‹ Essai Historique sur la Signification Primitive de la Sainte-CèneChapitre 1 sur 40 · PROFESSEURS A L’UNIVERSITÉ DE NEUCHATEL · texte numérisé non relu

PROFESSEURS A L’UNIVERSITÉ DE NEUCHATEL

Hommage de bien vive reconnaissance et de respectueux attachement

Lyon, 30 janvier 1911. H. B.

Hermann Scauzrz : Zur Lehre vom heiligen Abendmalhl. Gotha. Perthes. 1886.

Karz vox Werzsæcker : Das apostolische Zeitalter. Freiburg. Mohr. 1886. (Une seconde édition a paru en 1892.) P. Logsrein : La Docirine de la Sainte-Cène. Essai dog-

matique. Lausanne. Bridel. 1889.

AD. Harnacx : Prod und Wasser. Die eucharistischen Elemente bei Justin. Texte und Untersuchungen. Band VIT. Leipzig. Hinrich. 1891.

— Theologische Litteraturzeitung, 1892.

— Theologische Litteraturzeitung, 1909. Col. 4g.

Ta. Zagn : Prod und Wein im Abendmahl der alten Kirche. Erlangen und Leipzig. Bôhme. 1892.

An. Jüricner : Zur Geschichte der Abendmahlsfeier in der ällesten Kirche, dans : Theologische Abhandlungen K. von Weissäcker gewidmet. Freiburg. Mohr. 1892.

D. Cawozson : Das letste Passamahl Christi und der Tag seines Todes nach den in Uebereinstimmung gebrachten Berichten der Synoptiker u. des Evangeliums Johannis. Saint-Pétersbourg. 1892. (Une seconde édition vient de paraître.)

Fr. Spirra : Die urchristlichen Traditionen über Ursprung und Sinn des Abendmahls. Dans : Zur Geschichte u.

1 Une bibliographie complète remplirait un petit volume. Nous nous bornons à indiquer les ouvrages et les articles principaux que nous avons consultés.

Litteratur des Urchristentums. Band I. Güttingen. Vandenhæœck u. Ruprecht. 1893.

W. Branor : Die evangelische Geschichte und der Ursprang des Christentums. Leipzig. Reisland. 1893. Pages 283 à 304.

Jo. Weiss : Ueber Spitta’'s Buch. Theologische Litteraturseitung. (Th. Litstg.). 1893. Page 398.

P. Garoxer : Zhe Origin of the Lord's supper. À historical Inquiry. London and New-York. Macmillan a. Ce.

Erica Haupr : Ueber die ursprüngliche Form und Bedeutung der Abendmahlsworte. Halle. Universitätsprogramm. 1894.

Grare : Die neuesten Forschungen über die urchristliche Abendmahlsfeier. Zeitschrift für Theologie und Kirche. V. Jahrgang. Heft 2, p. 101-138. 1895.

Fr. Scauzrzen : Das Abendmahl im Neuen Testament. Gôttingen. 1895.

R. An. Horrmann : Die Abendmahlsgedanken Jesu Christr. Künigsberg. 1896.

Josepuson : Das heilige Abendmahl und das Neue Testament. Gütersloh. Bertelsmann. 1895.

Horrzneuer : Das Abendmahl und die neuere Kritik. Berlin. 1896.

D. Bruce : L'institution et le sens primitif de la Cène. Thèse de Paris. 1896.

— Une récente controverse entre théologiens allemands sur l'institution de la Sainte-Cène. Revue de l'Histoire des religions. T. XXXV, p. 205-215. 1897.

Cremer : Real-Encyklopädie Hersog-Hauck. 3e édit. art. «Abendmahl». Leipzig. Hinrich. 1896.

R. Scnærer : Das Herrenmahl nach Ursprung und Bedeutung mit Rücksicht auf die neuesten Forschungen. Gütersloh. Bertelsmann. 1897.

C. Srace : Die neueren Forschungen über das Abendmahl Protestantische Monatshefte. 1897.

À. Eicunorx : Das Abendmahl im Neuen Testament. Christliche Welt. Leipzig. Mohr. 1898.

