemain de l'apparition de la Vie pour r queGlinka Fut nommé non point, comme on
tannée preci-'ili^ntc, en elTel, la ville de Smolensk, de %aa village nitai, arait élevé une statue à Glinka. ion de ce monument était due surtout à rénergie de B et digne sœur du msilre.Mm* Ludmilla Ctiestakow, rès sa mort, employa tous ses efforts pour perpétuer 'e. Avec l'aide d'un ami dévoué, M. d'Illngelhardl,elie it et sut mener & bonne Tin l'édition de ses ceuvres les, parmi lesquelles sont comprises les partitions à re de ses deux opéras. En ce qui concerne le monue Smolensk, elle eut l'appui et la concours vigoureux nco George Obolensky, maréchal de la noblesse de sk, et fut secondée aussi par plusieurs autres genimes de cette province, de mâme que par Antoine leln, qui fournit personnellement une partie des .écessaires JL l'acbèvement de celte œuvre intéressante raraclÈre en quelque sorte national. Rubinstein dans ce but un concert qui produisit une somuie de 'OU blés.
Ve pour le Ttar a été jouée en allemand k Hanovre, direction de Hans de Balow, en tchèque à Prague, Ile de M. Balakirew, en italien i. Milan et à Londres, D français ft Nice d'abord, ft l'aris ensuite, au NoutïééXve (19 octobre 1896), mais ici, malheureuse ment, ■s conditions artistiques déplorables.
l'a dit par erreur, maître de la chapelle impérial mais régent du chœur de celle chapelle. Théodo Lvow, le maître de la chapelle, était mort le 14 d cembre 1836, et c'est son 61s, Alexis Lvow, le fut auteur de l'Hymne national russe, qui était appe h lui succéder. La nomination de celui-ci et celle i Gtinka sont du 1" ou du 2 janvier 1837. En sa no velle qualité, Glinka dut bientôt entreprendre i voyage en Finlande et dans la Petite-Russie, à recherche de voixdestinées au service de la chapell dont oo réorganisaitle personnel. Cela ne l'empêd pas de songer à un nouvel ouvrage, et de s'en a cuper assez rapidement. Sur le conseil d'un aute dramatique très populaire à cette époque, le prin Schakhovskol, il choisit pour sujet de cet ouvraj l'un des premiers poèmesdePouschkioe, iîoussiai et Ludmilla, et s'adressa au grand poète lui-mér pour le prier de tirer de son œuvreun livret d'opér Celui-ci en avait fait la promesse, lorsque sa me tragique vint l'empêcher de mettre son projet à eï cution (1). 11 fallut aviser d'autre façon.
(1) On sait que Pouschkine succomba d&ns un duel, l'âge de trente-sept ans, frappé J'une balle mortelle. 11 av; épousé une jeune femme célèbre par sa beauté, comme l'était lui-même par son génie. Par malheur, il a'était p seulement jaloui, mais le saug africaiD qui roulait dans s veines le rendait irascible et d'une extrême violence. 11 e le tort de croire à une calomnie infâme, relative aux pr tendues assiduitée dont se sérail rendu coupable auprès sa femme son propre beau-Frère, un jeune ofûcier d'origi française, lieutenant aux chevaliers- gardes de l'impéralrit le baron Georges d'Anthës, âis adoptif du baron de Ûeckerf ministre des Pays-Bas k Saint-Pétersbourg (qui devint pi
lane et Ludmilla n'est autn fée, par lui-même assez vul^i maÎD et grâce à la brillante i ait devenu comme une sort( de grâce et de légèreté. Po liaka chargea un de ses amis, de lui construire le plan de !
