‹ Essai Historique sur les Épidémies en BourgogneChapitre 8 sur 22 · NP? QE · texte numérisé non relu

NP? QE

Les pauvres vagabonds ne sont pas oubliés : « est dû à tous lépreux allants et venants par le pays, quand ils passent audit Macon, leur nourriture pour le jour qu'ils y arrivent, avec leur coucher et le lendemain matin, le déjeuner et quinze deniers pour les passer outre ».

Vers 1467, la mairie de Dijon enjoint au gouverneur de la Maladière de livrer aux malades, non pas vingtquatre carteranches d'orge, mais vingt-huit, qui est l'émine ou la mesure de Dijon; une autre fois, on lui spécifie qu'il doit donner à chaque lépreux, pour sa robe, « trois aunes de drap en large » et maintes fois il y a discussion, tant au sujet de la quantité que de la qualité des fournitures livrées.

En outre des lépreux soignés dans les maladreries sont ceux qui, avec une autorisation spéciale, peuvent vivre chez eux : la municipalité donne,unjour, commission au maire de faire conduire à la Maladière la femme de Thiébaut Liégeard, reconnue lépreuse; mais Thiébaut Liégeard exhibe des lettres du duc qui l’autorisent à garder sa femme dans un clos du faubourg d’Ouche.

Et grâce à ces multiples précautions, on verra peu à peu diminuer la méselerie dans nos contrées, au point qu'en 1554, le maître de la maladrerie de Saint-Florentin persistera « à ne point vouloir donner asile à des’ lépreux, déclarant que la lèpre a disparu depuis longtemps, et que c'était une supercherie des magistrats qui voulaient l’obliger à soigner des malades dont le traitement était à la charge dela cité ». La duplicité était-elle de la part de la ville ou du gouverneur ? Ce défaut étant plutôt endémique qu'épidémique, nous ne résoudrons pas la question. Les comptes du receveur de Dijon, eux,

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