G. Ccemex : Der Ursprung des heiligen Abendmahls. Christliche Welt. Leipzig. Mohr. 1898.

P. W. Scawrenez : Die neuesten Ansichten über den Ursprung des Abendmahls. Protestantische Monatshefte. IT, 1v. 1899.

An. Licurexsren : Des Apostels Paulus Ueberlieferung von der Einselsung des heiligen Abendmahls (1 Kor. rr, 23 f.) nach threm lilterarischen und biblisch-theologischen Verhältniss su den synoptischen Berichten. Berlin. Warneck. 1899.

WRene : Tù afud pou tüç duabdenc. Zeitschrift für neutestamentliche Wissenschaft. (Z. N. W.) 1900. p. 69-74.

ALBERT ScaWeiTzEer : Das Abendmahl im Zusammenhang mit dem Leben Jesu und der Geschichte des Urchristentums. 2 vol. Tübingen u. Leipzig. Mohr. 1901. (Un 3° volume doit encore paraître : Geschichte des Abendmahis von der historischen Feier bis auf Irenaeus).1

W. Herrmüccer : Taufe und Abendmahl bei Paulus. Gôttingen. Vandenhæck u. Ruprecht. 1903. (T°. u. A.).

JoHannes Horrmanx : Das Abendmalhl im Urchristentum. Berlin. Reimer. 1903.

AXxEL ANDERSEN : Das Abendmahl in den zwei ersten Jahrhunderten nach Christus. Giessen. J. Ricker (Alfred Tôpelmann). 1904.

Karz-GEerozp Gœ1z : Die Abendmahlsfrage in ihrer geschichtlichen Entwicklung. Leipzig. Hinrich. 1904.

O. Hozrtzmanx : Das Abendmahl im Urchristentum. Z. N. W. 1904.

J. Wezcnausen : "Aptov éxhacev. Z. N. W. Bd. VIL 1906.

Pierre Banrroz : Études d'histoire et de théologie positive. Deuxième série. L'eucharistie. La présence réelle et la transsubstantiation. 3° édition. Paris. Lecoffre. 1906.

Jean Révicze : Les Origines de l'Eucharistie. (Messe — S'ainte-Cène). Paris. Leroux. 1908.

W. Herrmüzzer : Dans le Handwôrterbuch de Schiele : Dre

4 Voir aussi du même auteur : Von Reimarus zu Wrede. Eine Geschichte der Leben-Jesu-Forschung. Tübingen. Mohr. 1906.

h ESSAI HISTORIQUE SUR LA SAINTE-CÈNE

Religion in Geschichte u. Gegenwart. Article : « Abendmahl im Neuen Testament ». Tübingen. Mohr. 1908. (Hwb. Sch.)

Raour Parry : Le caractère religieux de la Sainte-Cène. Paris. Fischbacher. 190g. Extrait de la Revue chrétienne (N° de juillet, août, septembre 1909). 1

Pauz Sagarier : La Didachè ou l'Enseignement des douze apôtres. Thèse. Paris. 1885.

O. Prcenerer : Der Paulinismus. 2° édit. Leipzig. Reisland. 1890.

W. BaLDENsPerRGER : Das Selbstbewusstsern Jesu im Lichte der messianischen Hoffnungen seiner Zeit. 2e édit. augmentée, Strassburg. Heitz. 1892. ?

H. J. Hozrzmanx : Lehrbuch der neulestamentlichen Theologie. Freiburg u. Leipzig. Mohr. Bd. I. 1897, p. 296- 304 ; 385-387. Bd. IL. 1897, p. 181-187 ; 499-511.

Henri Bagur : La pensée de Jésus sur sa mort d'après les évangiles synoptiques. Paris. Fischbacher. 1897.

Ep. Sraprer : Jésus-Christ : sa personne, son autorité, son œuvre. UT. La mort et la résurrection de Jésus-Christ. Paris. Fischbacher. 1898.

WRepe : Das Messiasgeheimnis in den Evangelien. Güttingen. Vandenhæck u. Ruprecht. 1901.

Hozcmann : Die Bedeutung des Todes Jesu nach seinen

1 Notre mémoire était terminé (nous le rappelons dans notre Introduction) quand parut l’important ouvrage de M Maurice GoGuEL : L'eucharistie, des origines à Justin Martyr. Paris. Fischbacher.