tirer, ce que celui-ci, nous es, 6t en un quart d'heure, parfait, ce qu'on peut concev npositeur le refit lui-même e it écrire le livret par deusauti
leur de l'empire français). Pona ADthës une lettre k ce poinl ou OQlir fatalemeat à un duel, et à un
le premier, et aa balle, sans le per mortelle ment Pousclikine. Co , auprès de celui-ci : n Arrête, lui , à la face une injure odieuse, j'e it j'use de mon droit. > M. d'Anli
et Pouschkine, ï terre, épuisé et eroeut, tira, et vit avec une joie I 'a, croyant l'avoir tué. M. d'Anlhf se. Quant au poète, il ne mouru lorribles soulTrances, ajant dn
consolante de l'innocence de cet s. — Le baron d'Anthèa fut trac t condamné à la privation de so
qu'il avait acquise. Cette senten pereur; mais attendu que le con se (d'AnlhËs était né en France ( s. ayant été compromis dans l'alTa
lorsque celle princesse Tut arrêta i la fronliËre par un gendarme et les, après que son brevet lui eu Anlhès de Heckeren a survécu pn De. Il est mort seulement au mois <
le dramaturge Nestor Koukolnik et Michel Gu now, frère du directeur des théâtres impérial Saint-Pétersbourg, qui y introduisirent un grand nombre des vers mêmes de Ponschkin a'est pas tout : un officier, le capitaine Schii écrivit une partie du premier acte et les paroi l'air de Gorislava, et enfin un camarade de ce de Glinka, N. Markovitch, traça les vers de li lade du Finnois. D'une collaboration si nomb Cl manquant un peu trop d'unité, il ne pc guère résulter qu'une œuvre un peu bâtarde ei cohésion. En effet, le livret de Rousslane a été généralement d'une façon assez sévère, et M.
Cui s'est montré indulgent en l'appréciant da termes que voici :
Ce libretto a eee qualités et ses côtés faibles. Il r ferme rien de dramatique, l'intérêt de l'action est m n'est qu'une suite de scËnes, dont ou pourrait intei l'ordre, et même diminuer ou augmenter le nombre porter préjudice â la trame de la légende. Pour qui dans un opéra, un sujet intéressant et dramatique, ci est au-dessous de toute critique. En revanche, ( né sous un autre point de vue, il oITre l'avantage grande variété, et chaque scène, isolément, semble été faite pour appeler la musique. Glinka ne p< mieux tomber que sur un poème aussi en rapport a caractère de son talent, si souple et si apte aux t descriptives. Noua l'avons vu : il a été dramatique ainsi dire malgré lui, par la force spontanée de son ( mais, avant toute chose, il était musicien, nereche dans l'opéra que l'occasion de créer de bonne mu aussi variée que possible. Il n'est donc guère étc
Boit contenté du texte de Roasilane, mélange b^ ; scËnes polychromes, eorle de kaléidoscope malt qu'il y ait même mis le meilleur de sa nature i. En elTet, Pouschkine a donné à son poème un âgé, d'une spirituelle légèreté ; Glinba, au con- I pris son travail au sérieux et l'a traité avec un Qt pénétré et profond.
' l'îmmease majoritédes critiques etdes murusses, la partition daRousalane estsupé- ;d son ensemble àcelle delà Vie pour le Tsar. leur en est d'ailleurs très différente. Tandis Ds son premier ouvrag'e Glinka avait mis en Lion et en contraste les deux nationalités russe naise, c'est surtout la couleur orientale qu'il taché à faire briller dans le second, où deux articulièremeot, ceuxdu prince Ratmiretdu en Tchernomor, ressortent sous ce rapport lat. 11 va sans dire toutefois que le caractère 'ouve dans l'oeuvre sa large place, témoins le r et le cinquième actes, si puissants, si colorés ^oureus. Et là encore, Glinka a emprunté k [que populaire certains éléments caractéris- C'est ainsi que le thème du superbe récitatif nir au troisième acte et, au quatrième, les lèmes de danse de la lezghinka sont de proi tartare, tandis que le motif de la ballade du ; est celui d'une véritable chanson de la Fin- 3t que le chœur exquis des Fleurs hartno' est construit sur un air persan (1). Mais tout
ist «n allant en voiture un jour avec quelques amis.
