‹ Essai iconographique sur S. Côme et S. DamienChapitre 29 sur 46 · Toujours à Santa Maria de la Salute · texte numérisé non relu

Toujours à Santa Maria de la Salute

pot

On ne sait à quelle occasion fut peinte l’œuvre du Tintoret ; elle était jadis dans l’église de Venise, dédiée aux deux saints (1). La composition, d'une grandeur et d’une beauté achevées, présente la Vierge surle croissant de Lune, entourée d’anges et de bienheureux; elle regarde vers la terre où sont agenouillés saint Côme et saint Damien, en robes de soie rouge avec une grande pèlerine d'hermine comme des cardinaux, le bonnet et les manches bordées de même. L'un d’eux tend à la Vierge un objet bizarre en forme d’armet renversé d’où dépassent trois manches d'instruments (peut-être des lancettes et un vase à recueillir le sang ?). On peut rapprocher de ce tableau une gravure de Paulini, napolitain qui vécut presque toujours à Venise où il brillait vers 1600 : la scène est dans les prés, non loin d’une ville qu'on aperçoit au fond;la Vierge assise sur les nuages regarde les saints ; ceux-ci sont debout,habillés comme chez les florentins, avec un air plus dégagé dans la coupe des vêtements, et un grand col relevé comme on en vit en France au début du xvui° siècle; saint Côme cueille des simples, il tient un herbier ouvert où des plantes sont collées; saint Damien est armé d’une spatule et d'un petit vase plat, tel nos cristallisoirs (2). Cette apparition de la Vierge aux saints Côme et Damien pourrait bien être l'illustration d’une anecdote de leur vie, que

je ne connais pas.

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