‹ Essai Historique sur la Signification Primitive de la Sainte-CèneChapitre 37 sur 40 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

nir, contemplaient à l’avance le Messie triomphant revenant sur les nuées des cieux.

Est-ce à dire que nos églises aient tort de célébrer la cène comme elles le font ?

Évidemment, notre rituel est le rituel paulinien. Ce n’est là toutefois, ne l’oublions pas, qu’un moule dans lequel l’apôtre et les générations de croyants qui l'ont suivi, ont coulé le contenu de leurs expériences spécifiquement chréliennes.

Le jour où les résultats auxquels nous a conduit une étude impartiale des documents pourront être considérés comme acquis, et le seront de fait dans nos églises, le devoir — devoir de sincérité — s’imposera d’en tenir compte dans les liturgies, afin de « rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu », c’est-à-dire distinguer la pensée du Maître de l’interprétation du disciple.

La réforme se réduirait, du reste, à peu de chose, à quelques modifications du texte liturgique. La cérémonie elle-même peut, en effet, rester ce qu’elle est; ce serait faire fausse route que d’apporter en cette matière des préoccupations d’archéologue, de chercher à rendre à cette fête solennelle sa physionomie primitive: l’esprit de Jésus n’est pas esclave des formes.

Il importe peu que la Sainte-Cène, telle que nous la célébrons, diffère extérieurement de ce qu'elle était au début, pourvu qu’elle ne soit pas un vain rite mais l’expression d’un sentiment réel, de celui qui faisait vibrer l’âme des premiers disciples, — qu’en rompant le pain et qu’en buvant le vin, ceux qui s’appellent à leur tour disciples du Maître bien-aimé, se sentent vraiment frères et, comprenant les obligations que ce titre suppose, confessent qu’ils le sont dans la communion avec le Christ Invisible, l'Éternel Vivant!

BARBIER —— Il

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