LA UUSIQUE EN RUSSIE d
cela est traité avec tant d'habileté, Udéveloppemei de ces thèmes est si personnel, si riche, si remai quable, qu'ici la mise en œuvre est supérieure à l'ii vention. D'autre part, le compositeur a pris soin d tracer des tjpes, de caractériser chacun de ses pei soanag'es par un accent, une couleur, une roaniéi d'être musicale. « Ratmir, prince oriental, chanter d'amoureuses cantilènes ; le vieux sorcier, Pinnoi comme tous les sorciers des légendes russes, dir une ballade dont le thème fut recueilli dans un excursion sur les bords de la Baltique ; Tcheraomoi ce Caliban de la Mer Noire, se révélera par u étrange dessin d'orchestre qui peint k merveille I lourdeur d'esprit, la stupidité, l'opacité des imag:e cérébrales. Certaines scènes, la première et la dei nière, par exemple, auront une physionomie russ bien déterminée ; aux deux personnages sympathi qucs, Rousslane et Ludmilla, Glinka distribuera profusion les mflodieslarges, aimables, développée sans contrainte et sans parti-pris (1) ». Enfin, l'in vention mélodique, d'une richesse si exubérante l'instrumenta tioa, si originale et si variée, les haï monics, si neuves, si piquantes, si curieuses, et qu empruntent parfois à certaines gammes orientale
lors de son voyage eD Finlande, visiter les chutes dlmatra quo Glinka nota, en l'entetidant chanter à un postillon, 1 chanson dont il devait taJre une ballade si saisissante Quant au motif du choeur des Pleurs harmonieuses, il lu Tut toarni par le Eecrélaire de l'ambassade persane à Saint Péters bourg.
(1) Octave FouonB ; Michel Ivanovitch Glinka.
int et une saveur étranges, tout concourt à a partition de Rouaslane et Ludmilla une aiale et de premier ordre. « Nous n'avons . César Cui, que l'inlerprète delà vérité en e la haute valeu r de la Vie pour te Tsar ; ins aussi vrai en disant que la musique de e est de beaucoup supérieure encore. La
le Tsar est une œuvre de jeunesse, tout le de génie ; Rousslane émane d'un talent Dt atteint les dernières limites de son délent. Sous le rapport de la musique pure, .e est une œuvre de premier ordre ; à ce vue spécial, il peut soutenir la comparailes grands chefs-d'œuvre lyriques. Glioka des routes nouvelles, ouvert des horizons ; jusqu'à lui (i). »
nt, l'œuvre n'obtint pas à son apparition mbre/lO décembre 1842) le succès qu'elle
Elle était d'un caractère trop neuf, trop 3, pour êlre comprise et saisie de primeabord iblic. Il me semble toutefois qu'on a un peu la froideur de l'accueil qui lui fut fait. Car mièrc représentation ne fut pas sans doute :euse, et cela par suite d'un de ces accidents
fâcheux, je veux dire parle Fait de la subsau dernier moment, en suite d'une indispo- 'uneactricc faible à une actrice aimée dans mportant, je constate que iioussfane obtînt,
Musique en /tussie.
an cours de la première saison, une série de I deux représentations, ce qui, en somme, me loin de constituer un échec. L'œuvre Fut très tée, il est vrai, et quelques-uns furent injust vers elle. Mais de là à une chute, comme on 1 il j a de la distance. Au reste, je trouve à ce dans un feuilleton du Journal deSaint-Pétersl des détails intéressants et dont on ne saurait s ter la véracité :
... A en croire M. Youry Arnold (dans ses Mén l'exécution aux premières représentations était mai Le maître de chapelle Cavos était mort depuJE ans et avait été remplacé par Charles Albrecht, i d'orchestre allemand très pédant et qui s'offensa, i ses musiciens d'ailleurs, d'un propos peu aimable adresse que Boulgarine publia dans son journal I du Nord, et qu'on attribuait à Glinka lui-même. L: vaise humeur de ces messieurs fit que les étude chërent mal, el c'est seulement à la troisième rej talion que l'on commença à jouer avec ensemble, bi les musiciens d'orchestre et les chanteurs (à l'ext du couple Pétrow) n'eussent rien compris au s cette musique.
En général, l'opposition à l'ceuvre se flt jour avant la première représentation, et cela parmi lei teurs les plus renommés. Le comte Michel Wiell l'illustre mécène qui composait lui même des ron dont on se souvient encore, ne cessait de parlei qu'il appelait " l'opéra manqué •> el s'acharnait surti le cinquième acte de la partition, dans lequel Glii laissa pratiquer de nombreuses coupures. On en fl très encore, avant et après la première représen qui obscurcirent d'autant plue le sujet de la pièce
Les comptes-rendus qui nous sont restés sur ce!