M. GoGuez a publié en même temps une étude sur Les sources du récit johannique de la Passion. Paris. Fischbacher. 1910.

2 La 3e édition comprendra trois volumes, dont le premier seul a paru, en 1903, sous ce titre : Die messianisch-apokalyptischen Hoffnungen des Judentums. Même éditeur. Pour la question qui nous occupe, voir surtout 1re éd., p. 119-129 ; 2€ éd., p. 143-168 : « Der Leidens- und Todesgedanke Jesu ».

eignen Aussagen auf Grund der synoptischen Evangelien. Tübingen und Leipzig. 1901.

P. Werwce : Die Anfänge unserer Religion. Leipzig. Mobr. Igo1.

Vox per Gozrz : Das Gebet in der ältesten Christenheit. Eine geschichtliche Untersuchung. Leipzig. Hinrich. 1Q01.

J. WezLgAUsEn : Das Evangelium Marci ; Das Evangelium Matthaer ; Das Evangelium Lucae ; Das Evangelium Johannis. Berlin. Reimer. 1903-1908.

Jos. Wauiss : Das älteste Evangelium. Gôttingen. Vandenhæœck u. Ruprecht. 1903. (À. £.)

Maurice GoGuez : L'apôtre Paul et Jésus-Christ. Paris. Fischbacher. 1904.

— L'Évangile de Marc et ses rapports avec ceux de Mathieu et de Luc. Essai d'une introduction critique à l'étude du second Évangile. Paris. Leroux. 1909.

AuGustre Wagnirz : Histoire de la vie de Jésus. 2 vol. Montauban. Chez l’auteur. 1904-1906.

Henrr Monnier : La Mission historique de Jésus. Paris, Fischbacher. 1906.

Sozrau : Das Fortleben des Heidentums in der altchristlichen Kirche. Berlin. Reimer. 1906.

F. Nicocarpor : Les procédés de rédaction des trois premiers évangélistes. Paris. Fischbacher. 1908.

Les Commentaires de Goper, et ceux publiés sous la direction de : Hocrzmann, Meyer, LiETzmANN (en cours de publication. Tübingen. Mohr. Ædb. Lietzm.).

Jonannes Weiss : Die Schriften des Neuen Testaments. Güttingen. Vandenhæck u. Ruprecht. T. 1, 2° éd. 1907. T. Il, 2° éd. 1908. (Schr. J. W.)

A. Loisy : Les Évangiles Synoptiques. T. I, 1907. T. I, 1908. Chez l’auteur. Ceffonds, près Montier-en-Der (Haute- Marne). (Æ. S.; E. E. désignera L'Évangile et l'Église. 3e édit. 1904.)

Pour les questions particulières, voir encore les ouvrages cités dans le travail même.

D | 1e AE

De la signification primitive de la Sainte-Cène. Tel était l’un des sujets du concours trisannuel ouvert entre ses membres par l'Association fraternelle des pasteurs libéraux de France, au mois d’avril 1908.

M. Jean Réville venait de publier dans la Revue de l'Histoire des Religions ! un remarquable travail intitulé : Les origines de l’Eucharistie (Messe — Sainte- Cène).

Il ÿy avait là de quoi décourager ceux que l’étude du sujet eût pu tenter. Le savant professeur du Collège de France — aujourd’hui si vivement regretté — n’avait-il pas traité la question en maître ? Qu’y avait-l à dire après lui? Et n’était-il pas téméraire et prétentieux d’aborder à nouveau le problème sur lequel il venait de projeter la lumière de sa vive intelligence et de sa vaste érudition ?

JL était permis de le penser.

Mais voici, la lecture de ces pages — l’auteur s’en fût réjoui et de son bon sourire eût encouragé son ancien élève de l’École des Hautes-Études — éveilla en nous le

1 Livraisons de juillet-août et de septembre-octobre 1907, et livraison de janvier-février 1908. Ces articles ont paru ensuite en volume : Paris. Leroux. 1908.

désir de prendre connaissance des autres écrits principaux parus récemment en la matière.

Nous nous sommes mis à l’œuvre. Et tandis que les documents s’accumulaient, lesprit en travail élaborait les grandes lignes du mémoire que nous rédigions ensuite, estimant que, sans posséder la valeur de celui dont nous parlons, il pourrait néanmoins trouver place à côté de lui, l’un et l’autre étant de caractère très différent.

