SAINT CÔME ET SAINT DAMIEN DANS L'ART ITALIEN
A Florence.
L'Italien nous présente des images de saint Côme et : de saint Damien idéales et religieuses. Ils sont une occasion à représenter de belles Saintes Conversations, à figurer d'harmonieux paysages ou de savants jeux d'’étoffes et d’ornements ; leur constance dans le mar- tyre est un modèle à proposer aux chrétiens, et le plus bellement possible, pour émouvoir leur sensibilité religieuse et leur sensibilité artistique tout à la fois. Qu'après cela Côme et Damien aient été médecins, c’est un détail dont les artistes se souviendront un peu, pour donner à leurs œuvres quelque piquant et quelque précision, mais sans jamais recourir à ce que la médecine peut avoir de bas et de dégoûtant. Cet art aristocratique le sera encore plus à Florence qu'ailleurs, grâce à une famille de propriétaires montagnards de la Toscane, les Médicis, de Mugello, qui vint s'établir dans la ville du lys rouge où, dès le xru° siècle, elle figura parmi les plus riches.
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Ce nom, Médicis, vient-il de Medici= médecins ? Les premiers membres de la famille furent-ils des médecins ou des apothicaires dont les descendants gardèrent le surnom ? rien ne le prouve. Est-ce par allusion à ces premiers Médicis, ou par jeu de mots que leurs armes portèrent six palle ou pillules rouges sur l’origine desquelles les généalogistes n’offrent aucune explication ? Ces palle ou pillules devinrent dans la suite le signe de ralliement de leurs partisans qui prirent le nom de Palleschi.
On sait l’étonnante fortune des Médicis qui, de banquiers, devinrent maîtres et dictateurs de Florence ; mécènes, ils étonnèrent 1s monde par leur faste, et firent de Florence une cité passionnée des arts, égalant et balançant jusque dans la mémoire des hommes le prestige de Rome.
La même raison qui mit des pillules dans leurs armes porta les Médicis à vénérer et honorer grandement saint Côme, dont plusieurs reçurent le nom aü baptème. Florence suivit ses maîtres, et le culte qu’elle rendit aux deux saints médecins étonne, au premier abord, d’une ville de banque et non de faculté, dont la réputation médicale fut toujours nulle. Et c’est pourquoi nous y voyons plus souvent que partout ailleurs l’image de saint Côme et de saint Damien.
La plus ancienne doit être le tableau de Lorenzo di Bicci (1350-1427), aujourd’hui aux Offices. Ce Lorenzo avait travaillé pour les Médicis, et décoré le palais vieux où ils demeurèrent jusqu’à la construction du Palais neuf par Michelozzo pour Côme le Grand ; mais On ne
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