US1QUB EN RUSSIE De sont pas toujours d'accord entre Mémoiret,dil que les deux premiers De mauvaise impression, que c'est {uele public commença visiblement uitta le théâtre pendant le cinquième même des chul, venant en grande de l'orchestre, se mêlant toutefoiâ jr. M. Your; Arnold dit, par contre, it très nourris et qu'en général l'œusuccës d'estime.
lucoup à l'effet, c'est la maladie de robieva, l'admirable contralto de lit créa le r6le de Vania dans la Vie etU fois, au dernier moment, avait ftatmir à son homonyme, raademoiammen^ante, qui depuis lors resta e. On comptait surtout sur )a valse IT impressionner le gros du public, précisément qui réussit le moins.
,ême représentation que parut la céoute la scène orientale du troisième grande sensation, au point que penentations consécutives (on donnait u semaine) l'auteur et l'interprète appelés.
ic trente-deos fois, jusqu'en carême, i succès de la pièce (dont on repré- .rodie au théâtre dramatique russe) .. Les deux saisons suivantes on la ingtaine de fois, et Roatslane ne dis- 'avec l'Opéra Russe lui-même, qui, à i avecRubini en tète, fut transféré à
Aa^deSaint-Pélertbourgiil novembre-
Il est juste de dire que ce n'est, en réalîté, qu'après la mort de Glînka que Rousslane fut enfin apprécié à sa juste valeur. L'ouvrage ne reparut à Saint-Pétersbourg", au Théâtre-Cirque, qu'en 1859, après un silence d'une quinzaine d'années, et lesuc^ ces n'en devint décisif, éclatant, incontesté, qu'à partir de la reprise qui en fut faite en 1864 au Théâtre-Marie. Dès lors il ne quitta plus le répertoire, et le 27 novembre (10 décembre) 1892, à l'imitation de ce qu'on avait fait pour la Vie pour le Tsar, on célébrait son cinquantenaire avec sa 285" représentation. Depuis cette époque, le public et la critique se sont mis d'accord pour Tadmirer pres- <}ue sans réserve. « Ce que Rousslane renferme de beau, a dit un écrivain, le met au tout premier rang des œuvres de la scène lyrique. Au premier acte, notamment, se déploie un tableau épique de la Russie ancienne, d'une telle envergure et d'une inspiration musicale si originale, que nous ne saurions lui trouver un pendant dans aucun autre opéra du répertoire universel, les grands ensembles choraux de Guillaume Tell et des Huguenots ne résumant que des épisodes historiques émouvants et non une époque entière avec ses mœurs, ses croyances et sa poésie. Il n'y a que le finale du premier acte de Don Juan qui soit aussi riche en idées musicales, aussi pur de style et complexe de formes, sans posséder toutefois le caractère épique inhérent au premier acte de Rousslane et Ludmilla (1). »
(1) Journal (français) de Saint-Pétersbourg.
.es grands artistes du temps, Meyerbeer, lioz, té moi gênaient leur admiration pour C squ'en t844 celui-ci vint pour la première is(l),avec le désir d'y faire conDattre samv trouva Berlioz, qui justement donnait au i Champs-Elysées une série de grands ce z orchestre et chœurs, et qui lui fit la graci placer sur ses programmes plusieurs mo son confrère russe. Glinka donna lui-mâ cert à la salle Herz, et Berlioz voulant, i ision. le faire connatire àses lecteurs du J( Débats, lui écrivit la lettre que voici :
s n'est pas touL, Monsieur, d'exécuter voire m e dire à beaucoup de personnes qu'elle est 1 :, charmaDle de verve et d'originatité ; Il faut donne le plaisir d'écrire quelques colonnea it ; d'autant plus que c'est mon devoir, ai-je pas à entretenir le public de ce qui se [ is de plus remarquable en ce genre? Veuille:
donner quelques notes sur voua, sur vos prc les, sur les institutions musicales de la Rus« ouvrages, et, en éludianl avec vous votre p^ r la connaître moins imparfaitement, je pourr Ique chose de supportable et donner aux lecle ifs une idée approximative de votre haute supé suis horriblement tourmenté avec ces damui
) On lisait dans la Reoue et Gazette musicale du i : — « M. Glinka, le plus célèbre composittn a écrit plusieurs opéras représentés avec un très èa k Saint-Péterabourg, vient d'arriver h Pari passer l'hiver. Nous espérons qu'il écrira un ( ■ rOpéra-Comiqoe. »