‹ Essai iconographique sur S. Côme et S. DamienChapitre 23 sur 46 · SIN · texte numérisé non relu

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commande aux chrétiens de taire leurs scrupules et de réunir tous les frères dans le tombeau. Toutes ces scènes sont une minutieuse illustration des légendes que réunira un peu plus tard le bienheureux Jacques de Voragine. Il faut déplorer le vandalisme qui a morcelé ce beau et curieux retable du frère Jean de Fiesole, vraie vie historiée de nos saints patrons, mais il est à douter, comme le Monde va, que les fragments en soient réunis de sitôt.

Après le maïître-autel, c’est la salle capitulaire qui a la fortune d’être ornée des mains du bienheureux dominicain. Il couvre tout le mur du fond d’un grand calvaire (1), énorme fresque où la douceur du peintre s’est fait violence, où son coloris éclate et s’épanouit avec une incroyable richesse. Deux groupes sont au pied de la croix : d’un côté la Mère des douleurs, les saintes femmes, et les saints Come et Damien éplorés, dont la robe doctorale s’orne d’une large bande d'’hermine ; de l’autre, par un trait d'invention mystique, les grands fondateurs d'ordres religieux : saint Dominique, saint Benoît, saint François, etc...

Cest au premier étage du couvent de Saint-Marc que Fra Angelico répand le plus largement son rayonnant génie, dans les couloirs, les cellules des moines, et celle où Côme de Médicis venait parfois se recueillir. Parmi les belles fresques dont il recouvre les murs blanchis

de chaux, nous voyons encore une fois les deux frères,

1. Restéen place dans la salle capitulaire de Saint-Marc. Reproduit in :

Wigenroth. Op. cit.

Vo E :

en long manteau, l'écritoire à la main, auprès de la Vierge et de l'Enfant : c’est une variante calme et noble du tableau d'Anna-Lena et du retable de saint Marc. En 1445 le pape Eugène IV arrache Angelico à son couvent pour venir décorer le Vatican. Le peintre de la paix de l’âme obéit à regret, et part pour Rome où il meurt dix ans plus tard, le 18 mars 1455. On l'enterra à la Minerve, où son tombeau se voit toujours. C'est encore : la prière de Côme le Grand, dans un tableau d’autel pour le couvent franciscain de saint Côme et saint Damien du Bois-aux-frères, proche de Caffagiolo et d’une villa où Côme de Médicis aimait à se reposer. Angelico compose une réduction du retable de saint Mare, où saint Côme et saint Damien, en costume magistral, avec l’écritoire, figurent simplement dans un groupe d’autres saints. La prédelle a disparu. Il est peu probable que ce soit une série de petites scènes assez faibles de la vie des deux saints (1), de la” main d’un élève, avec quelques touches du maître, qu'on voit à la galerie antique de Florence. Elles forment une prédelle qu’on a attribuée à un retable disparu de Santa Annunziata (2), ou au tableau d'Anna-Lena. Avant de passer à la galerie, ces petits travaux se trouvaient à la chapelle Saint-Luc-des-Annonciades. Le premier, un des meilleurs et en grande partie de la main d'Angelico, est la seule représentation connue de

la scène où les saints viennent de quitter, après l'avoir

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