Peut-être ne nous sommes-nous pas entièrement trompé, puisque notre manuscrit, remis au jury en décembre 1909, a obtenu le premier prix en novembre

C’est à dessein que nous écrivons ces dates. On constatera que notre essai était entièrement composé, qu’il ne nous appartenait même plus, quand parut la thèse de doctorat ès lettres de M. Maurice Goguel, le distingué professeur de la faculté libre de théologie de Paris : L'Eucharistie, des Origines à Justin Martyr, ouvrage le plus complet et le mieux documenté que nous connaissions.

Nous n’avons cependant pas cru devoir, pour cela, renoncer à la publication du travail auquel nous avions consacré de longs mois. Il nous a semblé qu’il y aurait quelque intérêt à comparer les résultats identiques auxquels, sans nous être concertés et sans toujours suivre les mêmes chemins, nous sommes parvenus tous deux, et les divergences qui parfois nous séparent. Nous laissons ce soin au lecteur, qui démêlera ce qui, de part et d'autre, peut être considéré comme acquis, et ce qui reste — et restera sans doute longtemps encore — sujet à discussion.

Nous nous sommes borné à ajouter à notre manuscrit quelques notes relatives à cette œuvre magistrale. Si nous avions voulu en tenir compte dans le texte même, c'est notre essai entier qu’il eût fallu refaire.

Nous avons spécialement étudié les ouvrages parus depuis 1891. Force nous était de nous limiter. Cette date fait époque. C’est, en effet, cette année-là que le théologien berlinois Apocr Harnack publia dans les Texte und Untersuchungen, sous ce titre : Brod und Wasser : die eucharistischen Elemente bei Justin, un article qui fit grand bruit, et fut le point de départ d’une controverse qui n’est pas près de finir.

S'appuyant sur certains textes de Justin Martyr, Har- NACK prétendit que la cène, à une époque très reculée, était célébrée non avec du vin, mais avec de l’eau, et en concluait que la nature des éléments n’avait aucune importance, que le symbolisme ne portait pas sur les éléments eux-mêmes, mais sur le repas comme tel, que le but de Jésus, en instituant la cène, doit avoir été de « sanctifier la fonction la plus importante de la vie naturelle, en appelant la nourriture son corps et le breuvage son sang. »{

Tasopor Zann et Apozr JüLicher réfutèrent son argumentation. Mais ce dernier ne s’en tint pas là. Transportant la question sur le terrain du Nouveau Testament, il chercha à montrer que Jésus n’avait nullement voulu, pendant son dernier repas avec les siens, fonder une institution, qu’il avait simplement annoncé à ses disciples, en se servant de la forme de langage qui lui était familière : la parabole, que sa fin était proche, et que cette mort devait être pour eux une source de bénédiction. De la sorte «il soulageait son cœur, car ce

n’était pas seulement à ses apôtres, mais aussi à luimême qu’il adressait ces paroles, qui, dans leur simplicité, exemptes de toute sentimentalité et de tout ébranlement nerveux, disent de la façon la plus noble comment un homme peut marcher au-devant de la ruine, de la destruction apparente de tous ses plans et de toutes ses espérances. » 1

Peu de temps après, paraissait l’importante étude de Frieprica Spirra: Die urchristlichen Traditionen über Ursprung und Sinn des Abendmahls.

D’après ce théologien, le dernier repas de Jésus n’a aucun rapport avec le repas pascal. Le Christ n’a rien institué. En donnant son corps en nourriture et son sang en breuvage à ses disciples, il ne fait aucune allusion à sa mort prochaine; il agit en tant que Messie et préfigure le repas messianique, symbole de l’avènement du Royaume dañs lequel, conformément à la littérature apocalyptique et rabbinique, aliment offert aux convives devait être le Messie même. « Jésus se place ouvertement dans la situation du repas messianique. Il voit les disciples manger et boire à sa table dans son royaume, et les invite à s'emparer des biens que lui seul peut leur donner. C’est lui-même qu’ils doivent absorber, son être tout entier qu'ils doivent s’assimiler ; cela, il le leur avait déjà offert, tant qu'il était avec eux.... À l’heure de la séparation suprême, sous les symboles du glorieux repas final, il se présente encore à eux comme nourriture et comme breuvage. Au moment même où, par la parole qu’il a adressée au traître maintenant disparu, il vient de faire allusion à linsuccès apparent de son œuvre, il affirme ainsi de la façon la plus nette qu’il ne s’est pas trompé en ce qui le concerne, lui et son œuvre, et que vie et

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