ARE
l'antique, tenant une boîte et un petit instrument (1).
Voilà ce que Florence fournit à notre sujet. C’est un ensemble d'œuvres assez variées, presque toutes d'un très grand mérite. Côme et Damien y sont représentés en général comme des docteurs de Faculté, soit dans des scènes de leur vie, soit auprès de la Vierge à l’Enfant. Il n’y a pas de variété dans leurs attributs, presque toujours la plume et l’écritoire, emblèmes d’un
art altier, fait pour plaire à un maître éclairé et raffiné.
En Ombrie.
Ici, et dans les écoles que nous verrons ensuite, les saints Côme et-Damien sont bien moins souvent représentés qu’à Florence. On en diseerne aisément la raison : c’est l'absence de podestats ayant pour les deux saints une vénération qui incite les artistes à les représenter souvenl.
La sacristie de la cathédrale de Fabriano contient une très belle série de peintures archaïques par Allegretto Nuzi (mort en 1385) ; c’est une suite de saints, dont l’un très jeune en costume antique tient un pot à couvercle, vase galénique probablement ; il est désigné comme saint Côme par le guide italien ; pour moi, j'y verrais une des Saintes Femmes portant le nard au Tombeau.
Nuzi fut le maître de Gentile da Fabriano (1360-1440) dont l’art influença Roger de la Pâture, qui avait conçu pour ce peintre, lors de son voyage en Italie, une admi-
1. Cabinet des médailles : Toscane, 1142. (Reproduit sur le titre de la
présente thèse.)
ration si vive qu il le proclamait le plus grand du monde, et que, de son contact, il changea considérablement sa manière. Malheureusement presque tous les ouvrages de Gentile ont péri. Il y a dans la sacristie de Saint-Nicolas de Florence une Vierge à l'Enfant de sa main, avec les saints Côme et Damien vus comme dans le Bicci, et saint Benoît qui tient le diable en chaine. L'ouvrage (1)
inspiré des primitifs siennois, est traité avec un soin
extrême, comme par un miniaturiste ; la couleur en est invraisemblable et éblouissante,
A Sienne.
La Ville des tendresses et des grâces nous offre deux peintures des saints Côme et Damien (2). La plus ancienne est sur les volets d’un très beau tryptique de Tad- . deo di Bartolo (1363-1422). L'Annonciation centrale est encore toute inspirée des Byzantins; ainsi que les petites peintures des compartiments, mais les saints qui
nous intéressent, vêtus en médecins du temps, sont d’un art plus neuf, et d'une grande minutie dans le détail ;
ils ont une longue tunique flottante à larges manches et des manchettes serrées garnies de petits boutons. Côme a de plus un vaste manteau de muraille, à moitié relevé. Ils sont coiffés d’un bonnet de velours qui n’est pas d’un modèle fréquent ; armés d’une longue pince effilée, ils puisent chacun dans les petits compartiments d’une boîte à drogues.
à, Reproduit in Colasanti. Gentile da Fabriano. Bergame, 1909,